Chapitre 522
« Plus que deux semaines. Non, est-ce une semaine ? »
Le temps à l'académie filait à toute allure.
Plusieurs semaines s'étaient déjà écoulées, et il ne restait plus qu'une semaine avant le festival.
Dans sept jours, les nobles se rassembleraient à l'académie et l'Église de la Guerre accomplirait son rituel.
« Pff. »
Alon laissa échapper un soupir en contemplant le paysage de l'académie, juste après la fin de la dernière heure de cours.
La vue était identique à celle qu'il avait toujours sous les yeux.
Les élèves, leurs cours terminés, s'affairaient à leurs occupations ou s'amusaient.
En voyant les préparatifs du festival battre leur plein dans le quartier commerçant, visible au-delà des bâtiments scolaires, Alon réfléchit.
« ......Les informations que nous avons obtenues se résument à trois points. »
Premièrement, voici ce que le groupe d'Alon avait récolté en vivant à l'académie ces dernières semaines.
D'une part, la fille du Grand-duc Rollas était la présidente du Cercle Social des Gardiens, et cette même Rollas Tiya semblait suspecte à bien des égards.
Bien sûr, ses agissements ne laissaient rien paraître.
Même en comparant son comportement passé au présent, ils ne trouvaient rien d'anormal.
De ses notes à sa vie sociale, en passant par ses amitiés, rien chez Tiya n'avait changé.
Pourtant, si le groupe d'Alon se méfiait d'elle, c'était à cause des informations qu'Evan et Deus avaient rapportées quelques semaines plus tôt.
« ......Ils ont dit qu'ils tramaient quelque chose dans la salle du club. »
La salle du Cercle Social des Gardiens.
Contrairement au vieux bâtiment scolaire où se trouvaient la plupart des clubs, celle-ci était située tout au bout du quartier commerçant, et ils avaient vu des élèves qui n'étaient pas membres du Cercle y entrer.
Grâce à plusieurs reconnaissances, ils avaient confirmé que, récemment, certains étudiants y allaient et venaient sans cesse.
« ......Il y a cinq élèves qui font des allées et venues. En plus de ça, à part eux, seuls deux membres du comité d'organisation utilisent la salle, un nombre extrêmement restreint. »
En d'autres termes, en recoupant les informations, il y avait de fortes chances que quelque chose se trame dans cette salle.
Cependant, même après avoir appris cela, le groupe d'Alon s'était contenté de surveiller sans agir.
À la base, leur but n'était pas seulement d'éliminer les Apôtres, mais de ruiner ce rituel pour empêcher le karma de la guerre de se manifester.
De plus, s'ils s'approchaient trop de la salle et que ces gens s'en rendaient compte, cela poserait problème.
S'ils finissaient par annuler le rituel à cause de cela, l'infiltration d'Alon et de son groupe dans cette académie n'aurait servi à rien.
C'est pourquoi Alon, après avoir décidé de poursuivre la surveillance tout en cherchant d'autres points suspects, se mit en mouvement.
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Après les cours, Alon ne se dirigea pas vers le dortoir, mais vers la zone des bureaux des professeurs, un endroit qu'il avait déjà visité deux fois.
« Bienvenue. »
« Pardonnez mon intrusion. »
C'est là qu'il retrouva Yutia.
Woooong—
Une résonance familière retentit alors qu'Alon entrait.
Comprenant qu'une magie de protection avait été activée, Alon soupira doucement, et Yutia prit immédiatement la parole.
« Vous avez travaillé dur, professeur. »
« Il me semble que c'est vous qui travaillez plus dur que moi. »
« Vraiment ? »
« N'est-ce pas difficile pour vous d'enseigner la magie, en premier lieu ? »
Yutia était une cardinale de Rosario.
Cela signifiait qu'elle utilisait la puissance divine.
......Eh bien, à présent, il comprenait dans une certaine mesure que la puissance divine et le mana n'étaient pas si différents, mais ce n'était que son point de vue.
À proprement parler, pour les autres, il y avait une différence entre manipuler le mana et la puissance divine, alors quand il dit cela—
« Non, tout va bien. C'est à un niveau que je peux enseigner. »
Yutia répondit avec un sourire.
« Vous pouvez l'enseigner ? »
« Oui. »
« ......Avez-vous appris la magie auparavant ? »
Les résultats des élèves de l'académie n'étaient pas brillants.
La plupart stagnaient entre le premier et le deuxième rang. Actuellement, même l'élève qualifié de grand génie peinait à passer du troisième au quatrième rang.
Mais malgré tout, pour enseigner la magie, il fallait mémoriser toutes les formules de base.
Des formules qui demandaient plusieurs mois rien que pour être apprises par cœur.
Alors, quand Alon demanda avec surprise, Yutia répondit lentement par un « Mm— »
« C'est exact. Je l'ai apprise il y a très longtemps. »
« ......Il y a très longtemps ? »
« Oui. Pour pouvoir enseigner la magie à quelqu'un qui m'était précieux. »
Les mots de Yutia.
Alon prit une expression étrange.
« Quelqu'un de précieux...... ? »
Qui pouvait bien être cette personne ?
« ......Rine ? »
Pendant qu'Alon pensait à cela, Yutia, qui l'observait comme s'il l'amusait, sourit et poursuivit.
« Si nous commencions à y aller, professeur ? Nous devons patrouiller aussi. »
Alon hocha la tête.
Après tout, la raison de sa visite à Yutia aujourd'hui était la patrouille.
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L'endroit que Yutia et Alon allaient inspecter après être sortis était le quartier commerçant, où le festival se préparait.
Pour être honnête, il semblait peu probable que quelqu'un puisse agir dans un quartier aussi bondé, et ils avaient déjà identifié le lieu le plus suspect.
Même ainsi, ils ne pouvaient pas se permettre de négliger les vérifications.
Ils envisageaient aussi la possibilité que l'autre camp ait déjà remarqué leur manège et préparé un piège.
« Professeur ? À quoi pensez-vous ? »
Alors qu'il marchait dans le quartier commerçant, il tourna le regard vers la voix qu'il entendit, et Yutia se tenait là, à ses côtés, souriante.
En même temps, il sentit la magie de protection entourer Yutia et lui-même.
Elle la maintenait même dans cet endroit bondé, en la rendant si petite et précise que personne d'autre ne pouvait interférer avec.
La manipulation du mana était bien trop délicate pour quelqu'un qui n'avait pratiqué la magie qu'une ou deux fois.
« ......Il semble que vous n'avez pas seulement enseigné la magie. Vous l'avez utilisée pendant longtemps aussi. »
« Mm— Je suppose que oui ? »
Voyant Yutia sourire en répondant, Alon reporta son regard vers l'avant.
Le quartier commerçant était toujours bondé.
« Au fait, c'est la première fois que nous marchons ensemble comme ça, n'est-ce pas ? »
« En effet. »
Cela faisait déjà trois semaines que le groupe d'Alon avait commencé les patrouilles.
Cependant, durant ces trois semaines, Alon n'avait jamais patrouillé avec Yutia.
C'était parce que Yutia n'était pas une élève, mais un professeur.
Comme il aurait été étrange pour un professeur de déambuler fréquemment avec un élève, Yutia avait limité ses patrouilles à environ une fois par semaine, contrairement aux autres.
C'est pourquoi ce n'était que maintenant qu'ils pouvaient se déplacer ensemble pour la première fois.
Et Alon attendait ce moment.
« Professeur. »
« Je vous donnerai la vraie réponse à votre question la prochaine fois que nous serons seuls. »
« Je ne veux pas vous mentir, professeur. »
Alon n'avait pas oublié les mots de Yutia.
« Au fait, j'ai entendu dire que les enfants vous approchaient de toutes sortes de manières ces derniers temps, professeur ? »
Alors qu'il organisait ses pensées, la voix de Yutia lui parvint.
« ......M'approcher ? »
« Oui, surtout Rine. »
Aux mots souriants de Yutia, Alon, pour une raison quelconque, détourna le regard.
Certes, comme elle l'avait dit, Penia et Rine agissaient de manière étrange ces derniers temps.
Et surtout Rine.
« Mm— n'êtes-vous pas encore prêt ? Ou devrais-je créer une opportunité pour vous ? »
Elle ne le faisait jamais quand plusieurs personnes étaient présentes, mais quand ils étaient seuls, avec un petit sourire et les oreilles rougies, Rine tendait subtilement sa joue vers Alon.
Alors qu'il se remémorait cette scène—
Tap.
Le doigt de Yutia effleura le dos de la main d'Alon.
« Vous pensiez à Rine, n'est-ce pas ? »
Elle souriait toujours, mais pour une raison quelconque, une pointe de mécontentement flottait dans l'air.
Alon répondit.
« ......Non. »
« ....... »
Pendant un bref instant, il fut perplexe de voir ces mots sortir alors qu'il aurait pu simplement répondre honnêtement qu'il pensait à Rine.
Puis, Alon réalisa qu'à un moment donné, il avait traversé le quartier commerçant et était arrivé à la tour de l'horloge.
« On monte ? »
« Ici ? »
« Oui. »
Il n'y avait aucune raison particulière de grimper dans la tour de l'horloge.
Le groupe avait déjà vérifié l'intérieur à plusieurs reprises, et surtout, il n'y avait aucun espace propice à l'exécution d'un rituel.
Cependant—
« ......Allons-y. »
Parce qu'Alon voulait avoir une conversation tranquille avec elle, il hocha la tête et grimpa dans la tour avec Yutia.
Quelque temps plus tard, ils atteignirent le sommet.
« ....... »
Alon arriva sur le toit de la tour, qui, pour une raison inconnue, n'était pas verrouillé mais ouvert, et put contempler toute l'académie d'un seul coup d'œil.
Une vue vaste, pour une académie.
Depuis combien de temps la regardait-il ?
« Professeur. »
Yutia regarda soudainement Alon et prit la parole.
« Oui. »
« Vous vous souvenez, n'est-ce pas ? »
« ......Vous voulez parler de la réponse à ma question ? »
« Comme prévu, vous vous en souvenez. »
Yutia parla, le soleil couchant caché derrière la montagne dans son dos.
« Vous comptez me répondre ? »
« Mm— bien sûr ? Je vous l'ai dit, professeur, n'est-ce pas ? Que je ne veux pas vous mentir, du moins. »
Yutia fixa Alon droit dans les yeux un instant, puis ouvrit la bouche.
« Je pense que vous l'avez probablement déjà deviné, mais l'Errant ne m'a pas aidée. »
À ces mots, Alon hocha la tête.
Parce qu'elle avait raison.
Et il avait une vague idée de l'histoire que Yutia allait lui raconter.
« ......Des souvenirs du premier cycle ? »
Comme pour la sonder.
Et pourtant, avec une étrange certitude dans ses mots, Alon parla.
Yutia ne fut pas surprise.
Au contraire, comme si elle avait su qu'Alon dirait cela—
« C'est exact. »
Elle hocha la tête.
« À proprement parler, je l'ai appris dans des circonstances complètement différentes de maintenant, cependant. »
« ....... »
L'aveu de Yutia.
Pas excessif.
Pas passif.
Juste calme.
À cela, Alon se tut.
Il y avait tant de choses qu'il voulait demander.
Tant de choses qui le rendaient curieux en ce moment.
Pourtant, Alon ne pouvait pas facilement ouvrir la bouche.
La raison était—
« ....... »
Parce qu'une tristesse s'était abattue sur Yutia, elle qui lui avait toujours montré un visage souriant.
Bien sûr, cette tristesse ne dura qu'un instant.
Mais cet instant fut largement suffisant pour qu'Alon remarque l'émotion de Yutia.
......Que s'était-il passé, bon sang ?
Cette pensée tournait dans l'esprit d'Alon.
Il voulait demander.
Mais en même temps, il ne voulait pas.
Alon ne voulait plus jamais revoir cette expression dans ses yeux.
Comme une étrange compulsion, cette pensée tournait en boucle.
Et en ce court laps de temps, Yutia, qui avait retrouvé son expression, sourit à nouveau du coin des lèvres comme à son habitude.
« Comme prévu, vous êtes vraiment gentil, professeur. »
Il pouvait voir le sourire de Yutia avec le soleil couchant dans son dos.
Il n'y avait plus aucune tristesse dans ses yeux rouges.
Elle souriait simplement avec ses yeux, comme toujours.
« Gentil ? »
« ......Vous m'avez regardée et vous n'avez pas pu demander imprudemment, n'est-ce pas ? Peut-être est-ce pour cela— »
Yutia parla comme si elle se remémorait un vieux souvenir.
« Nous étions amants, n'est-ce pas ? »
Elle le dit calmement.