Chapitre 7
Chapitre 7 - Rising Talent Agency
Traduction: Moonkissed
« Haaaaaaa »
Lukas poussa un profond soupir, fatigué, alors qu'il s'affalait sur le canapé du salon de l'appartement de son père.
Il regarda l'horloge murale devant lui.
18 h 30
« Papa devrait bientôt rentrer. » Il se détendit sur le canapé, repensant à ce qui s'était passé au terrain de l'académie SV98.
« Quelle journée de folie. Je savais que j'avais progressé, mais pas à ce point. » pensa Lukas.
Il avait seulement prévu de saluer ses quelques amis à l'académie, en particulier João, mais ce qui finit par se passer était quelque chose qu'il n'aurait jamais imaginé.
DING
Il sortit son téléphone lorsqu'il reçut une notification.
João : {Vidéo jointe} Mec, tu dois me montrer ce que tu as fait cette semaine pour t'améliorer autant. Je suis vraiment fier de toi. Voici la vidéo que tu m'as demandé de filmer pour toi.
Il sourit en ouvrant la vidéo.
***
FWEEEEE
L'entraîneur adjoint a sifflé brièvement et rapidement, mais on aurait dit que Lukas s'était élancé avant même que le sifflement ne se termine.
Vers le cône avant. Changement rapide de pied, passant de la course au pas chassé.
Gauche.
Droite.
Milieu.
Puis retour en arrière vers le départ.
C'était fluide, ça avait l'air fluide.
L'équilibre était parfait, le changement de direction instantané.
FWEEEEE
« Hein ? » L'entraîneur adjoint était perplexe en regardant le chronomètre qu'il tenait dans sa main.
« 10,21 », indiquait-il.
« Ce n'est pas possible. Il doit y avoir une erreur », marmonna-t-il entre ses dents.
« Qu'y a-t-il ? » L'entraîneur Patrick interpella son assistant qui était toujours en train de fixer son chronomètre, à environ cinq pas de lui.
« Regardez ça, coach. » L'assistant s'approcha et tendit le chronomètre à Patrick
« 10,2 secondes ? Pour LUKAS ? » L'entraîneur Patrick garda son sang-froid, mais il était profondément surpris.
Il avait vu Lukas faire cet exercice d'innombrables fois, et il n'avait jamais été aussi rapide, loin de là.
Il n'avait jamais été aussi fluide non plus.
Ce temps n'avait rien d'exceptionnel ni d'extraordinaire, car plusieurs footballeurs avaient fait mieux, mais c'était une grande nouvelle pour leur académie.
Le précédent record était détenu conjointement par João et Wesley avec 10,54 secondes.
Patrick leva la tête du chronomètre et regarda Lukas.
« Tu veux recommencer ? » demanda-t-il, en observant l'expression de Lukas pour étudier sa réaction.
« C'était si mauvais que ça ? » se demanda Lukas.
« Quel était le temps, monsieur ? » demanda Lukas.
« Je te le dirai si tu réponds à ma question. »
« Coach, ne le couvre pas juste parce que tu te sens coupable de l'avoir écarté. » intervint Wesley.
« Comment peux-tu être capitaine ? Tu n'arrives pas à te taire », demanda João avec une expression agacée.
« L'entraînement d'aujourd'hui doit être très facile puisque vous n'arrêtez pas de vous disputer. Dix tours de terrain devraient suffire, non ? » L'entraîneur Patrick interrompit la dispute.
Tous les élèves tournèrent leur attention vers Patrick qui regardait toujours Lukas.
« Alors ? » demanda Patrick à Lukas.
« Bien sûr, je vais recommencer. » répondit Lukas, déjà prêt à bondir sur la ligne de départ.
« Coach, ce n'est pas juste ! » Wesley tenta d'intervenir.
« Tais-toi Wesley, tu as aussi couru deux fois. » Patrick le fit taire.
Patrick siffla cette fois-ci, et Lukas prit son élan.
Si la première fois avait été fluide, cette fois-ci, il était dans le rythme.
Excellente transition entre la course et le shuffling.
Lukas revint à la ligne de départ et le sentit dans son corps.
« C'était nettement mieux que la première fois. J'avais l'impression de glisser pendant les shuffles. » Il se dit cela en levant les yeux vers Patrick, qui fixait maintenant son chronomètre avec une incrédulité totale.
« Lukas, temps pour l'exercice d'agilité du T-Test : 9,9 secondes », annonça Patrick d'une voix calme et posée. Ses années d'expérience en tant que manager lui permettaient de cacher sa surprise.
« Quoi ? »
« 9,9 secondes ? »
« C'est le niveau de l'équipe première. »
Des murmures remplirent à nouveau le terrain d'entraînement.
Les regards se tournèrent de Patrick vers Lukas, incrédules.
« Je n'arrive pas à y croire, coach ! » s'écria Wesley.
« Encore un mot, et tu vas courir des tours de stade, Wesley. » Le coach Patrick donna à Wesley son dernier avertissement.
« Tu as caché ton agilité pendant tout ce temps ? » murmura João à Lukas.
Celui-ci se contenta de sourire et de hausser les épaules.
« Il me cache définitivement quelque chose. Mais je n'ai pas besoin de le pousser. Il me le dira quand il sera prêt. » pensa João en regardant Lukas, qui semblait lui aussi plongé dans ses pensées.
« Donc, mes statistiques de force actuelles étaient suffisantes pour dépasser ces gars-là de autant. TT a dit que mes statistiques de force étaient « excellentes pour mon âge ». Je ne savais pas qu'elles étaient aussi bonnes. »
ᕦ[ ◑ □ ◑ ]ᕤ
« Oh, tais-toi. »
FWEE FWEE FWEEE
Le coach Patrick siffla plusieurs fois pour attirer l'attention de tout le monde, et les murmures s'éteignirent.
« Bon, les gars, continuons, passons à l'exercice d'agilité. Tout le monde le fait. »
Après la performance de Lukas, on s'attendait à ce que le moral de certains soit bas, car il avait largement battu leurs meilleurs scores précédents.
Mais au contraire, beaucoup de joueurs étaient motivés.
« Si le gars qui avait les pires scores a pu s'améliorer autant, quelle excuse ai-je ? »
La plupart ont adopté cet état d'esprit et ont donné le meilleur d'eux-mêmes pendant les exercices.
« Karl : 10,9 secondes. »
« Johann : 11 secondes. »
...
« João : 10,4 secondes. »
Patrick a annoncé le temps réalisé par chaque joueur et, comme prévu, aucun n'a approché le record de Lukas.
Néanmoins, une nouvelle moyenne d'équipe a été établie ce jour-là, et tout cela grâce à un seul garçon.
***
Marco Kasten, agent de football et propriétaire de Rising Talent Agency (RTA), une agence de football naissante, se trouvait dans son bureau situé au 1, Otto-Meßmer-Straße.
Le bureau était l'un des trois bureaux situés au 5e étage d'un immeuble de 7 étages.
Il n'avait qu'une seule autre employée, Carla, récemment diplômée de l'université Goethe de Francfort, où elle avait étudié le marketing.
« Allez Pascal, tu ne me fais pas confiance ? J'ai quitté Sports360 parce qu'ils sont trop avides d'argent. » Marco était au téléphone avec un client, ou plutôt un ancien client, lorsqu'il travaillait chez Sports360 GmbH, l'une des plus grandes agences de talents sportifs en Allemagne.
Il avait quitté son emploi pour créer sa propre entreprise, car il trouvait que les grandes agences traitaient leurs joueurs comme de la viande fraîche, les emballant et les vendant aux entreprises sans tenir compte des dangers que de telles collaborations pouvaient représenter pour les perspectives de carrière des talents.
Il était entré dans le monde des affaires avec de grands idéaux : pas de relations avec des entreprises douteuses, pas de pots-de-vin, chaque transaction devait être ouverte et transparente.
Mais la réalité l'a frappé de plein fouet. Elle a presque fait disparaître de son esprit l'idée d'un monde idéal.
Depuis l'ouverture de son agence six mois auparavant, il n'avait réussi à signer aucun nouveau joueur prometteur. Même avec l'aide d'un ami proche à l'académie de l'Eintracht Francfort.
En conséquence, RTA avait perdu beaucoup d'argent.
Il était déjà criblé de dettes pour avoir créé l'entreprise et commençait à se rendre compte que le monde n'était peut-être pas aussi idéaliste qu'il l'espérait.
« Je suis désolé Marco, vraiment. Mais je dois penser à ce qui est bon pour ma carrière en ce moment. » La voix résonna dans le téléphone.
« Et c'est moi, Pascal. Ai-je déjà fait quelque chose qui n'était pas bon pour ta carrière ? Je t'ai obtenu le contrat avec Puma, celui avec Monster Energy, et même ton récent transfert à Chelsea.
C'est moi qui ai eu l'idée de tous ces contrats et qui ai réussi à les conclure, non pas parce que je travaillais chez Sports360, mais grâce à mon éthique professionnelle.
Cela n'a pas changé, Pascal. »
« Tu as raison, Marco, mais tu ne peux pas prétendre que le fait d'appartenir à une grande agence comme Sports360 ne t'a pas au moins aidé à organiser des réunions. » La voix de Pascal n'était ni contrariée, ni désolée.
Elle semblait ferme. Inébranlable.
Et Pascal pouvait le sentir. Il savait qu'il ne récupérerait pas son client.
L'appel prit fin. Marco se frotta le front comme s'il avait une migraine.
La seule bonne nouvelle, c'était que le bureau était loué pour une année entière et qu'il lui restait encore six mois de bail.
Mais tout le reste n'était pas aussi rose : les intérêts sur le prêt commercial s'accumulaient, le salaire de Carla était dû dans deux semaines, et il devait bientôt faire face à ces dépenses.
Alors qu'il réfléchissait encore à ce qu'il allait faire pour payer les factures à venir...
BZZZZZTTTT**
Il reçut l'appel téléphonique le plus déterminant de sa carrière.
« Bonjour, ici Marco Karsten de l'agence des Rising Talent, à qui ai-je l'honneur de parler ? »
« ... » Pas de réponse.
« Allô ? À qui ai-je l'honneur de parler ? » demanda à nouveau Marco.
« Bonjour M. Marco, ravi de vous entendre. Je m'appelle Lukas Brandt et j'aimerais discuter avec vous. »