Après que la vitre eut volé en éclats, cet énorme système d’organes, entièrement organique, sembla sentir qu’une « restriction » venait d’être levée et s’apprêta à frapper.
Mais peu après…
Un deuxième morceau de craie heurta le cœur palpitant, et l’immense organe se contracta aussitôt en une boule compacte.
Algue jeta un regard légèrement surpris à Bi Fang, puis se dirigea vers la pièce voisine, où se trouvaient les Statues maudites.
Elle se glissa par l’ouverture dans la vitre, juste assez large pour laisser passer une personne. La statue de corbeau qu’elle tenait à la main dissipa les ténèbres qui grouillaient autour des Statues maudites et débordaient légèrement de leur enceinte — des ténèbres qui semblaient être des malédictions solidifiées, dotées d’une forme physique.
Comme un phare perçant la nuit la plus noire.
« Pas mal du tout. »
commenta Chlorure de potassium, admiratif.
Tout le monde retint son souffle, observant Algue avec attention — y compris Lin Yu, toujours étendu au sol, qui se mit discrètement à regarder lui aussi. Comme personne ne faisait attention à lui, Lin Yu se sentit assez hardi pour examiner la scène de plus près.
Pour une personne ordinaire, s’approcher de cette statue aurait demandé beaucoup d’efforts. Mais, en tant que Joueuse de deuxième rang qui s’était aventurée dans ce bourbier sans le soutien d’aucune organisation, Algue avait clairement ses propres atouts.
Après tout, cet héritage se trouvait sur les Îles Brumeuses.
Et Algue, sur les Îles Brumeuses… était comme un poisson dans l’eau.
De plus… ils avaient minutieusement préparé cette opération.
L’objet dans la main de la statue — celui qui avait été stimulé et irradiait d’énergie spirituelle — était à présent à leur portée.
Algue sortit de son corsage un autre objet : une peluche usée représentant une licorne.
Mais dès qu’elle apparut, les fluctuations d’énergie spirituelle se stabilisèrent de nouveau, comme si l’objet possédait un effet « apaisant ».
La lueur s’estompa peu à peu, et Algue put enfin distinguer clairement l’objet que tenait la statue.
C’était une mallette en cuir, carrée et rigide.
Elle sauta sur la paume de la statue, prit la mallette et la montra à tout le monde.
« Alors, membres de la Société Psychologique, c’est bien ça ? »
Dolantine et Chlorure de potassium se tournèrent vers Lacan, qui acquiesça.
« Oui… C’est la mallette de Freud de première génération, un objet qui lui servait à ranger d’autres objets… »
Bien qu’il fût pratique d’accéder à l’espace de stockage des objets, certains objets aux effets continus devaient rester actifs. Et comme on ne pouvait pas toujours prendre le temps de « ranger » ou de « récupérer » des objets, certains Joueurs utilisaient aussi des dispositifs de rangement, du type « sac à dos ».
De plus… bon nombre de ces objets de rangement étaient fabriqués sur mesure par des artisans locaux, sur commande, et comportaient souvent toutes sortes de fonctions auxiliaires utiles.
La mallette était munie d’un cadenas à combinaison et de quatre molettes. Avec seulement quatre chiffres, on pouvait finir par trouver la combinaison en les essayant tous.
Algue demanda tout de même : « Vous avez une idée du code ? Quatre chiffres, rien que des chiffres ! »
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La mallette n’avait pas l’air particulièrement solide, mais Algue choisit de ne pas la forcer.
Pendant un instant, personne du camp de la Société Psychologique ne prit la parole. Tous semblaient se creuser la tête pour trouver un nombre à quatre chiffres qui aurait eu une signification particulière pour le chef de première génération.
Puis Fu Luo prit la parole.
« Quel est le code par défaut, là, tout de suite ? »
Algue retourna la mallette pour regarder : elle était réglée sur 5656. En voyant ce nombre, elle n’eut même pas besoin de le communiquer à Fu Luo. Elle appuya aussitôt sur le bouton « déverrouiller » pour essayer.
« Clic. »
Le verrou s’ouvrit dans un léger bruit, et la mallette s’entrouvrit lentement.
Une vague d’énergie spirituelle encore plus intense s’en échappa. C’était l’énergie spirituelle incontestable de Freud de première génération, si tangible qu’on aurait presque pu croire que l’homme lui-même était enfermé à l’intérieur, vivant et en pleine forme.
Tout le monde retint son souffle, les yeux rivés sur la mallette.
Dolantine, Chlorure de potassium, Lacan, Nineteen, Tycoon, Bi Fang, Rengu…
Les sept se préparèrent à combattre en même temps !
Rengu fit discrètement signe à Tycoon et à Bi Fang de « suivre le plan dont nous avons parlé ».
Nineteen avait déjà serré plusieurs flacons de potion dans son poing.
Lin Yu aiguisa lui aussi son attention, scrutant tout le monde avec intensité.
Puis…
L’énergie spirituelle ne dura qu’une seconde avant de se dissiper, disparaissant comme le gaz inerte contenu dans un paquet de chips.
Algue ouvrit la mallette d’un coup !
« Boum ! »
Un objet tomba aux pieds d’Algue.
Les sept personnes qui s’apprêtaient à se jeter sur les Statues maudites se figèrent brusquement en découvrant le contenu de la mallette et l’objet tombé à terre.
« Quoi ?! »
Le visage de Lacan se décomposa sous le choc.
À l’intérieur de la mallette…
Il n’y avait absolument rien !
« Où est l’héritage ?! Il n’est peut-être pas là ?! »
« La mallette elle-même serait l’héritage ?! »
« Freud de première génération se fichait de nous ? »
« Ce type aurait trafiqué quelque chose ?! »
Personne n’en croyait ses yeux. Même Algue, qui avait ouvert la mallette, en resta stupéfaite.
Machinalement, elle ramassa l’objet tombé à ses pieds. C’était…
Une télécommande blanc argenté.
Elle n’avait pourtant qu’un seul bouton.
Les sourcils froncés, Algue hésita un instant, puis décida d’appuyer dessus.
« Frouuu ! »
Les quatre écrans de la zone, qui s’étaient éteints auparavant, s’allumèrent. Lacan se redressa aussitôt.
Mais le contenu des écrans fit passer son expression de la tension à la confusion.
On y voyait un homme maigre à l’air mélancolique, vêtu d’une blouse blanche.
« Freud ? »
« Le président de première génération ? »
Les voix de Lacan et de Chlorpromazine retentirent en même temps, pleines de perplexité.
L’homme à l’écran sourit.
« Salut, tout le monde. Qui que vous soyez, vous avez probablement trouvé la “boîte” laissée par Freud, pas vrai ? » L’homme se toucha le visage en parlant. « Si vous faites partie de la Société Psychologique, ou si vous le connaissez au moins un peu, vous m’avez sûrement pris pour lui à l’instant, non ? »
« Regardez de plus près. J’ai bel et bien imité son apparence et apporté quelques légères modifications à mon visage, mais vous devriez quand même voir des différences. »
L’homme continua à parler tout seul, puis ricana. « Bien sûr, si vous ne connaissez pas Freud, ou si vous ne connaissez pas mon maître, M. Zheng, oubliez tout ce que je viens de dire. »
« Quoi qu’il en soit, voilà ce que je voulais vous dire : je suis désolé, tout le monde, mais vous arrivez trop tard. Ce n’est pas votre faute, après tout. Je suis le successeur le plus légitime de Freud, et cet héritage me revient de droit. »
« Ah-ah, dire que vous arrivez “trop tard”, c’est être généreux. Vous avez probablement un très, très, TRÈS grand retard… Quel dommage. J’ai même tout le loisir de vous enregistrer cette vidéo. » L’homme fit pivoter l’appareil d’enregistrement et le balança de droite à gauche, montrant qu’il n’y avait personne d’autre autour de lui. « Vous n’avez même pas l’air d’avoir trouvé cet endroit. »
« Quoi qu’il en soit, voici ce que je voulais vous dire : que les personnes venues ici fassent partie ou non de la Société Psychologique, j’aimerais qu’elles transmettent un message. Je sais que la Société Psychologique a maintenant un nouveau “Freud” », dit l’homme d’un ton calme. « Mais je reprendrai ce titre. Le nom de “Freud” m’appartient, pas à lui. »
« D’ici là… »
Il leva la mallette qu’il tenait à la main et passa autour de son cou le pendentif en cristal violet à l’allure sinistre.
« Pour l’instant, vous pouvez m’appeler Schreiber. »
À ce stade de la vidéo, tous les témoins furent saisis d’une incrédulité totale.
Mais malgré leur stupeur…
Lin Yu, toujours étendu au sol, reçut une immense vague de croyance qui afflua dans son corps.
Il recueillit cette croyance dans la Pyramide de Ponzi tout en observant les expressions médusées des grands experts des principales organisations.
Puis Lin Yu admira lui aussi sa prestation dans l’enregistrement.
« Quelle performance magistrale… Mon jeu d’acteur est absolument parfait ! »