Chapitre 144
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 143 : Chambre 107, Salle de passage — Épreuve finale (34) (Fin)
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— Elena
Ga-in me tira à travers le théâtre en flammes tandis que je courais sans réfléchir.
Je regardai autour de moi, terrifiée. Les gens hurlaient et fuyaient dans toutes les directions.
Pourquoi est-ce que ça arrivait ? Pourquoi aujourd’hui, entre tous les jours ?
Je courais en essayant de retenir la colère qui montait en moi, quand je me rendis soudain compte de quelque chose.
Où allions-nous ?
N’étions-nous pas censés sortir par l’entrée du théâtre et rejoindre la rue ?
Ga-in m’avait entraînée dans une ruelle qui débouchait sur la porte arrière du théâtre.
« Euh… Ga-in ? »
« Oui ? »
« On est où ? On ne ferait pas mieux de rejoindre la rue ? »
« Hein ? Je crois que j’étais tellement pris par la course qu’on s’est retrouvés dans un coin bizarre. Mais on ne peut pas retourner au théâtre, alors autant continuer par là, non ? »
Je compris. Ga-in avait dû avoir peur, lui aussi, et courir sans réfléchir.
Je n’étais tout de même pas rassurée. Je n’empruntais jamais ces ruelles, et le quartier était dangereux.
— Clic.
Nous étions encore en début de soirée. Le soleil couchant éclairait suffisamment les lieux pour qu’il ne fasse pas encore complètement nuit.
— Clic.
Nous n’avions même pas pu assister au spectacle jusqu’au bout, et voilà que nous fuyions un incendie sorti de nulle part ! Il fallait vraiment ne pas avoir de chance !
— Clic.
« Elena. »
« Oui ? »
« Tu t’amuses ? »
« Encore cette question ? T’es idiot ou quoi ? Le théâtre est en feu et on s’enfuit. »
« C’est dommage. »
« … Cela dit, pour l’instant, ce n’est pas si terrible. »
« Vraiment ? Pourtant, on dirait que tes chaussures ne te vont pas bien. Tes pas font beaucoup de bruit. »
« Hein ? Elles sont faites sur mesure, alors ça ne peut pas… »
Un frisson me parcourut l’échine. Je me retournai.
Au bout de la ruelle se tenait une silhouette vêtue de façon étrange, découpée sur le soleil couchant.
Une lame étincelante jaillit soudain de sa main.
« Q-Qu’est-ce que… »
Avant que je puisse terminer ma phrase, Ga-in m’attrapa la main et se remit à courir !
Qu’est-ce qui se passait ? Qu’est-ce qui m’arrivait aujourd’hui ?
Je courus encore et encore, sans réfléchir. Où allions-nous, au juste ? Je n’en avais aucune idée.
Je suivais simplement Ga-in, qui me tenait la main et me guidait.
Ga-in n’avait pas l’air de bien connaître le quartier non plus. Qu’allions-nous faire ? Y avait-il quelqu’un qui pouvait nous aider ?
— Ting !
Un nouvel objet tranchant fila vers nous et nous frôla.
Les vêtements de Ga-in se déchirèrent légèrement et du sang perla sur son corps.
Ga-in jura.
« Argh ! Ils sont cinglés ou quoi ? Ils m’ont touché d’aussi loin ? »
« Ga-in ! Ça va ? »
« Courons. Plus vite ! »
— Boum !
Un fil dissimulé au sol se tendit brusquement et me fit trébucher !
« Aah ! »
Au moment où j’essayai de me relever, une lame acérée me frôla.
Du sang rouge coula aussitôt le long de ma jambe et de ma cuisse. Une douleur brûlante et une peur suffocante m’envahirent.
Ga-in avait réussi à éviter le fil. Il déchira aussitôt ses vêtements et banda ma blessure avec.
Il marmonna, le visage sombre :
« Je suis désolé… »
Pourquoi était-il désolé ? Parce qu’il n’avait pas pu me protéger ? Il ne se prenait pas un peu pour un prince, à dire ça ?
…
C’était dur. Vraiment trop dur. C’était étrange. Aujourd’hui devait être un jour heureux…
Le théâtre avait pris feu, puis un cinglé en robe s’était mis à nous poursuivre dans une ruelle en nous lançant des couteaux. J’avais couru jusqu’à l’épuisement et j’avais l’impression que j’allais m’arrêter de respirer.
À la fin, je n’arrivai plus à avancer et m’adossai à un mur.
Notre poursuivant s’était-il épuisé lui aussi ? Il avait disparu quelque part et n’était plus en vue.
« Ouf… Ha… Ça va ? Je ne comprends rien à ce qui se passe aujourd’hui. »
« Ça va. C’est A-ri qui m’inquiète davantage. »
« Qu’est-ce que tu veux dire ? A-ri était aussi au théâtre ? »
« Ah, oui. Je l’ai même vue tout à l’heure. »
« Tu l’as vue tout à l’heure ? »
« Oui. Des policiers envoyés par quelqu’un d’important sont soudain apparus et l’ont emmenée. »
« Hein ? Quelqu’un d’important ? Qu’est-ce que tu racontes ? »
Ga-in ricana et changea simplement de sujet.
« On est presque à l’école. Il suffit de marcher encore un peu. »
« L’école ? Cette route y mène ? »
« Oui. J’ai entendu dire que les élèves empruntaient rarement cette ruelle. »
Nous avançâmes en silence.
Le soleil s’était couché et un croissant de lune incliné flottait dans le ciel nocturne.
Des bruits nous parvinrent. Des bruits violents, assourdissants.
Les cris d’innombrables personnes résonnaient à mes oreilles.
Je ne pouvais pas faire un pas de plus. Je ne voulais pas voir ce qui se passait à l’école.
Je m’arrêtai sans m’en rendre compte. Si je continuais par la gauche, je pourrais rentrer chez moi…
— Toc.
« Ga-in ? »
« Il a dû se passer quelque chose à l’école. »
« J’entends des bruits bizarres. On ne devrait pas aller se mettre à l’abri ? »
« Il y a des professeurs à l’école, non ? Ce sera plus sûr là-bas. »
Sur ces mots, Ga-in me reprit la main et m’entraîna vers l’école.
Avait-il toujours été aussi déterminé ? Ga-in était vraiment bizarre, aujourd’hui.
* * *
C’était presque fini. Une expression sombre commençait à se dessiner sur le visage d’Elena.
Nous avions préparé notre plan avec le plus grand soin, mais les moments dangereux n’avaient pas manqué.
Même si nous avions gâché le rêve d’Elena en dissimulant notre identité, les complications imprévues continuaient de s’accumuler.
Des chasseurs étaient soudain apparus au théâtre, obligeant Pero à s’enfuir en catastrophe.
Puis des policiers avaient surgi de nulle part dans la ruelle et emmené A-ri, qui portait une robe.
Perdre A-ri, notre meilleure « spécialiste des incendies criminels », était un sacré coup dur.
Sans A-ri, qui m’avait fait soupçonner que le Bureau de gestion l’avait entraînée tout spécialement à mettre le feu, nous n’aurions pas facilement réussi à incendier bâtiment après bâtiment, tous les trois.
Mais ce n’était pas grave. Jusqu’ici, tout n’avait été qu’une mise en place.
Au bout du compte, c’est moi qui porterais le coup de grâce.
* * *
Nous arrivâmes à l’école.
Les flammes qui s’élevaient de toute l’école étaient si gigantesques que je ne pus que les contempler, hébétée.
Des bruits assourdissants emplissaient l’air.
La chaleur était si intense que je la sentais sur ma peau.
La fumée était si âcre qu’elle me faisait mal à la tête.
Pourquoi fallait-il que cette journée se passe ainsi ? Je voulais seulement passer une journée heureuse.
Je voulais m’amuser à l’école avec mes chers amis et assister à un spectacle au théâtre avec quelqu’un qui me plaisait !
Je souhaitais seulement que cette journée heureuse se répète à jamais.
Alors que je restais là, hébétée, Ga-in me posa une autre question étrange.
« Elena. »
« Oui ? »
« Tu t’amuses ? »
« … Tu te moques de moi ? Je commence à être en colère, là. »
« Je suis désolé. Pour beaucoup de choses. Mais ce sera bientôt fini. »
Fini ? Qu’est-ce qui allait être fini ? Et pourquoi était-il désolé ?
Je ne comprenais pas. Comme s’il avait pris sa décision, Ga-in se plaça devant moi.
Qu’est-ce qu’il comptait faire ?
— Sccccriii !
Une onde de choc phénoménale ébranla le ciel et la terre.
Dans un rugissement si puissant que j’avais l’impression que ma peau elle-même tremblait, le mur s’effondra et l’oiseau monstrueux apparut.
Tétanisée par sa présence écrasante, je vis Ga-in me pousser sur le côté et s’avancer.
Il regarda calmement l’oiseau.
L’oiseau pencha bizarrement la tête et fixa Ga-in droit dans les yeux.
« G-Ga-in, cours ! Couuurs ! »
* * *
Le plan touchait à sa fin. Je fis signe au Perroquet grotesque.
D’habitude, cette bestiole ne me détestait-elle pas plus que tout ?
Et pourtant, alors qu’elle avait enfin une vraie occasion de se venger, Pero hésita.
Il flanchait sans raison au moment le plus important.
Je plantai les yeux dans ceux de Pero et lui fis de nouveau signe.
Enfin, Pero prit sa décision.
Une énorme patte, armée de griffes grosses comme le poing d’un enfant, s’abattit violemment et me frappa au ventre.
…
Ah.
Aah.
Aaaaaaaaaaaaaah !
Une douleur semblable à un éclair qui frappait tout mon corps me paralysa.
Tremblant sous le choc atroce, je regardai Elena.
Elle rampait vers moi, en pleurant à chaudes larmes.
La voir pleurer me fit sourire amèrement, sans que je m’en rende compte.
À un moment, j’avais envisagé de mettre fin à toute cette mascarade en faisant mourir Elena.
Mais cela n’aurait servi à rien. Elle, qui s’était enfoncée plus profondément que quiconque dans le rêve, avait acquis plus de pouvoir que tous les autres.
Même si elle mourait, elle s’enfuirait dans un autre rêve, au thème différent.
C’est pour cela qu’il fallait lui infliger un chagrin inéluctable.
La jeune fille qui avait acquis sur cette scène un pouvoir presque omnipotent devait subir une tragédie que même son pouvoir absolu ne pourrait jamais défaire.
« Ga-in ! Ga-in ! Tiens bon, encore un peu. Les médecins vont bientôt arriver. »
C’était sans doute vrai. Même dans cette situation, Elena pouvait faire venir des médecins de nulle part et me sauver de ces blessures.
Je fis donc un simple clic, que même le pouvoir d’une fille devenue dieu par accident ne pouvait annuler.
/Voulez-vous vous échapper ? (O/N)/
O
Mon corps commença lentement à se brouiller.
Elena avait l’air complètement perdue lorsqu’elle comprit que je disparaissais. Je lui fis mes adieux une dernière fois.
« Elena, je suis désolé pour aujourd’hui. On se reverra dehors. »
Ma conscience s’évanouit.
* * *
— Elena
Ga-in disparut lentement.
Pero disparut lentement.
A-ri et Song-i, qui devaient être quelque part, disparurent probablement elles aussi.
…
Mon esprit vagabond s’éclaircit peu à peu.
Je forçai mon corps inerte à se redresser et regardai autour de moi.
L’école en flammes, le théâtre en flammes, les innombrables victimes.
Ce monde avait été créé par mon rêve, de toute façon, mais ils avaient vraiment mis un sacré bazar.
Les médecins que j’avais déjà appelés accoururent vers moi.
Cela ne servait à rien. La personne qu’ils devaient soigner était déjà partie.
Ah…
À présent… à présent, je ne voulais plus rester dans ce rêve, moi non plus.
Ce monde, où tous les compagnons que j’aimais avaient disparu, n’avait plus rien de parfait.
Un hologramme apparut devant moi.
D’un clic, le monde s’effondra.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 72
Lieu actuel : Niveau 1, Chambre 107 (Salle de passage)
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
La fenêtre de statut clignota devant mes yeux lorsque je repris connaissance.
Ah, combien de temps s’était écoulé ?
J’étais incroyablement heureux de revoir la fenêtre de statut !
Un temps considérable avait passé, aussi.
N’en étions-nous pas au Jour 47 ou 48, même lors de la quatrième épreuve ?
Nous avions passé plus de trois semaines rien que sur l’épreuve finale.
Je regardai enfin autour de moi. Nous étions dans un espace d’un blanc immaculé, plutôt étrange.
Nous étions quatre dans la pièce.
Puis je restai bouche bée.
C’était donc ça, la vérité derrière Vie parfaite ?
L’hôtel aurait créé une magie incroyablement puissante…
Non.
Il aurait partagé avec les mortels un fragment du grand pouvoir de la création…
Non.
La vérité derrière Vie parfaite était bien plus évidente et banale que ça.
Nous avions des trous à l’arrière du cou, comme ceux que j’avais souvent vus dans les films. Des câbles y étaient branchés.
— Clic !
Quelqu’un retira son câble et se leva.
A-ri regarda autour d’elle, l’air désorienté, puis son visage se décomposa.
« C’était juste de la réalité virtuelle. Je croyais que le système avait vraiment créé un monde réel. »
« Ils vont reboucher les trous où on a retiré les câbles quand on sortira, pas vrai ? »
« S’ils ne le font pas, on pourra y brancher nos téléphones pour les recharger. »
« … »
Song-i et Elena commencèrent elles aussi à remuer de l’autre côté de la pièce.
En les voyant, A-ri parut un peu mal à l’aise.
« Je crois qu’on a été un peu trop durs avec Elena à la fin. Elle ne va pas nous en vouloir, si ? »
« Si elle nous en veut, on n’aura qu’à l’écouter. »
Nous nous adossâmes au mur et nous reposâmes, hébétés.
Peu après, Song-i et Elena se réveillèrent et vinrent vers nous.
Au lieu de se mettre en colère, Elena s’excusa.
« Je suis désolée… À la fin, j’ai été égoïste et je vous ai tous fait souffrir. »
« Non, non ! Ce n’était pas ta faute, Elena. Moi aussi, je voulais rester. »
« Arrêtons de faire quelque chose d’aussi démodé que de nous excuser à chaque fois. Dans cet hôtel, nous ferons d’innombrables erreurs, et quelqu’un nous aidera. »
J’avais l’impression que c’était à moi de m’excuser, mais je trouvais ça gênant, alors je me contentai de sourire maladroitement.
Après avoir traversé l’épreuve finale, j’avais trop de mal à regarder Elena en face. Elle non plus ne pouvait pas me regarder droit dans les yeux.
Il nous faudrait sans doute du temps avant de pouvoir nous parler naturellement à nouveau.
Après quelque temps, une fenêtre holographique apparut dans les airs.
/Félicitations !
Vous avez réussi les cinq épreuves préparées par la Salle de passage.
La prestance de héros que nous attendions ! Le début d’un grand périple !
Comment ne pas être impressionnés ?
La première épreuve, « Train des Doppelgängers », devait vérifier si vous pouviez survivre seuls, sans l’aide de personne.
La deuxième épreuve, « Forêt de la Sorcière », devait vérifier si vous pouviez prendre une décision avec sang-froid face à un compagnon blessé.
La troisième épreuve, « Jeu de Jekyll et Hyde », devait vérifier si vous possédiez un esprit vif et un jugement sûr.
La quatrième épreuve, « Le Secret de l’Esper », devait vérifier si vous pouviez découvrir le secret caché à bord du navire et réagir correctement.
La cinquième épreuve, « Vie parfaite », devait vérifier si vous pouviez surmonter de fausses illusions et vous préparer à affronter une dure réalité.
Bien entendu, les personnes rassemblées ici ont prouvé qu’elles possédaient toutes ces qualités.
La Salle de passage va bientôt prendre fin./
Ce ne fut qu’après avoir lu cette longue notification que je m’en rendis compte.
C’était terminé.
Notre interminable périple dans la Salle de passage touchait enfin à sa fin.
Je m’allongeai à plat ventre sur le sol, comme un fou, et me mis à rire sans m’arrêter.
Les autres, qui m’avaient regardé comme si j’étais ridicule, s’allongèrent bientôt près de moi et se mirent à rire à leur tour.
Niveau 1, Chambre 107. La Salle de passage.
Nous avions enfin réussi !
L’espace commença lentement à s’effondrer.
Je pensai aux visages familiers que je n’avais pas vus depuis longtemps.
Jin-cheol, Grand-père Mook-seong, Seung-yeop, Eun-sol.
J’avais tant de choses à leur raconter une fois sortis.
Juste avant que l’espace ne disparaisse, une dernière notification apparut.
/Ceux qui surmontent les épreuves méritent des récompenses.
Un ticket, une tenue et une chance vous seront accordés. Nous espérons qu’ils vous seront d’une grande aide pour la suite de votre périple.
Il est également naturel d’accorder une récompense spéciale à la personne qui a le plus contribué dans la Salle de passage./
Une sensation de picotement me parcourut l’épaule.
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