Chapitre 1 371
Zac fut surpris que le vieil homme le conduisît en personne, à son rythme, jusqu’au bâtiment central. Sa présence effacée et sa simple robe bleue ne pouvaient masquer son statut exceptionnel. Le fait que les disciples de la Cour mercurielle ne remarquassent même pas sa présence témoignait également d’une grande puissance. Quand Esmeralda le dissimulait dans une poche spatiale, Zac pouvait toujours sentir les fluctuations de l’espace. Là, rien n’expliquait pourquoi les disciples gardaient instinctivement leurs distances.
« Il n’utilise pas le Dao de l’Espace », confirma Esmeralda lorsque Zac le lui demanda.
« C’est une simple illusion qui agit sur les perceptions. Un petit tour pour éviter à ces vieux os de se cogner à des inconnus pendant leur promenade. Rien d’aussi impressionnant que les prouesses de votre Crapaud de la Grande Traversée mutant, j’en suis sûr », rit le vieil homme en se caressant la barbe. Il avait manifestement entendu leur conversation d’une manière ou d’une autre.
Zac toussota, gêné, et sa perplexité s’accentua. Qu’un homme de cette envergure échange quelques mots avec un junior par curiosité, passe encore. Mais qu’il le guide en personne et se charge des présentations ? Était-ce lié à Esmeralda ? À voir son expression à la fois offensée et ravie, l’ancien avait visiblement identifié son espèce avec justesse.
Aussi curieux fût-il d’en apprendre davantage, Zac ne se servirait pas de l’ancien pour fouiller dans les secrets d’Esmeralda. « Puis-je vous demander votre nom, senior ? »
« Senior ? Je ne suis qu’un simple jardinier », répondit l’ancien en balayant la foule du regard. « Ces enfants m’appellent parfois Vieux Sixième. »
« Si vieux et toujours aussi modeste », ricana Esmeralda en apparaissant sur la tête de Zac.
« Ma compagne a pris de mauvaises habitudes pendant notre voyage et a la langue un peu trop bien pendue », s’excusa Zac, tout en reconnaissant intérieurement qu’Esmeralda avait vu juste.
Le vieux renard à ses côtés ne pouvait jouer plus ostensiblement le rôle de l’ancien mystérieux. Zac ne serait pas surpris de retrouver Vieux Sixième en train de balayer le sol d’une salle des écritures dans les jours à venir, attendant qu’une menace se présente pour déployer une férocité sans pareille. Heureusement, Vieux Sixième ne prit pas ombrage du ton d’Esmeralda. Encouragé par son attitude désinvolte, Zac en profita pour glaner autant d’informations que possible.
« Les robes grises sont celles des disciples serviteurs, les blanches celles des membres de la Cour extérieure — c’est là que commenceront les invités comme vous. Au-dessus, il y a les disciples intérieurs et les véritables disciples. Ces talents se montrent rarement dans cette région », expliqua le vieil homme en jetant un regard à Zac. « Tu as l’air surpris. Tu t’attendais à commencer tout en haut ? »
« Non, ce n’est pas ça », assura Zac. « Je ne pensais pas voir autant de disciples de ma génération, je suppose. Je n’ai jamais entendu dire que les Cours célestes recrutaient des étrangers. J’ai aussi remarqué que nombre de disciples serviteurs ont une cultivation plus élevée que les disciples extérieurs, et je ne comprends pas très bien comment fonctionne la hiérarchie. »
« Ici, le niveau de cultivation ne détermine pas nécessairement le statut. Pour les promotions, nous considérons surtout l’affinité et le Destin », expliqua l’ancien. « La plupart sont incapables d’influer sur leur propre destinée, et encore moins sur les grandes trajectoires. Ils restent néanmoins des sujets loyaux, qui peuvent contribuer à leur mesure. Quant au recrutement, tu as raison. Ces enfants sont tous nés ici. »
« Ils sont condamnés à passer toute leur vie sur cette île ? » demanda Zac, se rappelant la foule immense qui s’était rassemblée pour la cérémonie de culte aux Docks de la Transformation.
« Ces enfants sont à la fois enviables et à plaindre. Notre héritage est incomparable, mais notre tâche entraîne un lourd Karma. Naître ici suffit à les enchevêtrer dans ses fils. Seule la Cour mercurielle peut protéger les résidents permanents des contrecoups de la causalité. Ils doivent rester ici pour leur sécurité et celle du monde extérieur », soupira le gardien. « Du moins jusqu’à ce qu’ils aient atteint la force nécessaire pour résister seuls aux contrecoups.
« Pour cette même raison, vous, les invités, ne pouvez rester qu’un temps limité. Si vous vous attardez, vous serez marqués. » Vieux Sixième regarda Zac d’un air sévère. « De plus, chaque acte a des conséquences. On vous donnera accès à de nombreuses zones interdites, mais vous devrez prendre garde aux effets réciproques sur la causalité. Ceux qui s’approchent trop près du fleuve finiront par y tomber. »
« Les Porteurs de sceau dont le Karma s’entremêle deviennent des disciples permanents ? »
« Tu viens à peine de franchir les portes et tu essaies déjà de contourner le système ? Libre à toi. Il est plus probable qu’on te renvoie avant que nos destins ne soient irrémédiablement liés », rit Vieux Sixième. « Nous y voilà. »
Comme Zac s’y attendait, le grand bâtiment au centre de la place abritait des bureaux administratifs. Plus d’une centaine d’employés s’y affairaient, aidant les disciples dans toutes sortes de démarches. Vieux Sixième conduisit Zac droit vers l’un des plus grands comptoirs pour l’enregistrer. Au moment où Zac allait se présenter à l’employé, le vieil homme bondit par-dessus le comptoir. Zac cligna des yeux, perplexe, et préféra ne pas l’imiter.
« Sectes, départements, clans… Au fond, ils fonctionnent presque tous de la même manière, et notre Cour mercurielle ne fait pas exception », dit Vieux Sixième en se mettant à fouiller dans les compartiments derrière le comptoir. Les puissantes barrières qui les protégeaient ne lui opposèrent aucune résistance.
Zac jeta un coup d’œil aux employés et comprit qu’ils ne remarquaient pas ce qui se passait. Esmeralda observait la scène avec intérêt, visiblement désireuse d’apprendre les méthodes du vieil homme, tandis que Zac se sentait surtout embarrassé. Il ne s’attendait pas à un accueil en héros après avoir traversé l’Océan Peregrine, mais il avait l’impression qu’on le faisait entrer par la petite porte.
« Ah, nous y voilà », finit par dire Vieux Sixième après avoir trouvé un compartiment rempli de Sacs cosmiques identiques.
Le vieil homme en prit un au hasard et le lança à Zac, qui l’examina avec curiosité. C’était manifestement un objet de grande qualité, mais sans rien de particulièrement remarquable. Sa facture semblait même légèrement inférieure à celle du sac qu’il avait reçu de Kaltosa Lu. Pourtant, quelque chose d’inhabituel s’y cachait, sans que Zac parvînt à mettre le doigt dessus.
« C’est un [Sac mercuriel]. L’un des fruits de nos efforts », expliqua Vieux Sixième, les yeux brillants de fierté.
« Oh ? » La curiosité de Zac grandit et il y insuffla un fragment de pensée.
Ses grandes attentes furent vite déçues : l’espace intérieur n’était guère plus vaste que celui des Sacs cosmiques ordinaires vendus dans les boutiques du Système. Son sous-espace était certes bien plus solide, mais il n’avait rien des parois spatiales renforcées du sac de Kaltosa Lu.
Les objets qu’il contenait n’avaient rien d’extraordinaire. Il y avait une robe blanche semblable à celles des disciples de la Cour extérieure, ornée sur la poitrine du sigle doré de la Cour mercurielle. S’y trouvaient aussi un livret, un jeton d’identité, un Jade d’information et un Disque de réseau inconnu, accordé aux Daos de la Cour mercurielle.
« Je… » Zac hésita.
« Pas impressionné ? » Vieux Sixième éclata de rire et lui fit signe de passer, lui aussi, par-dessus le comptoir.
Après un instant d’hésitation, Zac décida de suivre le mouvement. Il passa d’un bond par-dessus le comptoir, puis suivit le vieil homme par une porte de l’autre côté. Ils traversèrent quatre couloirs dont les défenses se renforçaient à chaque étape. Le dernier était rempli de réseaux dont les fluctuations latentes donnèrent des palpitations à Zac.
Les défenses restèrent inertes et la porte renforcée, au bout du couloir, ne résista pas lorsque Vieux Sixième la poussa. De l’autre côté les attendait une salle saturée d’une quantité stupéfiante d’Énergie de la Fantaisie. Sans son Cœur du Dao amélioré, une telle densité d’énergie ambiante aurait probablement envahi son esprit d’illusions. Des miroitements confus flottaient encore dans l’air, mais Zac distinguait clairement les douze objets suspendus au-dessus de piliers individuels.
« Un petit cadeau de bienvenue. Vas-y, choisis-en un, n’importe lequel », lança généreusement Vieux Sixième.
Zac entra, mais s’arrêta au bout de quelques pas. Il se tourna vers le vieil homme, resté près de la porte. « Ce sont des illusions ? »
Les objets avaient l’air tout à fait réels et semblaient solides au toucher. Leurs auras étaient distinctes et puissantes, dignes de trésors de rang D supérieur. Ils n’avaient pas changé non plus lorsqu’il était entré dans son État du Vide. Pourtant, son instinct lui soufflait qu’ils n’étaient pas vraiment là.
« Le sont-ils ? » rétorqua le gardien, avec le même sourire que lorsqu’il avait interrogé Zac sur la chronologie artificielle. Il désigna le Sac cosmique que Zac tenait encore à la main. « Tout peut entrer dans les [Sacs mercuriels], même les illusions et les rêves. En revanche, tout ce qu’on en sort est réel. »
« C’est impossi… » Zac s’interrompit avant d’avoir fini sa phrase.
Était-ce vraiment impossible ? N’avait-il pas vu exactement la même chose se produire à maintes reprises au cours de l’année écoulée ? Tout ce qui avait été tiré des souvenirs — à l’exception peut-être des Trésors du Vide — était, à tous égards, une illusion devenue réelle. Il n’était pas inconcevable que les [Sacs mercuriels] renferment une version simplifiée des principes qui rendaient cela possible.
« Toute illusion placée à l’intérieur devient un véritable objet ? » demanda Zac en regardant le sac d’apparence si simple d’un œil nouveau. « Comment… »
« Les mécanismes sous-jacents t’ennuieraient probablement. Et tu dois savoir qu’il y a des limites », dit Vieux Sixième. Une bûche apparut au-dessus de sa main. Elle semblait parfaitement réelle, mais le vieux gardien ne faisait rien pour dissimuler qu’il s’agissait d’une illusion. Il la matérialisa même lentement, pour que Zac comprenne bien. « Tiens, essaie. »
Zac suivit avec empressement ses instructions et envoya la bûche dans le sac. À sa surprise, rien ne se passa pendant dix secondes. Enfin, elle apparut dans le sous-espace. Lorsqu’il la ressortit, c’était bel et bien une bûche en bois ordinaire, tout à fait réelle. Cette simple démonstration laissa Zac stupéfait. Quand le Système faisait des choses qui dépassaient son entendement, c’était une chose ; quand d’autres cultivateurs en faisaient autant, c’en était une tout autre.
« Incroyable », murmura Zac en contemplant les douze trésors avec avidité.
Illusoires ou non, c’étaient tous des objets extraordinaires aux effets singuliers, comme le nœud ancien renforçant l’âme qu’il avait acheté au marché.
« Vas-y, prends-en un », l’encouragea Vieux Sixième.
Zac ignorait à quel point tout cela était autorisé, et préférait ne pas le savoir. Après avoir passé les objets en revue, il rangea rapidement un petit miroir de bronze appelé le [Réflecteur des Myriades de Voies], avant qu’un ancien de rang supérieur ne survienne et ne mette fin à ce transfert. À sa grande joie, un nouveau miroir commença à se former sur son piédestal. En quelques minutes, on aurait dit que rien n’avait été emporté.
Malgré son apparence, le [Réflecteur des Myriades de Voies] était un Trésor d’évasion. À l’image des innombrables chronologies de l’Océan Peregrine, le miroir reflétait une multitude d’avenirs possibles. Ils étaient à la fois réels et illusoires, et Zac pouvait choisir n’importe quelle voie tant que le réflecteur restait actif. Il possédait aussi une puissante fonction spatiale, qui permettrait à toutes les versions de Zac reflétées par le miroir de se déplacer bien plus vite qu’avec l’[Épanouissement fulgurant].
C’était une raison importante de son choix, même si plus de la moitié des trésors n’étaient vraiment utiles qu’aux cultivateurs de l’Espace ou aux illusionnistes. On n’avait jamais trop de Trésors d’évasion, mais l’[Épanouissement fulgurant] approchait des limites de son utilité. C’était, après tout, un trésor de rang E. Il le transportait encore très bien, mais ses adversaires avaient désormais plus de moyens d’interrompre ou de bloquer son flux de flammes.
Le [Réflecteur des Myriades de Voies] était d’une qualité et d’un rang supérieurs. Il associait l’Espace et les illusions pour assurer une fuite parfaite. Il pouvait aussi servir à repérer les lieux à l’avance, en explorant des passages dangereux où quatre-vingt-dix-neuf chemins menaient à la mort et un seul à la vie.
« Il n’est pas encore apparu à l’intérieur ? » demanda Zac après dix secondes.
« Le [Sac mercuriel] est un trésor orthodoxe. Il doit donc respecter les Lois », expliqua Vieux Sixième. « Transformer des trésors illusoires en objets véritables exige naturellement plus de temps et d’efforts qu’un morceau de bois ordinaire. Le processus prendra environ un mois, voire plus si tu es trop pingre pour fournir les cristaux nécessaires à l’entretien des formations. »
« C’est déjà incroyable », dit Zac, remarquant la lueur satisfaite dans les yeux de Vieux Sixième. L’ancien avait manifestement participé d’une manière ou d’une autre à la création des [Sacs mercuriels], et les compliments lui faisaient plaisir.
Esmeralda était tout aussi intriguée. « Le sac fonctionne avec toutes les illusions, même celles créées en dehors de la Cour mercurielle ? »
« Elles sont toutes compatibles », confirma Vieux Sixième, faisant battre le cœur de Zac avec encore plus de ferveur.
Un trésor absolu ! Plus que le [Réflecteur des Myriades de Voies], le [Sac mercuriel] était le véritable prix. Devrait-il envoyer le sac à son côté humain, où Ogras pourrait créer sans fin des trésors imprégnés de Lois ? Hélas, les paroles suivantes de l’ancien tempérèrent les flammes de sa cupidité avant qu’elles ne s’embrasent tout à fait.
« Comme je l’ai dit, il y a des limites. Tout d’abord, c’est un [Sac mercuriel] de rang D supérieur. »
« Pardon, de rang D ? » s’étonna Zac, méfiant. C’était la première fois qu’il entendait cette terminologie dans un souvenir, puisque ses compétences de traduction avaient toujours conservé l’ancienne formulation. Ce vieil homme s’était-il introduit ici en fraude au lieu d’être un ancien de la Cour, ou avait-il lu les souvenirs de Zac pour connaître ce terme ?
« Les érudits de la Capitale impériale ont établi une terminologie uniforme pour faciliter les échanges d’idées. Les cours l’ont adoptée depuis longtemps, et les vingt-trois départements devraient bientôt suivre. À terme, elle est censée remplacer les anciens termes dans tout l’Empire », expliqua le gardien.
« Quoi qu’il en soit, c’est un [Sac mercuriel] de rang D supérieur. Tu ne devrais donc vraiment pas y mettre d’objets de rang supérieur. Le sac peut tout de même accueillir des trésors de rang supérieur, mais le temps nécessaire… Ha ! N’y mets aucun objet illusoire de rang B, sinon la pauvre formation continuera à travailler longtemps après notre enterrement et notre oubli. Pendant tout ce temps, elle sera entièrement occupée et ne pourra convertir aucun autre objet. »
« Il faudrait déjà que je tombe sur une illusion de rang B pour que ce soit un problème », sourit Zac.
« Tout est possible maintenant que tu es là, alors je préfère te prévenir. Nous ne fournissons pas de sac de rechange, au cas où tu te poserais la question. En revanche, tu peux échanger ton sac de départ contre des versions de rang supérieur, en échange de contribution », dit le gardien en faisant apparaître deux nouvelles bûches. L’une était identique à la précédente, tandis que l’autre était manifestement une contrefaçon. Elle ressemblait davantage à une projection qu’à un objet véritable, et n’avait pas la masse d’une chose matérielle.
« Deuxièmement, toutes les illusions ne fonctionnent pas. La seconde bûche n’a pas les qualités fondamentales nécessaires pour devenir réelle. »
« C’est donc comme un Manuel de cultivation », déduisit Zac. « On ne peut pas le copier ni le transmettre sans d’abord comprendre son essence profonde. »
« Exactement. Même si tu parvenais à échanger ton sac contre un [Sac mercuriel] de rang B, tu ne pourrais pas simplement rêver un trésor de rang B. Il te manque les connaissances nécessaires. C’est le cas de la plupart des Célestes, voire des Autarques.
« Les illusions qui atteignent le seuil minimal présentent aussi des différences. Plus il manque de détails à l’illusion, plus la conversion exige d’énergie et d’efforts. Celles de cette salle sont tirées de modèles parfaits. Voilà pourquoi il faut si peu d’efforts pour les matérialiser. Beaucoup des récompenses de la Cour mercurielle sont du même genre. »
Zac hocha la tête, comprenant, puis le gardien le ramena par le même chemin. Ils auraient tout aussi bien pu être des voleurs, tant ils étaient entrés et ressortis sans laisser la moindre trace ni le moindre registre. Zac entendait presque les rouages tourner dans l’esprit d’Esmeralda. S’ils parvenaient à revenir discrètement, ils pourraient prendre le reste des trésors, puisque la salle les reformerait simplement.
« La visite est terminée », dit le gardien lorsqu’ils ressortirent du bâtiment administratif. « N’oublie pas d’insuffler une goutte de ton sang dans le jeton. Tout le reste est expliqué dans le livret. »
« Euh, juste pour être sûr : la Cour mercurielle saura que je me suis bien enregistré ? » demanda Zac en jetant au [Sac mercuriel] un regard qui en faisait un objet de contrebande.
« Qu’est-ce que tu veux de plus ? Que je t’organise un banquet ? » Vieux Sixième lui lança un regard faussement courroucé. « À vrai dire, la Cour mercurielle nous laisse gérer les choses à notre guise. La plupart des hauts gradés sont occupés par leurs recherches, et nous avons constaté qu’on obtenait les meilleurs résultats en laissant les choses suivre leur cours naturel. »
« Merci pour vos conseils, senior », dit Zac. « Avez-vous une suggestion pour la suite ? »
« Hmm… Ne dépense pas trop vite ton Mérite impérial durement gagné. Il te reste de nombreuses voies à explorer, et bien des façons de faire pencher les trajectoires en ta faveur », répondit Vieux Sixième. « Bien, amuse-toi. Je dois aller réparer les portes avant l’arrivée du prochain invité. »
« Euh, c’est… »
« Pas besoin de t’excuser. C’est précisément pour cette raison que nous avons invité des étrangers comme vous. Vous êtes là pour bouleverser l’ordre établi et ouvrir de nouvelles voies vers l’avenir. Plus vous semez le chaos, mieux c’est », dit Vieux Sixième, ses paroles chargées d’un double sens.
Le vieux gardien avait disparu avant que Zac puisse poser d’autres questions, le laissant seul sur la place. Zac se retourna lentement et leva les yeux vers l’immense statue.
« C’est à toi, de toutes les personnes, qu’il dit que plus il y a de chaos, mieux c’est ? » ricana Esmeralda, perchée sur la tête de Zac. « Je me demande si ce vieux bouc regrettera ses paroles avant la fin. »
« Allons nous installer », dit Zac avec un sourire. « Ensuite, je crois qu’il est temps que tu m’expliques exactement ce qu’on est venus chercher. »