Chapitre 260
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 259 : L’heure de la fête — Le secret de la Salle des Miroirs (5)
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— Yoo Song-i
/Souhaitez-vous faire un vœu ? Appuyez sur « Oui » et votre vœu se réalisera./
Un tourbillon de désirs. Devant moi scintillaient des mots capables de les exaucer tous.
Comme si j’étais possédée, ma main tendue se dirigea vers la notification pour appuyer sur « Oui », comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.
« Dépasse les limites de tes sens. »
J’eus l’impression qu’on venait de me jeter un seau d’eau froide.
« Embrasse la raison pure. »
Un éclair crépitant me parcourut de la tête aux pieds.
« C’est pour cela que je t’ai donné ce bracelet. »
Depuis que j’étais sortie de la chambre 103, mon Héritage n’avait pas quitté mon poignet. Un éclair blanc jaillit de Perspectives diverses.
Les miroirs disparurent de mon champ de vision. Les innombrables visions d’autres versions de moi-même qui tourbillonnaient dans mon esprit s’estompèrent peu à peu.
Je ne voyais rien. Je n’entendais rien. Je ne sentais pas le verre froid sous mes pieds. Je ne sentais pas non plus l’air frais qui effleurait ma peau.
Une fois que le bracelet eut bloqué toutes les informations sensorielles reçues par mon cerveau, je ne sentis même plus mon propre corps.
Dans ce monde de ténèbres vides, seul existait véritablement le moi de l’être humain appelé Yoo Song-i.
Alors seulement, la raison pure s’éveilla.
La raison m’avertit.
Cet endroit était dangereux. Même Mi-ro, une agente expérimentée, n’avait pas réussi à surmonter ce danger !
Quelque chose clochait.
Tout ce qui s’était passé depuis mon entrée dans la Salle des Miroirs m’avait laissé une impression inexplicable d’anomalie. Quelque chose qui aurait absolument dû être là manquait. Son absence était d’autant plus étrange que sa présence aurait été parfaitement naturelle.
La Salle des Miroirs ne m’avait jamais demandé : « Quel est ton vœu ? »
Elle m’avait montré des miroirs innombrables et étranges, et avait sondé tous mes désirs, mais sans jamais me demander lequel je voulais voir exaucé.
C’est alors que je repris enfin mes esprits !
Elle disait qu’elle exaucerait mon vœu, alors pourquoi ne m’avait-elle pas demandé quel était ce vœu ?
Parce qu’elle n’avait pas besoin de le demander.
La Salle des Miroirs était un lieu qui exauçait tous les désirs tapis dans le cœur d’un participant !
Même si ces vœux se contredisaient ou contenaient des pensées infiniment sombres.
Je devais en avoir le cœur net.
Je devais savoir si le danger que ma raison m’avait signalé était réel.
Lentement et prudemment, je rétablis les sens que le bracelet avait bloqués.
Je sentis d’abord le verre froid et dur sous mes pieds. Puis l’air qui entrait et sortait de mes narines et de ma bouche. Enfin, les miroirs étincelants autour de moi réapparurent.
Les miroirs se mirent à montrer des scènes différentes de celles d’avant.
Dans l’un, une fille épuisée par un travail harassant ne faisait que dormir, encore et encore.
Dans un autre, une fille exténuée par ses relations avec les autres réfléchissait en silence, seule dans un endroit désert.
D’autres scènes étaient trop embarrassantes pour que je puisse seulement m’en souvenir.
Les pensées sombres imaginées par la bête cachée en moi prenaient la forme d’images déplaisantes qui cherchaient à attirer mon regard.
Je passai devant elles.
Je passai devant les désirs enfouis au plus profond de mon cœur et reflétés dans les miroirs.
Après les avoir dépassés encore et encore, je finis par le trouver.
Un miroir me montrait une vie humaine.
Quand on est jeune, on va généralement à l’école. Une fois adulte, beaucoup poursuivent leurs études à l’université au début de la vingtaine tout en préparant leur entrée dans la vie active. Puis, quand cette étape est passée, vient le moment de trouver un travail et de faire son entrée dans la société.
Si l’on rencontre naturellement quelqu’un qu’on aime en chemin, c’est un grand bonheur qui entre dans notre vie. On se marie peut-être ensuite et on a des enfants.
Cet enfant ne sera peut-être pas aussi obéissant qu’on l’espérait. Malgré tout, élever un enfant avec la personne qu’on aime sera une période heureuse.
Un jour, cet enfant deviendra à son tour indépendant et on entrera dans la seconde moitié de sa vie.
C’était une vie humaine.
Dans le miroir, je vieillissais heureuse en suivant ce parcours.
Je regardai le miroir à côté.
J’y vis une autre version de moi qualifier de « dérisoire » tout ce que je venais de voir.
Cette autre moi ne voulait pas quitter l’hôtel à la hâte.
La possibilité de dépasser l’humanité ! La vie éternelle et la voie de la transcendance se trouvaient juste là, dans l’hôtel. Pourquoi partir si vite ?
Trouver un travail ? Avoir un métier ? Se marier ?
Une version de moi jugeait sans valeur tous ces désirs humains.
La version de moi reflétée dans le miroir suivant poursuivait un tout autre objectif.
Une autre version de moi gravissait l’hôtel encore et encore, atteignant le niveau 3 après le niveau 2, puis finissant par en atteindre le sommet.
Il existait des objets surnaturels d’une valeur inestimable et des pouvoirs irréels, dépassant l’imagination humaine.
Parmi ces versions de moi, l’une rêvait de s’élever au rang d’être supérieur.
Que se passerait-il après cette ascension ? Je n’en savais rien. Une vie que mon moi actuel ne pouvait même pas comprendre m’attendait.
Les humains étaient contradictoires par nature.
Ils voulaient réussir brillamment, mais aussi passer leurs journées à ne rien faire. Ils voulaient être aimés, mais parfois, ils souhaitaient aussi s’isoler pour réfléchir, oubliés de tous.
Ils aspiraient à une vie modeste auprès des gens qu’ils aimaient, mais ne parvenaient pas à renoncer facilement à leur désir de transcendance.
Laquelle de ces possibilités infinies reflétées dans les miroirs était mon véritable moi ?
C’était une question dénuée de sens.
Toutes ces versions étaient d’innombrables fragments qui composaient mon être.
Une pensée me traversa soudain l’esprit.
La Salle des Miroirs exauçait les multiples désirs des participants. Bien sûr, même son pouvoir d’exaucer les vœux devait avoir ses limites.
Mais le véritable problème n’était pas l’étendue de ce pouvoir.
Comment pouvait-elle exaucer des vœux contradictoires ?
Comment pouvait-elle satisfaire à la fois la fille aimée de tous et celle qui était épuisée par ses relations avec les autres ?
Comment pouvait-elle satisfaire à la fois Song-i, qui voulait retourner à la réalité et mener une vie modeste, et Song-i, qui voulait rester à l’hôtel et devenir un dieu ?
… Je crus comprendre.
Derrière les miroirs qui se dressaient de tous côtés, d’innombrables possibilités prenaient lentement forme.
« Ça suffit. Tu n’as pas besoin de les exaucer de cette façon. »
Une voix si froide que je ne pouvais croire qu’elle venait de ma propre bouche fendit l’air.
Les miroirs autour de moi se brouillèrent. Les choses qui prenaient forme retombèrent dans les ténèbres.
Dès que je décidai de partir, je compris naturellement comment m’y prendre.
— Crac !
Je serrai dans ma main la serviette enroulée autour de mon corps et fracassai les miroirs les uns après les autres.
Des éclats volèrent dans tous les sens et traversèrent la serviette. Bientôt, ma main fut couverte de sang.
Une notification apparut alors.
/Souhaitez-vous partir ?/
« Oui. Et qu’adviendra-t-il de mon vœu ? »
/Malheureusement, si vous renoncez, la possibilité de faire un vœu gratuit sera accordée à la prochaine personne qui entrera dans la Salle des Miroirs. Nous vous prions donc de ne pas prendre de décision hâtive…/
Quel gâchis.
L’avertissement selon lequel ma chance allait disparaître fit bouillonner en moi une avidité féroce.
Mais…
Je croyais avoir compris, maintenant.
J’avais compris comment la Salle des Miroirs exauçait les vœux.
J’avais aussi compris pourquoi Mi-ro était vouée à la destruction.
« Ça va. Vraiment, ça va. Cet endroit… ne peut rien m’apporter. C’est un lieu où une terrible destruction attend ceux qui ne sont pas faits pour lui. »
J’eus beau répéter ces mots pour m’en convaincre, faire le premier pas fut plus difficile que je ne l’aurais cru.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 110
Emplacement actuel : Niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 2]
— Han Ga-in
Song-i apparut soudain à l’aube, nue et les mains couvertes de sang, plongeant tout le monde dans la confusion.
Plus étrange encore, elle ne donna aucune explication.
Elle s’assit simplement sur une chaise du hall, l’air absent, et marmonna une phrase :
« … Si j’y retourne maintenant, je serai encore la première. »
Eun-sol lui apporta des vêtements. Les autres la saisirent par les épaules et la secouèrent, mais son esprit semblait ailleurs et ne revenait pas.
Après avoir vu Song-i, qui n’allait manifestement pas bien, nous dire : « Ça va, alors allez vous reposer, s’il vous plaît », il n’était pas facile d’aller se coucher.
Je me demandais ce qui n’allait pas et, malgré ma crainte qu’on me déduise des points de Contribution, j’utilisai le Conseil du Sage. La réponse que je reçus était étrange.
[Un problème qu’elle doit surmonter seule. Laissez-la tranquille.]
Je rentrai donc simplement dormir.
Le lendemain matin, après le réveil d’A-ri et de Seung-yeop, la situation évolua un peu.
Contrairement à nous, qui ne savions pas quoi faire, A-ri s’accrocha désespérément à Song-i, car l’affaire concernait sa mère.
Après avoir écouté attentivement les explications de Song-i pendant un long moment, A-ri lui demanda encore :
« Donc, la Salle des Miroirs exauce sans distinction tous les désirs des êtres humains ? »
« En gros, oui. »
« Mais ces désirs sont souvent contradictoires, alors il y a de fortes chances qu’ils soient exaucés de façon bizarre. Par exemple, si une seule personne a des vœux qui ne peuvent pas se réaliser en même temps, elle pourrait être divisée en deux ? »
« C’est l’impression que j’ai eue. »
« Ce que tu as ressenti compte. Tu en sais probablement plus sur la Salle des Miroirs que n’importe qui d’autre. Même Mi-ro y est entrée une fois et en est ressortie folle, alors que toi, tu es revenue tout à fait… »
« … »
« Tu vas bien, hein ? »
« Je crois… Et puis, les vœux contradictoires ne sont pas le seul problème. »
« Il y en a un autre ? »
« Certains vœux… embarrassants ? Sombres ? Elle semble aussi les lire sans distinction et essayer de les exaucer d’une manière assez floue. »
« Floue ? »
« Le pouvoir de la Salle des Miroirs a aussi ses limites. Elle ne peut pas exaucer parfaitement les innombrables vœux différents d’une personne. J’ai l’impression qu’elle essaie de les exaucer tous de façon ambiguë. »
Il n’y avait pas d’endroit facile dans l’hôtel, mais d’après ce que j’entendais, la Salle des Miroirs était elle aussi d’une étrangeté incroyable.
J’expliquai ce que j’avais compris.
« On dirait qu’il y a deux problèmes majeurs. D’abord, elle essaie d’exaucer des vœux qui ne devraient pas l’être. Ensuite, comme elle tente d’exaucer des vœux contradictoires en même temps, elle pourrait même diviser quelqu’un en deux pour y parvenir. »
« Oui, c’est à peu près ça. Je trouve que c’est un résumé juste. »
C’était un problème difficile.
Je comprenais pourquoi Song-i avait renoncé à son vœu et était partie.
Comment le cœur d’une personne pouvait-il ne contenir qu’une seule pensée ? Il y avait forcément des dizaines de milliers de désirs.
Parmi eux, il y aurait naturellement des vœux sombres qui ne devraient pas se réaliser, ainsi que des vœux contradictoires.
J’étais moi aussi tiraillé entre l’envie de partir immédiatement et celle de rester à l’hôtel pour obtenir des trésors et des pouvoirs irréels, comme Song-i l’avait expliqué.
Mi-ro devait être dans le même cas.
Le résultat, c’était que Mi-ro avait perdu la raison et s’était effondrée, et qu’A-ri était née.
Bien sûr, il était difficile de deviner ce que Mi-ro avait souhaité pour en arriver là.
A-ri marmonna, le regard un peu vide :
« Tu es plus forte que Mi-ro. Elle n’a finalement pas réussi à surmonter ses désirs, mais toi, tu t’en es sortie. »
« Hein ? Je ne crois pas. J’avais une vague idée de ce que Mi-ro avait vécu, alors je savais que la Salle des Miroirs devait cacher quelque chose de dangereux. Je crois que c’est pour ça que j’ai réussi à reprendre mes esprits en cours de route. »
« Merci de dire ça. »
Quoi qu’il en soit, elle avait eu de la chance de ressortir sans qu’il lui arrive quelque chose de terrible.
Tandis que tout le monde tenait joyeusement Song-i par les épaules, j’eus soudain envie de la taquiner un peu.
« Au fait, Song-i. »
« Oui ? »
« C’étaient quoi, ces vœux embarrassants et sombres ? À quel point étaient-ils gênants pour que tu ne puisses même pas regarder les miroirs ? Ça aurait un rapport avec le fait que tu sois apparue nue à l’aube, hier… »
« J-Je portais une serviette au début ! Je ne l’ai enlevée que parce que je devais casser les miroirs ! »
Song-i partit en courant avant même que j’aie fini de parler.
A-ri me rabroua à côté de moi :
« Ah ! Idiot ! On a encore tant de choses à lui demander. Pourquoi tu l’as fait fuir ? »
« Alors va la rattraper et pose-lui tes questions. Qu’est-ce que tu veux savoir ? »
« La Salle des Miroirs. Elle ne peut pas avoir été conçue pour empêcher les gens d’y entrer. On a droit à un vœu gratuit, et on peut même utiliser des Tickets pour en faire d’autres. Tu crois vraiment que ce n’est qu’un piège ? »
« Bien sûr que non. »
« Il doit y avoir un moyen de faire des vœux là-bas. Il doit aussi exister un moyen d’éviter les dangers que Song-i a découverts. Il faut qu’on le trouve. »
Après avoir dit cela, A-ri me donna un coup de pied dans la jambe et partit à la poursuite de Song-i.
…
Allongé seul sur le sol, je réfléchis.
Les deux dangers cachés dans la Salle des Miroirs.
Les vœux qui ne devraient pas être exaucés et les vœux contradictoires.
Comment pouvait-on les surmonter ?
Était-il seulement possible de libérer le cœur d’une personne de telles contradictions ?
Notes de bas de page :
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