Chapitre 532
Alors que la lumière brillante de l’épée sainte illuminait le repaire souterrain, une lumière rouge apparut soudainement derrière Eugène.
Eugène ne fut pas pris au dépourvu, car il avait senti qu’un intrus arriverait bientôt. Au lieu de continuer à viser Amelia, Eugène tordit son corps et balaya l’Épée Sainte derrière lui.
Schink !
L’épée sainte fendit un nuage de lumière rouge qui se répandait. Eugène réalisa quelque chose avant même d’avoir fini de le traverser.
Ce n’était pas un nuage de lumière.
Au moment où son épée le fendit, Eugène fut frappé au visage par une terrible odeur de sang.
Eugène grimaça. « Le Brouillard de Sang. »
Ce brouillard pouvait s’infiltrer à travers la peau d’une personne par simple contact. Si l’on n’avait aucune tolérance à celui-ci ou aucun moyen d’y résister, ce brouillard provoquerait la démence de tout le sang dans le corps, et finalement, le sang jaillirait des pores du corps, laissant la personne morte. C’était une capacité qui pouvait presque être considérée comme symbolique des vampires de haut rang, connus pour leur forte maîtrise du sang.
Il n’y avait qu’un seul vampire de haut rang qui aurait pu apparaître soudainement ici et répandre ce Brouillard de Sang.
Eugène esquissa un sourire narquois, et une fois que l’Épée Sainte eut terminé son mouvement sur le côté, il la tint de nouveau devant lui.
Fwoosh !
L’Épée Sainte se dressa dans les mains d’Eugène, illuminant les ténèbres comme une torche. Le Brouillard de Sang, qui avait continué à se répandre dans le repaire souterrain même s’il l’avait fendu, fut complètement dissipé sous la lumière de l’Épée Sainte.
Dans le repaire souterrain maintenant illuminé, Eugène aperçut la silhouette d’un homme qui plissait les yeux face à la lumière vive.
C’était Alphiero Lasat.
Fixant Eugène, qui continuait à lui braquer la lumière, Alphiero marmonna : « C’est beaucoup trop brillant. »
N’importe quel vampire normal se serait désintégré rien qu’en étant frappé par cette lumière. Cependant, Alphiero n’était pas un vampire qu’on pouvait qualifier d’ordinaire. C’était quelqu’un qui pouvait prétendre avec conviction être le plus fort de tous les vampires vivants, et il était aussi le plus fort de tous les vassaux au service du Roi Démon de la Destruction.
« Sale moustique, » maudit Eugène.
Moustique était un terme péjoratif pour les vampires utilisé depuis trois cents ans. Non, il existait peut-être même depuis bien plus longtemps que ça. Naturellement, les vampires s’enflammaient lorsqu’on les appelait des moustiques.
Alphiero eut la même réaction. Ses yeux rouges commencèrent à émettre une aura glaçante.
Eugène ricana. « Tu es là pour sauver cette chienne ? Je ne savais pas que vous étiez si proches. »
« Ne fais pas cette erreur, » grogna Alphiero, révélant son mécontentement sincère face à une telle insinuation. « L’Incarnation désire ta mort. C’est la seule raison pour laquelle je suis venu ici pour te tuer. »
« Mais j’ai l’impression que ce bâtard préférerait probablement me tuer de ses propres mains, » exprima Eugène son doute.
« N’ose pas t’adresser à lui avec autant de familiarité avec ta langue immonde, » grogna Alphiero tandis que ses cheveux se hérissaient.
Sans cacher son dégoût et sa rage, Alphiero fit un pas menaçant vers l’avant.
« Je doute que vous soyez si copains, donc c’est amusant de te voir t’énerver tout seul en son nom, » dit Eugène d’un reniflement en lançant un coup d’œil derrière lui.
Eugène aperçut Amelia, qui avait les deux jambes et le bras gauche coupés, se débattant silencieusement par terre. Son corps ondulait comme une limace alors qu’elle essayait de ramper avec son seul bras droit pour se soutenir. Elle faisait également tout son possible pour ne pas haleter à cause de ses efforts. La raison de cet effort était qu’elle craignait d’être attrapée par Eugène au milieu de sa fuite.
Mais de tels efforts étaient inutiles. Eugène s’était déjà retourné pour regarder Amelia. Sans même avoir besoin de tourner la tête, Amelia pouvait sentir l’odeur terrifiante qui émanait d’Eugène alors qu’il tournait son attention vers elle, même si elle continuait sa tentative de fuite.
Puisqu’elle rampait par terre comme un insecte, devait-il simplement la piétiner à mort comme l’insecte qu’elle était ? Ou peut-être devrait-il la retenir pour qu’elle ne puisse pas s’échapper… puis après avoir tué ce sale moustique, devrait-il passer un peu plus de temps à la torturer à mort ?
Après avoir réfléchi à ces questions pendant quelques instants, Eugène sourit simplement et détourna les yeux d’elle. Il cessa de faire attention à Amelia et garda ses yeux fixés sur la personne devant lui.
Une telle attitude sembla assez surprenante à Alphiero. Bien que ce soit sa première rencontre avec Eugène Lionheart en personne, Alphiero avait beaucoup appris sur cet homme.
Naturellement, il connaissait également la relation malheureuse entre Eugène Lionheart et Amelia Merwin. D’après les rumeurs, Alphiero jugea Eugène comme quelqu’un qui n’avait aucune pitié pour ses ennemis. Et actuellement, il n’y avait absolument aucune raison pour Eugène d’épargner la vie d’Amelia.
« J’aurais dû me révéler après qu’il ait fini de la tuer », pensa Alphiero avec regret.
Bien qu’Alphiero ait eu cette pensée, il n’avait en fait eu d’autre choix que de frapper si tôt pour lancer une attaque surprise. C’était parce que, à ce moment-là, il avait jugé que l’attention d’Eugène était entièrement concentrée sur Amelia.
Mais il avait échoué.
Pour être honnête, Alphiero se fichait que Amelia meure ou non. Mais s’il devait ajouter le poids de ses sentiments personnels, il trouvait qu’il valait mieux qu’elle soit morte.
La guerre avait déjà commencé. Bien qu’Amelia elle-même ne le pense peut-être pas, cela signifiait qu’Amelia n’était plus d’aucune utilité pour eux. Donc, même si Eugène devait prendre le temps maintenant d’exécuter Amelia, Alphiero avait eu l’intention de prendre quelques instants et de simplement regarder cela se produire.
Cependant, Eugène n’avait pas tué Amelia. Actuellement, ses yeux dorés étaient fixés uniquement sur Alphiero.
« Il y a quelque chose que je me demande et que j’ai envie de te demander », commença Eugène. Il abaissa la pointe de l’Épée Sainte jusqu’à ce qu’elle soit dirigée directement vers Alphiero. « Toi, es-tu vraiment venu ici parce que tu pensais que tu serais capable de me tuer ? »
« Je ne suis pas sûr de ce que tu veux dire par ces mots », répondit finalement Alphiero.
Eugène leva un sourcil. « Que veux-je dire ? Tu devrais être capable de comprendre exactement ce que je veux dire. Ce n’est pas comme si j’avais dit quelque chose de trop difficile à comprendre, n’est-ce pas ? »
Le sourire sur son visage avait disparu. Les yeux d’Eugène n’avaient même plus la moindre trace d’amusement alors qu’il fixait Alphiero. Au lieu de cela, ils transmettaient une intention de tuer glaçante qui donna à Alphiero l’impression que tout le sang de son corps avait gelé.
« Je te demande si tu as la confiance nécessaire pour me tuer », défia Eugène.
Alphiero avait vu à quoi ressemblait Eugène lorsqu’il se battait. Face à Eugène, Kamash, le Roi des Géants d’il y a trois cents ans… n’avait même pas été capable de lui porter un seul coup et avait été trop facilement coupé en morceaux.
Le démon de haut rang de classe élevée, vingt-sixième au classement d’Helmuth, ainsi que ses dizaines de subordonnés, avaient tous péri après n’avoir pas pu résister à un seul des coups d’épée d’Eugène.
Il y avait aussi la barrière qui avait recouvert le ciel au-dessus de Hauria. Une barrière qui n’avait pas été brisée même par le souffle d’un dragon ou par les sorts de la Sage Sienna avait été déchirée après un seul coup d’épée d’Eugène.
La présence d’Eugène au combat valait la peine d’être appelée divine. Alphiero n’avait aucune intention de minimiser la force et les compétences d’Eugène ; il les reconnaissait plutôt.
« Je n’ai pas cette confiance », admit honnêtement Alphiero.
Il savait qu’il était fort, et que les vampires étaient les plus forts de toutes les races. Il était aussi le plus fort de tous les vassaux de la Destruction. Son nom ne figurait peut-être pas dans le système de classement d’Helmuth, mais tant que son adversaire n’était pas un Duc, Alphiero était sûr qu’il serait capable de vaincre n’importe lequel des nobles d’Helmuth dans un combat.
Cependant, Alphiero ne pouvait pas être sûr de sa victoire contre cet humain. Parce qu’il avait vu de ses propres yeux à quel point cet homme était fort.
De plus… il ne semblait pas qu’Eugène ait jamais révélé à quoi ressemblait son « maximum d’effort ». Que ce soit lorsqu’il avait tué Kamash, lorsqu’il avait tué le démon de haut rang vingt-sixième d’Helmuth, lorsqu’il avait brisé la barrière, et même au moment où il avait éclaté la tête des Montagnes Centipèdes, Eugène avait toujours semblé très détendu. Il n’avait jamais montré le sentiment d’urgence qui émanait de quelqu’un qui donnait tout. De plus, même après avoir traversé toutes ces batailles, il n’avait jamais été blessé.
Une telle personne… pouvait-elle vraiment être appelée humaine ? Alphiero ne pensait pas que ce soit le cas. Tout comme le spectre attendant plus loin dans le palais était vraiment l’Incarnation de la Destruction se déguisant en Hamel, cet humain connu sous le nom d’Eugène Lionheart devait être du même type de créature. C’était un monstre portant le masque d’un humain, se faisant passer pour le Héros.
« Même s’il y en avait cent comme moi, je ne serais probablement toujours pas capable de te tuer », admit calmement Alphiero ce fait. « Pourtant, j’ai toujours l’intention de t’attaquer avec l’intention de te tuer. Parce que cette guerre doit être menée pour le bien de l’Incarnation, pour le bien de notre Roi Démon de la Destruction. Ton existence est un obstacle à la guerre. Tous ceux qui ont traversé les murs et sont entrés dans la ville seront un sacrifice de cette guerre. Et parmi tous ceux qui sont entrés… ta vie est la plus précieuse. »
S’il ne tuait pas Eugène maintenant, alors Eugène se dirigerait certainement directement vers le palais sans aucune hésitation. Mais Alphiero ne pouvait même pas imaginer comment l’Incarnation pourrait être vaincue. Aussi fort soit ce monstre, il redeviendrait un humain faible devant l’Incarnation de la Destruction.
Mais cela voulait-il dire qu’Alphiero pouvait le laisser partir sans essayer de l’obstruer ? Alphiero ne s’autoriserait certainement pas à faire cela. Sa vie avait déjà été offerte au Roi Démon de la Destruction il y a longtemps.
Ce qu’Alphiero Lasat voulait le plus, c’était de consacrer sa vie à la cause du Roi Démon de la Destruction. Si ce monstre insistait pour se diriger vers l’Incarnation, alors il n’y avait qu’une chose qu’Alphiero pouvait faire.
Il aurait besoin de donner sa vie pour arrêter Eugène Lionheart. Et si possible, Alphiero tuerait Eugène et l’offrirait en sacrifice à l’Incarnation.
Il avait pris sa décision. Prenant une profonde inspiration, Alphiero puisait dans son pouvoir des ténèbres. Un pouvoir des ténèbres d’une teinte rouge sang engloutit rapidement Alphiero. Au centre de cette masse de pouvoir des ténèbres, les yeux d’Alphiero brillaient d’une lumière sinistre. L’odeur métallique du sang emplissait maintenant tout le repaire souterrain.
Mais ce n’était pas suffisant. Alphiero continua à libérer son pouvoir des ténèbres, et bientôt, le pouvoir des ténèbres de la Destruction commença à déborder de lui.
Ce pouvoir des ténèbres pouvait même blesser les démons qui étaient liés à la Destruction. S’ils rassemblaient plus de pouvoir des ténèbres qu’ils ne pouvaient en contrôler, leur corps et leur âme pourraient finir par être désintégrés. Naturellement, Alphiero était également bien conscient de ce fait.
Alphiero avait déjà dépassé cette limite. Son corps, qui avait enduré les trois cents dernières années avec aisance, était sur le point de s’effondrer sous la pression du poids de tout ce pouvoir des ténèbres. Cependant, il n’était pas encore brisé. Alphiero prit une profonde inspiration et leva les bras.
Cracrack, cracracrack… !
Les mains d’Alphiero se tordaient grotesquement. Ses doigts bombés et déformés étaient maintenant courbés comme des faucilles, et ses ongles étaient longs et s’étendaient vers l’extérieur comme de vraies lames.
Eugène resta simplement là tranquillement alors qu’il observait l’apparence d’Alphiero. Ce sale moustique semblait prêt à mourir. En même temps, il semblait qu’il s’était résolu à tuer Eugène quoi qu’il arrive.
Honnêtement, Eugène ne comprenait pas vraiment pourquoi il irait si loin. Alphiero devrait être bien conscient que c’était un combat qu’il ne pourrait absolument pas gagner. Aussi fort soit-il, Alphiero n’était encore qu’au niveau d’un démon ordinaire. Comparé aux deux Ducs restants d’Helmuth, qui avaient même surpassé des Rois Démon précédents, la force d’Alphiero était risible.
La tête d’Eugène s’inclina lentement sur le côté avec curiosité.
Le pouvoir des ténèbres de la Destruction qu’Alphiero avait extrait, le même pouvoir des ténèbres qui avait été accumulé au-delà de la capacité d’Alphiero à le supporter, était maintenant concentré en un seul point. Cette concentration de pouvoir des ténèbres était si forte qu’elle avait même commencé à déformer l’espace lui-même, causant des distorsions dans la vision d’Eugène.
« Hah, » Eugène ouvrit les lèvres pour laisser échapper un léger rire.
Avec un sourire malicieux, Eugène abaissa l’épée sainte au sol. La lumière qui avait illuminé ce repaire souterrain avait maintenant complètement disparu.
Cependant, la scène ne replongea pas dans l’obscurité. Le pouvoir des ténèbres cramoisi émis par Alphiero jeta toute cette scène souterraine dans une teinte infernale. Une terrible odeur de sang emplissait la pièce, et ce n’était pas du sang frais non plus, mais du sang qui allait bouillir.
Alphiero observa Eugène lever sa main droite en l’air juste après avoir posé son épée. Une flamme noire enveloppa la main d’Eugène et commença à brûler férocement.
Eugène avait posé son épée. Il semblait qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser cette épée sainte gênante contre Alphiero. Il n’avait pas non plus sorti l’Épée de Lune de Vermouth, qu’il avait utilisée pour tuer les Montagnes Centipèdes.
Alphiero se tendit. « Quelle arrogance. »
Non, ce n’était pas de l’arrogance. C’était une confiance complètement naturelle qui provenait d’avoir prouvé sa force maintes et maintes fois.
Une telle confiance était une bonne nouvelle pour Alphiero. Grâce à cela, il avait pu terminer toutes ses préparations.
Alphiero était à ses limites au sens le plus vrai du terme ; si même une seule goutte était ajoutée au poids du pouvoir des ténèbres qu’il détenait déjà, cela suffirait à écraser toute son existence en un instant. Son sang bouillait, et son cœur battait si vite qu’il avait l’impression qu’il allait exploser. Alphiero baissa lentement son corps en position accroupie.
Quand Alphiero bondit en avant, il atteignit une vitesse encore plus rapide que la lumière. Il entra dans une zone où la nature même du temps cessait de fonctionner. Pendant un instant, il réussit même à percer l’espace lui-même.
Alphiero n’avait pas l’intention de s’approcher puis de balancer ses griffes sur Eugène. Toutes ses actions, du début à la fin, ont été réalisées dans le cadre d’un seul mouvement. C’est vrai, un seul. Alphiero n’avait pas l’intention de continuer à attaquer après son premier coup. Cette seule attaque avait été remplie de chaque dernière goutte de vie restante d’Alphiero Lasat et de tout ce qu’il lui restait.
Bam !
Les pensées d’Alphiero se sont arrêtées ici. Juste après son seul mouvement et sa seule attaque. Il était incapable de comprendre ce qui lui était arrivé après avoir fait son mouvement ou ce qui aurait pu arriver à son corps.
C’est parce qu’Alphiero était déjà mort. Tout comme il avait eu l’intention de tout terminer en une seule attaque, Eugène aussi.
Au moment où Alphiero se jeta sur lui après avoir concentré tout son pouvoir des ténèbres en un seul point… Eugène avait également balancé sa main sur Alphiero.
Les flammes noires qui ont été lancées de la main d’Eugène se sont condensées en brûlant dans l’air, causant une petite explosion lorsqu’elles ont atterri.
C’était tout ce qui était nécessaire. Comme un papillon de nuit se jetant dans une flamme ou comme quelqu’un qui écrasait un moustique bourdonnant à mains nues. Eugène a simplement balancé sa main sur Alphiero, puis, alors que le pouvoir des ténèbres d’Alphiero était dévoré par les flammes et éteint, la main déployée d’Eugène a brisé la tête d’Alphiero.
Les démons, en particulier les démons de haut rang, possédaient tous de puissantes Sources d’Immortalité en eux. Même si leurs têtes étaient réduites en morceaux, ils ne mouraient généralement pas de cela.
Cependant, il était impossible pour Alphiero actuel de résister à un seul coup d’Eugène. À ce moment, avec son pouvoir des ténèbres épuisé à ses limites, il était devenu un poison mortel plutôt qu’une source de force pour Alphiero.
L’équilibre délicat s’est effondré. Incapable de supporter quoi que ce soit de plus, l’âme d’Alphiero a été brisée par son propre pouvoir des ténèbres. Même à ce moment-là, le Roi Démon de la Destruction, qu’Alphiero avait admiré et suivi pendant si longtemps, est resté indifférent au sort d’Alphiero.
« Hmm, » Eugène, qui venait de tuer Alphiero d’un seul coup, fredonna pensivement en se débarrassant du désordre laissé sur sa main droite par son coup précédent.
Ce n’était pas qu’un coup occasionnel. Au moment de l’attaque, Eugène avait utilisé à la fois Prominence et Ignition. Parce que cela lui avait permis d’amplifier explosivement sa force pendant un seul instant, il avait été capable d’éliminer Alphiero et son pouvoir des ténèbres de la destruction avec un seul mouvement de sa main.
« J’aurais dû me présenter avant de le tuer, » murmura Eugène avec regret.
Eugène pensa qu’il était dommage qu’il ne s’en soit pas souvenu. C’était parce qu’Alphiero connaissait Hamel. Si Eugène avait dit : « Je suis Hamel », avant de tuer ce type, il aurait pu voir une réaction assez amusante de sa part.
« Bon, ce n’est pas vraiment si important, » dit Eugène en claquant sa langue en levant la tête pour regarder autour de lui.
Il n’y avait plus aucune trace d’Amelia dans ce repaire souterrain. Eugène lui avait coupé les deux jambes et le bras gauche. Grâce aux flammes qu’il avait enfouies profondément dans son corps, elle aurait dû être incapable d’utiliser son pouvoir des ténèbres comme elle le souhaitait, mais il semblait qu’elle avait réussi à récupérer ses capacités magiques in extremis. Grâce à cela, il semblait qu’elle avait réussi à s’échapper en utilisant sa magie.
Eugène sourit. « Ça aurait été plus propre pour toi si tu étais simplement morte ici entre mes mains. »
Eugène savait qu’Amelia essayait de s’échapper. Cependant, il l’avait simplement laissée faire. Il avait déjà vu tout ce qu’il voulait voir d’Amelia. Il avait également apprécié d’échantillonner toutes les émotions négatives qu’il avait prévu de lui soutirer.
Il faut que je la tue de mes propres mains. C’est ce qu’Eugène avait pensé avant d’arriver ici — mais après avoir atteint le point juste avant qu’il ne soit sur le point de lui prendre personnellement la vie, pour être interrompu, il n’avait plus beaucoup de regrets.
Au lieu de cela, maintenant que les choses se sont déroulées de cette façon, elles se sont déroulées exactement comme Eugène le souhaitait vraiment. Eugène souhaitait qu’Amelia meure d’une mort aussi horrible que possible.
« Cela lui laisse un peu d’espoir de survie, » pensa Eugène avec un sourire impitoyable.
Après avoir lutté pour rester à flot, elle rencontrerait le désespoir dans ses derniers instants et connaîtrait une telle agonie que la mort serait une miséricorde.
Eugène n’était pas le seul qui voulait tuer Amelia Merwin.
Elle avait à peine réussi à s’échapper du repaire souterrain. C’est là qu’Amelia Merwin a finalement atteint ses limites.
Sa magie ne fonctionnait pas correctement.
En haletant, Amelia se saisit la poitrine. Ce sacré bâtard avait laissé des étincelles de ses flammes dans son corps. Ces braises continuaient à brûler sur le carburant de son pouvoir des ténèbres sans s’éteindre, et chaque fois qu’elle essayait d’utiliser un sort, elles coupaient le flux de pouvoir des ténèbres.
Amelia haletait. « Ce fils de pute… fils de pute… fils de pute… ! »
Si elle ne lui restait qu’une jambe, elle aurait encore pu marcher en utilisant Vladmir comme béquille.
Alors qu’Amelia rampait par terre, elle dut s’arrêter un instant pour cracher du sang. « Gaghk… haaaaah…. »
Que devait-elle faire ? Elle n’avait aucun espoir qu’Alphiero réussisse à tuer ce monstre. Le mieux que le vampire pourrait faire serait de lui gagner du temps. Même cela ne lui en achèterait pas beaucoup. Peut-être dix minutes au maximum ?
« Pourrai-je récupérer d’ici là ? » se demanda désespérément Amelia.
Ses membres sectionnés ne se régénéraient pas. C’était… c’était acceptable. S’ils refusaient de se régénérer, elle pouvait simplement se fixer les membres de quelqu’un d’autre.
Tant qu’elle ne mourrait pas ici.
Tant qu’elle survivrait somehow.
Booooooom !
Il y eut une forte explosion.
« Aaargh… », gémit Amelia alors que les fortes vibrations transmises à travers le sol faisaient trembler même son corps.
Alors que les vibrations traversaient ses organes internes, Amelia ressentit une douleur atroce. Alors qu’elle crachait encore plus de sang, Amelia luttait pour lever la tête.
Au loin, elle pouvait voir une wyverne et un pégase voler dans le ciel. À proximité… certaines personnes ont connu un moment de confusion totale.
Mais ce ne sont pas les seules choses qui couraient maintenant à travers la ville. Amelia ne pouvait tout simplement pas voir le reste parce qu’elle rampait sur le ventre. Après avoir franchi les murs de la ville, les chevaliers qui étaient entrés à Hauria chargeaient probablement directement vers le palais royal tout en tranchant tous les démons et les morts-vivants.
« Pourquoi n’a-t-il rien fait ? » se demanda Amelia.
Se pourrait-il que le spectre soit toujours assis sur le trône du palais ? Mais pourquoi, pourquoi ? S’il faisait simplement un mouvement lui-même, il serait capable d’anéantir toute l’armée ennemie en un instant. Alors pourquoi attendait-il qu’Eugène vienne à lui au lieu de faire ce mouvement ?
« Le palais… », se dit Amelia, « je dois retourner au palais… »
Mais serait-ce vraiment la bonne chose à faire d’essayer de s’échapper là-bas ?
Amelia se rappela à quel point Eugène avait été incroyablement fort. Elle se souvenait également à quoi ressemblait la Sage Sienna avec une galaxie dans son dos. Enfin, elle pensa au Saint, qui volait haut dans le ciel, debout sur le dos d’un dragon brillant.
Amelia n’arrivait toujours pas à imaginer comment le spectre pouvait perdre. Cependant, elle n’avait pas la confiance qu’elle serait capable de survivre dans la bataille qui allait avoir lieu au palais.
Le spectre la protégerait-il vraiment ? Telle qu’elle était maintenant, serait-elle vraiment capable de survivre dans cette bataille sans aucun doute chaotique ? Si elle, qui n’avait même pas l’intention de participer à cette bataille, se faisait prendre dans ce combat et mourait simplement parce qu’elle était au mauvais endroit au mauvais moment… quel genre de mort merdique serait-ce ?
« Je dois m’échapper. Pas là-bas, mais ailleurs. C’est vrai… si je peux juste me cacher dans un donjon pendant quelques jours… », pensa Amelia avec espoir.
Une fois que quelques jours se seraient écoulés, la bataille de Hauria devrait avoir pris fin par la victoire du spectre. Tout ce que Amelia devait faire d’ici là était de se cacher quelque part et d’attendre, en donnant à son corps le temps de récupérer avant de retourner…
Mais comment ? Amelia n’était pas capable d’utiliser de magie de vol. Il lui était également impossible d’utiliser Blink à plusieurs reprises. Il lui était difficile même de contrôler son corps…
Amelia réalisa qu’il lui était impossible de s’échapper de Hauria sans le soutien et la protection de quelqu’un d’autre.
« …Ah… », haleta Amelia de surprise.
Alors qu’elle rampait par terre, un pied était soudainement apparu devant elle, lui bloquant le passage.
Tremblant de peur, Amelia leva la tête pour regarder vers le haut.
« Grrk. »
Pour ne rencontrer que le son de grincement de dents.