Chapitre 2
Elric se réveilla en sursaut.
Son cœur battait à tout rompre, une sueur froide recouvrait son front et sa respiration était si saccadé qu'il lui fallut pour comprendre où il se trouvait.
Dans sa chambre, son lit.
Le vieux plafond de bois qu'il contemplait chaque matin depuis son arrivée dans cette, où il était en sécurité.
« ce n'était qu'un cauchemar, un cauchemar vieux de neuf ans .»
Pourtant, malgré le temps écoulé , les images continuait de le hanté. Elle revenait sans prévenir , toujours aussi Net et toujours aussi terrifiant. Et depuis qu'il vivait avec ce grand-père, elle semblait avoir décidé de ne plus lui laisser le moindre répit.
Elric passa une Main tremblante sur son visage essayant de se rassurer le mieux que possible.
— ce n'était qu'un rêve… ce n'était qu'un putain de rêve.
Il inspira profondément, puis repoussa sa couverture.
Après un passage dans la salle de bain, il se rinça le visage à l'eau froide, le contact glaciale lui arrache une grimace, mais cela suffit à le ramener un peu à la réalité.
Il observa son reflet dans le miroir et pendant un instant , il crû apercevoir quelques choses d'étrange dans ces yeux .
Il cligna les paupières, plus rien.
— génial… il ne manquait plus que ça.
Il quitta la salle de bains et descendis au rez-de-chaussée où une délicieuse odeur de viande grillée flottait dans la maison.
Dans la cuisine grand-père prépare tranquillement le petit déjeuner. des oeufs fraîchement récolter dans le poulailler gresillait dans la poêle, accompagné de deux tranches de bacon et d'un bon verre de lait.
Pour un homme qui avait passé une partie de sa vie sous les ordres de l'empire. Le vieil homme semblait parfaitement satisfait de sa paisible existence à la campagne.
— Bonjour grand-père.
Elric s'installa à table, visiblement encore à moitié endormi.
Son assiette déjà servi sur table.
— Bonjour, n'oublie pas la livraison en ville , tout à l'heure , Monsieur Kennedy attend cette cargaison pour lancer sa prochaine production.
— oui, je n'oublierai pas.
— Tu m'as dit la même chose la dernière fois.
— Et pourtant, j'ai livré la marchandise, non ?
— Avec trois heures de retard.
— ça c'est un détail.
Le vieil homme lui lança un regard desapprobateur .
Elric esquisse un sourire un sourire avant de se jeter immédiatement dans le plat.
L'homme secoua sa tête , amusé malgré.
— Mange doucement. Personne ne va te voler tes œufs.
— On ne sait jamais. Le monde est devenu dangereux.
— Le monde était déjà dangereux bien avant ta naissance.
Sur ces mots, l'homme retourna à ses occupations, Elric quand à lui termina rapidement son repas, attrapa ses affaires et se dirigea vers la sortie.
Quelques minutes plus tard les deux hommes se tenait devant un vieux fourgon chargé de caissons de maïs.
Et le vieil homme aida son petit-fils à vérifier la cargaison et referma la porte arrière du véhicule .
— fait attention sur la route. Dit le vieil homme.
— comme toujours .
— ne traîne pas en ville.
— promis !
Elric grimpa dans la camionnette et démarra le moteur, il address un dernier signe de Main à son grand-père avant de quitter le domaine.
La route principale s'étendait devant, direction le centre ville de Néo-babel.
Et à chaque fois que Elric quittait la ferme il avait la même impression, celle de pénétrer dans un monde complètement différent du sien.
Le centre ville était immense.
Des gratte-ciel metalique s'élevaient au-dessus des rues, leurs façades couverte d'écran holographique et de publicité vantant les mérites des dernières technologies. Des véhicules Antigravitationnels circulait entre les bâtiments tandis que des navettes traversaient le Ciel, reliant les différents quartiers de la métropole .
Dans les rues, des individus aux apparences plus diverses se côtoyaient .
Humain, extraterrestre, créature humanoïde…
Néo-babel est devenu un refuge pour les peuples venus de presque tous les coins du système solaire . Certains fui la guerre d'autres avait abandonné leur planète natale à cause des catastrophes ou des régimes oppressifs.
Tous espéraient trouver un avenir meilleur ici. Du moins en théorie.
En pratique, la réalité était beaucoup moins séduisante.
Derrière les immenses panneaux publicitaires se cachait des ruelles sordides où prospèrent les trafics en tout genre. Le cristal d'Éther, une substance énergétique aux propriétés extraordinaires, était devenu une drogue particulièrement rechercher.
Entre les Mains des trafiquants, cette ressource précieuse c'est transformé en véritable fléau.
Les consommateurs les plus dépendant finissait parfois par subir des mutations inexplicable. Leurs corps se déformait , leurs esprits s'effondrait et dans certains cas, des d'abominable créature surgissait littéralement de leur chair.
Ces monstres avaient semé la terreur dans la ville.
Puis Néo est apparu.
Un individu appartenant à la Race des Omégas , l'une des rares espèces capable d'exploiter pleinement l'énergie de l'éther.
Grâce à ces pouvoirs, il avait participé à l'extermination de ces créatures et sauvé d'innombrables Vie.
Les habitants lui avaient alors donné un nom : Néo.
Une appellation, qui selon Elric témoignait surtout d'un manque flagrant d'imagination des citoyens.
Après tout , appeller le grand héros de la ville « Néo » dans une ville qui s'appelle Elle même Néo-Babel.
Il y avait de quoi se poser la question.
Quoiqu'il en soit , l'intervention du héro avait permis de ramener une certaine stabilité. Les monstres avaient cessé de terrorisé les rues.
Mais la criminalité elle n'avait jamais disparu .
Les trafics continuent. La corruption prosperaient. Et les plus pauvres demeurait les premières victimes d'un système qui semblait avoir renoncé à les protéger.
Néo avait sauvé la ville d'une catastrophe mais il ne pouvait cependant pas résoudre tous ses problèmes.
C'était du moins ce que pensais Elric.
Après une vingtaine de minutes de route, il arriva enfin devant l'usine de Monsieur Kennedy.
Il gara le fourgon, descendis et interpella des ouvriers.
— Hé ! Vous pourriez m'aider à décharger ? J'ai toute un cargaison de maïs à livrer !
Deux employés s'approchèrent et commencèrent à décharger les caissons du véhicule.
Elric attendis près de la cabine jusqu'à ce que la dernière caisse ait été déposée.
Un homme d'une cinquantaine d'années apparue alors à l'entrée du bâtiment .
Monsieur Kennedy.
Vêtu d'un costume impeccable , il affichait le sourire satisfait d'un homme dont les affaires marchait plutôt bien.
— Merci mon garçon, comme d'habitude ton grand-père m'envoie exactement ce dont j'ai besoin.
Il sortit une petite bourse et la tendis à Elric. À l'intérieur, plusieurs diamants brillaient sous la lumière du soleil.
— Voici le paiement pour ton grand-père, et ceci est un petit supplément pour toi.
Elric haussa les sourcils.
— oh ! Merci monsieur !
Il rangea la bourse avec un sourire satisfait. Voilà qui rendait cette matinée plus intéressante.
Il s'apprêtait à monté dans le fourgon lorsque Kennedy l'interpella de nouveau.
— attends un instant, Elric. Puisque tu est là , j'aimerais te demander un service.
Le jeune homme se retourna.
— un service ?
— oui, rien de bien compliqué, rassure toi.
Elric se méfie immédiatement.
Il avait l'habitude de livrer des marchandises, de recevoir son paiement et de rentrer chez lui. Il n'était pas vraiment du genre à s'attarder pour rendre des services supplémentaires.
Mais pour une raison qu'il ignore, il accepta d'écouter.
— de Quoi s'agit-il monsieur ?
Kennedy souris.
— j'aimerais que tu accompagnes ma fille Zoé à une exposition organisée au musée municipal.
Elric resta silencieux.
« sa fille ? ».
Il connaissait vaguement Zoé de réputation. Elle avait vingt ans comme lui, et était connu pour son caractère indépendante.
Mais pourquoi son père voulait t'il qu'il l'accompagne ? Et surtout pourquoi lui ?
— vous voulez que je l'accompagne au musée ? Répéta-T-il, histoire de vérifier qu'il avait bien compris.
— exactement.
Elric hésita.
Il avait plusieurs raisons de refuser. La principale étant qu'il n'avait aucune envie de jouer les chauffeurs pour une fille qu'il connaissait à peine.
Mais Kennedy était un client important de son grand-père. Refuser risquait de compliqué inutilement les choses.
— d'accord monsieur, je vais l'accompagner.
— parfait ! Laisse moi l'appeler.
Kennedy s'éloigna rapidement en direction du bâtiment.
Elric poussa un soupir et remonta dans son fourgon. Il allait encore perdre une partie de sa journée.
« super ».
En attendant l'arrivée de Zoé, son regard se posa sur son poignet. Plus précisément sur le qu'il portait.
Un bracelet confectionner par son grand-père peut de temps après son arrivée.
Un simple accessoire en apparence. Mais Elric savais qu'il était bien plus que cela.
Il passa machinalement son pouce sur la surface métallique .
Son expression s'assombrit.
Ce bracelet lui rappelait une nuit qu'il aurait préféré oublier. Celle où il avait fuit la station spatiale Pandora-9.
Neuf ans s'était écoulé depuis.
Neuf longue année pendant lesquelles essayé de mener une vie normale. Et jusqu'à présent, la corporation ne s'était jamais manifestée.
Était ce parce qu'il n'avait présenté aucun signe de son état depuis toute ces années ?
Ou était ce simplement grâce au bracelet ?
Elric serra légèrement le poignet, il n'aimait pas réfléchir à cette question car une autre possibilité existait.
Une possibilité qu'il refusait même d'envisager.
— Hé ! Tu comptes rester là toute la journée ?
Une voix féminine le tira brusquement de ses pensées.
Elric releva la tête et Zoé venait d'apparaître devant le fourgon.
— on y va ?
Le jeune homme cligna des yeux
— oui bien-sûr
Il démarra le moteur.
La journée venait à peine de commencer qu'il avait déjà hâte de rentrer.
La circulation s'intensifie au fur et mesure qu'ils approchaient du centre-ville.
Pendant plusieurs minutes Elric conduisit en silence, à côté de lui , Zoé observait les bâtiments défilé à travers la vitre .
Elle semblait particulièrement attentive à ce qui ce passait autour d'elle.
Finalement Elric décida de briser se silence qui pèse entre eux .
— Alors… qu'est-ce que tu va faire au musée ?
— j'ai quelques choses à vérifier.
— quelques choses ?
— Oui.
Elric attendait la suite de sa phrase, mais ne vint jamais.
« charmante conversation ».
Il se concentra à nouveau sur la route. Pour être honnête, il n'était pas très à l'aise, c'était la première fois qu'il se retrouvait seul dans un véhicule avec une fille de son âge, et Zoé était plutôt jolie.
Ce qui, évidemment, ne l'aidait pas à trouver quelque chose d'intéressant à dire.
Il se racla la gorge, puis l'observait discrètement du coins de l'oeil.
« bon sang , dis quelque chose. »
Rien ne lui venait. Il finit par se contenter de conduire.
De son côté Zoé semblait parfaitement à l'aise avec le silence, du moins jusqu'à ce qu'elle prenne soudainement la parole.
— dit moi Elric…
— Oui ?
— ton grand-père possède bien un vaisseau spatial dans sa grange, n'est-ce pas ?
Le jeune homme tourna brusquement la tête vers elle avant de reporter son attention sur la route.
— Quoi ? Comment tu sais ça ?
— alors c'est vrai ?
Elric hésita .
Il aurait pû mentir, prétendre qu'elle se trompait, changé de sujet ou faire semblant de ne pas comprendre. Mais malheureusement, il n'avait jamais été particulièrement doué pour ce genre de choses.
— oui mais il est dans un état lamentable et mon grand-père m'interdit d'y toucher.
Il marqua une pause.
— pourquoi cette question ?
Zoé regarda à nouveau par la fenêtre.
— j'ai entendu dire que ton grand-père travaillait pour l'Empire. Qu'il faisait partie des ingénieurs chargé d'installer des machines sur des planètes encore inhabité.
Elle tourna légèrement la tête vers lui.
— il devait avoir une vie passionnante.
Elric fronça les sourcils.
— passionnante ?
— Oui.
— D'après ce qu'il m'a raconté,ces années passées au service de l'Empire ont été les pires de sa vie. Il m'a même dit qu'il préférait mourir plutôt que de retourner travailler sous les ordres du dirigeant.
Le sourire de Zoé s'effaça légèrement.
Pendant un instant, elle semblait vouloir répondre quelques choses mais elle se ravisa.
— laisse tomber…
Elric lui lançais un regard perplexe.
« d'accord… cette fille est bizarre »
Il n'insista pas.
Quelques minutes plus Tard, le musée municipal apparût enfin devant eux .
Le bâtiment dominait une vaste place entouré de gratte-ciel. Sa façade mêlait architecture ancienne et technologie moderne. Avec d'immenses colonne métallique soutenant une structure en verre.
Mais ce n'était pas le bâtiment en lui-même qui attira l'attention de Elric, mais les préparatifs installer devant l'entrée.
Des plateformes flottante
Des projecteurs holographique
Des agents de sécurité en uniforme
Et surtout, une gigantesque bannière annonçant une cérémonies officielles.
[ CÉRÉMONIES D'HONNEUR : REMISE DE LA CLÉ DE LA VILLE AU HÉRO NÉO ]
Elric écarquilla ses yeux.
— attend… c'est aujourd'hui ?
Zoé se détache de sa ceinture.
— Apparemment.
Elle avait répondu avec un calme qui contrastait étrangement avec l'importance de l'événement.
Trop calme.
Elric tourna la tête vers elle.
— tu savais que cette cérémonies aurait lieu ici ?
— peut être.
— peut être ?
Mais Zoé avait déjà ouvert sa portière.
— bon, écoute moi Bien. Attends moi ici d'accord ? Je n'en ai que pour quelques minutes.
— quoi ? Pourquoi ?
— parce que je te le demande.
— ce n'est pas une réponse.
Elle lui adressa un sourire.
— je reviens vite.
Puis elle sorti du véhicule.
Elric la regardais s'éloigner puis remarque alors qu'elle venait d'enfiler une casquette et qu'elle avait remonté le colle de son pull pour dissimuler une partie de son visage.
Le jeune plissa les yeux.
« attend une seconde… »
Il observait le bâtiment, puis Zoé, puis de nouveau le bâtiment .
« pourquoi est-ce qu'elle s'habille comme une voleuse ? »
Une mauvaise intuition lui traversait l'esprit. Il aurait dû rester dans le fourgon, faire exactement ce qu'elle lui avait demandé. Et surtout, ne pas se mêler de ses affaires.
Malheureusement, la curiosité était parfois un défaut particulièrement dangereux.
Elric coupa le moteur et sortit à son tour.
— cette fille va me rendre fou…
Et se précipitèrent vers l'entrée du musée.
À l'intérieur le musée était en pleine effervescence.
Des techniciens s'affairaient autour des installations holographique tandis que les agents de sécurité vérifiais les accès aux différents Salles.
Des employés transportait des équipements, d'autres préparaient les dernières installation destinés à la cérémonies.
Dans cette agitation, Elric parvint à repérer Zoé, elle venait d'entrer dans un ascenseur.
— Hé ! Attend !
Trop tard.
Les portes se sont refermer juste devant son visage.
— sérieusement ?!
Il leva les yeux vers l'écran situé au-dessus de l'ascenseur.
Elric suivi la progression de l'ascenseur et lorsqu'il vit le chiffre cinq s'afficher, son expression changea.
« le cinquième étage ! »
C'était là que le musée conservait ses artefacts les plus précieux, des reliques ancienne,des objets d'origine inconnue et des vestiges de civilisation disparues.
Certaines étaient même considéré comme divins.
Elric se précipita vers un autre ascenseur. Les portes s'ouvrit presque immédiatement.
Il entra et tendis sa Main vers le panneau de commande.
Mais avant même qu'il ne puisse appuyer sur le bouton du cinquième étage, quelques choses se produisit…
Sa Main trembla.
Puis la réalité semblait se déchirer entre ses doigts.
Pendant une fraction de seconde son membre se fragmenta en une succession d'images incohérentes. Certaines parties de sa peau disparurent, laissant apparaître des motifs géométriques semblables à des morceaux de code défectueux.
Des pixels
Une succession de fragments qui semblaient appartenir à plusieurs versions différentes de sa main.
Puis tous se déforma.
Glitch.
Le phénomène qu'il redoutais le plus venait de se manifester, et cette fois il ne contrôlait absolument rien.
— Non…Non…Non, non !
Son doigt traversa accidentellement le panneau de commande et activa un bouton.
L'ascenseur se mit en mouvement.
Elric arracha sa main du panneau et le plaqua contre sa poitrine et senti que son cœur s'emballe.
— pas Maintenant… je t'en supplie, pas maintenant !
Il tira sur le bracelet qui entourait son poignet.
Ce maudit bracelet était censé empêcher ce genre de manifestation.
Alors pourquoi ?
Pourquoi son pouvoir se réveillait-il maintenant après Neuf ans de silence ?
Il essayait de calmer sa respiration.
Inspira
Expira.
Mais les images de son cauchemar revînt aussitôt. Le sang, les cris, la sensation de perdre le contrôle de son propre corps.
— arrête…arrête !
L'ascenseur poursuivait son ascension, les chiffres défilait sur l'écran.
Elric Ferma les yeux et Serra les dents, il ne voulait pas que cela recommence
Pas ici
Pas maintenant.
Et surtout pas devant des témoins.
Un léger tintement retentit et les portes s'ouvrirent.
Elric resta immobile quelques secondes incapable de bouger, puis il compris qu'il devait sortir.
À ça grande surprise, il ne se retrouva pas dans une salle d'exposition.
L'ascenseur donnait directement sur une porte menant au toit du musée. En franchissant le seuil, une brise fraîche caressa immédiatement son visage.
Il s'arrêta, et devant lui s'étendait une vue spectaculaire sur Néo-babel.
Les gratte-ciel se dressaient jusqu'à l'horizon, les véhicules gravitationnelle sillonnaient les airs dessinant des traîné lumineuses entre les bâtiments. Au loin, les tours les plus hautes semblaient presque touché les nuages.
La ville paraissait infini.
Elric inspira profondément, et progressivement les tremblements de sa main diminuèrent.
Il baissa les yeux vers son poignet. Son bracelet était intact, sa main aussi.
Le phénomène avait cessé.
Pour l'instant.
Il s'approcha du rebord, admirant la ville sous cette angle inhabituelle.
— Waouh…
« je n'ai jamais vu la ville comme ça. Franchement, c'est… »
— Beau, hein ?
Elric se figea.
Une voix venait de s'élever derrière lui.
Il se retourna et son cerveau sembla s'arrêter de fonctionner. Un homme descendait lentement du Ciel.
Il flottait dans les airs avec une aisance déconcertante, comme ci la gravité n'avait aucune emprise sur lui. Son manteau ondulait dans le vent et un léger sourire éclairait son visage.
Il se pose doucement sur le toit puis leva les yeux sur Elric.
— je viens ici assez souvent pour admirer la vue. Je pensais être le seul à connaître cette endroit, mais on dirait qu'on est deux maintenant.
Elric ouvrit la bouche mais aucun son n'est sorti. Il cligna des yeux
Une fois
Deux fois
Puis il finit par retrouver l'usage de sa voix.
— N…N…Néo ?!
L'homme éclata de rire.
— pas besoin de crié. Mais oui c'est bien moi, en chair et en os.
Elric le dévisageait comme s'il venait de voir apparaitre un dieu devant lui.
Et à vrai dire, ce n'était pas très loin de la réalité.
Néo était le héros le plus célèbre de la planète, l'homme qui qui avait sauvé Néo-babel des monstres d'éther.
Celui dont les exploits sont retransmis sur les écrans public. Celui que des millions de personnes admirait.
Et il se trouvait là devant lui.
Entrain de discuter tranquillement comme s'ils étaient deux simple connaissance.
— alors, dis moi. Que vient tu faire ici ?
Elric hésita.
— Moi ?
— non, le fantôme derrière toi.
Le jeune homme sursauta et se retourna instinctivement. Il n'y avait personne derrière lui.
— très drôle. Répondit-il avec sarcasme.
— sérieusement, il y a forcément une raison pour que tu te retrouves sur ce toit.
Le héro croisa ses bras et continua :
— pour ma part, je viens ici quand j'ai besoin de souffler. Après des semaines à combattre des monstres, j'apprécie de pouvoir rester quelques minutes sans que quelqu'un me demande de sauver le monde.
Il soupira puis repris :
— tu seras surpris de voir à quel point ce travail est épuisant.
Elric le regardais avec étonnement.
— vous êtes entrain de me dire que même les héros ont besoin de repos?
— Évidemment !
Néo Posa ses mains sur ses hanches, continuant son discours :
— Qu'est-ce que tu crois ? Que nous sommes des machines ? Nous aussi, nous ressentons la fatigue. Nous aussi, nous avons des mauvais jours. Et parfois, nous avons simplement envie de nous asseoir quelque part et de ne plus rien faire.
Il marqua une pause, puis son regard se perdit dans l'immensité de la ville.
— sauf que je ne peux pas toujours me le permettre. Les gens ont besoin de moi.
Il prononça ces mots avec une simplicité déconcertante et enchaîna :
— C'est justement le principe de notre espèce. Aider notre prochain. Mettre nos capacités au service des autres. Si nous possédons des pouvoirs capables de protéger les gens, alors nous avons la responsabilité de les utiliser pour faire le bien.
Elric lui restait silencieux.
C'est paroles lui faisait étrangement mal, parce qu'au fond de lui il avait toujours voulu croire qu'il pouvait devenir quelqu'un de bien.
Quelqu'un qui ne ferait de Mal à personne.
Quelqu'un qui pourrait vivre ans avoir peur de lui-même.
Mais comment y parvenir lorsque son propre pouvoir semblait défié les lois de la réalité ?
Lorsqu'il suffisait d'un instant d'inattention pour que son existence devienne une menace ?
Il baissa les yeux vers son poignet, serrant fermement son poignet.
— vous avez de la chance…
Néo tourna la tête vers lui.
— de la chance ?
— Votre espèce est différente. Vous pouvez utiliser vos pouvoirs pour aider les autres. Vous savez ce que vous devez faire, et vous avez la capacité de le faire.
Il marqua une pause et sa voix devînt plus basse.
— mais qu'est-ce que je suis censée faire avec un pouvoir comme le mien ? Si on peut appeler ça un pouvoir…
Il observa sa main, comme s'il s'attendait à la voir se fragmenté de nouveau.
— Comment suis-je censé faire le bien si mon existence tout entière semble destinée à faire le mal ?
Le vent soufflait entre les deux hommes, pendant quelques secondes, Néo ne répondit pas , il se contenta d'observer Elric.
Puis son expression changea, son sourire n'avait pas disparu, mais quelques choses de plus sérieux s'y était installé.
— Écoute moi bien Elric.
Néo se redressa et s'approcha de lui.
— Ne laisse jamais ton destin décider à ta place de ce que tu dois accomplir. C'est à toi de tracer ton propre chemin. Ne commets pas la même erreur que moi.
Elric fronça les sourcils et répond :
— Quelle erreur ?
Le héro ne répondit pas immédiatement, son regard se posa sur l'horizon.
Pendant un bref instant, Elric eut l'impression d'apercevoir une profonde tristesse derrière son sourire. Une tristesse que même les exploits les plus extraordinaires n'avaient jamais réussi à effacer.
Mais cette expression changea aussitôt.
Néo Posa une main sur son épaule.
— Peu importe ce que tu possèdes comme pouvoir, ce qui compte, c'est ce que tu décides d'en faire. Tu n'es pas obligé de devenir ce que les autres attendent de toi.
Il serra légèrement l'épaule du jeune homme et poursuit :
— Alors, si tu veux vraiment faire le bien, commence par croire que tu en es capable.
Elric le regarda sans dire un mot. Ces paroles étaient simples, Presque banales.
Pourtant, elles venaient de toucher quelque chose en lui qu'il croyait enfoui depuis longtemps.
Néo sourit de nouveau.
— Et puis, qui sait ? Un jour, tu deviendras peut-être un héros encore plus grand que moi.
Elric laissa échapper un petit rire nerveux.
— Vous êtes sérieux ?
— Absolument !
Le héros leva un doigt, prenant soudain un air solennel.
— après tout une grand pouvoir implique de grandes responsabili…
BANG !!!!!
Le bruit fut si brutal qu'Elric ne comprit pas immédiatement ce qui venait de se produire.
Une fraction de seconde plus tôt, Néo se tenait devant lui.
La suivante, sa tête avait disparu.
Du sang éclaboussa le visage de Elric, avec des fragments de chair qui retombèrent sur le sol.
Le corps du héros vacilla, puis s'effondre lourdement sur le toit.
Le silence retomba. Un silence absolu.
Elric ne bougeait pas, il ne respirait presque plus.
Ses yeux étaient grands ouverts, fixés sur le corps qui gisait devant lui.
Le manteau de Néo reposait dans une mare de sang.
Son bras était encore légèrement tendu, comme s'il avait voulu terminer son geste, Comme s'il allait se relever d'un instant à l'autre.
Mais il ne se releva pas.
Il n'y avait plus de tête
Plus de sourire
Plus de voix.
Le plus grand héros de Néo-Babel venait de mourir sous les yeux d'un inconnu.
Et cet inconnu, c'était Elric.