Chapitre 1 306
Le cours de l’histoire n’avait pu changer qu’à cause de l’entrée de Pervata Wendimar dans le Domaine mémoriel. L’apparition imprévue d’une entité de haut rang avait entraîné une dépense considérable. D’un seul coup, un tiers de l’Énergie de Foi accumulée par le Domaine mémoriel avait été drainé. Pour le meilleur ou pour le pire, la dépense suivante ne fut pas trop importante. Le domaine ne s’effondrerait pas de lui-même ; ils devaient donc encore affronter les dangers qu’il recelait.
Zac ignorait si le jeton permettait de communiquer, mais révéler son emplacement suffirait probablement à provoquer une réaction des Wendimar à la surface. Malgré tout, Zac ne miserait pas sur la bonté d’étrangers. Il rangea le jeton sans attendre de réponse et se lança à la poursuite du Monarque exténué de toutes ses forces.
Le labyrinthe déroutant de[Jungle Apex] apparut et fut déchiré à répétition, laissant des fissures dans la Fractale de compétence. Ogras, qui s’était réfugié de nouveau dans les ombres de Zac pour se protéger, tenta de l’aider en faisant apparaître des arbres d’ombre et des illusions hypnotiques. C’était le seul moyen qu’ils avaient de ralentir la fuite d’Ivar. Le maître de guilde avait parfaitement choisi son moment : il fonçait vers une brèche sur le point de se refermer dans la barrière de la Demeure de la Terre cachée.
Le bouclier ne semblait pas dépasser les capacités de déphasage de la[Montagne du Vide], mais s’y engouffrer à l’aveugle était extrêmement dangereux. Ivar était à bout de forces, mais Zac n’allait pas beaucoup mieux. En plus de subir le contrecoup de la[Croisade arcadienne], il avait été criblé de trous pour maintenir Ogras en vie face aux attaques imprégnées de Vide.
Une guerre faisait aussi rage à l’intérieur du corps de Zac. Il s’était frayé de force un chemin à travers le rideau d’Énergie du Vide corrompue d’Ivar pour lui porter son ultime coup. Son Vide personnel luttait contre l’agresseur extérieur, misant sur la qualité pour réduire la quantité. Zac avait confiance en sa résistance, mais Ivar cultivait le Dao de la Terre, tout comme son ancêtre. Les géomanciens excellaient souvent en défense, et le maître de guilde avait un avantage considérable en termes de rang.
Zac n’avait pas peur de risquer sa vie au combat, mais il n’avait aucun plan de secours prometteur, même s’il suivait Ivar dans la demeure. Aussi puissantes fussent-elles, les compétences de rang D moyen n’avaient pas le punch nécessaire pour mettre un Monarque à genoux. Zac n’avait pas non plus les moyens de viser directement les points faibles à l’intérieur du Monde intérieur d’Ivar. Même en utilisant l’[Événement d’Extinction], il avait peu de chances de changer quoi que ce soit.
Voilà pourquoi Zac avait fait appel à l’Ancienne Wendimar. Pervata Wendimar n’avait pas besoin d’intervenir directement. Zac espérait simplement que la présence d’un Autarque créerait une ouverture, quelle qu’elle soit. Avec sa cultivation déstabilisée, entrer en contact avec le Dao écrasant d’un Autarque pouvait même s’avérer fatal à Ivar.
Zac n’eut pas à attendre longtemps pour connaître le résultat de son pari. Les Montagnes Dipper gémirent de douleur tandis que d’innombrables fissures apparaissaient sur la paroi extérieure de la demeure. La pression était implacable, comme si quelqu’un avait jeté la chaîne de montagnes dans un trou noir. Le plafond ne résista que pour la forme avant de s’effondrer, ouvrant les vannes à un déluge de sang et d’acier.
Une véritable mer de sang se déversait dans la caverne. Elle charriait d’innombrables cadavres et squelettes dont les orbites vides brûlaient de folie. Ils haïssaient tout ce qui était vivant, et leur Intention meurtrière suffisait à obscurcir le ciel. Le Dao du Massacre était si sauvage et débridé que Zac faillit perdre la raison. Il activa rapidement la[Zone du Vide] pour atténuer l’assaut. Espérer le bloquer complètement aurait été vain.
Une fois entré dans son État du Vide, Zac ne vit plus la mer de sang. La seule chose qui flottait près de la brèche de la caverne était un avatar lumineux, constitué de Dao pur. C’était un homme robuste d’âge mûr, dont le calme apparent dissimulait la folie de quelqu’un qui avait traversé l’enfer et en était revenu. Zac dut détourner le regard avant que son corps ne soit déchiqueté et englouti par la mer de sang. Pervata Wendimar avait envoyé un fragment de sa volonté en reconnaissance, et cela avait suffi à faire perdre la raison à Ivar Serpico. Le Monarque s’agitait désespérément contre des menaces imaginaires qui l’entouraient, attirant à son secours des quantités mortelles de Vide chaotique. Les deux premiers rangs étaient des étapes introductives où les cultivateurs établissaient leurs fondations et préparaient leur corps à accueillir le Dao. L’Hégémonie était parfois considérée comme le premier véritable stade de cultivation, celui où l’on formait le noyau qui alimenterait le reste du parcours. En termes simples, l’Hégémonie fournissait l’énergie, tandis que les Monarques apportaient la masse.
Le poids de Zac avait considérablement augmenté depuis qu’il était devenu cultivateur : ses os s’étaient durcis et ses muscles avaient acquis une densité surnaturelle. Cela n’était rien en comparaison d’un Monarque, dont le poids théorique équivalait à celui de son Monde intérieur. C’était une force fondamentale dont on ne pouvait se débarrasser, et un Monarque pouvait l’ajouter à n’importe quelle compétence ou attaque. Plus son monde était solide, plus il pouvait lui conférer de masse.
Le fossé entre les Monarques et les Autarques était encore plus grand. Zac se souvenait du saint templier qui avait tué six cultivateurs de rang C alors qu’il était Hégémon de pointe, mais même les Monarques divins parmi les saints enterrés n’avaient pas vaincu d’Autarques. Forcer l’un d’eux à battre en retraite, comme l’Asura du Crépuscule, constituait déjà un exploit monumental.
Cette disparité s’expliquait par la différence entre leurs Daos. Accéder à l’Autarchie revenait à ériger une échelle pour intégrer de force son Dao aux Cieux. Les Monarques et les rangs inférieurs dépendaient uniquement de leur propre puissance, tandis qu’un Autarque pouvait emprunter directement aux Cieux pour amplifier ses attaques. En contrepartie, il devait entretenir son Échelle céleste.
Visiter des régions spirituellement épuisées ne signifiait pas seulement disposer de moins de puissance à puiser. Même si un Autarque avait défendu son Dao, celui-ci ne constituait pas véritablement une parcelle des Cieux. Sans maintenir sa position, son Dao risquait d’être chassé du ciel. Voilà pourquoi les Autarques ne se rendaient jamais aux confins du monde sauf en cas de nécessité. Ils ne pourraient pas déployer toute leur puissance, et leur cultivation en pâtirait.
Zac soupçonnait que ce problème serait résolu en s’emparant de l’Autorité sur son Dao, mais il devrait demander confirmation à Iz. L’essentiel, c’était qu’un Autarque était à son apogée là où les Cieux étaient proches ; quel endroit correspondait mieux à cette description qu’un Ciel primordial ? Ici, ils étaient pratiquement des émissaires célestes dont la simple présence pouvait bouleverser l’ordre naturel des environs.
Voilà pourquoi Kalir doutait que le Général Percival se rende lui-même dans les Mines de Dipper. Dans son état actuel, fragile, son Dao pourrait en altérer la nature de façon permanente et tuer la poule aux œufs d’or. Pervata Wendimar n’avait pas de telles réserves. Son avatar ne détenait qu’une infime partie de sa puissance, et cela suffisait à submerger complètement l’affinité naturelle de la région.
La voie de Pervata mêlait Conflit et Ordre. L’Ordre, c’étaient les murs qui retenaient la brutalité du monde, les soldats inébranlables défendant leur patrie contre les envahisseurs. Le Conflit, c’était la certitude que, pour vaincre le véritable mal, il fallait accepter le mal en soi. Ce n’était qu’en embrassant les flammes de la guerre et la folie du champ de bataille qu’on pouvait survivre à son ennemi.
Ivar n’avait pas réussi à s’arracher à la folie de la voie de Pervata. Zac savait que l’occasion qu’il attendait était là, mais réduire la distance lui donnait l’impression d’essayer de soulever toute la chaîne de montagnes. Pervata n’avait même pas scellé la zone ; le regard glacial de son avatar suffisait à réprimer la majeure partie de la puissance de Zac.
Zac n’eut pas le temps de trouver une solution de rechange : la situation dégénéra encore davantage. La montagne inversée qui flottait sous la Demeure de la Terre cachée se brisa soudain, révélant une stalactite noire comme l’encre en son centre. Elle s’élança brusquement droit vers l’avatar. Seuls Zac et, peut-être, Ivar pouvaient percevoir les terrifiantes quantités d’Énergie du Vide qu’elle renfermait.
Sa puissance n’avait rien à envier à celle du[Réseau cardinal des Graines de pierre] déployé à pleine puissance, sauf qu’elle était toute concentrée dans une pointe de pierre à peine plus grande qu’une lance. L’esprit de Zac hurlait au danger alors que l’arme se dirigeait dans l’autre sens. Comme si elle avait franchi le mur du son, la lance laissa dans son sillage une onde de choc d’Énergie du Vide. Ivar, qui se trouvait juste devant l’entrée de la demeure, fut frappé au moment où il sortait de son état délirant.
L’impulsion anéantit directement la moitié du corps brisé du maître de guilde. Même son Monde intérieur n’avait pas été épargné. Ivar Serpico avait fini par perdre le contrôle de son Monde intérieur, et des Déchirures spatiales apparurent autour de lui, se déplaçant de manière erratique. Elles changeaient d’emplacement sans logique apparente, signe qu’elles subissaient l’influence de la nature insondable du Vide. Les plus fortes fluctuations provenaient du noyau d’Ivar, d’où des fragments de sa cultivation s’échappaient à flots.
Zac vit une lueur de surprise dans les yeux de Pervata lorsque la lance le transperça. Le Dao du Massacre fut directement absorbé par l’arme, et l’avatar se dispersa. Zac ne ressentit guère de soulagement en voyant sa cible et le dangereux avatar succomber à l’attaque ultime de la Demeure de la Terre cachée. Ils étaient juste derrière Ivar, et l’impulsion, seulement affaiblie en partie, approchait à une vitesse impossible à éviter.
Les alarmes dans la tête de Zac lui firent comprendre sans la moindre ambiguïté que cette impulsion ne serait pas une caresse réconfortante d’une force amicale. Il activa la[Zone du Vide] et l’[Égide empyréenne] avec son Énergie du Vide, remerciant sa bonne étoile que la compétence défensive soit enfin de nouveau disponible. La roue de bois dégageait une odeur d’antiquité primordiale lorsqu’elle apparut derrière lui, tout comme la barrière, que la sphère d’annulation de Zac n’avait pas affaiblie.
Toujours pas rassuré, Zac fit tourner la roue trois fois d’affilée pour envoyer trois vagues opposées. Ces impulsions perturbatrices étaient ridiculement faibles par rapport à la puissance débridée de la Demeure de la Terre cachée, mais Zac n’avait jamais voulu annuler l’attaque. Chaque impulsion déstabilisait légèrement l’onde de choc qui approchait, en détachant le Vide et le Dao inversé qui s’y dissimulait.
La séparation fut achevée au moment où l’attaque pénétra dans la[Zone du Vide], et les deux forces distinctes s’abattirent sur l’égide de Zac. La barrière se brisa après avoir absorbé l’essentiel de l’impact. Le reste suffisait largement à mettre la vie d’Ogras en danger. Zac sortit donc en toute hâte la[Porte de la Montagne Fuxi]. Elle n’aspira pas l’énergie restante, contrairement à ce qu’il avait espéré.
Pas même l’Énergie du Vide qui frappait l’entrée ne se déversa dans l’espace situé au-delà. Zac jura et renvoya la porte vers la[Pureté du Vide] tout en poussant les cyclones dorés de sa constitution à leurs limites. Des amas d’Énergie du Vide sans propriétaire furent attirés dans son corps, et Zac grimaça de douleur tandis que des quantités d’énergie insoutenables se déversaient au plus profond de ses cellules.
Les voies cachées au cœur de sa constitution ne pouvaient pas absorber un afflux aussi soudain, et l’énergie sans propriétaire était difficile à maîtriser. Sa souffrance ne fit qu’empirer lorsque le Dao inversé démêlé s’infiltra dans ses blessures. La guerre à l’intérieur du corps de Zac atteignit de nouveaux sommets ; tout ce qu’il pouvait faire, c’était tenir bon et fourrer autant d’énergie que possible dans la[Porte de la Montagne Fuxi].
La vue brouillée, Zac n’avait toujours pas oublié son objectif principal. Il avait réussi à traverser l’impulsion sans y laisser la peau. Il libéra donc une nouvelle salve de Vide de Mort depuis son[Vide spirituel]. L’état chaotique de son corps l’empêchait de retrouver l’état ultime de sa Posture évolutive, mais les Déchirures spatiales erratiques qui entouraient Ivar semblaient soudain normales.
Zac les franchit pour atteindre sa proie. Sans rien retenir, il balança la[Morsure de Verun] vers le milieu du corps d’Ivar. Les yeux du maître de guilde étaient vides ; il ne fit rien pour empêcher Zac de fendre son corps charnel en deux et d’ouvrir ainsi un passage plus large vers son Monde intérieur.
« Laisse-moi faire », lança Ogras au moment où Zac s’apprêtait à bondir à l’intérieur pour porter une dernière salve.
Une traînée sombre se précipita dans la Déchirure, et Zac aperçut vaguement un spectre tenant un outil qui lui était familier. C’était l’arme de la fin du monde que Kator avait placée dans l’Yphelion durant leur mission au Cimetière impérial. Une main ombrageuse couverte de sang émergea des ombres de Zac, et leurs alentours changèrent. Le démon avait entraîné les deux hommes à travers une fissure dans la barrière de la Demeure de la Terre cachée, juste avant qu’elle ne se referme.
Un sifflement strident, assez puissant pour faire éclater les tympans de Zac, retentit à l’endroit qu’ils venaient de quitter. Zac se retourna juste à temps pour assister aux derniers instants d’Ivar. Une fleur faite de force vitale et de toute une vie de cultivation s’épanouit brièvement, avant que le cadavre et les énergies qui s’en échappaient ne soient engloutis par une implosion si violente qu’elle absorba même une partie du Dao résiduel de Pervata. Zac regarda la Déchirure spatiale qui s’effaçait, les yeux écarquillés.
Entrevoir le Monde intérieur d’Ivar, complètement dévasté, était une occasion rare d’observer une coupe transversale de la cultivation d’un Monarque. Il était rempli de décombres, et l’espace intérieur ressemblait à un miroir brisé. Les fenêtres ouvertes sur d’autres réalités se répartissaient en quatre catégories. Zac sentit distinctement la présence de deux Plans inférieurs différents, dont l’un était à l’origine de l’Énergie de la Terre cachée. L’autre correspondait à l’énergie ambiante des Mines de Dipper.
La troisième catégorie n’était pas tant constituée de fenêtres sur un autre plan que de poches d’Énergie du Vide formant un arrière-plan noir. La dernière était la plus surprenante. Zac avait bel et bien aperçu des zones de brume dense, exactement le même brouillard qui remplissait le cratère des Mines de Dipper, à l’extérieur. La bombe avait vraiment percé un trou dans le Domaine mémoriel, même si les brèches disparurent à la fermeture de la Déchirure spatiale.
« Il n’y a que les gobelins pour fabriquer des bombes pareilles », siffla Ogras en sortant des ombres de Zac.
« Passe le bonjour à K’Rav de ma part », souffla Zac.
Galau avait déjà réparé la bombe durant le compte à rebours, mais il n’avait jamais réussi à la réarmer. C’était l’idée de K’Rav d’y apporter quelques modifications et de la laisser absorber l’énergie des Montagnes Dipper. Le résultat avait dépassé toutes les attentes, même si Zac aurait gardé la bombe sur lui s’il avait su qu’elle était assez puissante pour percer le Domaine mémoriel. Il n’était pas pressé de pénétrer dans cette brume mystérieuse, mais il y avait des dangers bien pires à l’intérieur.
Toujours aux prises avec le chaos dans son corps, Zac observa Ogras pour s’assurer qu’il était couvert de sang, mais indemne.
« Tu avais raison. L’endroit le plus sûr, c’est vraiment tes ombres », dit Ogras avec un sourire en regardant Zac. « Je suis surpris qu’on ait réussi à l’éliminer. Dommage que ça se soit passé sur ce vieux caillou oublié de tous. »
« Ne m’en parle pas », grimaça Zac.
Éliminer un véritable Monarque alors qu’il approchait du seuil du rang C moyen aurait rapporté une quantité monstrueuse d’Énergie meurtrière, même en tenant compte du malus dû à l’utilisation d’un dispositif externe pour achever le travail. Même Zac aurait gagné plusieurs niveaux d’un coup. À présent, il n’avait que ses blessures pour toute récompense. Il n’y avait même pas de butin, puisque Ivar était un Monarque qui n’avait pas besoin d’Anneaux spatiaux. Chassant ces pensées déprimantes, Zac examina les alentours.
Ils s’étaient arrêtés juste à l’intérieur de la barrière de la Demeure de la Terre cachée, par crainte de déclencher une autre arme dissimulée. Ils flottaient à environ un kilomètre du disque qui portait la demeure proprement dite. L’environnement était étonnamment pauvre en énergie, ce qui leur semblait une bénédiction après avoir été immergés dans des concepts aussi mortels.
Zac n’eut pas le temps d’inspecter les lieux comme il l’aurait voulu. La pression terrifiante revint, et le plafond se remit à saigner. La lance du Vide n’avait dispersé l’avatar de Pervata Wendimar que brièvement, et il allait bientôt redescendre. Cela ne pouvait pas arriver. Zac prit une profonde inspiration et ressortit le Sceau Wendimar. Cette fois, un timbre rauque prit les devants avant qu’il ne puisse envoyer son message.
« Mon garçon, explique-toi. »
« Ancien, veuillez retirer votre aura, sans quoi vous déstabiliserez la demeure ! Le manoir que vous avez vu abrite un Trésor du Vide assez puissant pour effacer toute la chaîne de montagnes. Je vous expliquerai tout quand je l’aurai stabilisé. Si tout se déroule comme prévu, vous et le Clan Whitecrest pourrez échanger cet héritage contre un grand mérite lorsque le Margrave Wartorius prendra le contrôle de la Cour creuse. »
Zac expira en voyant les flots de folie refluer et un semblant de normalité revenir dans la Demeure de la Terre cachée. Il s’apprêtait à ranger de nouveau le jeton lorsqu’il se trouva pris à son propre mensonge. La douleur brute dans la voix de Pervata le fit hésiter.
« Tu es de mon sang, et pourtant tu ne l’es pas. Tu tiens le Destin des Wendimar entre tes mains, et pourtant il m’est étranger. Sa gloire s’est tellement effacée qu’il n’en reste presque plus l’ombre », déplora l’Autarque, comme s’il avait lui-même assisté à l’effacement de l’avenir de son clan.
« C’est… » Zac ne trouva pas ses mots.
« Tu n’es pas de mon époque. »