Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Les humains étaient des êtres complexes, mais à ce moment-là, pas un seul parmi eux ne souhaitait autre chose que de mettre ce gamin en pièces.
Mais dans tout le domaine humain, c’était dans le Secteur 3 que toute la colère était concentrée, en particulier dans le domaine des Ravenstein.
Le silence était inquiétant. On n’entendait même pas le moindre bruit d’insecte. Toute la famille Ravenstein se tenait immobile, les yeux rivés sur la silhouette de Cairon à l’écran.
S’il y avait une chose qui ne cadrait pas avec les Ravenstein, c’était bien les menaces.
La colère qui couvait dans l’air était si intense que l’atmosphère elle-même tremblait, chaque molécule élémentaire brûlant d’énergie.
Les Ravenstein bouillonnaient. Les Dimensari étaient puissants, extrêmement puissants, mais à ce moment-là, ils ne voulaient rien d’autre que la guerre. Aucun d’entre eux ne se souciait des conséquences.
« Ce type est sérieux ? » demanda soudainement Rurik, l’un des Triplés de la Ruine. « De grands mots pour quelqu’un qui a l’air de passer une audition pour un space opera. »
Un autre frère, Borya, acquiesça. « C’est vrai. « Je vais tous les exterminer », bla bla bla. C’est quoi, un fan de monologues ? Donnez-lui un podium. »
Le troisième frère ne dit rien, se contentant de fixer Cairon, ses pensées déjà claires. Aucun des Ravenstein ne répondit ni ne rit.
Les Triplés de la Ruine étaient connus pour leurs pitreries, et même s’ils plaisantaient, il était évident qu’ils étaient tout aussi en colère que les autres.
Les Quatre Étoiles restaient immobiles, leur aura tourbillonnant vers le haut comme des balises de malheur. L’air autour d’eux s’embrasait de leurs éléments respectifs. Aucun d’entre eux ne parlait, mais leur colère était palpable.
Parmi eux, seule Anastasia ne montrait aucune colère. Elle était entièrement concentrée sur Atticus, les larmes coulant toujours sur son visage.
Les expressions des paragons Dimensari restaient inchangées. Des mots comme ceux-là, venant de l’un des leurs, auraient suffi à provoquer de graves répercussions politiques, mais ils ne semblaient pas s’en soucier. C’était une indication claire du peu de valeur qu’ils accordaient aux humains.
Très vite, tous les regards se tournèrent vers Atticus, attendant de voir comment il allait réagir.
Atticus ne réagit pas. Il ne dit rien. Il respirait avec difficulté, mais son regard restait froid, fixé directement sur le Cairon original.
Il ne ressentait aucune colère, il ne ressentait rien. Il avait clairement entendu ces mots, mais en même temps, ils ne l’avaient pas atteint.
Dans le monde entier, l’attention d’Atticus était rivée sur Cairon. Son regard était froid, détaché et glacial, comme s’il fixait un simple objet.
Cairon s’attendait à voir l’expression d’Atticus changer, à y lire le désespoir ou la colère. Mais tout ce qu’il obtint fut un regard fixe.
C’était un regard silencieux, qui ne signifiait qu’une seule chose. C’était le regard que l’on porte sur un obstacle, quelque chose qui doit être éliminé, rien de plus.
Un regard qui irritait Cairon au plus profond de lui-même.
C’était lui l’obstacle ? Impossible.
Les auras des deux Cairon s’embrasèrent, jaillissant dans le ciel sombre. Bien qu’Atticus ne se concentrait que sur l’original, même le double semblait partager sa colère.
Leur colère atteignit son paroxysme.
« Très bien. » murmura le vrai Cairon entre ses dents. Atticus n’avait pas dit un mot, mais son regard suffisait.
Soudain, Cairon tendit la main gauche et un drapeau orange apparut. Sans hésiter, il l’écrasa et il se dissolut en particules de lumière.
L’instant d’après, un dôme doré scintillant se forma, englobant les deux Cairon et Atticus.
Cairon avait utilisé le drapeau orange :
Drapeau orange : crée un bouclier impénétrable qui t’enveloppe toi et ton adversaire pendant 1 minute.
« Voyons voir comment tu vas t’échapper. »
La voix froide de Cairon résonna dans le dôme, tandis que les deux silhouettes levaient les bras. L’espace tout entier commença à devenir instable, comme s’il allait imploser à tout moment.
Les spectateurs comprirent instantanément le plan de Cairon. Il s’était piégé lui-même et Atticus dans un espace clos et prévoyait de faire exploser l’espace à l’intérieur du dôme.
Contrairement à avant, Atticus n’aurait nulle part où s’échapper !
C’était un plan astucieux, mais il remplissait Cairon de colère. Il était exaspérant de devoir recourir à des ruses pour vaincre un simple humain.
Mais Cairon refoula sa colère au plus profond de lui-même. D’après tout ce qu’il avait vu, il était clair qu’Atticus était intelligent et patient, du genre à dévoiler ses cartes cachées au fur et à mesure du combat jusqu’à ce qu’il gagne. Le genre d’adversaire le plus agaçant à affronter.
Mais il fallait que ce soit échec et mat.
Atticus restait calme, le regard fixe. Alors que l’espace autour de lui devenait de plus en plus instable, il se redressa, flottant avec un air serein.
Son exosquelette s’était éteint à cause d’une utilisation excessive, et il était gravement blessé, ses réserves de mana étaient faibles. La situation était désespérée, mais il semblait s’en moquer.
Malgré tout, sa volonté était toujours aussi forte.
Atticus expira brusquement et tendit le bras vers l’avant.
Les gouttes de sang cramoisi qui coulaient de son corps s’arrêtèrent brusquement en plein vol, puis commencèrent à se rassembler, tourbillonnant devant sa paume ouverte.
Ses yeux s’embrasèrent d’un rouge profond et intense tandis que sa volonté jaillissait comme une vague, fusionnant avec le sang.
Dans le secteur 6, les membres de la famille Enigmalnk qui observaient la scène écarquillèrent les yeux, stupéfaits.
« Un niveau 3 ? » murmura l’un d’eux, l’incrédulité envahissant la pièce.
Oberon, cependant, sourit largement. « Il va enfin l’utiliser. »
L’air autour d’Atticus se mit à vibrer, créant une tension intense.
Cairon plissa les yeux. ‘Une autre carte ?’ se demanda-t-il, fronçant davantage les sourcils.
Mais avant qu’il n’ait pu réagir, la main d’Atticus jaillit en avant, se déplaçant à la vitesse de l’éclair. L’instant d’après, deux runes se formèrent dans les airs devant lui : la première disait « Mer » et la seconde « Vague ».
La volonté d’Atticus bouillonna légèrement tandis qu’elles se formaient, mais le froid dans ses yeux resta intact. Il canalisa son mana dans les deux runes.
Les runes s’embrasèrent d’une lumière cramoisie avant de se briser en particules. La rune Vague pénétra Atticus, et une vague d’énergie écrasante envahit ses veines comme un feu de forêt.
La rune Mer, quant à elle, libéra un torrent d’eau qui déferla et s’écrasa, remplissant tout l’espace et enveloppant les trois personnes à l’intérieur du dôme.
Atticus sentit l’immense puissance qui parcourait son corps, le submergeant. Sa réaction fut immédiate.
Alors que Cairon essayait d’évaluer la situation et de lancer une attaque, la voix d’Atticus retentit et tout s’arrêta.
« Domaine. »