« Naer ? C'est un joli nom, et ta voix est si agréable à entendre. » Tang Wulin l'aida à se relever.
Naer baissa la tête sans dire un mot.
« Où sont tes parents ? Où est ta maison ? » demanda Tang Wulin.
Naer secoua la tête.
« Gu gu ! » Un bruit étrange vint soudain rompre leur harmonie.
Tang Wulin baissa précipitamment les yeux vers son estomac, mais il réalisa bien vite que ces sons ne venaient pas de lui. Bien que le visage de Naer fût couvert de poussière, on pouvait y deviner un léger rougissement.
« Tu as faim ? Si tu ne trouves pas tes parents, je peux t'emmener chez moi. La cuisine de ma maman est délicieuse ! » Tout en parlant, Tang Wulin prit la main de Naer et se dirigea vers sa maison.
Naer leva la tête et le regarda. De sa position, elle ne pouvait voir que son profil. Son visage était rose après sa récente bagarre contre quelques jeunes, rouge de vigueur. Il avait de grands yeux noirs et de longs cils. Elle ne put s'empêcher de fixer son regard plein de sincérité.
« Maman, je suis rentré ! » cria Tang Wulin avant même d'avoir franchi le seuil.
« Mon enfant, baisse le ton ! Ne dérange pas les voisins », le réprimanda Lang Yue en ouvrant la porte.
« Comment s'est passée l'école aujourd'hui ? Hmm ? Pourquoi es-tu couvert de saleté ? » Lang Yue fronça les sourcils en regardant son fils, tout poussiéreux. Puis, elle aperçut Naer, dont Tang Wulin tenait la main.
« Maman, j'ai croisé des voyous. » Tang Wulin lui raconta tout ce qui venait de se passer, avec vivacité et réalisme.
En entendant ses paroles, l'expression de Lang Yue changea avant qu'elle ne le tire à l'intérieur. Naer, toujours tenue par la main, entra naturellement avec eux.
« Mon enfant, tu ne sais donc pas à quel point c'est dangereux ? Comment as-tu pu... » Lang Yue était visiblement anxieuse, à en juger par sa respiration saccadée. Elle comprenait parfaitement ce dont ces jeunes des rues étaient capables.
Tang Wulin répondit avec entêtement : « Mais Père a dit que les garçons doivent être courageux et avoir du cran pour se battre contre les méchants. »
« Toi... » Quand Lang Yue vit la détermination dans les grands yeux de son fils, elle ne continua pas à le réprimander. Avait-il tort ? Bien sûr que non. Ce qu'il avait fait était juste. Cependant, en tant que mère, elle était surtout inquiète pour la sécurité de son enfant.
Tang Wulin gloussa et courut enlacer la jambe de sa mère. « Maman, ne sois pas fâchée. Naer et moi avons faim. Tu peux nous préparer quelque chose de bon ? »
Face à cet enfant adorable et obéissant, Lang Yue ne pouvait vraiment pas rester en colère. Elle secoua la tête, impuissante, avant de s'accroupir devant Naer, qui n'avait pas dit un mot. « Petite amie, tu t'appelles Naer ? Où sont tes parents ? »
Naer se contenta de secouer la tête comme elle l'avait fait auparavant, sans dire un mot.
« Seule une mère au grand cœur peut élever un fils au grand cœur », pensa Lang Yue. « Très bien. Regardez dans quel état vous êtes, vous devriez aller vous laver avant de changer de vêtements. »
Des enfants de 5-6 ans n'avaient naturellement pas besoin d'être séparés par genre. Lang Yue emmena les deux petits singes couverts de boue dans la salle de bain pour les nettoyer.
Lorsque Tang Wulin demanda à Lang Yue pourquoi Naer et lui étaient différents, elle se contenta de rire sans répondre. Naer, quant à elle, se cacha timidement derrière Lang Yue.
« Wah ! Naer, tu es si jolie ! » Alors que Tang Wulin était assis à table, il posa son menton dans ses mains en regardant Naer à ses côtés, vêtue de ses vêtements.
Tang Wulin était plus grand que Naer d'une demi-tête, ses vêtements étaient donc très larges pour elle. Pourtant, cela n'altérait en rien la beauté de Naer.
Sa peau était encore plus claire que celle de Tang Wulin. Elle était si blanche et délicate qu'on aurait dit qu'elle pouvait laisser échapper de l'eau au moindre pincement, et après sa douche, un léger parfum frais se dégageait de son corps. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine sculptée dans le plus fin des jades roses.
Naer leva la tête et le regarda, mais elle resta aussi silencieuse qu'avant. Il semblait qu'elle n'aimait vraiment pas parler.
L'heure du dîner n'était pas encore arrivée, alors Lang Yue servit aux deux enfants affamés deux petites assiettes de biscuits et deux tasses de lait.
Il ne fallait pas se fier aux apparences avec Naer, car bien qu'elle n'aimât pas parler, elle ne manquait pas d'appétit. Elle dévora la nourriture rapidement. En un rien de temps, elle avait fini tous les biscuits et bu tout le lait devant elle.
Bien que Tang Wulin eût faim, il était clair que sa curiosité pour Naer surpassait son appétit. Quand il vit Naer regarder le biscuit dans son assiette, il comprit qu'elle avait déjà terminé sa part.
« Tiens, prends ça. » Tang Wulin poussa généreusement ses biscuits vers Naer.
Naer le regarda en secouant la tête.
« C'est bon. Tu peux les prendre. J'ai beaucoup mangé à midi », dit Tang Wulin avec un grand sourire.
Naer hésita un instant, mais l'attrait des biscuits était visiblement trop fort. Finalement, elle les mangea.
Lang Yue s'assit à son tour. « Naer, sais-tu d'où tu viens ou où est ta maison ? »
Naer secoua la tête.
Lang Yue continua : « Connais-tu un moyen de contacter ta famille ? N'importe quoi fera l'affaire. »
Naer secoua encore la tête.
Lang Yue demanda : « Alors, quel âge as-tu ? »
Naer secoua la tête une fois de plus, mais finit par ouvrir la bouche : « Cinq ans et demi. »
« Wah ! Ça veut dire que je suis ton grand frère. Je suis plus vieux que toi, j'ai six ans ! » s'exclama Tang Wulin, tout enthousiaste.
Lang Yue lui lança un regard noir. « Maman va emmener Naer au bureau administratif pour se renseigner tout de suite. Nous verrons si nous pouvons retrouver sa famille. Reste ici et sois sage, compris ? »
« Oh. » Tang Wulin hocha la tête docilement, mais en regardant Naer, il ne savait pas pourquoi il se sentait réticent. C'était probablement parce qu'elle était trop belle.
Lang Yue emmena Naer. Naer resta fidèle à elle-même, ne disant pas un mot avant de partir avec elle.
Après leur départ, Tang Wulin retourna dans sa chambre. Il repensa à ce que le professeur avait enseigné en classe ce jour-là et décida d'essayer la méditation.
Tang Wulin s'assit bien droit, en toute sérénité. La méditation exigeait de la tranquillité pour ressentir son propre être et la nature. C'était la première étape.
Tang Wulin n'avait pas de pensées parasites, il se calma donc rapidement. Il sentit inconsciemment son âme martiale, l'Herbe Bleu Argent, qui n'était pas puissante mais possédait une force d'âme exploitable. Pour une première méditation, il devait simplement accomplir cette étape. Il devait d'abord ressentir sa propre âme martiale et sa force d'âme, en forçant son esprit à maintenir une connexion intime entre les deux. Une fois cette étape franchie, il pourrait alors vraiment méditer.
L'Herbe Bleu Argent oscilla légèrement dans son esprit. Tang Wulin sentit soudain qu'il pouvait percevoir certaines des Herbes Bleu Argent du monde extérieur.
C'était une plante délicate mais forte, avec un cycle de flétrissement et de gloire, renaissant au souffle de la brise printanière.