En temps normal, Lin Yu n’aurait jamais pu compter sur l’aide de Fu Luo pour enquêter sur la Société Psychologique.
Mais puisque Fu Luo considérait désormais « May May » comme un partenaire « digne de confiance »…
Deux jours plus tard, Lin Yu obtint de Fu Luo les renseignements qu’il voulait.
Les informations sur la Société Psychologique n’étaient pas vraiment difficiles à trouver. Ces gens ne semblaient ni agir discrètement ni faire d’efforts particuliers pour se cacher.
Dans Jiang'an Hall, Lin Yu pouvait déjà consulter une présentation générale de la Société Psychologique.
La structure de l’organisation correspondait à son nom : elle ressemblait à une « société savante ».
Un peu comme un groupe de chercheurs rattaché à une université.
À sa tête se trouvait un « Conseil » de cinq membres, épaulé par trois divisions : le « Comité professionnel », les « Antennes régionales » et le « Département d’exécution ».
Seuls les membres exerçant les professions de 『Docteur』, 『Infirmier』, 『Érudit』 ou 『Étudiant』 pouvaient intégrer le « Comité professionnel ». La plupart avaient une expérience concrète ou une formation universitaire en psychologie.
Quant au « Département d’exécution »… il fonctionnait un peu comme les escouades de l’Ordre et s’occupait principalement des opérations et des combats.
À l’heure actuelle, trois représentants de haut rang du Conseil de la Société Psychologique étaient connus sous des noms de code :
『Jung』, 『Lacan』 et 『Wundt』.
Ces informations provenaient des archives de Jiang'an Hall et du Tycoon en personne : six mois plus tôt, il avait rencontré 『Lacan』 dans un donjon.
L’autre n’avait pas caché son identité et avait annoncé son nom de code sans détour.
Ce donjon comptait vingt participants : il était d’une ampleur exceptionnelle.
Et ceux qui avaient pu y participer aux côtés du Tycoon et de Lacan n’étaient ni des novices ni des débutants.
Pourtant, au bout du compte…
Seuls le Tycoon et Lacan avaient survécu.
Le Tycoon avait évalué ainsi la force de Lacan :
« Il figure sans aucun doute dans le top trente du classement. »
Il n’avait pas donné de détails sur ce qui s’était passé dans le donjon.
Mais il avait affirmé sans détour que Lacan avait délibérément — et sans nécessité — provoqué, directement ou indirectement, la mort de tous les autres joueurs dans ce qui aurait dû être un donjon coopératif de type 『Massacre』.
Son motif était…
« La sélection et la formation. »
C’était aussi le credo de la Société Psychologique.
Comme ils l’avaient fait avec Lin Yu, ces fous semblaient vouloir produire des joueurs plus puissants par des méthodes quasi coercitives.
En réalité, ils recueillaient des données grâce à leurs « Antennes régionales », puis les transmettaient au « Comité professionnel ». Celui-ci recourait à certaines « méthodes d’évaluation » pour repérer les individus à « potentiel ».
La Société Psychologique envoyait ensuite une invitation aux personnes qui étaient déjà devenues des joueurs, qu’elles appartiennent ou non à d’autres organisations.
Quant à ceux qui n’étaient pas encore joueurs…
La Société Psychologique envoyait des membres les tuer. Ce n’était qu’après avoir confirmé leur entrée dans le 『Jeu de la Mort』 qu’elle leur adressait une invitation.
Ces méthodes insensées suffisaient à faire bouillir de rage bon nombre de joueurs.
Dans le jeu, au beau milieu des donjons…
Les membres de cette organisation étaient détestés de tous !
Car il y avait de fortes chances qu’ils compliquent volontairement la tâche des autres joueurs.
Dans les donjons de 『Compétition』, ils attaquaient aussi bien leurs alliés que leurs ennemis… Dans les donjons ordinaires, ils aidaient carrément les monstres ou les règles du jeu à tuer les joueurs.
En général, avant la fin d’un donjon, ils révélaient leur identité et invitaient les 『Joueurs』 les plus prometteurs de la session à rejoindre leur organisation.
Mais…
Que les personnes invitées acceptent ou non, ces gens semblaient s’en moquer.
Bien sûr, il arrivait aussi, quoique très, très rarement, que des membres de la Société Psychologique aident d’autres joueurs.
Mais les conditions étaient extrêmement strictes. Apparemment, ils ne prenaient le parti d’un joueur que lorsqu’ils estimaient qu’une épreuve ou une situation bien au-delà de ses capacités actuelles risquait d’entraver son développement, alors qu’il avait un « fort potentiel ».
Ainsi, dans un donjon, ceux que la plupart des joueurs redoutaient le plus de rencontrer…
Ce n’étaient ni les 『Maraudeurs』 ni les membres de la 『Libre Alliance』, mais bien les gens de la 『Société Psychologique』.
La plupart des membres des 『Maraudeurs』 convoitaient seulement tes objets et n’hésitaient pas à employer des méthodes brutales. Dans les donjons coopératifs, tant que tu n’étalais pas tes richesses et que tu ne leur mettais pas de bâtons dans les roues, une paix de façade restait possible.
La 『Libre Alliance』 comptait peu de membres, et ceux qu’on connaissait étaient excentriques. Ils pouvaient parfois s’en prendre à toi sans raison apparente, mais c’était du cinquante-cinquante.
La 『Société Psychologique』, elle… Si tu la croisais dans un donjon, il y avait 99 % de chances qu’elle soit là pour faire du mal aux autres.
À l’exception du témoignage personnel du Tycoon, les informations ci-dessus avaient été réunies à partir du sang et des larmes des nombreuses victimes de la Société Psychologique. Elles n’étaient pas seulement connues de tous à 『Jiang'an Hall』 : la plupart des organisations justes en avaient également entendu parler.
En fait, même si leurs noms de code étaient inconnus, les informations de base sur bon nombre de membres de la Société Psychologique figuraient dans des dossiers.
Pourtant, Lin Yu avait tout de même demandé à Fu Luo d’enquêter…
Tout simplement parce qu’il cherchait des renseignements qui ne figuraient pas parmi ceux déjà connus.
Lin Yu passa au peigne fin tous les documents pertinents, mais ne trouva aucune trace de cette jolie fille qui prétendait être sa cadette.
Heureusement, Fu Luo méritait sa réputation de 『Détective』.
Tout ce que Lin Yu lui avait fourni, c’était un portrait-robot dessiné de mémoire et quelques mots-clés vagues comme « jeune », « femme » et « utilise une Beretta M9 ». Pour des mises à jour plus rapides, rendez-vous sur novеlping.com.
« Je ne sais pas pourquoi tu enquêtes là-dessus, mais, mon pote, elle est vraiment dangereuse.
— Elle est plus dangereuse que les membres ordinaires de la Société Psychologique !
— Si tu ne me l’avais pas demandé, je n’aurais jamais cherché à en savoir plus. T’es qu’un putain de Premier palier, alors je te conseille de ne pas provoquer des monstres de ce calibre. »
Sans prêter attention au flot de mises en garde de Fu Luo, Lin Yu soupira et ouvrit le dossier chiffré qu’il lui avait envoyé.
« Je ne l’ai pas provoquée… C’est elle qui s’en est prise à moi… »
Après déchiffrement, un bref dossier apparut devant Lin Yu :
« Nom de code : 『Fluoxetine』 ; profession : 『Assassin』 ; Spécialiste de classe S du Département d’exécution de la Société Psychologique. »
Spécialiste de classe S du Département d’exécution…
Lin Yu comprit aussitôt pourquoi il avait été si difficile de trouver des informations sur elle et pourquoi Fu Luo était si nerveux.
Ce n’était vraiment pas le genre de données auxquelles les joueurs ordinaires étaient censés avoir accès.
À ce niveau, les membres de la Société Psychologique pouvaient être considérés comme l’équivalent des « Administrateurs régionaux » de l’Ordre : ils ne participaient pas aux décisions de l’organisation, mais…
Ils étaient extrêmement mystérieux et redoutablement puissants.
À l’heure actuelle, la Société Psychologique ne comptait peut-être que trois Spécialistes de classe S, soit moins que de membres au Conseil suprême.
La photo jointe de la fille à capuche semblait extraite d’une vidéo de surveillance et était très floue.
Mais ce visage magnifique aux traits fins, délicats et pourtant froids…
Lin Yu l’aurait reconnu même dans ce flou.
« Alors c’est ça… Tu t’appelles 『Fluoxetine』… »
murmura Lin Yu.
Il connaissait désormais son nom de code, sa profession et son rang.
Pour Lin Yu, même si c’était tout ce qu’il avait, cela suffisait.
Ensuite…
Il vérifierait lui-même ces informations et découvrirait davantage de choses sur cette fille.
« J’espère que tu es assez forte.
— Sinon… le prochain spectacle que je t’ai préparé sera terriblement ennuyeux. »