Chapitre 430
Nataman, l'Empereur de l'Empire de l'Ouest.
Alon ne savait pas grand-chose à son sujet.
Contanias, de l'Empire du Nord, était suffisamment tristement célèbre pour faire l'objet de discussions sur les forums de son monde précédent, mais pour ce qui est de Nataman, tout ce qu'Alon savait se limitait à ce qu'Evan lui avait raconté.
Que son territoire avait été mis en pièces par le sang divin jusqu'à son effondrement.
En dehors de cela, il n'existait aucune information réelle sur Nataman.
Bien entendu, Nataman ne savait rien non plus d'Alon.
Alon ayant vécu toute sa vie dans les Royaumes Alliés, il n'avait jamais rencontré un seul empereur impérial.
Oui, c'est ainsi que les choses devaient être.
C'est ainsi qu'elles auraient dû être.
« Nataman !! Mais qu'est-ce que tu crois faire, bon sang !! »
Alors, pourquoi une telle situation se produisait-elle ?
Alon regarda devant lui.
Nataman se tenait là, souriant agréablement, le poing enfoncé dans le visage de son propre frère, Contanias.
« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Je corrigeais simplement les manières de mon frère. »
« Ha... »
Un rire creux s'échappa de la bouche de Contanias.
Mais soudain, son visage se tordit comme celui d'un démon en colère.
« Un idiot fini qui n'a même pas été capable de conserver la moindre parcelle du territoire qui lui revenait ose me sortir des conneries pareilles !? »
« Comme je te l'ai dit hier, c'était une retraite stratégique. Je l'ai "intentionnellement" réduit, tu sais ? »
Il semblait prêt à se jeter sur lui, mais...
Clac !
Malheureusement, les doigts claqués du masque de crâne l'interrompirent.
« Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, le Chercheur ne souhaite pas que les rois vaincus se lancent dans des querelles inutiles. »
Le masque l'avertit poliment.
Nataman, qui regardait l'endroit où Contanias avait disparu, se retourna avec ce même sourire chaleureux au coin des lèvres et répondit :
« Mes excuses. Voir un frère aussi mal élevé m'a fait perdre mon calme, et ma main a bougé avant même que je m'en rende compte. »
Nataman se gratta l'arrière de la tête avec une aisance déconcertante, comme pour dire : Haha, eh bien, regardez ça. J'ai fait une petite erreur.
Les expressions de ceux qui l'observaient devinrent complexes.
« Je m'excuserai au nom de mon frère. »
Et comme si cela ne suffisait pas, Nataman inclina la tête.
Alon répondit :
« ...Non, ce n'est pas la peine. »
« Quelle magnanimité ! »
...Ce n'était pas tant qu'il faisait preuve de magnanimité, mais plutôt que Nataman avait expédié Contanias au loin avant même qu'Alon ait eu le temps de réagir.
Pour l'instant, Alon se contenta d'acquiescer.
Nataman lui rendit son salut, puis fit demi-tour et disparut derrière la porte.
Alon fixa sa silhouette qui s'éloignait pendant un bref instant.
« Eh bien, je me demandais qui cela pouvait être, mais je suppose que vous êtes vraiment celui qui est au centre de toutes ces rumeurs. »
À cette voix, Alon tourna le regard.
Les deux femmes qui étaient assises avec Nataman et Contanias quelques instants plus tôt se tenaient là.
L'une affichait un sourire subtil.
L'autre observait Alon sans expression, comme si elle l'évaluait en silence.
En regardant les deux figures qui dirigeaient respectivement l'Empire de l'Est et l'Empire du Sud, Alon puisa instinctivement des informations au fond de sa mémoire.
« La plus petite est Serdea Polanticia, la princesse impériale de l'Empire de l'Est... et la plus grande doit être Airinna Polanticia, la princesse impériale de l'Empire du Sud. »
Toutes deux avaient de magnifiques cheveux dorés, pourtant l'atmosphère qu'elles dégageaient était totalement différente.
Alors qu'Alon réfléchissait à cela...
« Mm. Mais ce ne semble pas être le bon moment pour discuter. »
Sur ces mots, Serdea Polanticia se tourna rapidement et se dirigea dans la même direction que Nataman.
« Frère. »
« Oui ? »
« Connaissez-vous par hasard la princesse impériale ? »
Posant une question qui invitait pratiquement Yuman à demander : Pardon ? Moi ?, Alon quitta également son siège.
Yutia, qui s'était naturellement mise à marcher à ses côtés alors qu'ils sortaient de la salle de conférence, se tourna pour regarder derrière elle.
Vers l'endroit où Nataman et les princesses impériales venaient de disparaître.
Et puis...
« ...Pourquoi ça n'a pas marché ? »
— le masque de crâne fixait lui aussi tranquillement l'endroit où Nataman s'était trouvé, murmurant pour lui-même.
Tout en regardant alternativement ses propres doigts.
####
Le lendemain.
Quand Alon assista à nouveau à la réunion, contrairement à la veille, une multitude de regards se tournèrent vers lui.
Les plus insistants étaient des regards curieux.
Les suivants étaient empreints de haine, bien qu'Alon n'ait absolument rien fait.
Pourtant, peut-être parce qu'ils avaient été avertis d'une manière ou d'une autre la veille, aucun d'entre eux ne fit de geste ouvert au-delà de le fixer intensément.
Alon laissa échapper un soupir intérieur et regarda sur le côté.
Siyan était là.
« ... »
Siyan regardait Alon avec un sourire dont il ne pouvait percer le sens.
À vrai dire, après la soi-disant cérémonie d'ouverture d'hier — qu'on pouvait à peine qualifier de réunion — il avait eu l'intention de lui parler, mais elle avait disparu immédiatement.
« Il faudra que je lui parle aujourd'hui. »
Alors qu'il pensait à cela...
Hummm —
accompagnée d'une légère pulsation de pouvoir magique, une ombre noire apparut sur le siège élevé tout au fond et commença bientôt à prendre forme.
C'était clairement différent d'hier.
Les rois de chaque nation tournèrent leurs yeux vers elle.
Puis, après un bref instant, un homme apparut sur le siège élevé.
Dire que cet homme était vivant semblait profondément étrange.
Sa peau était d'un blanc grisâtre si pâle qu'il ressemblait à un cadavre, et dans ses yeux, d'étranges marques remplaçaient les pupilles humaines.
Et...
« ... »
à la vue de cette forme, Alon déglutit involontairement.
Les personnes rassemblées ici percevaient toutes le Chercheur différemment.
Certains avec curiosité.
Certains avec intérêt.
Certains avec méfiance.
D'innombrables émotions vacillaient de manière chaotique dans la pièce.
Mais Alon ressentit autre chose en regardant le Chercheur.
Une pression.
Les rois rassemblés ici ne semblaient pas la ressentir, mais Alon ressentait une pression rien qu'à l'apparition du Chercheur.
Cette chose devant lui était dangereuse.
Un Péché ?
Non.
Du sang divin ?
Non.
Ce qui était assis là maintenant...
semblait plus dangereux que n'importe quel être qu'Alon avait rencontré jusqu'à présent.
Alors, à l'instant où le souffle d'Alon se coupa...
« ... »
l'homme cligna des yeux une ou deux fois, comme s'il venait seulement de reprendre ses esprits, et balaya lentement la salle de conférence du regard.
Puis, au moment où il repéra Alon, une étrange lueur vacilla dans ses yeux, et il tapota légèrement du doigt.
Ssssh —
Et sur ce, la pression qu'Alon avait ressentie quelques instants plus tôt commença lentement à s'estomper.
Avant même qu'Alon ait eu le temps d'être surpris par ce changement soudain...
« Vous qui n'avez pas oublié l'alliance des siècles et qui êtes venus jusqu'ici, soyez les bienvenus. Je suis le Chercheur. »
Il commença à parler.
À cette brève présentation, des murmures s'élevèrent tout autour d'eux.
L'un des participants leva la main comme s'il attendait ce moment précis et s'apprêtait à parler, mais...
« J'imagine que tous ceux qui sont réunis ici ont beaucoup de questions. J'y répondrai plus tard. Pour l'instant, il y a quelque chose de plus important. »
Celui qui s'était présenté comme le Chercheur continua de parler comme s'il n'avait aucune intention de répondre aux questions.
« Comme ceux d'entre vous qui sont venus ici le savent déjà, le continent est actuellement en grand danger à cause des "rebuts de dieu" qui sont tombés — en d'autres termes, le sang divin. Certains d'entre vous le savent probablement déjà, mais... »
Le Chercheur jeta un coup d'œil autour de la pièce.
« ...si le sang divin n'est pas arrêté, le continent périra. »
À ces mots, une tension apparut instantanément dans la salle autrefois désordonnée.
« Je ne sais pas ce que chacun d'entre vous pense de cette situation. Certains pensent peut-être qu'elle passera simplement. D'autres pourraient même essayer d'en tirer profit en utilisant ce sang divin. »
« ... »
« Mais souvenez-vous bien de ceci. Le sang divin est constitué d'êtres venus détruire le continent. Peu importe ce que vous pensez, ce fait ne changera pas. »
D'une voix plate et sans émotion, le Chercheur observa l'assemblée.
« Il ne s'agit pas seulement de la chute d'un royaume florissant. »
« Il ne s'agit pas seulement de la chute d'un empire florissant. »
« Cette terre, où d'innombrables empires se sont élevés et ont disparu, où d'innombrables royaumes se sont élevés et ont disparu... »
— continua-t-il,
« ...c'est vous-mêmes qui disparaîtrez. Sans histoire. Sans même une trace. »
À cela, les rois affichèrent chacun des expressions différentes.
Certains semblaient ne pas pouvoir y croire.
Certains semblaient choqués.
Certains essayaient de saisir la situation dans son ensemble.
Et le Chercheur, qui les avait tous observés calmement, dit :
« C'est pourquoi, conformément au Contrat du Chercheur, j'ai l'intention de vous accorder du pouvoir. Le pouvoir pour vous, humains, de combattre le sang divin. »
Insistant sur les derniers mots, il claqua des doigts.
Wooooong — !
Puis, accompagné d'un formidable bourdonnement résonnant,
une sphère massive apparut au centre de la table vide.
Une sphère qui ressemblait à la foi qu'Alon utilisait souvent ces derniers temps.
L'énorme sphère se divisa instantanément en minuscules fragments.
« ! »
« Quoi — ! »
Et ils commencèrent à être attirés dans les corps des rois assis à leur place.
Les rois eurent seulement le temps d'afficher des expressions surprises pendant un instant.
Après avoir confirmé que le pouvoir avait été absorbé en un instant, avant que quiconque puisse résister ou même dire quoi que ce soit...
le Chercheur dit d'un ton égal :
« Conformément au contrat, je vous ai accordé une "possibilité". À partir de maintenant, je dirai à chacun d'entre vous, un par un, l'emplacement du trésor secret grâce auquel vous pourrez exercer cette possibilité. »
####
Tout comme il était apparu, le Chercheur disparut de son siège en un instant.
Les personnes rassemblées furent plongées dans la confusion.
Mais alors...
« À partir de maintenant, je vais vous guider. »
Comme s'il avait attendu exactement ce moment, le masque de crâne s'avança une fois de plus et prit la place où se tenait le Chercheur.
Puis il fit sortir le roi assis devant en premier, apparemment pour les guider quelque part.
Dans l'atmosphère instable laissée par la disparition instantanée du Chercheur et du masque...
« ...Frère. »
Yuman prit soudainement la parole.
« Qu'y a-t-il, Sainte ? »
« ...Ce qui est entré dans nos corps à l'instant... était-ce du pouvoir magique ? »
Alon hésita.
En vérité, depuis que le masque de crâne était parti, Alon réfléchissait lui aussi à l'énergie qui s'était infiltrée dans son corps.
Pourtant, il ne pouvait pas répondre facilement à la question de Yuman.
Car même lui ne pouvait pas déterminer correctement ce qui était entré en lui.
« ...C'est vague. »
Alon se remémora l'énergie qui avait pénétré son corps.
Ce n'était certainement pas du pouvoir magique.
Mais en même temps, il aurait été étrange de le qualifier de pouvoir divin.
« Je ne pense pas que c'était du pouvoir magique... »
« Est-ce ainsi. »
Murmurant cela, Yuman tomba brièvement dans ses pensées avant de parler honnêtement.
« Pour être franc, je suis un peu inquiet. »
« Vraiment ? »
« Oui. Je suis venue parce que Rosario conserve également d'importantes archives du Contrat du Chercheur, ne serait-ce que dans de vieux textes... mais un pouvoir qui n'est ni de la foi ni du pouvoir magique ? »
Alon convint que cela semblait suspect.
Il ne pensait pas que les chances étaient très élevées pour que le Chercheur soit un ennemi des personnes rassemblées ici.
Ni d'après le cadre qu'Alon connaissait, ni d'après les archives conservées dans chaque pays, le Chercheur n'était décrit comme une figure dangereuse.
Mais comme l'avait dit Yuman, on ne pouvait nier qu'ils avaient reçu une sorte de pouvoir suspect.
Alors, juste au cas où, Alon regarda Yutia.
« Je suis désolée, Maître. Ceci... je ne sais pas vraiment non plus. »
« ...Je vois. »
« Je suis désolée, Maître. »
« Non, ce n'est pas la peine. »
Alon était sincère.
Il n'y avait aucun moyen pour Yutia de connaître la vérité derrière cette sphère.
Comme Alon, c'était forcément la première fois qu'elle vivait quelque chose comme ça.
...À moins qu'elle ne soit en train de vivre une seconde boucle, bien sûr.
« ... »
Pour une raison quelconque, Alon sentit un coin de son cœur s'apaiser à cette pensée, mais...
« Vous là. »
À cette voix, il tourna la tête vers l'avant.
Serdea Polanticia, la princesse impériale de l'Empire de l'Est, qui avait arboré cet étrange sourire en regardant Alon hier, se tenait là.
Le regardant avec une expression légèrement enjouée, elle hésita un instant, puis demanda :
« En savez-vous beaucoup sur moi ? »
C'était une question dont Alon ne pouvait saisir le sens.
Mais il n'était pas difficile d'y répondre.
« ...Je sais que vous êtes Lady Serdea Polanticia, qui dirige l'Empire de l'Est. »
C'est ainsi qu'Alon répondit.
« Mmm — »
À cela, Serdea hocha la tête avec un sourire satisfait.
« Si vous savez déjà qui je suis, alors cela rend les choses agréablement rapides. »
« ...Quoi ? »
« Je vais être directe. »
Ajouta-t-elle.
Avant même qu'Alon puisse comprendre ce qu'elle voulait dire...
« Voulez-vous devenir mon mari ? »
Demanda Serdea à Alon.