Chapitre 110
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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◈ Échapper à l’Hôtel Mystérieux ◈
Épisode 109 : C’est la fête (11) — Derniers préparatifs, entrée dans la salle de la Porte
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* C’est la fête, jour 4, déjeuner
— Han Ga-in
Au matin, Seung-yeop sortit, au grand soulagement de tous. Il était encore plus maigre que d’habitude, mais semblait assez remis pour se déplacer normalement.
Grand-père Mook-seong s’assit tranquillement à côté de lui et se mit à remplir son assiette de viande.
Ce que Seung-yeop nous raconta en mangeant était plutôt intéressant.
Son Sponsor lui était apparu en rêve et lui avait appris à utiliser sa Bénédiction.
C’était un peu confus, mais le message, lui, était limpide.
Ne doute pas et ne réfléchis pas trop. Fais-le, tout simplement.
En gros, s’il croyait que tout allait s’arranger et qu’il agissait sans se poser de questions, tout s’arrangeait. Une Bénédiction difficile à comprendre.
Je comprenais pourquoi le Sponsor avait dit l’avoir « choisi, lui, Seung-yeop ».
Si sa Bénédiction fonctionnait vraiment comme ça, quelqu’un qui réfléchissait trop ne pourrait jamais s’en servir.
Honnêtement, je ne pensais pas pouvoir me jeter dans l’océan en croyant sincèrement qu’une tortue de mer viendrait me sauver.
Cela dit, même une Bénédiction aussi absurde que « Crois-y, et tout s’arrangera » devait avoir ses limites.
Après tout, l’existence même d’une compétence active ne signifiait-elle pas qu’elle avait des limites en temps normal ?
« Seung-yeop. En t’écoutant, je me suis demandé si tu avais déjà essayé de tester les limites de la Chance en temps normal… »
À peine eus-je prononcé ces mots qu’A-ri me plaqua aussitôt la main sur la bouche.
… Qu’est-ce que j’avais fait de mal ?
Après le repas, je me promenais près de la réception lorsqu’A-ri vint me trouver.
« Qu’est-ce que c’était, tout à l’heure ? Tu m’as soudain plaqué la main sur la bouche. Tu m’as fait sursauter. »
« À partir de maintenant, ne parle plus jamais de la Chance devant Seung-yeop. »
« Hein ? »
« Tu allais clairement te mettre à l’analyser, à parler de limites et de principes. Bien sûr qu’elle doit avoir ses propres principes, et forcément des limites. Mais rien que le fait que tu l’analyses et que tu en parles à Seung-yeop affaiblit sa Bénédiction. »
« … »
« Je crois que je comprends. J’ai vécu quelque chose de semblable. Certaines Bénédictions deviennent plus puissantes quand leur propriétaire perd un peu la tête. La Chance semble être une Bénédiction qui se renforce quand son propriétaire déraille. »
« … Ne dis pas ce genre de choses devant Seung-yeop non plus. »
J’avais tout de même compris ce qu’elle voulait dire. J’avais failli commettre une erreur.
Je rapportai aussi aux autres ce qu’A-ri m’avait dit.
Désormais, pas de discussion analytique sur la Chance devant Seung-yeop.
Même lui dire ce que nous pensions avoir compris risquait de lui remplir la tête de pensées compliquées et d’affaiblir sa Chance.
Avec le « réveil » de Seung-yeop, nous avions terminé tous les préparatifs nécessaires pour entrer dans la salle de la Porte.
* * *
[Utilisateur : Han Ga-in (Sagesse)
Date : Jour 37
Emplacement actuel : Niveau 1, couloir
Conseil du Sage : 3]
— Han Ga-in
Gloups.
J’avalai ma salive sans m’en rendre compte. Devant la chambre 107, la salle de la Porte, la tension était palpable.
Eun-sol prit la parole d’une voix légèrement tremblante.
« Dernière vérification de l’équipement ! J’ai la broche et le badge, Grand-père a les gants et le pistolet, et Ga-in a le stylo. Vous avez tous votre Héritage, hein ? Song-i, vérifie aussi que tu as bien Pero. On a commandé des vêtements solides, et tout le monde les porte comme il faut… »
« Eun-sol, on a déjà vérifié plusieurs fois. Entrons. »
« Ouais. Allons-y. Attendre ici ne changera rien. »
Au moment où Grand-père Mook-seong s’avança et saisit la poignée de la chambre 107, une notification apparut devant tout le monde.
/Avertissement !
La salle de la Porte est extrêmement difficile. Vous devrez traverser plusieurs épreuves sans vous reposer.
Conditions minimales : vous être échappés de toutes les Salles maudites et avoir obtenu au moins un Héritage.
Conditions recommandées : avoir obtenu au moins deux Héritages.
…
…
…
Les participants remplissent les conditions recommandées.
Souhaitez-vous tenter l’épreuve ?/
« Au cas où, ça dit qu’on ne pourra pas se reposer. Ça veut dire pas du tout ? »
A-ri répondit avec hésitation.
« Peut-être qu’il n’y aura vraiment aucun repos dans cette salle de la Porte. Ou alors, on aura le temps de reprendre notre souffle, mais pas de longues périodes de repos comme pendant les jours de C’est la fête qu’on avait eus. »
— Clic !
Nous entrâmes dans la salle de la Porte.
À l’intérieur s’étendait un espace vivement éclairé, qui brillait d’une étrange lueur.
Alors que nous nous dévisagions, perplexes, une autre notification apparut.
/Bienvenue aux participants qui ont choisi de relever le défi de la salle de la Porte.
À partir de maintenant, vous devrez réussir cinq épreuves au total.
Le thème des épreuves est la « Restriction ».
Croyez-vous que vos Bénédictions et vos Héritages constituent tout ce que vous êtes ?
N’oubliez pas : les Bénédictions et les Héritages ne sont, en fin de compte, que des forces extérieures.
Veuillez démontrer vos véritables capacités sous restriction.
La première épreuve commencera dans 30 secondes./
« … On dirait qu’on ne pourra utiliser ni nos Bénédictions ni nos Héritages. C’était comme ça, la dernière fois ? »
A-ri répondit, désemparée.
« Je n’ai jamais entendu parler de ça ! C’est pour ça que cet hôtel est vraiment à chier. Il change à chaque fois, alors ça ne sert à rien de se préparer ! »
« Ahahaha… Je ne pensais pas t’entendre jurer un jour. »
La première épreuve commença au milieu des rires forcés de tout le monde.
* Première épreuve
— Clac ! Clac !
Ma conscience se brouilla, puis revint.
J’étais dans un train. En essayant de me lever et de regarder autour de moi, je ressentis un malaise indescriptible.
En balayant la pièce du regard, je vis mes compagnons, l’air perplexe.
Nous étions seuls dans le wagon.
Une annonce retentit depuis le plafond.
/Les Bénédictions ne peuvent pas être utilisées à bord du train. Veuillez en prendre note./
… Comme prévu, la fenêtre de statut n’apparut pas.
Tout le monde se leva naturellement et se mit à discuter.
« Comment on est censés réussir cette épreuve ? »
Eun-sol répondit :
« Si on réfléchit simplement, il faut sans doute sortir du wagon, non ? »
À ces mots, Jin-cheol essaya aussitôt d’ouvrir la porte du train.
« La porte ne bouge pas. »
« Alors, c’est bien en sortant qu’on s’échappera. Puisque sortir signifie s’échapper, ils ont verrouillé les portes, non ? »
Les autres se mirent eux aussi à tester différentes choses.
L’endroit le plus étrange était le passage menant aux autres wagons.
« Il n’y a rien, et pourtant je ne peux pas passer ? »
Comme l’avait dit Eun-sol, le passage était bien ouvert, mais impossible de le franchir.
On aurait dit qu’un mur invisible nous barrait la route.
On distinguait vaguement un autre wagon de l’autre côté du passage.
On voyait une plage par les fenêtres du train, mais impossible de les ouvrir ou de les briser.
« Sanglier, essaie de frapper la vitre. »
« Grand-père, je n’ai plus cette force-là. J’ai essayé plusieurs fois, mais elle n’a même pas bougé. »
La disparition de nos Bénédictions avait entraîné bien des changements.
Je ne voyais plus la fenêtre de statut. Jin-cheol avait retrouvé les capacités physiques d’un athlète ordinaire. La fenêtre de discussion avait disparu, elle aussi.
Song-i s’écria, alarmée :
« Où est Pero ? »
Comme elle l’avait dit, Pero avait disparu sans laisser de trace.
Qu’est-ce que c’était que ça ? On aurait dit qu’il fallait sortir d’ici, mais il n’y avait aucun moyen de partir.
Tout le monde fouilla chaque recoin du wagon, mais nous ne trouvâmes aucune issue.
Pendant que nous cherchions, je ressentis de nouveau ce malaise indescriptible.
A-ri proposa son explication.
« Je ne pense pas qu’on soit censés nous frayer un passage de force. Le passage est ouvert, mais une barrière invisible nous bloque, pas vrai ? Puisqu’une force surnaturelle nous empêche de nous échapper, il faut sans doute remplir une condition. »
« Quelle condition ? »
Tout le monde se tut.
Au bout d’un moment, nous nous fatiguâmes et chacun chercha un endroit où se reposer.
Je m’assis sans rien faire et regardai par la fenêtre.
C’est quoi, ce bordel ? Ils auraient au moins pu nous donner un indice !
Maintenant que j’en étais là, je me rendais compte que je m’étais beaucoup reposé sur la fenêtre de statut.
D’ordinaire, j’aurais tout de suite commencé à interroger le Conseil du Sage.
— Clac ! Clac !
… Le train avançait et le temps passait.
J’avais l’impression qu’une demi-heure s’était écoulée. Tout le monde semblait essayer différentes choses, mais rien n’avançait.
Puis un son familier retentit.
— Piiiou !
Le cri de Pero venait de derrière nous !
Tout le monde se leva et se retourna. Pero traversa le passage derrière le wagon en volant !
La barrière n’avait-elle aucun effet sur Pero ?
Song-i réagit la première.
« Pero ! »
Song-i ouvrit grand les bras, prête à l’accueillir comme si elle retrouvait un membre de sa famille après des années de séparation.
Pero passa juste devant elle en volant.
?
??
???
Quoi ? Où allait Pero ?
« Aïe ! Qu’est-ce que tu fais ? »
Pero nous jeta un regard, donna un coup de bec à Seung-yeop comme pour le taquiner, puis s’envola dans le wagon de devant.
Qu’est-ce que Pero fabriquait ? C’était tout ? Il avait traversé tout le train juste pour donner un coup de bec à Seung-yeop ?
Eun-sol s’exprima, incrédule :
« Qu’est-ce que c’était que ça ? Song-i, pourquoi Pero se comporte comme ça ? »
« J’en sais rien… Je suppose que l’Affinité a disparu. »
Ah ! L’Affinité, le pouvoir dont Song-i se servait pour communiquer avec Pero, avait disparu. Elle ne pouvait donc plus communiquer avec lui.
C’était un peu décevant.
Même sans Affinité, Pero restait d’habitude collé à Song-i et frottait son bec contre elle. Mais maintenant que sa Bénédiction avait disparu, il était passé devant elle sans même s’arrêter !
Song-i avait l’air abattue.
« Ah ! Ce fichu perroquet ! J’aurais dû me douter qu’on ne pouvait rien attendre d’un cervelle d’oiseau. »
Comme pour réconforter Song-i, Grand-père Mook-seong insulta Pero.
Mais pourquoi Pero était-il parti dans le wagon de devant ? Il y avait de la nourriture pour oiseaux, là-bas, ou quoi ?
Nous nous retrouvâmes une fois de plus sans réponse.
— Clac ! Clac !
Le train poursuivait sa course sur des rails qui s’étiraient à l’infini. Le temps s’écoulait comme les vagues.
Je m’adossai à la fenêtre et regardai dehors.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas contenté de m’asseoir dans un train pour voyager ainsi.
Quand j’étais tout petit, je prenais souvent le train comme ça.
À l’époque, le projet de reboisement battait son plein dans la campagne où vivait mon grand-père, et il avait vraiment porté ses fruits.
Toutes les montagnes qu’on voyait par la fenêtre étaient couvertes d’arbres, non ?
Ah, à bien y penser, ce n’étaient pas des montagnes du monde réel. Cette pensée ne rimait donc à rien.
?
Qu’est-ce que c’était ? Quelque chose clochait.
— Aaaaaah !
— Aaaah !
Soudain, des cris retentirent dans le train. Mes compagnons se levèrent d’un bond, alarmés.
Des bruits forts et des hurlements terrifiants venaient du wagon de devant, celui vers lequel Pero s’était envolé.
… Un son familier.
Je compris enfin ce qui me mettait mal à l’aise, ce sentiment que quelque chose clochait et qui m’avait envahi un peu plus tôt.
Pour en avoir le cœur net, j’invoquai le Grimoire et en eus la confirmation.
Ça commençait. Quelqu’un avait fini par comprendre.
Grâce à Pero ?
J’avais une idée, mais je devais la vérifier.
Je m’approchai de Seung-yeop et l’interrogeai.
« Seung-yeop. »
« Oui ? Hyung ? C’est quoi, ce bruit… »
« Quel est ton rang dans League ? Et ton personnage préféré ? »
« Pourquoi tu me demandes ça tout à coup… »
« Réponds-moi. »
« … Je suis encore Platine. Je vais bientôt passer Diamant. Avant, je jouais surtout Yasuo, mais ces derniers temps, c’est Yone… »
« Je n’ai pas compris un mot de ce que tu viens de dire. Donc, j’en suis sûr. C’est toi. »
« Hein ? »
« Reste derrière. »
Discrètement, je saisis la poignée de la dague cachée sous ma chemise.
L’hôtel était vraiment un endroit cruel.
Notes de bas de page :
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