Chapitre 190
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Traducteur/éditeur : ZERO_SUGAR
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Chapitre 190 : Les vers à soie printaniers filent leur soie jusqu’à la mort (14)
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*La méthode de mon maître m’est inaccessible.*
Le Qi qui quittait son corps signifiait qu’il y en avait davantage à l’extérieur.
Il fallait dépasser le simple aspect de la disparition du Qi, accueillir l’autre aspect qui en résultait, puis l’utiliser.
L’explication était magnifique.
Greffer sa branche sur la tige d’une autre et faire éclore une fleur.
Voilà ce qui fondait la technique Greffer des fleurs sur un arbre.
*Mais je ne maîtrise pas aussi librement le Vrai qi hors de mon corps.*
Le simple fait de maintenir le Stade de maturité nécessaire pour manier le Qi cosmique dans son corps le laissait à bout de souffle. Comment aurait-il pu en plus contrôler le Qi à l’extérieur ?
Il ne pourrait probablement s’y essayer qu’après avoir appris l’Art divin du Yin et du Yang.
Mais…
*Moi aussi, j’ai une méthode à ma portée.*
Pas.
Il fit un pas.
Dans la direction opposée.
L’air était sombre, lourd et scintillant, comme sur les lieux d’un incendie.
Des silhouettes humaines blafardes le traversaient en courant désespérément vers l’extérieur.
Pas.
Yeon Sowol était le seul à marcher dans l’autre sens.
Vers le centre obscur.
Un regard en arrière.
Puis un autre.
Les silhouettes blafardes qui fuyaient la perle exauçant les vœux se retournaient pour le regarder.
*On dirait une de ces histoires d’horreur à règles.*
Yeon Sowol se souvint soudain des histoires d’horreur qui avaient connu un bref succès en Corée, au vingt-et-unième siècle.
Première règle : ne jamais courir directement vers l’extérieur.
Deuxième règle : se diriger plutôt vers le centre.
Troisième règle : ne jamais pénétrer dans l’obscurité au cœur même du centre.
Pas.
Pas. Pas.
Pas-pas-pas.
Yeon Sowol allait à contre-courant.
Peu à peu, il accéléra.
Plus vite. Toujours plus vite.
Crac ! Craquement !
Dans les ténèbres où les silhouettes blafardes étaient aspirées, les âmes humaines se faisaient broyer dans un bruit humide de déchirement, au milieu des hurlements.
Tap-tap-tap !
Enfin, Yeon Sowol poussa son Vrai qi à son maximum et s’élança de toutes ses forces.
Vroum !
Flac !
L’air lourd lui barrait la route, mais il le repoussa de son seul élan.
Ce n’était pas difficile.
*La force qui me tire en arrière et m’empêche de m’échapper ? Quand je cours dans le sens opposé, elle se transforme en force qui me propulse vers l’avant.*
Et…
*Si je perds mes forces à mesure que je m’éloigne vers l’extérieur, alors j’en gagne à mesure que je m’approche du centre.*
Être tiré en arrière. Sentir ses forces s’épuiser. Ce n’était qu’un aspect du phénomène.
L’autre aspect était celui-ci.
Être tiré vers l’avant. Sentir ses forces affluer.
C’était largement suffisant pour traverser l’air lourd.
Booom !
Yeon Sowol courut, fendant l’air comme s’il traversait de l’eau.
Avec une force qui dépassait la sienne au maximum.
Il fonça vers les ténèbres au centre.
Boum !
Il frappa le sol comme pour le briser, rasa de justesse les ténèbres centrales, pivota sur lui-même et repartit de plus belle.
Cette fois, vers l’extérieur.
*Cours !*
Il mobilisa toutes ses forces et s’aida de celle qui l’entraînait.
Tap-tap-tap !
Yeon Sowol s’élança avec un élan sans pareil.
Sursaut.
Nouveau sursaut.
Les silhouettes blafardes, qui fuyaient sans réfléchir, s’arrêtèrent et se retournèrent.
Booom !
Yeon Sowol les traversa en courant.
Plus il s’éloignait vers l’extérieur, plus ses forces s’épuisaient et le ralentissaient. Pourtant, l’inertie accumulée tandis qu’il était violemment entraîné continuait de le propulser toujours plus loin.
Puis…
Tap !
Yeon Sowol atteignit la fine membrane.
Il tenait toujours fermement sur ses deux pieds.
Étiiiiiire !
L’élan de sa course projeta sa main en avant et étira la fine membrane au loin. À l’extrémité…
Pop.
Le bout de ses doigts apparut à l’extérieur, comme s’il perçait du miel collant.
Sa main sentit la fraîcheur. L’air léger du dehors lui effleura le nez, mêlé au parfum de l’encens qui s’élevait de l’autel.
Il lui suffisait de pousser encore un peu pour s’échapper complètement.
« Ho ho. Je ne vous l’ai montré qu’une fois, et vous avez déjà saisi le principe fondamental de Greffer des fleurs sur un arbre et de l’Art divin du Yin et du Yang. À présent, sortons. »
« … »
Mais Yeon Sowol ne sortit pas.
Au contraire, il redressa son corps qui basculait vers l’avant.
« Pourquoi ne sortez-vous pas ? »
« Il y a quelque chose qui m’intrigue. »
« Quoi donc ? »
« Si je brisais complètement cette membrane… ces âmes seraient-elles sauvées, elles aussi ? »
Le regard de Yeon Sowol balaya les silhouettes blafardes.
Elles l’observaient toutes. La moitié étaient des enfants qui ne lui arrivaient même pas à la taille.
Le Vénérable Chungdam répondit :
« Si vous la brisez de l’extérieur, les âmes se briseront aussi. Mais si vous la brisez de l’intérieur, elles devraient pouvoir s’échapper. »
« Mais dehors, c’est sous les Cieux Sombres, n’est-ce pas ? Dans cette grotte de pierre où les démons sont réprimés. Même si les âmes s’échappent, elles resteront prisonnières, non ? »
« Vous souvenez-vous de l’encens qui brûle sur l’autel ? Les êtres qui ne sont pas des démons, ainsi que ceux qui en ont été libérés, peuvent suivre l’encens pour sortir. »
« Je vois. »
À peine eut-il fini de répondre que…
Yeon Sowol n’eut plus de forces.
L’élan de sa course s’était dissipé depuis longtemps.
Le bras qu’il avait tendu à l’extérieur avait déjà été ramené dedans.
Yeon Sowol s’agrippa tant bien que mal à la fine membrane tout en poursuivant la conversation.
Crac !
Incapable de résister plus longtemps à la traction qui l’entraînait en arrière, il bascula.
Frrrrt !
Yeon Sowol fut traîné sur le sol vers l’arrière.
« Huf ! »
Il ne parvint à se redresser qu’après avoir été traîné jusqu’à un endroit où une partie de son Vrai qi lui était revenue.
Au loin, le Vénérable Chungdam, les mains jointes derrière le dos, prit la parole.
« À vrai dire, quelqu’un de votre niveau n’a aucune chance de briser un démon d’une telle envergure. Mais vous avez atteint le royaume des Cent Fleurs en Profusion Sauvage. »
Les Cent Fleurs en Profusion Sauvage.
D’innombrables fleurs épanouies à profusion.
Cette expression désignait le Royaume du sommet.
« Pourquoi croyez-vous que ce royaume porte le nom de Cent Fleurs en Profusion Sauvage ? Que signifie, à votre avis, l’éclosion de centaines de fleurs ? »
Fleurir, c’était triompher du monde.
Dans ce monde cruel, qui considérait tous les êtres vivants avec autant d’indifférence que des poupées de paille, cela signifiait se dresser depuis la terre et proclamer sa propre existence.
Voilà ce que signifiait l’éclosion d’une fleur.
« Il en va de même pour les démons. Un artiste martial du Royaume du sommet possède la force de résister d’une manière ou d’une autre à un démon. »
Le Vénérable Chungdam poursuivit :
« Vous ne pourrez peut-être pas le détruire, mais vous pouvez sans doute accomplir quelque chose. Allez-y. Faites éclore votre fleur. »
« Oui. »
« Hoooo… »
Yeon Sowol calma sa respiration.
Un peu plus tôt, tandis qu’il brisait les règles de la perle grâce à cette méthode toute simple, une idée lui était venue.
*L’air est lourd, ici.*
Comme dans les profondeurs de l’océan. Comme du miel qui remplirait chaque espace. Il avait un poids bien réel.
*Et un point central attire tout à lui.*
Yeon Sowol regarda la frontière scintillante, semblable à du verre, où se tenait le Vénérable Chungdam.
Puis il lui tourna le dos et fit face au centre.
Une obscurité profonde.
Un lieu où d’innombrables âmes étaient aspirées, souffraient, puis ressortaient pour fuir de nouveau.
*Quand j’ai poussé la membrane tout à l’heure, ma main l’a traversée avec une résistance collante, comme si elle perçait du miel.*
Qu’est-ce que cela signifiait ?
*Que ma main ne peut pas ouvrir le passage aux autres.*
Il ne pouvait s’échapper que seul.
Peut-être en aurait-il été autrement s’il avait utilisé l’Extinction des Principes.
*Mais si ce n’était pas ma main ? Si cet air collant et lourd se mettait lui-même à tourbillonner, à enfler et à exploser ?*
Pas.
Yeon Sowol se planta devant les ténèbres.
Crac ! Craquement !
« Aaaaaah ! »
Un lieu empli de cris et de bruits de déchirement épouvantables.
Debout là, Yeon Sowol tendit les deux mains.
Comme s’il ouvrait une lourde porte coulissante, il écarta les doigts, saisit l’air et fit monter son Vrai qi.
*Je suis près du centre, alors j’ai de la force en réserve. Mais cela ne suffit toujours pas. Il faut créer une harmonie bien plus subtile, à un Stade de maturité beaucoup plus avancé.*
La formule de l’Art divin du Yin et du Yang lui revint à l’esprit.
Quand le yang s’élève, le yin s’enfonce.
*Jusqu’ici, il m’était difficile de maintenir le Stade de maturité.*
Le Qi cosmique ne bougeait pas, quel que soit le Stade de maturité qu’il avait employé jusque-là. C’était pour cela qu’il avait dû modifier jusqu’à la nature de l’Essence qui produisait le Feu véritable.
C’était particulièrement difficile.
Il devait élever l’Essence Jia en temps réel, la convertir en Essence Yi, puis la faire brusquement chuter jusqu’à l’Essence Gui.
Faire varier ainsi les Feux véritables d’un instant à l’autre était difficile.
Cela prenait du temps et lui accaparait une grande partie de sa concentration.
Mais aujourd’hui, il avait appris la première formule de l’Art divin du Yin et du Yang.
Et il comprit quelque chose.
*Est-ce que je dois vraiment faire monter deux Feux véritables séparément ?*
Ce n’est qu’en embrassant le tout que l’on peut véritablement circuler.
Les deux principes, le yin et le yang, se mettent alors à entrer en résonance.
C’était le cœur de l’Art divin du Yin et du Yang.
Manier deux sortes de Qi en même temps n’en était qu’une application élémentaire.
Yeon Sowol rassembla l’Essence Jia et l’Essence Gui dans son dantian.
Puis il les fit croître.
Jia était yang et bois : elle s’élevait donc en jaillissant et s’étendait.
Gui était yin et eau : elle s’enfonçait donc et se répandait uniformément.
Lorsqu’il fit croître et s’activer les deux sortes de Qi à parts égales, l’Essence Jia monta naturellement tandis que l’Essence Gui descendait, et elles se séparèrent d’elles-mêmes. Puis, s’il mêlait du Qi primordial à chacune de ces énergies séparées et faisait naître le Feu véritable…
Fffou !
Le Feu véritable Jia brûla avec violence dans la partie supérieure de son dantian.
Fffou.
Le Feu véritable Gui s’écoula doucement dans la partie inférieure.
Tandis que le Feu Jia jaillissait avec force dans plusieurs méridiens, le Feu Gui évitait sa pression, emplissait les méridiens vides et se glissait dans les moindres recoins.
C’est alors seulement qu’on pouvait parler du Suprême Ultime.
« Hé… »
Un sourire niais échappa à Yeon Sowol sans qu’il s’en rende compte.
« Alors, c’est ça. »
C’était plus facile à manier qu’il ne l’avait imaginé.
En fait, cela lui semblait étrangement familier.
Grâce à cela, le Stade de maturité de Yeon Sowol atteignit un niveau entièrement différent.
Jusqu’ici, il n’avait connu que le Stade de maturité du Feu Jia, qui jaillissait avec violence vers l’extérieur, ou celui du Feu Gui, qui se répandait doucement.
À présent, il embrassait l’ensemble.
Il comprit que de l’autre côté de ce qui jaillissait avec violence se trouvait quelque chose qui se répandait doucement.
Et que de l’autre côté de ce qui se répandait doucement se trouvait quelque chose qui jaillissait avec violence.
Un cycle sans fin d’union et de résonance.
Le Qi cosmique s’éleva.
Cette énergie mystérieuse, qui dévorait l’inertie puis relâchait brusquement celle qui avait disparu, s’agita avec une souplesse inédite.
Yeon Sowol saisit l’air des deux mains.
Le Qi cosmique dominait toutes les sortes de Qi. Saisir et pousser l’air à l’intérieur d’un démon ne lui demandait aucun effort.
Grondement.
Flac !
Comme s’il ouvrait une lourde porte coulissante, il poussa d’un côté l’air emprisonné entre ses deux mains.
Fouuu…
L’air lourd s’écoula dans une direction, comme une rafale.
« … ? »
« … »
Les âmes blafardes s’immobilisèrent à nouveau.
Leurs corps oscillèrent légèrement sous le courant lourd tandis qu’elles regardaient Yeon Sowol.
« Hoooo ! »
Yeon Sowol continua de maintenir son Stade de maturité.
Fffou.
Avec le Feu Gui répandu dans tout son corps, il absorba l’inertie de l’air qu’il avait poussé de côté.
Fffou !
Au même instant, de l’autre côté, le Feu Jia brûlant fit exploser cette inertie absorbée dans la direction opposée.
Yeon Sowol ressaisit l’air.
Cette fois, il le tira dans l’autre sens, comme s’il refermait la lourde porte coulissante qu’il venait d’ouvrir.
Flac !
Fouuu…
L’air lourd qu’il avait poussé vers la gauche se précipita vers la droite.
« … ! »
« Euh… »
Les âmes blafardes titubèrent dans l’air déchaîné.
Yeon Sowol ne s’arrêta pas.
Vers la gauche.
« Hoooo ! »
Flac !
Fouuu…
Puis vers la droite.
« Ha ! »
Fouuu…
L’air dansait au rythme des mouvements de Yeon Sowol.
Comme une balançoire.
Chaque fois que l’air traversait le centre, sa force et sa vitesse augmentaient.
De plus en plus fort, le monde entier trembla.
« … ! »
« Qu… ! »
Les âmes finirent par ne plus résister au tourbillon déchaîné et tombèrent à la renverse.
Elles roulaient à gauche.
Elles roulaient à droite.
Elles tournaient encore et encore.
Pourtant, elles ne parvenaient pas à détourner les yeux de Yeon Sowol.
Emportées dans tous les sens, elles le fixaient d’un regard vide.
Yeon Sowol, qui balançait les bras de droite à gauche en engageant tout son corps, ressemblait à un capitaine guidant son navire à travers des vagues gigantesques.
Ses yeux grands ouverts semblaient être des constellations indiquant la route.
Le pan de sa longue robe flottait derrière lui.
Fouuu… !
Fffou.
Grondement !
Le monde…
Trembla.
Chaque fois que l’air, d’une lourdeur extrême, traversait le centre, il accélérait encore. À la frontière, la fine membrane se débattait sous les turbulences de cette masse colossale.
Déchiiiiire !
Déchiiiiiiire !
Un bruit de soie qui se déchirait retentit de plus en plus fort à travers le monde.
« Hum ? »
Yeon Sowol sentit soudain un regard furieux posé sur lui depuis les ténèbres centrales.
Il ne distinguait aucune forme.
Pourtant, il avait l’impression que quelque chose tapi là l’observait.
La force qui attirait son corps vers le centre semblait s’intensifier.
Yeon Sowol ricana.
« Un démon qui n’est rien de plus qu’une perle aurait-il donc une volonté ? »
Pour une raison ou une autre, le regard fixé sur lui dans les ténèbres lui parut furieux et désespéré.
Mais…
« Qu’est-ce que tu vas y faire ? »
On disait que les règles créées par les démons étaient absolues.
Si absolues que même le démon qui les avait créées ne pouvait s’y soustraire.
C’était pour cela qu’il ne pouvait rien faire d’autre.
Tout au plus pouvait-il tirer plus fort.
Mais plus il tirait fort, plus il aidait Yeon Sowol à accumuler de la force, comme sur une balançoire.
« Adieu. »
L’air se précipita et se tordit, déformant le monde entier.
À la limite…
Yeon Sowol le déchira.
Grâce au pouvoir du Qi cosmique, il en repoussa une partie avec encore plus de force.
Il effaça l’inertie du reste avec le Qi cosmique, puis le projeta dans la direction opposée.
Il écart les bras de chaque côté, comme s’il ouvrait deux portes à la volée.
Craaaash !
L’air, déséquilibré par une force centrifuge toujours plus grande, finit par déchirer la fine membrane et explosa.
Des éclats de verre rouge scintillants volèrent dans toutes les directions.
Fouuu…
L’air sombre et lourd fut balayé, puis s’évapora.
Alors…
« Ah. »
Lorsqu’il reprit ses esprits, il se tenait devant l’autel de tout à l’heure.
L’encens brûlait.
L’air léger flottait autour de lui.
Yeon Sowol baissa les yeux vers ses pieds.
« Elle s’est brisée. »
Les fragments de la perle exauçant les vœux jonchaient le sol.
Ils avaient perdu leur éclat et étaient devenus presque gris.
Le Vénérable Chungdam, debout à ses côtés, laissa échapper un rire sans joie.
« Ha. Je comptais seulement vous enseigner les principes essentiels aujourd’hui. Pourtant, vous avez pénétré dans l’art de vous-même. »
« Je crois que cela ressemblait étonnamment à la manière d’atteindre le Royaume du sommet. Il était question d’équilibre et de déséquilibre. »
« Vraiment ? Mais… »
Le Vénérable Chungdam fixa les fragments brisés de la perle exauçant les vœux.
« Briser complètement le domaine d’un démon depuis le Royaume du sommet… J’aurais déjà été surpris si vous l’aviez seulement ébranlé. Même en comprenant les principes essentiels de l’Art divin du Yin et du Yang et de Greffer des fleurs sur un arbre, je n’aurais jamais cru cela possible… »
Après avoir médité seul un moment, le Vénérable Chungdam l’appela.
« Sowol. »
« Oui. »
« Vous avez fait du bon travail. Vous avez sauvé ces âmes. »
« Ah. »
Ce n’est qu’alors que Yeon Sowol remarqua qu’une brume blanche et lumineuse flottait autour de lui.
C’étaient les âmes.
Au lieu de partir aussitôt, elles demeuraient près de Yeon Sowol, comme si elles le regardaient à la dérobée.
Yeon Sowol leur sourit doucement et désigna la sortie.
« Allez-y. »
Le chemin que la fumée d’encens de l’autel traçait devant elles.
« Je l’ai ouvert. »
À cet instant, Yeon Sowol crut entendre un murmure.
D’innombrables paroles de gratitude lui effleurèrent les oreilles, accompagnées de visions de révérences sans nombre. Tout passa comme une illusion.
Fouuu…
La brume scintillante.
Les âmes qui avaient tant souffert s’échappèrent au-dehors.
Elles suivirent le chemin indiqué par l’artiste martial du Royaume du sommet qui les avait sauvées.
Yeon Sowol regarda en silence les âmes s’éloigner.
Les silhouettes pâles et scintillantes formaient un long cortège.
« Je croyais qu’il s’agissait des Cent Fleurs en Profusion Sauvage. »
La voix calme du Vénérable Chungdam lui parvint.
« Mais c’est la Splendeur étoilée. »
Un vers d’un poème de Cao Cao, à l’époque des Trois Royaumes.
La Splendeur étoilée.
La Voie lactée brille de mille feux.
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