« Vieux Yao, Vieux Yao, réveille-toi ! »
Lin Yu « revint lentement à lui », baignant dans une mare de sang et à peine accroché à la vie. Il leva un regard faible vers le Tycoon qui se tenait devant lui.
La surprise et le soulagement cédèrent la place à la culpabilité sur son visage.
« Boss… Boss, je suis désolé. »
« J’ai tout gâché… je vous ai déçu. »
Le Tycoon avait le visage sombre, mais s’efforça tout de même de sourire. « Ce n’est rien, tu n’as déçu personne. Tu t’es battu comme un chef. »
« C’est ma faute. Je n’aurais pas dû t’emmener ici… ni mettre autant de temps à arriver. »
Le Tycoon parla. Lin Yu hocha la tête sans répondre.
Il prit simplement deux longues inspirations laborieuses, puis tenta de se redresser. En réalité, il ne parvint qu’à soulever la tête de quelques centimètres.
« L’héritage se trouve dans les mains de cette statue, là-bas… Furbollo et les autres se cachent dans le coin », dit Lin Yu comme s’il rassemblait ses dernières forces, tandis que des bulles de sang lui montaient aux lèvres. « Je… je suis désolé. »
« Tu es arrivé juste à temps… J’ai été trop bête. »
Lin Yu acheva sa phrase, puis ferma les yeux. Sa respiration s’interrompit aussitôt.
Le Tycoon assista à la scène, poussa un long soupir, glissa discrètement une pilule dans la bouche de Lin Yu, puis se redressa.
Au même moment, Nineteen, que la [Main invisible de Hayek] avait plaqué au plafond, avait lui aussi récupéré. Il se servit du vent pour se soutenir et descendit lentement, avant de regarder l’homme en costume bleu.
« Le “Tycoon” de Jiang’an Hall, hein ? Vingt-septième au classement… Pas étonnant que tu sois coriace. Même si tu es le dernier des “Quatrièmes paliers”, un “Quatrième palier”, ça reste un “Quatrième palier” ! »
Malgré ses paroles, le regard de Nineteen ne trahissait aucune envie de battre en retraite. Au contraire, ses yeux brillaient d’impatience.
« Franchement… les gens de votre organisation m’ont surpris. Seulement du “Premier palier”, et pourtant plus coriace que prévu. Pas facile à tuer. »
Le Tycoon écouta Nineteen sans répondre, puis regarda dans son dos.
« Ce panneau gris, c’est ton [Objet exclusif] ? On dirait… un “cheat” de jeu vidéo. »
Nineteen entendit la remarque du Tycoon et secoua légèrement la tête. « Ce n’est pas un cheat, vieux. C’est l’[Éditeur de personnage]. Si tu n’y connais rien, évite de raconter n’importe quoi. »
Tandis qu’ils parlaient, les indicateurs de Nineteen glissèrent de nouveau, augmentant discrètement son endurance, sa force et toutes ses autres statistiques.
Le Tycoon ne répondit pas. Il se tourna vers le coin.
Le [Miroir de dissimulation] s’étant dissipé, Fu Luo et les autres étaient eux aussi apparus.
En voyant le Tycoon, Fu Luo ne ressentit aucun soulagement : il avait également aperçu « Vieux Yao », étendu dans une mare de sang.
Il s’excusa : « Tycoon, tout est ma faute… J’aurais dû l’arrêter. »
« Si j’avais décidé de battre en retraite plus tôt… les choses auraient peut-être tourné autrement. »
Le Tycoon expira. « Ce n’est pas le moment d’en parler, camarade “Furbollo”. Quelles sont vos conditions de réussite ? »
« À partir de maintenant, concentrez-vous entièrement sur la réussite de l’épreuve. Une fois sortis, trouvez “Loquat Candy” immédiatement et demandez-lui de soigner Vieux Yao. J’ai utilisé la [Pilule de vie régénératrice] du Royaume de la Montagne-Prison pour le maintenir en vie. Si on a de la chance… il reste peut-être un espoir. »
Fu Luo prit un air grave. « Compris. Mais notre condition de réussite, c’est de détruire cette statue maudite, et l’“héritage” se trouve aussi dans ses mains. »
« Boum ! »
Le Tycoon leva la main. Une main géante invisible frappa le verre, censé être indestructible, et une fissure apparut.
« Oublie l’héritage. Je vais ouvrir le verre, et vous détruirez la statue. Mais inutile de vous presser. »
Il fixa Nineteen, qui lui faisait face, et déclara : « J’ai encore une ordure de “Maraudeur” à faire payer. »
Nineteen regarda le Tycoon et ricana. « Le plus faible des “Quatrièmes paliers” qui se la raconte… Tu crois vraiment pouvoir m’avoir ?! »
« Même chez les “Maraudeurs”, je suis dans les cinq meilleurs au combat. Un petit caïd de Jiangcheng, tu crois impressionner qui ?! »
L’[Édit de la Tempête] s’activa. Nineteen choisit de prendre l’initiative et attaqua sans retenue !
Des rafales de vent le propulsèrent comme des réacteurs. En un instant, il se retrouva devant le Tycoon, son couteau pliant à la main !
Utiliser l’[Édit de la Tempête] pour attaquer à distance, ce n’était bon qu’à écraser les faibles…
La véritable fonction de cette chose, c’était le « combat rapproché » !
Sa vitesse atteignit son maximum, et le couteau pliant fila comme l’ombre d’un fantôme !
Dans le même mouvement, Nineteen réduisit brusquement sa vitesse et réaffecta une partie de ces points à sa force !
Voilà ce qui rendait son [Éditeur de personnage] véritablement dément : une fois qu’il le maîtrisait, il pouvait redistribuer ses statistiques en temps réel, même en plein combat.
Cent points de vitesse en apparence pouvaient à tout instant devenir cent points de force, de réduction du temps de recharge ou d’attaque !
« Frouuu ! »
La lame frappa l’avant-bras gauche du Tycoon. Elle visait son cou, mais il avait réussi à la détourner de force.
Le coup faillit tout de même lui trancher l’avant-bras.
Le sang jaillit entre eux. Le Tycoon prit la parole d’un ton glacial, si calme qu’on aurait dit qu’il n’était pas lui-même blessé.
« [Assurance maladie commerciale], mode spécialiste des urgences, plafond des frais à ma charge, aucune limite budgétaire : soins complets ! »
« Maintiens ce mode de paiement jusqu’à la fin du combat. »
« Ding ! Ding ! Ding ! »
Les effets sonores des paiements validés et des transferts de fonds retentirent. Une lueur verte s’alluma autour du Tycoon.
La blessure à son avant-bras se referma presque aussitôt, éjectant de force le couteau de Nineteen.
« Quelle [Classe unique] répugnante. »
Nineteen cracha par terre et se prépara à utiliser de nouveau l’[Édit de la Tempête] pour prendre ses distances.
Mais…
« Boum ! »
Une main invisible le retint dans les airs, lui coupant toute possibilité de fuir.
Nineteen fronça les sourcils. « Tu veux qu’on se batte à mort ? »
« Non. Je veux que tu paies de ta vie pour mon frère, Vieux Yao », répondit le Tycoon en serrant le poing droit. La bague ornée d’une pierre précieuse et son épaisse chevalière en or brillèrent d’un éclat éblouissant. « [Opération d’investissement] : trois millions de liquidités investies, huit millions d’actifs immobilisés mis en garantie, effet de levier de cinq… non, vingt fois ! Putain… TOUT… EN… RECHARGE ! »
Au rugissement du Tycoon, la tirelire cracha des pièces d’or qui fusionnèrent avec son corps. Son poing droit serré s’embrasa d’une lumière dorée aussi éclatante que le soleil !
Son adversaire, Nineteen, et son [Objet exclusif] lui donnaient l’air d’un joueur tricheur utilisant un éditeur de jeu…
Mais le pouvoir du Tycoon, c’était de dépenser de l’argent !
Depuis la nuit des temps, quel tricheur avait jamais pu l’emporter contre un gros payeur ?
Un seul coup de poing, sans fioritures, mais chargé d’une somme d’argent terrifiante, partit. Il était si lourd, si massif, qu’on aurait dit l’impact d’une météorite.
« BOUM ! »
Nineteen tenta désespérément d’esquiver et de bloquer, investissant le moindre de ses points de statistiques dans des indicateurs liés à la défense, mais…
Il n’eut même pas le temps de crier. Il fut projeté au loin comme un cerf-volant dont la ficelle venait de se rompre, complètement inconscient !
Allongé par terre, Lin Yu entrouvrit discrètement les yeux pour observer la scène et ne put s’empêcher de s’émerveiller.
« Quel homme redoutable ! Alors, voilà le pouvoir de l’argent et du capital ?! »