Chapitre 219
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 218 : Chambre 104, salle maudite — « Hôtel High, la Prestigieuse Académie », suite (12) (fin ?)
──────
— Elena
Le ciel était bleu et dégagé. Mais le sol était jonché de machines brisées, et il n’y avait nulle part où poser le pied correctement.
J’en avais détruit une, puis d’autres. Impossible même d’estimer combien de machines j’avais réduites en pièces. Heureusement, la plupart des forces envoyées par le Bureau de gestion pour me tuer étaient des armes sans pilote. Il n’y avait même pas dix personnes parmi toutes ces machines.
Je pouvais deviner pourquoi. Après l’effondrement de la ville souterraine, le Bureau de gestion avait peut-être rassemblé tous les renseignements possibles sur l’Hôtel High et compris qu’il s’agissait d’une école extrêmement suspecte. Ils avaient peut-être aussi pensé que je possédais un pouvoir magique capable de manipuler les esprits, vu le carnage que j’avais semé dans l’Hôtel High.
Peu importe. Maintenant que je les avais tous démolis, j’étais surtout soulagée de n’avoir tué personne !
J’avais épuisé toutes mes bénédictions, et Imagination sinistre ne s’était toujours pas rétablie. Mon corps n’avait plus la moindre force. Mais j’avais vu Ga-in s’envoler dans le ciel et quitter cette salle un peu plus tôt, alors j’étais rassurée.
Bon, qu’est-ce que je devais faire, maintenant… ?
Je ramassai un pistolet tombé par terre et envisageai de me tirer dessus sur-le-champ. Mais j’avais l’impression que quelque chose n’était pas terminé, alors je pris la direction de la ville souterraine. Je ne tardai pas à y trouver une jeune fille.
« Snif ! Bouhou… Ouinn ! »
« Hé, pourquoi tu pleures comme ça ? »
La fillette me dévisagea, hébétée, les yeux remplis de peur. Elle me connaissait ? Après tout le vacarme que j’avais fait en me battant ici, le contraire aurait été étonnant.
« Vous ! Vous lui avez fait quelque chose, à Père ! »
« Père ? Il est arrivé quelque chose au Seigneur ? »
Je pouvais m’en douter. Le plan visant à voler le corps de Ga-in avait dû lui demander, à lui aussi, une quantité considérable de pouvoir. Maintenant que le plan avait échoué, du moins lors de cette deuxième tentative, le Seigneur n’avait probablement plus aucune force. Pour cette fille, cela avait peut-être été comme si son dieu était mort.
Mais le Seigneur n’avait pas disparu. Tant que la chambre 104 existerait, il aurait encore une chance.
« Je suis la fille de Père ! Tant que je serai là, le culte… »
Je cessai d’écouter les jérémiades de la fillette et me mis à réfléchir à la question pratique. Avais-je une raison de rester dans cette salle ?
Ga-in s’était échappé et, à part Seung-yeop, que la police avait arrêté, tous nos compagnons étaient morts. Pourtant, l’ennemi semblait lui aussi à court de forces. Peut-être que tuer cette fille devant moi réglerait tout ?
…
Une inquiétude persistait. L’Héritage, Soleil sacré, était un autre soi créé par le Seigneur. Il voulait que Ga-in obtienne cet Héritage et quitte les lieux.
Mais qu’arriverait-il si quelqu’un d’autre que Ga-in l’obtenait ?
Ce serait au moins une issue que le Seigneur ne souhaitait certainement pas. Mais cela ne voulait pas dire que ce serait une bonne issue pour nous. Peut-être que personne d’autre que Ga-in ne pourrait supporter l’Héritage et brûlerait vif sur-le-champ. Pour le Seigneur, ce serait le pire dénouement possible, mais pour nous, ce serait tout aussi terrible.
Une part de moi trouvait cette hypothèse extrême absurde.
Un Héritage était, d’une façon ou d’une autre, une récompense que l’Hôtel nous accordait. Allait-il vraiment brûler son bénéficiaire dès qu’il le recevrait ? L’Hôtel ne pouvait pas offrir une récompense aussi absurde.
Je n’en savais rien. Je n’avais aucune idée de ce qui se passerait si quelqu’un d’autre que Ga-in obtenait Soleil sacré. Le Conseil du Sage me serait bien utile, dans un moment pareil.
Après avoir longuement réfléchi, je finis par prendre ma décision.
Cette deuxième tentative avait été mouvementée et difficile, mais nous avions fini par découvrir tous les plans et tous les stratagèmes du Seigneur. Si nous revenions un jour, nous pourrions traverser la salle dans des conditions bien plus favorables. Nous pourrions aussi demander à Ga-in d’utiliser le Conseil du Sage pour connaître les risques encourus si quelqu’un d’autre obtenait Soleil sacré, et obtenir ainsi une réponse, quelle qu’elle soit.
Inutile de prendre des risques et de s’aventurer dans l’inconnu maintenant. Si nous regrettions vraiment d’avoir laissé Soleil sacré derrière nous, nous pourrions retourner dans la chambre 104. Bien sûr, le Bouton d’évasion avait disparu, alors il nous faudrait devenir plus forts qu’aujourd’hui !
— Pan !
Une seule détonation, et je perdis connaissance.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 98
Lieu actuel : Niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Dès que je repris connaissance, à l’extérieur de la salle, mes yeux se posèrent sur la fenêtre de statut.
« Conseil du Sage : 3 »
La pénalité avait enfin disparu de ma fenêtre de statut !
Ça n’avait pas été facile, mais le plan d’A-ri, qui consistait à envoyer la pénalité dans la chambre 104 et à l’y laisser, avait plutôt bien marché. Je réfléchis aussitôt aux questions que je pourrais poser. Quelques-unes me vinrent immédiatement à l’esprit. Bien sûr, il faudrait que j’en parle aux autres.
Je me levai et regardai autour de moi. Tous les visages familiers m’adressaient un sourire chaleureux. Nous nous dirigeâmes vers la table de rafraîchissements en échangeant nos récits d’aventures. Naturellement, la conversation tourna autour de la chambre 104.
« Alors, la chambre 104 s’est finalement terminée par une évasion. Personne ne l’a résolue, c’est ça ? Elena y a mis fin en se suicidant ? Et toi, Seung-yeop ? »
« Moi aussi, je me suis échappé, mais bien avant A-ri ! »
« Bien avant ? »
« La police m’a arrêté, puis une notification d’évasion est apparue environ une semaine plus tard. »
« Ah ! Je vois. Le jour même, on a pris d’assaut le vieux bâtiment scolaire, et Elena a rasé l’endroit. Le lendemain, elle s’est battue contre les armes sans pilote du Bureau de gestion. L’Hôtel High a probablement fermé à peu près à la période dont tu parles. »
Considérons donc que la chambre 104 s’est achevée par une évasion. Honnêtement, je n’avais pas envie d’y retourner. Surtout, nous n’avions plus le Bouton d’évasion, donc nous ne pourrions pas reprendre la même stratégie. Quand je leur racontai ce que j’avais dit au Seigneur à la fin, tout le monde éclata de rire.
« Tu as pensé à ça, même à ce moment-là ? Je reconnais que c’était une solution avisée ! C’est quand même dommage que le Bouton d’évasion ait disparu. Cela dit, on aurait fini par s’en servir de toute façon. »
A-ri avait l’air amusée, mais elle regrettait aussi la perte du Bouton d’évasion. Je comprenais ce qu’elle ressentait.
« Franchement, tu es incroyable. Tu voulais le provoquer en lui lançant : “Tu es sénile ou quoi ? Qu’est-ce qu’il pourrait bien y avoir d’autre entre nous ?”, juste devant lui ? »
« Hyung, franchement, c’est probablement moi qui étais le plus énervé. On était huit ici, mais ce salaud de malade s’est donné tout ce mal juste pour me voler mon corps. Ça m’a vraiment glacé le sang ! J’avais l’impression d’avoir le pire genre de harceleur sur le dos. »
« Un harceleur… C’en était vraiment un, et particulièrement tenace. Au fait, il te reste des utilisations de Descente ? »
À ces mots, mes yeux se tournèrent vers un coin de la fenêtre de statut.
[Descente : 1]
« … Il m’en reste une. »
A-ri répondit comme si ce n’était pas bien grave.
« Tu l’as déjà utilisée une fois, et il ne s’est rien passé, pas vrai ? Je ne pense pas que Descente pose problème en soi. C’est peut-être seulement quand tu entres dans la chambre 104 que ça se complique ? »
À la lumière de tout ce qui s’était passé et des paroles du Seigneur, il était évident qu’il m’avait accordé Descente pour renforcer Han Ga-in lui-même.
Si un dieu était un lac, on ne pouvait pas verser ce lac dans une minuscule soucoupe à sauce soja. Pour contenir un lac, le réceptacle devait lui aussi devenir assez grand. Lors de mon premier affrontement avec le Seigneur pour le contrôle de mon corps, il m’avait dit :
« Ne confonds pas les progrès maléfiques que tu as accomplis avec ton seul talent ! »
A-ri avait dit que j’avais progressé à une vitesse incroyable dans la maîtrise du Grimoire. Il y avait aussi cette étrange perception extrasensorielle que je sentais parfois depuis peu, et enfin, les paroles du Seigneur. En mettant tout cela bout à bout, la réponse était évidente. Descente avait développé tout ce qui faisait de moi ce que j’étais.
Alors, tant que je ne retournais pas dans la chambre 104, Descente ne posait pas vraiment problème ?
Alors que mes pensées commençaient à s’embrouiller, grand-père résuma la situation avec une logique imparable.
« Qu’est-ce qui te tracasse encore ? C’est comme la dernière fois. Ne l’utilise pas en temps normal, et sers-t’en une fois si tu penses qu’on va tous y passer sans ça. Si tu meurs sans l’avoir utilisée, tu souffriras de toute façon sans fin dans cet Hôtel. Dans ce cas, même si quelque chose arrive après, tu t’en servirais quand même, non ? »
« C’est vrai. »
Je décidai de ne plus m’en faire. Comme il l’avait dit, si nous étions confrontés à une crise majeure et sur le point d’être anéantis, j’utiliserais Descente une troisième fois, quels que soient les effets secondaires qui m’attendaient. Après avoir parlé un moment de Descente, Eun-sol évoqua le Seigneur.
« Ce salaud de Seigneur est vraiment allé trop loin ! C’était pas injuste, de nous analyser comme s’il avait lu un guide stratégique ? J’espère vraiment qu’on ne le reverra jamais. »
Jin-cheol posa une autre question.
« Il existe d’autres Prisonniers comme le Seigneur ? »
« Si ce sont des Prisonniers, c’est normal qu’ils rêvent de s’évader. À la limite, je peux comprendre son objectif. Ce qui m’a surpris, c’est qu’il ait fait de son autre soi un Héritage, puis qu’il l’ait fait s’échapper une fois la salle résolue. »
Un autre être, comme le Seigneur, qui rêvait de s’évader. À ces mots, A-ri se prit soudain la tête.
« A-ri ? Qu’est-ce qui ne va pas ? »
« Non… J’ai l’impression d’avoir déjà rencontré quelque chose de semblable. Je me fais des idées ? »
Quelque chose de semblable ? Était-ce un souvenir qu’A-ri avait oublié ?
Quoi qu’il en soit, tout le monde partageait l’hypothèse qu’il existait d’autres Prisonniers rêvant de s’évader, en plus du Seigneur. Quand on était enfermé en prison, il n’était pas rare de se battre désespérément pour en sortir. Les Prisonniers de l’Hôtel, des êtres qui n’étaient pas différents des dieux, ne feraient pas exception.
Notre conversation enjouée finit par s’orienter vers le docteur Kim Sang-hyeon.
« Sang-hyeon ! Tu m’as vraiment fait peur tout à l’heure. J’ai sincèrement cru que le Seigneur t’avait eu. Qu’est-ce que tu en penses, Elena ? »
À la taquinerie d’Eun-sol, Elena rougit et s’excusa auprès du docteur.
« Je suis désolée… J’étais un peu déstabilisée, à ce moment-là. »
« Pas du tout. C’est plutôt ceux qui s’en sont rendu compte qui étaient impressionnants. Et puis, puisque le Seigneur avait deviné ce que j’allais faire et que tu as dû combattre les armes du Bureau de gestion à cause de ça, c’est à moi de m’excuser. »
« Non. Même si on avait su que le Bureau de gestion avait une armée là-bas, on aurait quand même dû y aller. »
Dans cette atmosphère chaleureuse, Eun-sol lui posa soudain la question sans détour.
« Sang-hyeon, honnêtement, l’offre du Seigneur ne t’a pas tenté ? »
Tout le monde tressaillit, mais le docteur répondit calmement, comme si la question ne le troublait pas.
« Je ne vous l’ai pas déjà dit ? »
« Qu’est-ce que tu avais dit ? »
« L’Hôtel a besoin d’un leadership fort. Mais j’ai dit que je voulais qu’il repose sur les qualités naturelles d’une personne, comme ses connaissances et son caractère, plutôt que sur un pouvoir surnaturel. »
« Ah, oui, je m’en souviens. »
« Alors le Seigneur était disqualifié d’emblée. Je n’avais rien à envisager. »
La tension retomba aussitôt. Jusqu’au dîner, nous passâmes un long moment autour de la table de rafraîchissements, à rire, discuter et profiter de cette accalmie.
Notes de bas de page :
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