Chapitre 168
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 167 : Chambre 201, Salle maudite — « Le Cube » (16)
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— Kim A-ri
… Quel endroit étrange. L’espace au-delà de la télévision était une salle gigantesque, si blanche qu’elle en était aveuglante.
Comme prévu, les autres se mirent à avancer les yeux fermés, persuadés, grâce à mon sang, que cet endroit était sans danger.
J’étais la seule à traverser les lieux en pleine possession de mes moyens, protégée par le bracelet de Song-i.
Pourquoi la traverser en restant consciente, alors qu’on avait déjà trouvé comment le faire sans risque ?
C’était simple. Je voulais voir à quoi ressemblait réellement l’Œil zéro-dimensionnel.
L’Œil zéro-dimensionnel, probablement le Prisonnier de la chambre 201.
Quel rôle jouait-il dans ce scénario ?
Jusqu’ici, je ne lui avais trouvé aucun autre rôle que celui d’un élément du décor.
Il ne s’opposait pas à l’Adversaire comme le Dévoreur, n’avait pas donné de pouvoirs à l’Adversaire comme le Directeur, et l’Adversaire ne l’adorait pas comme un dieu, contrairement au Seigneur.
À vrai dire, il me faisait penser au Nebula Dragon, qui n’avait pas fait parler de lui avant la bataille finale.
Le rôle de l’Œil zéro-dimensionnel restait inconnu.
Peut-être que Ga-in, une fois sorti de son Scellement, devrait découvrir ce que c’était ?
Au loin, j’aperçus une vingtaine de soldats que le quartier général avait postés ici.
D’après Eun-sol, l’installation comptait une trentaine de soldats en tout, les autres étant des chercheurs. Ils en avaient amené plus de la moitié ici.
L’Œil zéro-dimensionnel se trouvait dans cet espace.
Ces gens n’osaient même pas s’approcher de nous. Ils attendaient simplement que nous venions à eux.
…
Grâce au bracelet, j’avais échappé à la perte de connaissance dès mon entrée.
Et si je regardais maintenant ?
À l’instant où je levai la tête, je m’effondrai.
Un regard écrasant me transperça avec une violence inouïe !
Même si je n’étais pas la propriétaire du bracelet, je le compris instinctivement.
Je ne pourrais pas le supporter longtemps.
Je n’aurais pas dû essayer de regarder ! Quelle erreur d’avoir cédé à une curiosité aussi minable.
Erreur, erreur, e̸r̸r̸e̸u̸r̸, e̸r̸r̸e̸u̸r̸, e̸r̸r̸e̸u̸r̸, m̸e̸n̸s̸o̸n̸g̸e̸s̸e̸t̸l̸a̸m̸a̸i̸s̸o̸n̸
* * *
« On dirait que les choses vont devenir intéressantes, alors je t’ai laissée partir. »
* * *
Le regard qui me déchiquetait morceau par morceau disparut.
On ne me libéra que lorsque j’eus à moitié perdu la raison, que les lettres et les chiffres se décomposèrent dans mon esprit et que je fus sur le point de m’évanouir.
Je n’en savais rien. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était cet être.
Mais un fait était douloureusement évident.
Cet être évoluait à un niveau si supérieur à celui de Beatrix qu’on ne pouvait même pas les comparer.
Comment le Chercheur en chef avait-il pu sceller une chose pareille ?
Quel genre d’homme était-il ?
« A-ri ? »
J’avais guidé mes compagnons les yeux fermés, comme le joueur de flûte de Hamelin.
Quand je m’arrêtai brusquement, Song-i, qui attendait, me regarda d’un air perplexe.
Allons-y. Si nous traînions davantage, la Suggestion que j’avais lancée à mes compagnons risquait de se dissiper.
Pour une raison ou une autre, la pression exercée par l’Œil zéro-dimensionnel avait disparu.
Les forces du quartier général ne semblaient pas s’en être rendu compte et attendaient toujours au loin.
Parfait.
Il fallait toujours agir avant que l’ennemi s’y attende !
Kim A-ri : En avant !
Aussitôt, tous mes compagnons ouvrirent les yeux.
Notre neuvième compagnon, qui était resté parfaitement silencieux sur l’épaule de Song-i depuis sa libération du Scellement, s’envola.
« Vas-y ! Grenade aveuglante vivante ! »
* * *
— Lee Eun-sol
« Vas-y ! Grenade aveuglante vivante ! »
C’était censé être quoi, au juste ? Une blague des années soixante-dix ?
Enfin, Pero faisait effectivement office de grenade aveuglante vivante.
Pero lança un regard noir à A-ri, puis s’envola et se transforma.
— Kriii ! Kriii !
Un cri perçant retentit, et le chaos éclata !
Nous nous étions bouché les oreilles à l’avance et préparés mentalement, mais pas nos adversaires.
Pris au dépourvu, les soldats du quartier général se mirent à tirer les uns sur les autres comme des fous.
À cet instant, Cha Jin-cheol, qui avait invoqué l’Étoile, fonça dans le tas comme un boulet de canon.
Dans un fracas assourdissant, les soldats du quartier général furent projetés dans les airs.
Avec son gilet pare-balles haute performance et l’Étoile à la main, Jin-cheol ressemblait à un surhomme invincible qui saccageait tout sur son passage.
Song-i arriva au milieu de la mêlée et brandit son bracelet, poussant les soldats à s’entretuer. Grand-père et A-ri n’arrêtaient pas non plus d’appuyer sur la détente.
…
Tout le monde se battait bien.
Elena, Seung-yeop et moi nous contentions d’observer depuis l’arrière.
Un quart d’heure avait dû s’écouler. Le combat touchait enfin à sa fin.
Un bon nombre de soldats étaient morts ou avaient fui, tandis que de grands bruits résonnaient dans le quartier général.
Cha Jin-cheol accourut vers moi.
« Eun-sol, on les a presque tous eus ? »
« Il doit en rester une dizaine à l’intérieur du quartier général. Mais je ne pense pas qu’ils te poseront beaucoup de problèmes, maintenant. Au fait, Jin-cheol, tu ressembles vraiment à un surhomme de film de super-héros. Quand tu as attrapé un soldat dans chaque main et que tu les as jetés, on aurait dit exactement le monstre vert. »
« Hahaha ! Ce n’est pas seulement grâce à ma force. Cette tenue y est aussi pour quelque chose. »
« Le gilet pare-balles ? Il empêche les balles de traverser, mais il n’absorbe pas tous les chocs. »
Jin-cheol se contenta de sourire. Cela dit, les chocs ne poseraient problème qu’à des gens ordinaires comme Song-i et moi.
« On pourrait obtenir cette tenue auprès de l’Hôtel ? Si je pouvais la porter dans d’autres Salles maudites aussi, je serais probablement une fois et demie plus fort. »
Ce n’était pas un gilet pare-balles ordinaire. Le Bureau de gestion ne devait pas proposer facilement un modèle sur mesure.
Grand-père prit la parole, le visage tendu.
« Beatrix n’est pas venue. »
Je jetai un coup d’œil derrière nous avant de répondre.
« On a pris un peu de distance, mais cet endroit semble être celui où se trouve l’Œil zéro-dimensionnel. Elle ne veut probablement pas se battre ici. »
— Clic !
Jin-cheol ouvrit la porte qui menait au quartier général.
La phase suivante commençait.
* * *
À vrai dire, je n’avais fait qu’observer pendant le combat à l’extérieur.
Mon rôle allait devenir important à partir de maintenant. C’était pour ça que c’était moi qui portais la combinaison de protection !
Après avoir fait signe à mes compagnons, je m’éloignai un peu du groupe et me préparai à me fondre dans le décor.
— Bang ! Bang ! Bang !
Des tirs retentirent de toutes parts.
— Fwoooosh !
Je sentis aussi les ondes de l’Étoile traverser la combinaison de protection et me piquer la peau.
Au milieu de tout ça, je concentrai toute mon attention sur l’œil de l’Oiseau géant monoculaire, à la recherche de Patrick.
…
…
Je l’ai trouvé.
Lee Eun-sol : J’ai trouvé Patrick. Faites du bruit.
Suivant mes instructions, mes compagnons se mirent à semer autant de désordre que possible.
Cha Jin-cheol fonça soudain dans le tas, comme s’il les défiait de lui tirer dessus, tandis que Pero continuait de hurler.
Je m’approchai de Patrick, retenant mon souffle pour rester invisible.
Patrick observait la situation à côté d’un passage spécialement aménagé.
S’il sentait que la situation tournait mal, il comptait probablement s’enfuir par ce passage. Cela compliquerait les choses pour tout le monde.
Quand j’ouvris la broche, le papillon essaya aussitôt de s’envoler.
Non.
Le temps que tu arrives là-bas à ton allure d’escargot, Patrick verrait ton apparence tape-à-l’œil, sursauterait et s’enfuirait.
Fais confiance à ton propriétaire, pour une fois.
Je pris le papillon dans ma main et m’approchai moi-même de Patrick.
Cela faisait trop longtemps que je retenais mon souffle pour rester invisible ; je commençais à manquer d’air.
Des voix me parvinrent.
« C’est quoi, ce type ? Il s’est déjà pris dix balles ! »
« On dirait qu’il n’a pas un corps ordinaire ! »
« Ça, j’avais remarqué, espèce d’abruti ! Où est Beatrix ? L’Issue de secours est prête ? »
« Elle va bientôt arriver ! Ça ne fait que quelques minutes que ces gens ont commencé à tout saccager. L’Issue de secours sera prête dans dix minutes. »
« Alors balancez-leur des bombes ! »
« Monsieur Patrick, mais… »
« Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? À ce rythme, ces types vont prendre l’installation… »
« Salut ! »
Je tendis nonchalamment la main et enfonçai le papillon dans le corps de Patrick.
Je devins aussitôt visible et, juste au moment où l’un des gardes du corps tentait de m’attraper, Patrick s’écroula dans un grognement rauque !
Ses gardes du corps, affolés, essayèrent de l’emmener ailleurs, mais je m’accrochai à lui.
Eh oui, combinaison de protection ! Avec ça, je suis vraiment fort, moi aussi !
Les gardes du corps virèrent au rouge en essayant de m’arracher à lui, mais peine perdue !
Eh oui, avec une combinaison de protection, on devient vraiment lourd !
Je m’y accrochais joyeusement, avec l’impression d’avoir environ 0,3 Cha Jin-cheol de force. Finalement, mes compagnons, qui avaient nettoyé la zone, nous rejoignirent.
La fin était proche. Nous avions mis la main sur Patrick.
« Eun-sol, beau travail ! »
« Maintenant, ça commence. Tiens, prends ce type. »
Pendant que Cha Jin-cheol tenait Patrick, je récupérai le Papillon cauchemardesque.
Cinq minutes s’étaient probablement à peine écoulées, mais Patrick avait l’air d’avoir vieilli de dix ans.
Dès que le papillon sortit de lui, un gémissement de douleur lui échappa.
« Guh ! Guh ! »
« Il ne nous reste plus qu’à l’emmener au troisième étage. A-ri ? »
A-ri avait l’air mal à l’aise.
« A-ri ? »
« Je l’ai dit pendant qu’on préparait le plan, mais ça m’inquiète. »
« Tu crois que l’hypnose ne marchera pas bien ? »
« Oui. Ce n’est pas quelqu’un d’ordinaire. »
Entre-temps, Patrick avait repris connaissance.
« Kh… Le troisième étage. Si c’est le troisième étage… c’est là que se trouvent le Scellement et lui. Vous êtes du Bureau de gestion, donc vous n’êtes pas venus endommager le Scellement. Vous êtes là pour sauver le Chercheur en chef ? »
« Tu n’es pas complètement à côté de la plaque. »
« Héhéhé… C’est même pas drôle. Vous êtes vraiment venus le sauver ? Vous croyez que le Chercheur en chef est un héros qui a sauvé le monde ? Vous savez pourquoi je l’ai trahi ? Des rouages comme vous ne savent rien… »
« On va vraiment l’écouter encore longtemps ? On n’a pas le temps, dépêchons-nous. A-ri. »
Cha Jin-cheol avait raison. Beatrix pouvait surgir à tout moment.
En soupirant, A-ri fixa longuement les yeux de Patrick, comme elle l’avait fait avec Elizabeth.
Trois minutes passèrent peut-être. De la bave coula de la bouche de Patrick, qui se mit à obéir aux instructions d’A-ri.
« Ça a marché ? »
« Probablement. »
« Cette réponse ne me rassure pas. »
« Je l’ai répété plusieurs fois : ce n’est pas quelqu’un d’ordinaire, alors je ne peux rien garantir. Ne baissez pas la garde. Continuez de le surveiller. »
La plupart des gens du quartier général étaient morts ou s’étaient enfuis. En emmenant Patrick avec nous, nous prîmes la direction de notre destination.
Il y avait plusieurs portes interdites aux visiteurs, mais avec Patrick, nous les franchîmes sans trop de difficulté.
… Tandis que nous avancions, une question à laquelle je n’avais pas pensé jusque-là me vint à l’esprit.
« A-ri. »
« Oui ? »
« Pourquoi Patrick les a-t-il trahis, au juste ? »
« … »
« À bien y réfléchir, il occupait à l’origine un poste important au Bureau de gestion. C’était un haut responsable de l’Antenne d’Arizona. Le Bureau de gestion aurait-il mal traité quelqu’un comme lui ? Il devait lui avoir accordé une fortune et un statut considérables. Ça aurait déjà suffi à le dissuader de trahir. »
« Probablement. Quelqu’un qui avait un poste pareil au Bureau de gestion aurait amassé assez d’argent pour entretenir ses petits-enfants. »
« Alors pourquoi les a-t-il trahis ? En échange, il s’est retrouvé à vivre dans l’ombre, au milieu de monstres. Il ne peut même pas sortir facilement de ce quartier général étouffant. »
Seung-yeop répondit :
« Beatrix l’a peut-être menacé ? »
« C’est possible, mais d’après les dossiers et sa façon de parler, je n’en ai pas eu l’impression. Patrick et Beatrix avaient plutôt l’air d’être partenaires que liés par une relation à sens unique. »
A-ri donna son avis.
« Quelle que soit sa puissance, Beatrix restait un sujet d’expérience sous le contrôle du Chercheur en chef. Même si elle avait réussi par chance à s’échapper, aurait-elle pu gérer cette immense installation ? Gérer tout, du Cube aux équipements qui stockent des monstres sous terre, ce n’est pas à la portée d’une fille démoniaque qui a passé toute sa vie à subir des expériences. Il faut l’expertise de quelqu’un qui travaille dans ce domaine depuis des décennies. »
Il y avait une question que nous nous posions depuis la préparation du plan.
Compte tenu de nos suppositions et des conseils de la Chouette, il était certain que le Chercheur en chef disposait d’un moyen de maîtriser Beatrix.
Alors pourquoi avait-il été vaincu ? Avait-il simplement baissé sa garde ?
Ce n’était pas un homme imprudent. Quelqu’un d’assez extraordinaire pour sceller l’Œil zéro-dimensionnel et sauver le monde pouvait-il vraiment être vaincu par son propre sujet d’expérience, juste parce qu’il avait baissé sa garde ?
C’était difficile à croire.
…
Et si…
Et si Patrick avait trahi le Chercheur en chef et libéré Beatrix par la même occasion ?
Cela expliquerait comment le Chercheur en chef avait été vaincu.
Il avait certainement prévu un moyen de maîtriser Beatrix, mais il n’avait probablement jamais imaginé qu’un responsable de l’installation le trahirait.
Pourquoi Patrick l’avait-il trahi ?
Pourquoi renoncer à la fortune et au statut que lui offrait le Bureau de gestion, s’allier à un sujet d’expérience et trahir son supérieur, celui-là même qui avait sauvé le monde ?
Je me rappelai les paroles de Patrick, juste avant qu’A-ri ne le soumette à sa Suggestion.
« Tu crois vraiment que cet homme est un héros qui a sauvé le monde ? »
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