Chapitre 186
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’hôtel mystérieux ◈
Épisode 185 : Une prière pour Mi-ro (4)
──────
— Dehors, Park Seung-yeop.
La flamme brûlait. La flamme brûlait. La flamme brûlait.
Mon esprit se brouillait, comme dans un rêve, et la bougie d’encens de la Prière du Repos faiblissait. Non… ça ne pouvait pas arriver. Dès qu’elle s’éteindrait, impossible de savoir ce qui arriverait à mes compagnons.
Cette bougie, qui permettait aux vivants d’entrer dans le monde des morts, se consumait en puisant dans la vitalité humaine. Je serrai les dents et me pinçai la cuisse. Il ne restait pas un seul endroit sans bleu.
Ce n’est que maintenant que je compris tout ce que mon Sponsor m’avait dit.
« Ce n’est pas comme dans une Salle maudite. Tout le monde n’a pas besoin de participer. »
« Tu n’as pas besoin de te donner à fond. »
À y réfléchir, ces paroles étaient un peu contradictoires. La première donnait l’impression que je n’avais pas besoin de participer, mais la seconde me disait de ne pas en faire trop. Ce serait bizarre de conseiller à quelqu’un de ne pas trop en faire s’il n’avait rien à faire. On disait ça à quelqu’un qui devait agir, pour lui rappeler de prendre soin de lui aussi.
En fait, ce n’était pas si compliqué. La première phrase voulait dire que je ne devais pas entrer moi-même dans l’Enfer de Mi-ro ; la seconde, que je ne devais pas trop me fatiguer en participant à la Prière du Repos depuis l’extérieur…
La flamme brûlait.
J’avais l’impression que la bougie d’encens avait consumé jusqu’à la dernière miette de vitalité qu’il me restait. Je me mis à saliver sans pouvoir m’en empêcher et ma conscience s’obscurcit peu à peu.
Ah ! Tout à coup, je me mis un peu en colère !
« Tu manques de talent et, en plus, tu manques de persévérance. Tu étais comme ça à l’extérieur, et tu n’as pas changé à l’hôtel. »
À bien y repenser, ce n’était pas un peu trop dur, ça, espèce de Sponsor de merde ? Où trouver un collégien qui se donnait autant de mal que moi ?
Franchement, Ga-in disait toujours que la Chouette était moins utile que Pero, mais quand on y regardait de plus près, mon Sponsor de débutant faisait semblant de se soucier de moi tout en ne me sortant que des horreurs à chaque rencontre.
— Frouf !
Après m’être énervé un moment, je regardai devant moi et vis que la flamme avait de nouveau grandi jusqu’à atteindre la taille du poing d’un enfant. Je pouvais tenir encore un peu. Dieu merci. C’était bientôt au tour de Song-i, alors je devais tenir jusque-là.
Grand-père Mook-seong, A-ri, Ga-in ! Donnez tout ce que vous avez ! Et…
Si possible, dépêchez-vous.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 92
Emplacement actuel : Enfer de Mi-ro
Conseil du Sage : 2]
— Han Ga-in
Ma tentative timide de fuite, où j’avais tracé une ligne sur l’œil de Mi-ro avant de m’enfuir dans le couloir, se termina en tragédie. L’institutrice me passa un savon. Un sacré savon.
… Enfin, si quelqu’un brandissait soudain un instrument d’écriture devant l’œil d’un camarade, se faire réprimander était normal.
Devais-je m’estimer heureux ?
La couleur inconnue qui était soudain apparue dans l’œil de Mi-ro avant de disparaître était impossible à expliquer selon le simple bon sens lié aux instruments d’écriture. Les professeurs avaient seulement compris que Mi-ro avait eu très peur quand j’avais agité mon stylo en l’air.
Je ne fus libéré qu’après avoir été averti deux ou trois fois que je devais m’excuser auprès de Mi-ro avant le soir.
« Pfft ! Pffft ! »
« Arrête de pouffer. Vas-y, ris franchement. »
« T’es vraiment idiot ou quoi ? Tu as tracé une ligne devant l’œil d’une gamine et tu t’es enfui ? »
Voir A-ri se moquer de moi me donna envie de lui tracer une ligne à elle aussi. Je traversais tout ça à cause de sa mère, et elle riait ?
« Hé, tout ça, c’est à cause de ta mère ! »
« D’après ce que j’ai entendu, Mi-ro t’a juste demandé de faire une bataille de boules de neige. »
« Ce n’était pas ça. Elle a utilisé une sorte de pouvoir incompréhensible ! De l’hypnose, peut-être ? Elle a essayé de contrôler mon esprit de force avec un pouvoir surnaturel. »
Ce n’est qu’alors qu’A-ri prit un air un peu sérieux.
« Pas seulement du charisme, mais de l’hypnose ? Qu’est-ce que tu as ressenti ? Il y a beaucoup plus de pouvoirs de ce genre que tu ne le crois. Elle t’a montré des hallucinations, comme à Song-i ? Embrouillé l’esprit ? Ou complètement écrasé ta volonté ? »
Elle me posa tant de questions précises que je fus incapable de lui répondre clairement. Pourtant, une sensation similaire me revint aussitôt à l’esprit.
« Ça ressemblait à ce que tu faisais parfois. »
A-ri pencha un instant la tête sur le côté.
« C’était l’usage du Sang ancien. Les vampires s’en servent pour charmer leurs proies, mais passons les explications. Ce que je veux dire, c’est que Mi-ro ne peut pas faire ça maintenant sans Héritage. »
« Non, je veux dire que, du côté de la victime, ça y ressemblait. Mais il y avait aussi une différence nette. À l’époque, ton pouvoir semblait se concentrer sur tes yeux, non ? »
« La source de mon pouvoir, c’est toujours le sang. Mais pour l’hypnose, le contact visuel servait de vecteur à ce pouvoir. »
« J’ai eu l’impression que les yeux de Mi-ro étaient secondaires, et que ses paroles étaient la clé. Plus que tout. »
« Plus que tout ? »
« Au moment où elle a dit quelque chose d’étrange, j’ai soudain eu l’impression que c’était de l’anglais. Ah, bien sûr, comme le décor se passe en Amérique, tout le monde parlait probablement anglais depuis le début. »
« L’hôtel traduit automatiquement, donc on entend du coréen. Mais seules ces paroles ressemblaient à de l’anglais ? Peut-être que si l’hôtel traduisait à sa guise des mots contenant un pouvoir surnaturel, ce pouvoir disparaîtrait ? Quoi qu’il en soit, c’est une bonne chose. »
« En quoi c’est une bonne chose ? »
« Si Mi-ro utilise un pouvoir étrange par la parole, ce serait normalement difficile de réagir tout de suite. Mais grâce à la traduction de l’hôtel, on le saura aussitôt. Si elle se met à parler anglais, c’est qu’elle essaie un truc bizarre. Alors, à partir de maintenant, faisons attention. »
Je compris. Nous avions donc trouvé un moyen de repérer immédiatement les paroles de Mi-ro qui contenaient un pouvoir étrange. Si elle parlait anglais, c’est qu’elle préparait un coup.
… Préparait un coup. A-ri s’était mise à parler de Mi-ro de façon agressive, elle aussi.
« Tu as dit qu’elle préparait un coup. Tu commences à avoir peur de ta mère, toi aussi ? »
« Pour être honnête, un peu. C’est l’exemple même de la médium sauvage qui n’a jamais reçu la moindre formation du Bureau de gestion. »
« Une médium sauvage ? »
« Utiliser ses pouvoirs sur des gens ordinaires sans la moindre hésitation et s’en servir au quotidien aussi naturellement qu’on respire. C’est typique des médiums sauvages. Le Bureau de gestion forme durement les gens pour qu’ils n’utilisent leurs pouvoirs dépassant le bon sens qu’en cas d’absolue nécessité. »
Pour une fois, elle disait du bien du Bureau de gestion. Ça faisait longtemps. Le monde dont je me souvenais avait peut-être été relativement vivable en partie grâce au Bureau de gestion.
« Ga-in, maintenant que j’y pense, il n’y a pas de “scénario” ? Ta bénédiction fonctionne normalement. »
« Je te l’aurais dit si c’était le cas. Il n’y a rien du tout. Ça raconte juste des trucs inutiles sur une fête de l’hôtel dans l’Enfer de Mi-ro et nous dit d’attendre la tombée de la nuit. »
« Il va se passer quelque chose quand la nuit tombera ? »
« Probablement. Pourquoi Grand-père t’a appelée tout à l’heure ? »
« Des traces d’un rituel étrange. Il faut les examiner un peu plus. Elles sont très anciennes. »
« Je devrais venir aussi ? »
A-ri secoua la tête.
« Ce sont des traces extrêmement délicates et anciennes. Mieux vaut que les non-spécialistes ne s’en approchent pas. De toute façon, Grand-père et moi réduisons les possibilités. On aura une réponse vers le soir, donc pas besoin de chercher de ton côté. »
« Quoi que ce soit, ça me rassure. »
« Alors, occupe-toi de ce que tu as à faire. »
« Hein ? »
« Va t’excuser auprès de Mi-ro. »
Sur ces mots, A-ri disparut de nouveau en ricanant.
L’institutrice, A-ri… Pourquoi tout le monde n’arrêtait-il pas de me dire de m’excuser ? C’était pourtant celle qui avait utilisé l’hypnose, la plus fautive, non ?
Inutile de discuter. Peu importait qui était en tort, elles voulaient que j’arrange les choses. De toute façon, l’institutrice ne comprendrait rien à l’hypnose.
Trouver Mi-ro fut très facile. Je ne savais pas à quel point elle aimait les batailles de boules de neige, mais elle était toujours dehors, dans la cour de l’école, à lancer de la neige avec ses amis. En la regardant jouer avec les enfants par la fenêtre, je me dis qu’elle n’avait franchement pas l’air si méchante. Jusqu’à présent, elle n’avait fait que jouer autant qu’elle le voulait, même pendant les cours.
À bien y réfléchir, s’ennuyer en classe et avoir toujours envie de jouer, c’était le rêve de tous les enfants. Mi-ro avait simplement eu la chance de naître avec le pouvoir de réaliser ce rêve.
Je pénétrai dans la cour, profitant du temps agréablement froid, qui ressemblait à un hiver ordinaire, contrairement au deuxième étage de l’hôtel. Les enfants autour de moi me remarquèrent.
Qu’est-ce qu’ils étaient, la garde personnelle de Mi-ro ? Elle savait clairement que j’étais là, mais ne réagissait pas. Les enfants, eux, prirent des airs féroces et s’approchèrent de moi.
« Hé ! Han Ga-in ! Toi… »
« Mi-ro t’a juste demandé de jouer, alors qu’est-ce que tu lui as… »
« Tu ne vas toujours pas t’excuser ? Espèce de sale… »
Ce genre de choses. J’écoutai un moment, sans réagir, le vacarme de la garde personnelle de Mi-ro, puis les alentours devinrent soudain silencieux. Mi-ro fit un geste de la main, comme si elle acceptait de passer l’éponge, et les enfants reculèrent. Elle tapa une fois du pied, et ils s’éloignèrent encore. D’un seul geste et d’un seul coup de pied, elle commandait une dizaine d’enfants comme s’ils étaient ses propres membres. Elle n’était pas différente d’une impératrice absolue.
« … »
« Hum. Ahem ! Ahem ! »
Elle affichait un air fier. Comme si elle disait : « Tu m’as fait du tort tout à l’heure, mais je te fais grâce » ?
Je commençais à comprendre.
Celle qui avait créé A-ri, qui était surhumaine depuis sa naissance et avait même rallié des disciples au Bureau de gestion… Une fois qu’on lui retirait tout cet emballage mystérieux pour la regarder objectivement, cette fille n’était qu’une collégienne. Son comportement et sa façon de penser étaient encore plus enfantins que ceux de Seung-yeop.
Cette réalité m’agaçait, mais elle avait aussi quelque chose de rassurant. Si elle avait été une fille sinistre, dégageant depuis cet âge une aura inquiétante et incompréhensible, et dont les pensées étaient impossibles à deviner, j’aurais probablement eu trente fois plus peur que maintenant.
« Euh… Mi-ro ? Je suis désolé pour tout à l’heure. J’ai soudain entendu des “paroles étranges” sortir de ta bouche et j’ai paniqué. »
« Des “paroles étranges”. »
« … »
« Tu arrives à distinguer mes paroles ? »
Sa question sortit de nulle part, mais je compris aussitôt ce qu’elle voulait dire. Elle me demandait si je pouvais différencier ses paroles ordinaires de celles qui contenaient du pouvoir.
« Pour l’instant, en tout cas, tu parles normalement. »
— Hop !
« … Mais qu’est-ce que tu fabriques ? »
« Tu ne regardais que le ciel. »
J’évitais délibérément son regard pendant qu’on parlait, et apparemment, ça amusait Mi-ro. Elle se mit à bondir vers l’endroit où je regardais.
— Hop ! Hop !
Pendant un instant, nous nous livrâmes à une bataille de boules de neige d’un autre genre. Au lieu de nous lancer des boules de neige, nous cherchions à croiser le regard de l’autre.
« Ah, je suis crevé ! Tu peux te comporter normalement, pour une fois ? Au fait, c’était quoi, le stylo de tout à l’heure ? »
« … »
« Si tu réponds “il coûte cher”, je t’enterre dans la neige jusqu’aux genoux. Je sais que c’est un truc bizarre. »
« Mon grand-père défunt m’a laissé un ancien trésor de famille… »
« Ne mens pas. Rien que “défunt”, c’est déjà un mensonge. J’ai décidé de t’enterrer dans la neige jusqu’aux genoux. »
C’était encore une capacité psychique ? Ou alors mon mensonge se voyait simplement trop ? Impossible à savoir.
— Fwouh !
Des boules de neige se mirent à pleuvoir et me frappèrent.
« On recommence ? »
— Fwouh !
« Tu ne vas pas esquiver ? »
« Tu as dit que tu m’enterrerais dans la neige jusqu’aux genoux. »
— Paf !
« Tu vas vraiment rester là sans bouger et te laisser enterrer dans la neige ? »
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Et une bonne année !
Une musique joyeuse venait de quelque part.
Quand je repris mes esprits après l’avoir écoutée, je tenais des boules de neige dans les deux mains. Est-ce que j’avais été hypnotisé entre-temps ?
« Aaah ! Il y a de la glace dedans ! Il a mis de la glace dedans et me l’a lancée ! »
Vu que ma balle rapide gelée avait mis Mi-ro K.-O. en un seul coup, apparemment, non ! Je continuais un peu ?
« Prends ça ! »
« Aaah ! Il lance vraiment bien les boules de neige ! »
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Nous vous souhaitons un joyeux Noël
Et une bonne année !
* * *
Deux heures s’étaient-elles écoulées ? Le ciel s’assombrissait peu à peu. L’heure du dîner approchait. Je ne savais toujours pas pourquoi cet endroit s’appelait l’Enfer, mais plus d’une demi-journée s’était écoulée depuis notre entrée dans l’Enfer de Mi-ro. Entre-temps, le malaise entre les enfants et moi s’était complètement dissipé. Ce n’avait été que des bravades enfantines, dès le début.
« Hé ! Hé ! »
« Oui ? »
« Tout le monde devrait rentrer maintenant. Il commence à faire nuit. Vous n’avez pas faim ? »
À ces mots, les enfants se mirent à dire les uns après les autres qu’ils avaient faim, et l’ambiance glissa naturellement vers les adieux.
« Je veux rester encore un peu… »
« Mi-ro, rentrons maintenant. Il est tard. Et… il est dangereux de rester dehors tard le soir. »
La Compréhension du scénario m’avait annoncé que quelque chose commencerait à la nuit tombée. Il devait bien y avoir une raison pour que cet endroit s’appelle l’Enfer.
…
La plupart des autres enfants prirent la direction du dortoir, mais Mi-ro ne semblait pas avoir l’intention de rentrer et continua à me lancer des boules de neige.
« Rentrons maintenant. »
« Ah ! Tu as dit des trucs bizarres, et tout le monde est rentré ! »
« Je n’ai rien dit de bizarre. J’ai dit qu’on devrait aller manger. »
« T’es pénible ! Prends ça ! Oh, tu as esquivé ? »
Je commençais à fatiguer. Mon corps avait rajeuni, mais mon esprit n’était pas celui d’un collégien, alors j’étais épuisé. Si je rentrais avant elle, elle ne me suivrait pas ?
« Je rentre avant toi. »
« Tu vas vraiment me laisser toute seule ici ? »
« … »
« Toi aussi, tu m’aimes bien, pas vrai ? Tout le monde m’aime ! »
« Je t’ai dit que ça ne marcherait pas. »
« … Comme tout à l’heure, comment tu fais pour distinguer mes paroles ? »
— Hoo.
Je retins mon souffle. Pendant un seul instant, dans une fraction de seconde qui sembla se diviser en dix morceaux, j’entendis un son étrange.
Un silence écrasant s’abattit sur les lieux.
Le chant des oiseaux dans les arbres.
Le léger bruit de la neige glissant des statues et des voitures.
Le tintement des décorations des sapins de Noël qui se balançaient dans le vent.
On n’entendait plus le moindre son.
— Hoo. Hoo.
J’entendis une respiration. Une respiration profonde et grave, qui n’appartenait à aucun humain présent, frôla mes oreilles.
« Ga-in ? Qu’est-ce que tu fais ? »
Alors, je vis la fille, qui ne comprenait rien à tous ces changements.
… Comment pouvais-je seulement percevoir ces changements ?
Notes :
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