Chapitre 141
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Traducteur/Éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 140 : Chambre 107, salle de la Porte — Épreuve finale (31)
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— Han Ga-in
Comment réveiller Elena ?
Le plus gros problème, c’était qu’elle avait beaucoup trop réussi dans cette étape.
Elle était déjà une star, au point de décrocher des rôles principaux dans toutes sortes de séries et de films.
Pour une personne ordinaire, il était difficile de seulement l’approcher et, même si on y parvenait, ses gardes du corps étaient toujours dans les parages.
Impossible, donc, d’employer des méthodes brutales comme celles qu’on avait utilisées pour me réveiller.
Si on tentait quelque chose de ce genre, les gardes du corps nous abattraient.
Cela dit, nous avions quelques atouts.
A-ri, qui s’était réveillée la première et avait commencé à tirer les autres du sommeil, nous fit part de son avis.
« On peut jouer sur deux choses. D’abord, les émotions qu’Elena ressentira dès qu’elle nous verra. On l’a déjà vécu, non ? Même quand on est complètement pris dans Vie parfaite et qu’on n’arrive plus à penser clairement, on ressent des émotions intenses dès qu’on se retrouve. Elena réagira pareil. »
« Il faudra qu’on entre dans son champ de vision, d’une manière ou d’une autre. »
« Ce ne sera pas facile non plus. Mais en cherchant bien, il doit y avoir un moyen. Ensuite, Elena nous a oubliés, mais nous, on la connaît. Si on arrive à lui parler, on pourra évoquer des souvenirs de son passé qu’elle nous a racontés et éveiller sa curiosité. »
« J’ai quelques idées, mais ce ne sont pour la plupart que des anecdotes qu’Elena a mentionnées en passant. »
« Ça suffira à piquer sa curiosité. De son point de vue, de parfaits inconnus connaissent des histoires de son enfance. »
« Alors, c’est simple. On entre dans son champ de vision, on attire son attention, puis on trouve une occasion de lui parler. »
Song-i, qui avait écouté en silence, prit la parole.
« Attendez, écoutez-moi. J’étais la seule à discuter souvent avec Elena. J’ai quelques idées pour attirer son attention et savoir quoi lui dire. »
Après avoir examiné les suggestions de Song-i, nous passâmes un long moment à discuter de la façon d’approcher Elena et de la réveiller.
* * *
— Elena
…
…
J’avais fait un rêve profond. Un endroit étrange, que je ne connaissais pas.
Un hôtel bizarre où il se passait sans cesse des choses terrifiantes et horribles.
Les compagnons qui étaient avec moi dans cet endroit.
Une scène de ce long souvenir était restée gravée dans mon esprit.
Un jeune homme semblable à un ange, auréolé d’une lumière éclatante.
Qu’est-ce que c’était, ce rêve ?
« Elena ! Elena ! »
« Ah. »
« Pas “ah”. Il était temps que tu te réveilles. »
« Merci, monsieur. Combien de temps avant qu’on arrive sur le plateau ? »
« Environ trente minutes. Je vais vous montrer de nouveau le programme d’aujourd’hui. »
Mon manager, assis à côté de moi, sortit une tablette et me montra de nouveau le programme du tournage de la soirée et celui de l’émission diffusée tard dans la nuit.
Ah, j’avais vraiment l’impression d’avoir réalisé un rêve de longue date, mais maintenant qu’il s’était accompli, c’était incroyablement épuisant.
Mais bon, c’était ça, la vie de star ! Il fallait que je tienne le coup.
Le début de soirée approchait et la nuit tombait. Je me frottai les yeux encore ensommeillés et regardai par la fenêtre.
Peut-être parce que le tournage de la série avait lieu dans un endroit pittoresque, les environs étaient déjà couverts d’arbres luxuriants. Une brise légère et le parfum des pins me chatouillaient les narines.
Au bord de la route où roulait notre voiture se dressait un arbre si immense que je me demandai de quelle espèce il pouvait bien être. Sur l’une de ses branches était perché un oiseau d’une beauté inconcevable, comme je n’en avais jamais vu auparavant…
???
Qu’est-ce que c’était ?
« Qu’est-ce que c’est ? »
La voiture ralentit brusquement, et tous ses occupants levèrent les yeux vers l’arbre, stupéfaits.
Des plumes d’un violet pâle qui frémissaient. Un bec recourbé en un arc gracieux. Une queue aussi splendide que celle d’un paon.
L’oiseau surréaliste, semblable à une fée descendue du ciel, nous observa tandis qu’une douce lueur émanait de tout son corps et éclairait faiblement la nuit.
Peut-être était-ce parce que nous avions tous l’habitude des appareils photo, moi comprise.
Comme ensorcelés, nous sortîmes tous nos appareils et nous mîmes à mitrailler l’oiseau.
L’oiseau, qui ressemblait vaguement à un perroquet, semblait figé dans sa mystérieuse splendeur. Puis, soudain, il me regarda.
« E-le-na. »
Je restai complètement abasourdie lorsqu’il prononça mon nom.
Je demeurai assise, la bouche grande ouverte, tandis que l’oiseau s’envolait quelque part.
Tous se tournèrent vers moi, stupéfaits.
Quel mystère palpitant !
Après cette expérience incroyable, une exaltation étrange m’envahit.
J’étais tellement excitée que je me fis réprimander à plusieurs reprises pendant le tournage de ce jour-là.
* * *
« Song-i, tu crois vraiment que ce plan débile va marcher ? Tu penses qu’attacher une mini-lampe LED sur le dos de Pero va ensorceler Elena… ? »
« Ga-in ! Pour une fois, fais ce que je te dis. »
« Mais j’essaie de lui attacher la lampe depuis tout à l’heure, et il se débat comme un fou. »
« Je le sais parce que j’ai beaucoup parlé avec Elena. Elle s’intéresse en secret à l’occulte, tu sais ? Elle est très sensible aux choses jolies et mystérieuses. Et il n’y a pas de créature plus jolie et mystérieuse que Pero. »
« Ga-in, arrête de râler et attache-la. Song-i est occupée à me déguiser. Mais c’est vrai que Pero a une drôle d’allure. Pourquoi un perroquet ne sait pas parler correctement ? C’est si difficile, une seule phrase ? “Souviens-toi de moi, Elena.” »
« Si ça ne marche pas, on lui fera juste dire “Elena”. J’imagine que Pero est plus bête que je ne le pensais. »
— Squeeek !
« Sérieusement ! Arrête de me mordre ! C’est Song-i qui a eu l’idée de t’attacher une lampe sur le dos ! »
* * *
— Elena
Je terminai le tournage de justesse.
Le réalisateur et les acteurs plus expérimentés, qui d’habitude me félicitaient, me firent quelques reproches aujourd’hui.
Je dus aussi m’excuser plusieurs fois.
Ah ! D’ordinaire, je n’étais pas du genre à faire autant d’erreurs en jouant.
Mais aujourd’hui, je n’y pouvais rien.
Cette mystérieuse créature que j’avais aperçue en route vers le plateau !
Certains disaient qu’il s’agissait probablement d’une sorte de perroquet, mais je n’étais pas du tout d’accord.
Quel perroquet au monde pouvait avoir l’air aussi mystérieux ?
Il brillait, et surtout, il avait prononcé mon nom.
C’était forcément une créature féerique, envoyée par un destin mystérieux.
À l’idée qu’un nouveau mystère puisse surgir dans ma vie, mon cœur se mit à battre plus vite.
Un nouveau ? Quelque chose de semblable m’était-il déjà arrivé ?
Je penchai un instant la tête, puis m’adossai à ma chaise et commençai à somnoler de nouveau.
Il me restait du temps avant l’émission de fin de soirée. Si je ne faisais pas la sieste dès que j’en avais l’occasion, je ne dormirais pas assez.
…
« Elena ! Elena ! »
« Hein ? »
« Réveille-toi ! Regarde devant toi. »
Je me frottai les yeux et me redressai au cri pressant de mon manager. La voiture s’était encore arrêtée.
La soirée était tombée et il faisait assez sombre pour que je distingue à peine ce qui se trouvait devant nous.
Par la fenêtre, j’aperçus l’oiseau que j’avais vu en route vers le plateau. Il nous observait, encore plus mystérieux que tout à l’heure.
Une fois de plus, les gens descendirent de la voiture et j’entendis les appareils photo crépiter.
Comment un oiseau pareil pouvait-il exister ? Je le contemplai longuement, bouche bée, émerveillée.
…
« E-le-na. »
Sa voix, qui m’appelait, était encore plus claire que tout à l’heure.
L’oiseau s’enfonça lentement dans la forêt, comme pour m’inviter à le suivre.
Comme hypnotisée, je le suivis machinalement.
« Elena ! Randonner la nuit, c’est dangereux ! Revenez, s’il vous plaît ! »
J’entendis des voix m’appeler derrière moi.
Les voix des personnes bienveillantes qui veillaient toujours à ma sécurité.
Mais là, tout de suite, je n’y pouvais rien.
Heureusement, je n’eus pas besoin de m’enfoncer dans la montagne.
Après avoir avancé un peu, je débouchai sur une petite clairière. L’oiseau était tranquillement posé sur une branche.
À l’instant où nous nous retrouvâmes seuls, lui et moi, dans cette clairière mystérieuse !
La fée révéla sa véritable apparence.
Le corps du perroquet se mit soudain à enfler, comme s’il allait exploser.
Ses plumes d’un violet pâle, douces comme le duvet du ciel, devinrent des écailles noires, dures comme l’acier.
Son bec, jusque-là recourbé avec la mignonnerie d’un petit poing d’enfant, se transforma en une mâchoire assez puissante pour broyer une tête humaine d’un seul coup.
Ses adorables ailes, semblables à celles qu’on aurait pu fixer dans le dos d’un bébé ange, prirent une forme extraterrestre incompréhensible, pareille à un amas de tentacules.
Face au monstre grotesque qui venait d’apparaître devant moi, irradiant une pression écrasante, je ne pus que m’effondrer au sol, sous le choc.
…
…
Contre toute attente, le monstre ne fit rien et se contenta de me regarder.
Puis quelqu’un apparut à l’orée de la forêt, aussi mystérieuse que l’oiseau.
Sa chevelure fluide, semblable à une cascade, abritait le pâle ciel nocturne qui précédait l’aube.
Dans les plis de son cardigan qui flottait au vent, je remarquai plusieurs symboles occultes qui m’étaient inconnus.
Un petit flacon de parfum ballottait, rempli d’un liquide rouge comme le sang. Un chandelier oscillant et un poignard étincelant attirèrent mon regard.
La balance fixée sur le côté gauche de sa poitrine provoqua en moi un tel sentiment de déjà-vu que j’eus du mal à réfléchir clairement.
Mais ce qui avait le plus de mystère, c’étaient ses yeux.
Quand ces yeux rouges, emplis de gouttes écarlates comme les larmes que Jésus avait pu verser cloué à la croix, me transpercèrent du regard, je me figeai, complètement submergée.
La fille, semblable à une sorcière venue d’un autre monde, caressa doucement l’oiseau métamorphosé en monstre, puis s’approcha de moi.
« Tu ne me reconnais pas ? »
Je n’arrivais plus à respirer. Je… je connaissais cette fille…
Je la connaissais !
Mon cœur le criait. Je connaissais cette fille !
Dès que je l’avais vue, j’avais ressenti une familiarité indescriptible.
Elle allait ajouter quelque chose.
Mais une voix tonitruante retentit derrière moi.
« Mademoiselle Elena ! Je ne vous ai pas dit qu’il était dangereux de randonner la nuit ? »
Quelqu’un s’approcha en brisant des branches et en piétinant l’herbe.
En un instant, la paix de la forêt vola en éclats. Des talons indifférents écrasèrent le décor irréel et ramenèrent la réalité.
« Ah… »
« Je suppose qu’on ne pourra pas continuer à discuter aujourd’hui. »
La fille, l’air déçue, me tendit une photographie.
« Tu comprendras bientôt. La prochaine fois, j’espère que tu viendras seule. »
Sur ces mots, elle et l’oiseau disparurent comme le vent.
— Clac !
« Ah, pourquoi y a-t-il tant de branches ici ? Mademoiselle Elena ? Vous allez bien ? Pourquoi êtes-vous assise ici toute seule… »
« Pourquoi êtes-vous venus si vite ? »
« Pardon ? »
Mes paroles avaient été plus sèches que je ne l’aurais voulu.
Quelque chose d’incroyable, quelque chose qui ne se reproduirait peut-être jamais dans ma vie, était en train de se passer. J’avais l’impression qu’on venait de l’interrompre.
Mais les gardes du corps n’étaient venus que pour me protéger.
« Je suis désolée. J’étais juste en train de penser à quelque chose de compliqué. »
« Ce n’est pas grave. Retournons à la voiture. »
En regagnant la voiture, je regardai la photo que je tenais à la main. On y voyait un café avec vue sur la mer.
Elle m’avait dit de venir seule, n’est-ce pas ?
* * *
« C’est dommage. Elena avait vraiment l’air de commencer à se réveiller. On n’aurait pas dû essayer un peu plus longtemps ? »
« Si on avait continué et que les gardes du corps étaient intervenus, qui sait ce qui aurait pu arriver ? On aurait peut-être fini par ne plus pouvoir approcher Elena du tout. »
« Et si Pero donnait juste un coup de bec à Elena ? »
« … Si Elena apprenait que c’est Ga-in qui a proposé ça, elle en serait sûrement blessée. »
« Et si Elena faisait surgir des gardes du corps armés de fusils d’assaut, comme tu as fait apparaître du pétrole ? »
« C’est possible, ça ? »
« Elena est celle qui a le plus transformé cette étape. C’est elle qui est la plus profondément plongée dans le rêve et qui manie le pouvoir d’exaucer les souhaits avec le plus de puissance. L’affronter de force serait bien trop risqué. Dans le pire des cas, même si on lui faisait exploser la tête, elle pourrait simplement croire qu’elle a fait un mauvais rêve et tout oublier. Et nous seuls, on pourrait mourir. »
« C’est vrai. Essayons de guider Elena vers un réveil spontané, d’une manière ou d’une autre. »
« Bon, terminons les préparatifs au café. Ga-in, tu es prêt ? »
« Je ne crois pas qu’il me reste grand-chose à faire. J’ai presque tout préparé. On dirait qu’on approche de la fin. »
Notes de bas de page :
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