Chapitre 3
Elric resta immobile.
Une seconde
Dix secondes.
Peut être même une minute, car le temps semblait s'être arrêter pour lui.
Du sang coulait lentement le Long de sa joue, il sentait une odeur métallique, mais son esprit refusait encore ce que ses yeux lui montrait.
Néo était mort.
« Impossible…»
Il s'agissait de Néo ! L'homme capable de volé, celui qui avait affronter le monstre que personne d'autre ne pouvait vaincre.
Celui qui venait de lui parler d'espoir et d'avenir.
Comment pouvait-il être Mort ?
Et surtout
Qui avait pû le tué ?
Elric tournait lentement la tête, mais le toit était désert. Aucun assaillant, Aucune arme visible, aucune silhouette en fuite.
Rien.
Il regarda de nouveau son corps, puis ses mains. Elle tremblait.
— Non…
Sa voix n'était que murmure
— Non…non…non
Il recula d'un pas, son talent heurte quelques choses. Il baissa les yeux et aperçu un morceau de verre teinté de rouge.
Il détourna immédiatement les yeux et son estomac se contracta.
Il avait envie de vomir, il voulait crié, il voulait que toutes disparaissent.
Que se toit, ce sang, ce cadavre et cette journée entière ne soient qu'un mauvais rêve de plus.
Mais rien ne c'est changer.
Alors, lorsqu'il compris qu'il ne pouvait rien faire de plus pour ce cadavre, une seule pensée c'est imposé dans son esprit.
« je dois partir »
Il se retourna brusquement et courut vers l'ascenseur. Ses jambes semblaient sur le point de céder sous son poids, mais il continua d'avancer.
Il voulait seulement s'éloigner de cet endroit.
S'éloigner de ce cadavre.
S'éloigner de cette réalité qu'il n'arrivait plus à supporter.
Les portes de l'ascenseur se refermèrent. Elric s'appuya contre la paroi métallique et porta une main à sa bouche. Sa respiration était incontrôlable.
Il ferma les yeux.
Et pendant une fraction de seconde, il revit le sourire de Néo.
" Tu n'es pas obligé de devenir ce que les autres attendent de toi. "
Elric rouvrit brutalement les yeux.
— Ta gueule…
Sa voix tremblait.
— Ta gueule… Ta gueule…
L'ascenseur arriva au rez-de-chaussée, Les portes s'ouvrirent Et Elric se précipita dans le couloir. Il bouscula plusieurs visiteurs, ignora leurs protestations et traversa le hall sans même regarder autour de lui.
Il devait sortir… Maintenant !
Il devait retrouver son fourgon et rentrer chez lui. Peut-être que, s'il parvenait à quitter le musée, tout redeviendrait normal.
Peut-être que son grand-père lui servirait un autre petit déjeuner.
Peut-être qu'il pourrait retourner dans sa chambre et se réveiller le lendemain en comprenant que tout cela n'était qu'un cauchemar.
Oui ! C'était forcément ça , un cauchemar, un autre cauchemar.
— Elric !
Une voix familière retentit derrière lui mais il continua d'avancer.
— Elric ! Attend !
Il sentit soudain une main saisir son bras, Il se retourna violemment et voyait Zoé se tenait devant lui.
Son sourire avait disparu et Elle le dévisageait avec des yeux écarquillés.
— mon dieu… qu'est-ce qui t'es arrivé ?
Elric ne répondit pas.
Zoé observa son visage, puis ses vêtements. Du sang recouvrait ses joues, son cou et une partie de sa chemise.
Elle porta une main à sa bouche et continua :
— Elric… Pourquoi est-ce que tu es couvert de sang ?
Il la fixèrent, Ses lèvres tremblaient.
Il aurait voulu lui expliquer, Lui raconter ce qui venait de se passer, Lui dire qu'il n'avait rien fait, Qu'il n'avait même pas eu le temps de comprendre.
Mais aucun mot ne parvenait à sortir.
Alors, il attrapa sa main.
— Viens. On s'en va.
— Quoi ? Mais…
— Maintenant !
Il l'entraîna vers la sortie.
Zoé se laissa tirer, complètement déconcertée. Quelques instants plus tard, ils étaient dans le fourgon et il démarra le moteur.
— Elric ! Réponds-moi !
Il ne réagit pas. Ses mains se crispaient sur le volant.
Il fixait la route devant lui sans vraiment la voir. Dans sa tête, une seule image tournait en boucle.
Le corps de Néo
Son sourire
Puis l'explosion.
— Elric, tu m'entends ?!
Le jeune homme accéléra, Il ne savait pas si quelqu'un l'avait vu sur le toit, Il ne savait pas si les autorités étaient déjà au courant, Il ne savait même pas s'il était capable de conduire correctement.
Tout ce qu'il savait, c'était qu'il ne pouvait pas rester là.
Pas une seconde de plus.
Le trajet du retour lui parut interminable.
Pourtant, il ne fallut que quelques dizaines de minutes avant que le domaine agricole ne réapparaisse à l'horizon.
Elric gara le fourgon devant la maison. Il coupa le moteur, ouvrit la portière et descendis dans un mot.
Suivis de Zoé qui avait tenté à plusieurs reprises de lui arracher une explication, mais le jeune homme n'avait pas prononcé une seule phrase depuis qu'ils avaient quitté le musée.
À présent, elle commençait à comprendre que quelque chose de grave s'était produit. Quelque chose qui dépassait largement une simple dispute ou un accident.
Elric s'arrêta devant la porte d'entrée, Il baissa les yeux vers ses vêtements. Le sang était toujours là.
Sur son visage
Sur ses mains
Sur sa chemise.
Il frotta frénétiquement ses joues avec sa manche, espérant effacer les traces les plus visibles. Mais le résultat fut pire encore, Le sang s'étala sur sa peau.
— Merde…
Il tenta de remettre ses cheveux en place, Inspira profondément Puis posa la main sur la poignée. Il ne pouvait pas entrer comme ça, Son grand-père allait poser des questions.
Il allait vouloir savoir ce qui s'était passé Et Elric ne savait pas quoi lui répondre, Mais il ne pouvait pas rester dehors éternellement.
Il ouvrit la porte
À l'intérieur, le vieil homme était assis dans le salon, les yeux rivés sur l'écran de télévision. Une émission d'information venait d'interrompre son programme habituel.
En bas de l'écran, une bande rouge clignotait:
[ DERNIÈRE MINUTE : LE HÉROS NÉO RETROUVÉ MORT AU MUSÉE MUNICIPAL ]
Elric se figea.
Le vieil homme n'avait pas encore remarqué son arrivée.
Sur l'écran, des images du musée défilaient. Des agents de sécurité bouclaient les accès au bâtiment tandis que des véhicules de la Néo-Police stationnaient devant l'entrée.
La journaliste, visiblement bouleversée, prend la parole :
— Nous venons d'apprendre la mort de Néo, le héros qui a sauvé notre ville des créatures de l'Éther. Son corps a été retrouvé sur le toit du musée municipal, où devait se dérouler aujourd'hui une cérémonie en son honneur.
Le vieil fronça les sourcils.
— Quoi ?!
Il se redressa brusquement et ajouta:
— ils ont retrouvé le corps sur le toit ?
au même moment les images changèrent sur Un plan du bâtiments, suivi d'une vue aérienne du périmètre de sécurité.
— Selon les premières informations, la victime aurait été tuée dans des circonstances particulièrement violentes. Les autorités n'ont pas encore communiqué de détails supplémentaires.
Il secoua lentement la tête.
— Bon sang… Qui aurait pu faire une chose pareille ?
Il se tourna vers la cuisine.
— Elric, tu as vu ça ? Ils disent que…
Il s'interrompit, puis Son regard venait de se poser sur son petit-fils, Puis sur ses vêtements et Puis sur son visage couvert de sang.
Le silence envahit la pièce.
— Elric…
Sa voix avait changé.
— Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Elric ne répondit pas.
Derrière lui, Zoé venait d'entrer dans la maison. Elle s'arrêta à son tour en découvrant les images diffusées à la télévision.
Son visage perdit toute couleur Sur l'écran.
Et la journaliste poursuivait son reportage :
— Une nouvelle information vient de nous parvenir. Un témoin aurait photographié une personne se trouvant sur le toit du musée peu avant la découverte du corps. Ces clichés pourraient permettre aux enquêteurs d'identifier un suspect.
Le vieil homme se retourna vers la télévision.
— Un suspect ?
L'écran afficha une photographie.
L'image était légèrement floue, mais suffisamment nette pour distinguer deux silhouettes sur le toit du musée.
L'une appartenait à Néo.
L'autre…
C'était Elric.
Le jeune homme sentit ses jambes se dérober.
« Non »
« ce n'étais pas possible ».
La journaliste reprit :
— Les enquêteurs cherchent actuellement à identifier cet individu, qui aurait été la dernière personne aperçue en compagnie de la victime. Selon les premières constatations, il pourrait être impliqué dans ce meurtre.
Son grand-père resta bouche bée et Zoé porta lentement une main à sa bouche.
Personne ne parla.
Elric fixait la photographie, Il se reconnaissait parfaitement, Il revoyait encore le moment où Néo avait posé sa main sur son épaule.
Le moment où il lui avait souri, Le moment où il avait commencé à prononcer ses derniers mots.
Et maintenant, cette image faisait de lui le principal suspect dans son assassinat.
Il recula d'un pas.
— Je…
Sa voix se brisa.
— Je ne l'ai pas tué.
Grand père ne répondit pas immédiatement. Il regardait son petit-fils avec une expression qu'Elric ne lui avait jamais vue auparavant.
De l'incompréhension
De la peur
Et une question silencieuse
Qu'est-ce que tu as fait ?
— Grand-père… Je te jure que je ne l'ai pas tué !
Cette fois, sa voix résonna dans toute la pièce, Mais les images continuaient de défiler sur l'écran.
Le visage de Néo
Le musée
La photographie.
Puis, en lettres blanches sur un bandeau rouge :
[ LA NÉO-POLICE LANCE UNE OPÉRATION POUR RETROUVER LE SUSPECT. ]
Elric sentit son bracelet se resserrer contre son poignet Ou peut-être était-ce simplement sa main qui tremblait.
Il baissa les yeux.
Pendant neuf ans, il avait cru pouvoir échapper à son passé.
Il avait pensé qu'en vivant discrètement, loin de ceux qui le recherchaient peut-être, il finirait par trouver une existence normale.
Une vie tranquille.
Une vie où il n'aurait plus besoin de craindre ce qu'il était.
Mais il s'était trompé.
Car, en quelques secondes, tout ce qu'il avait construit venait de s'effondrer.
Il n'était plus simplement le petit-fils de Marshall. Plus simplement un jeune homme chargé de livrer du maïs en ville.
Il était désormais le suspect numéro un dans le meurtre du plus grand héros de Néo-Babel.
Et quelque part, dans cette immense cité, la Néo-Police était déjà à sa recherche.
Elric releva lentement la tête.
Son regard croisa celui de son grand-père Puis celui de Zoé, Aucun des deux ne semblait savoir quoi dire.
Il aurait voulu leur expliquer, Leur raconter toute la vérité.
Mais comment expliquer quelque chose qu'il ne comprenait pas lui-même ?
Comment prouver son innocence alors qu'il était le seul témoin d'un meurtre dont il ignorait jusqu'à l'auteur ?
Et surtout…
Comment allait-il pouvoir se protéger si la véritable cause de cette tragédie était liée à ce qu'il avait passé neuf années à tenter de dissimuler ?
Son regard se posa une dernière fois sur son bracelet.
Une pensée terrible traversa son esprit.
Et si tout cela n'était que le début ?