Chapitre 264
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Traducteur/Éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 263 : Salle ???, Salle maudite - « ???? » (1)
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[???? : ??????
???? : Jour 118
???? : ??????
???? : X]
- Han Ga-in
Au moins, ce n’était pas une Salle de mission. Aucune notification annonçant une première mission n’était apparue, et la dernière phrase du message précédent de l’hôtel me rappelait qu’il s’agissait d’une Salle maudite.
D’habitude, une fois dans une Salle maudite, je me concentrais sur ce qui s’y passait. Cette fois, pourtant, la situation juste avant notre entrée me revenait sans cesse en tête.
Quelque chose clochait.
Ce n’était pas seulement difficile ou dangereux. Il y avait un problème. Je n’avais pas ressenti une telle absurdité depuis mes débuts, quand j’étais entré dans l’hôtel pour la première fois. J’essayai de comprendre ce qui rendait la situation si déraisonnablement étrange.
D’abord, la notification reçue à l’aube.
Même quand il avait quelque chose à annoncer, l’hôtel envoyait généralement ses notifications le matin ou le soir. Pourquoi avait-il réveillé tout le monde en pleine nuit, juste pour annoncer l’arrivée du colis ?
Parce que ma vue aurait récupéré le lendemain matin. Autrement dit, il avait envoyé cette notification à l’aube uniquement pour nous mettre des bâtons dans les roues.
Bon. Je pouvais accepter ça. Ce que je ne comprenais vraiment pas venait ensuite.
Ensuite, les Mécènes étaient soudain devenus complètement idiots.
Les Mécènes savaient en gros comment l’hôtel fonctionnait. Ils connaissaient les éléments cachés et les scénarios de chaque Salle maudite. Sinon, comment expliquer les conseils de la Chouette ou les indices que nous recevions parfois quand nous rencontrions des Mécènes au Sanctuaire des Bénédictions ?
C’était pour ça que la situation était si absurde. Si tout avait été prévu dès le départ, si le colis était un piège, alors la Chouette était-elle idiote ? Pourquoi m’avait-elle guidé jusqu’au colis, quitte à se retrouver enfermée dans la Cage à oiseaux ?
Le Mécène de la Chance avait fait pareil. Si nos bénédictions devaient de toute façon dysfonctionner lors de notre première tentative dans la salle suivante, pourquoi avoir accordé un renforcement aussi puissant à Seung-yeop ?
…
Tandis que je faisais les cent pas dans la tente, deux idées me vinrent à l’esprit.
Premièrement, cette situation n’était probablement pas ce que souhaitaient les Mécènes. La Chouette avait pris des risques insensés pour intervenir, tandis que le Mécène de la Chance avait dépensé sa propre énergie pour accorder un puissant renforcement à Seung-yeop.
Ils avaient probablement prévu que nous utiliserions correctement le Sablier, puis que Seung-yeop affronterait la salle 203 grâce à son nouveau renforcement.
Une main malveillante s’en était mêlée. C’était peut-être l’œuvre de celui qui avait piégé la Chouette dans la Cage à oiseaux.
Deuxièmement, le Sablier n’était pas un piège. Sinon, rien n’expliquerait que la Chouette ait tenté de nous le remettre, quitte à subir une pénalité. C’était clairement un objet qu’on pouvait utiliser correctement.
À bien y réfléchir, nos héritages comportaient eux aussi de gros risques. Sans la protection de la fenêtre de statut, lire trop longtemps le Grimoire vous rendait fou et vous tuait. Invoquer Star sans prévenir revenait à se faire exploser soi-même. Et sans le Miroir limpide, eau calme, comment étions-nous censés utiliser l’Imagination sinistre ?
Le Sablier devait fonctionner de la même façon. Il y avait forcément une manière appropriée de s’en servir. Je devais vérifier une fois sorti. Ils avaient dit qu’il y avait des chiffres dessous, non ?
— Clic !
« Humain divin… Vous allez bien ? »
« Je vais bien. Vous vouliez me dire quelque chose ? Votre nom, c’était… ? »
« Je suis Vieille Griffe de Loup. »
« Bien. Vieille Griffe de Loup. Vous vouliez me dire quelque chose ? »
Ça suffisait. Il était temps de mettre de côté mes pensées sur l’extérieur et de me concentrer sur ce qui se passait dans cette salle. Je ne connaissais ni son numéro, ni son nom, ni son scénario, mais elle avait l’air tout aussi épuisante.
Vieille Griffe de Loup m’expliqua avec émotion à quel point la tribu était dans une situation désespérée, ponctuant ses paroles de grands gestes. Il savait que mon état d’Humain divin n’avait rien de normal, mais insista sur le fait que tout le monde serait inquiet si je ne sortais pas leur montrer que j’allais toujours bien.
En d’autres termes, il voulait que je sorte de la tente.
J’avais de plus en plus mal à la tête à force de l’écouter. Je lui fis signe de partir après lui avoir dit que j’avais compris. Puis j’enfilai une peau de bête accrochée au mur et sortis.
La peau était lourde et sentait mauvais. Si cette civilisation avait atteint ne serait-ce que le Moyen Âge, je n’aurais probablement pas porté un truc pareil.
Mais en marchant parmi les membres de la tribu, je compris naturellement que la peau de bête que je portais devait leur sembler aussi prestigieuse qu’une robe impériale ornée d’un dragon. Au moins, elle était relativement propre !
À en juger par ce que je voyais, cette civilisation n’avait pas dépassé l’âge de pierre. La plupart des gens étaient à peine vêtus, en partie parce qu’ils étaient pauvres, mais aussi parce qu’ils ne savaient probablement pas fabriquer de vrais vêtements.
Tandis que je respirais l’air pur à l’extérieur, une femme presque à moitié nue accourut vers moi, un enfant sur le dos.
« Je vous en prie, mon enfant dort mal depuis hier et sa peau brûle. Je vous en prie… »
Je ne savais pas quoi faire. Lui caresser la tête suffirait-il au moins à le soulager ?
« Écartez-vous immédiatement ! »
Avant que je puisse faire quoi que ce soit, un vieil homme qui rampait presque à quatre pattes devant moi lança un regard noir à la femme et la chassa. Quand je lui dis, embarrassé, que ce n’était pas la peine, il se mit plutôt à me supplier.
« Il est extrêmement dangereux de s’approcher des malades ! Si l’Humain divin s’effondre encore, nous mourrons tous. »
Maintenant qu’il le disait, il avait raison. Même les gens de l’âge de pierre savaient qu’il ne fallait pas s’approcher des malades à la légère. Pourtant, moi, un homme moderne du vingt-et-unième siècle, j’avais oublié ce détail et failli faire une erreur.
Comme j’avais l’air en pleine forme en me promenant dehors, un jeune homme s’approcha à son tour. Il s’appelait Griffe de Loup Bleu. Il semblait que le titre de Griffe de Loup était réservé au plus grand guerrier de la tribu. Vieille Griffe de Loup avait probablement été un guerrier exceptionnel de la génération précédente.
« Félicitations pour votre réveil. »
« Je suis resté inconscient longtemps ? »
« Vous êtes resté à terre presque une semaine. »
Parfait. Je pouvais invoquer l’excuse de l’amnésie.
« Bien. Griffe de Loup Bleu, j’ai les idées un peu embrumées depuis mon réveil. Laissez-moi vous poser quelques questions. »
« Demandez-moi ce que vous voulez. »
« Y a-t-il d’autres personnes comme moi ? Je veux dire… des Humains divins ? Il devrait y en avoir d’autres. Huit environ, pour être précis. »
Où étaient mes compagnons ? Le jeune guerrier sembla réfléchir un instant avant de répondre.
« Ceux qui dirigent les tribus des plaines ont tous hérité de grandes lignées. J’ignore combien ils sont. »
De grandes lignées…
Il semblait que mes autres compagnons s’étaient chacun réveillés dans une tribu qu’ils étaient chargés de diriger.
Je continuai à poser des questions sur la situation de la tribu. Leur civilisation était au stade de l’âge de pierre, et ils formaient un groupe si simple qu’il ne me fallut pas longtemps pour comprendre la situation générale.
La tribu ressemblait à un assez grand groupe de réfugiés, qui comptait plus de deux mille personnes. J’étais apparemment une sorte de chef, descendant du dieu qu’ils vénéraient. Leurs principaux soucis, pour l’instant, étaient le climat et les monstres.
Le temps s’était rafraîchi depuis quelque temps. Ils disaient que les terres où la tribu avait réussi à survivre avaient été ravagées par les attaques des Dents grinçantes. La nourriture était devenue un problème majeur, et les Dents grinçantes qui attaquaient chaque nuit terrorisaient toute la tribu.
Bien sûr, personne ne savait m’expliquer ce qu’étaient exactement ces Dents grinçantes. Ils voulaient apparemment que moi, un descendant de dieu, affronte les monstres et les conduise vers des terres sûres…
Qu’étais-je censé faire ? Il n’y avait même pas de carte. Où devais-je aller ?
Alors que je réfléchissais, on m’apporta un bol de bouillie en guise de repas. Elle dégageait une odeur de gibier désagréable, avait un goût étrangement sucré à cause des fruits d’arbre grossièrement mélangés, et même une saveur salée de poisson.
Je pouvais garantir qu’au vingt-et-unième siècle, même le chien ou le perroquet de Song-i ne mangerait pas un truc pareil. Mais après avoir vu le plus grand guerrier de la tribu se lécher les babines à sa vue, je me contentai de la manger.
* * *
Après avoir compris dans les grandes lignes la situation de la tribu et écouté attentivement les anciens raconter ce qu’ils savaient de la géographie des environs, le ciel était déjà devenu orange. Le soleil se couchait quand un brouhaha s’éleva à l’extérieur de la tente.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
« … Vous avez dû le voir ces derniers jours, mais… »
« Je vous ai dit que je ne me souvenais pas de grand-chose d’avant. »
« Pardonnez-moi. Depuis longtemps, les membres de la tribu se rassemblent autour de la tente où séjourne l’Humain divin à la tombée de la nuit. »
Je me demandai ce que cela signifiait, puis compris rapidement. Après avoir été chassés par les monstres appelés Dents grinçantes, des gens mouraient apparemment chaque nuit lors de leurs attaques. Vu la situation, tout le monde se rassemblait près de ma tente en fin de journée, car ils la considéraient comme l’endroit le plus sûr.
« Allons voir. »
« Pardon ? »
« Les Dents grinçantes. Voyons ce que sont ces salopards. »
Je m’attendais à ce qu’ils s’y opposent, mais non. Tous ceux qui m’avaient parlé dans la tente me suivirent, les yeux brillants.
Quel genre de personnes restaient auprès de quelqu’un qu’une tribu de l’âge de pierre considérait comme un descendant de dieu ? La plupart devaient être de puissants guerriers ou des anciens qui l’avaient été. Ils n’étaient pas du genre à craindre un combat, même s’ils risquaient d’y laisser la vie. Cette pensée me rassura un peu.
À l’extérieur de la tente, je vis des gens si misérables qu’ils semblaient plus proches des singes que des humains. En voyant leurs corps frêles et leurs cœurs encore plus recroquevillés que leurs silhouettes, je sentis ma poitrine se serrer.
Devant tout le monde, je tendis théâtralement la main vers le ciel et invoquai le Grimoire. Un livre apparut de nulle part, nimbé d’une aura sinistre !
Dans un monde sombre et trouble, le seul destin qui restait à l’humanité était d’être engloutie par les ténèbres. Dans un tel endroit, tout le monde était contraint de s’en remettre à une grande puissance, aussi sinistre et maléfique soit-elle.
Avant de commencer pour de bon, j’entrouvris le Grimoire pour vérifier quelque chose qui m’intriguait.
La protection mentale de la fenêtre de statut s’était clairement affaiblie. Elle ne semblait pas avoir complètement disparu. La notification de l’hôtel, à notre arrivée, nous avait avertis que les bénédictions ne fonctionneraient pas normalement. Ce n’était pas la même formulation que dans la salle 107, où il était écrit : « Vous ne pouvez pas utiliser vos bénédictions. »
À bien y repenser, Cha Jin-cheol avait été moins fort que d’habitude avant notre entrée, mais il était tout de même assez puissant pour rivaliser avec un monstre en force. La fenêtre de discussion n’avait pas cessé de fonctionner non plus. Nous pouvions au moins envoyer une sorte de signal. Au vu des circonstances, les bénédictions de personne n’avaient complètement disparu. Elles étaient simplement devenues ridiculement faibles et fonctionnaient mal.
Avec une protection mentale aussi affaiblie, l’utilisation du Grimoire serait forcément limitée elle aussi. Je devais en finir rapidement. Si le combat s’éternisait, le problème risquait d’empirer.
— Grrrr ! Aouuu !
Un cri féroce retentit dans le ciel à l’ouest. Les Dents grinçantes étaient apparues. En entendant les monstres hurler, une nouvelle question me vint à l’esprit.
Quelle était exactement la malédiction de cette salle ? Quelque chose qui avait détruit le monde ? Peu importe comment je voyais les choses, ce monde était déjà en ruines.
Le cœur partagé, je parcourus du regard les habitants de ce monde déjà dévasté et déchiffrai les émotions dans leurs yeux.
D’habitude, ils auraient tremblé devant l’intention meurtrière qui émanait des monstres et se seraient précipités dans ma tente. Mais cette fois, une lueur d’espoir désespéré brillait dans leurs yeux.
L’espoir que je puisse peut-être régler tous leurs problèmes.
Emporté par l’ambiance, j’ouvris la bouche.
« Cette nuit, nous chassons. »
Notes de bas de page :
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