Chapitre 1
[STATION SPATIALE PANDORA-9 // NÉBULEUSE DE L'OUBLI]
[NIVEAU 06 : SECTEUR DES REJETS EXPÉRIMENTAUX]
Ego courait.
Ses pieds nus glissaient sur le métal glacé des couloirs de la station, laissant de légères traces de sang sur le sol. Sa respiration était hachée, sa poitrine lui brûlait comme s'il avalait du verre pilé. Il portait une blouse de patient trop grande pour lui, trempée de sueur.
Derrière lui, les alarmes rouges hurlaient, Le son grésillait, sautait, comme un enregistrement audio rayé qu'on passait en boucle.
« Alerte... Aler....Ressource... Sujet... ERR-00... »
— Ego ! Reviens !
Une voix résonna dans les haut-parleurs. Ce n'était pas un garde, mais le professeur Vane, le responsable du projet.
— Tu ne tiendras pas dix secondes dans le vide spatial ! Ton corps est instable, Ego ! Tu n'es qu'une erreur ! Un produit défectueux !
Ego ne répond pas. Il n'avait même pas la force de parler. Il était terrifier. Ses mains tremblaient tellement qu'il arrivait à peine à serrer les poings.
Il ne voulait pas être un héros. Il ne voulait pas se battre contre les 12 autres enfants comme lui qu'il entendait hurler de puissance dans les blocs voisins. Il voulait juste... que les piqures s'arrêtent. Que les tubes dans ses bras disparaissent.
Des lourdes portes blindées anti-confinement commencèrent à s'abaisser devant lui pour lui couper la route.
— Non, non, non... s'il vous plaît... chuchota Ego, les larmes aux yeux, en se jetant en avant.
Paniqué, il tendit les mains vers la porte métallique qui allait se sceller.
À l'instant où ses paumes frôlèrent le métal, son tatouage, le fameux EXP-00 gravé sur son poignet commença à clignoter d'une lumière violette et corrompue.
Une vague d'aberration visuelle traversa le couloir.
Ce n'étais pas un coup de poing magique. Ce n'était pas une explosion. Ce n'était juste... Qu'un crash.
La porte blindée subit un décalage de trame brutal. L'acier ne se brisa pas : il se déforma grossièrement, des blocs de métal se téléportèrent à deux centimètres de leur position initiale, créant une fissure impossible dans la structure. L'ordinateur de la porte afficha une ligne de code avant de s'éteindre dans un jet d'étincelles :
[FATAL_SYSTEM_ERROR : REALITY_OVERFLOW]
Ego glissa à plat ventre à travers l'ouverture chaotique, s'écorchant le dos au passage. Il se releva en étouffant un gémissement de douleur et continua de courir vers la baie des capsules d'évacuation.
Deux gardes en armure automatisée émergèrent d'un angle mort, leurs fusils à braqués sur lui.
— Ne bouge plus, petit !
Ego s'arrêta net, levant les mains, le visage décomposé par la terreur.
— Je... je n'ai rien fait ! Je vous jure ! Laissez-moi ! cria-t-il, la voix brisée.
Les gardes pressèrent la détente. Deux orbes de plasma mortels jaillirent.
Ego ferma les yeux et se recroquevilla sur lui-même, attendant l'impact qui allait le désintégrer.
Mais la peur panique d'Ego agit comme un catalyseur pour son état qui résidait en lui. La réalité autour de son corps paniqué saute de trois images en arrière.
Le plasma ne la jamais touché. Les tirs « sautèrent » la zone où se trouvait Ego pour réapparaître derrière lui, s'encastrant dans les réacteurs secondaires de la baie de lancement.
L'explosion secoua la station tout entière. La paroi extérieure se déchira, et le vide de l'espace commençais à aspirer tout ce qui se trouvait dans la pièce dans un rugissement assourdissant.
Les gardes, emportés par la décompression, hurlèrent avant d'être projetés dans le vide spatial.
Ego, plaqué au sol, s'accrocha de toutes ses forces désespérées au rebord d'une capsule de sauvetage ouverte. Les yeux grand ouverts, horrifié par le chaos qu'il venait de provoquer sans même le vouloir, il rampent à l'intérieur du module.
Sa main frénétique frappa le bouton d'éjection manuelle.
La capsule se détacha dans un cliquetis métallique, propulsée loin de la station Pandora-9 qui clignotait déjà de feux d'alarme.
Roulé en boule sur le sol en métal de la petite capsule qui s'enfonçait dans la Mer d'Éther, en direction de la planète Neo—Babel.
Le jeune Ego serra ses genoux contre sa poitrine. Il pleurait à chaudes larmes, tremblant de tout son corps, le regard fixé sur son poignet où le matricule EXP-00 continuait de grésiller faiblement.
Il n'avait que 12 ans lors de cette incident où Il venait de détruire une partie d'un laboratoire spatial par pure panique. Et il n'avait aucune idée de comment il allait survivre à la suite.