Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Les écrans devinrent noirs. L’onde de choc qui suivit la collision des deux attaques fut si intense qu’elle enveloppa toute l’arène, obscurcissant la retransmission en direct.
Les gens fixaient les écrans, les yeux écarquillés, se penchant en avant comme s’ils pouvaient ainsi voir le résultat de leurs propres yeux. La tension dans l’air était tout simplement insoutenable.
Pour eux, le combat devait être terminé. L’explosion dont ils venaient d’être témoins était trop immense, comme le point culminant de chaque combat.
Les secondes qui suivirent furent longues et pénibles pour tous les spectateurs. Les habitants du domaine humain sentaient leur cœur battre à tout rompre, beaucoup murmurant des prières entre leurs dents.
Le cœur d’Anastasia battait si fort que tout le monde dans le domaine de Ravenstein aurait pu l’entendre. Mais personne n’y prêtait attention, car leurs propres cœurs battaient également à tout rompre.
Finalement, l’inévitable se produisit. La poussière qui obscurcissait toute l’arène commença à se dissiper, révélant le résultat du combat.
D’un côté, les deux Cairon flottaient, armes à la main, le regard froid fixé devant eux, et une aura écrasante continuait de se former autour d’eux. Mais tout le monde était concentré sur un détail : ils étaient tous les deux indemnes.
Ils tournèrent leur attention vers l’autre côté, et le cœur des humains qui regardaient se serra. Des larmes coulaient sur le visage d’Anastasia comme si le monde s’écroulait autour d’elle.
Atticus flottait à peine au-dessus de l’abîme, le sang coulant régulièrement de ses blessures dans l’obscurité. Son corps entier était couvert de coupures et d’entailles, et il n’était plus vêtu de son exo-combinaison. Ses vêtements étaient déchirés et trempés de sang.
Il était dans un état épouvantable.
À cet instant, toute pensée de victoire s’évanouit dans l’esprit des humains. Mais alors, leurs regards croisèrent le sien, et tous leurs doutes s’évanouirent.
Malgré son état critique, malgré l’effort qu’il lui fallait pour rester en l’air, la froide détermination dans les yeux d’Atticus ne vacilla pas.
C’était comme s’il ne ressentait aucune douleur, comme si son état n’était qu’un simple désagrément.
Son regard était fixé sur une seule silhouette, l’un des deux Cairon qui flottaient devant lui. Magnus lui avait conseillé de survivre si cette capacité était utilisée contre lui, mais il lui avait également expliqué comment la contrer, en lui révélant une faiblesse, si l’on pouvait appeler cela ainsi. En raison de son immense difficulté, ce n’était toutefois pas vraiment une faiblesse.
Les yeux d’Atticus brillèrent.
« C’est le vrai. »
Les autres copies invoquées par Cairon étaient identiques en tous points : leur aura, leurs traits, et même leurs expressions. C’était comme si Cairon avait voulu créer des clones parfaits. La méthode pour briser cette technique était simple, mais son exécution ne l’était pas : il fallait tuer l’original. Face à cinq ennemis identiques, il était impossible de se concentrer sur un seul, et Atticus aurait été mort avant d’avoir pu faire quoi que ce soit, d’autant plus que chaque clone disposait de toute la puissance de Cairon.
Découvrir lequel était l’original était un autre défi.
Mais maintenant que leur nombre avait été réduit, ces défis semblaient surmontables.
Il fixa le Cairon sur sa gauche. Atticus ne savait pas comment ni pourquoi, mais il savait simplement que c’était l’original.
Les yeux de Cairon se fixèrent sur Atticus, son attention concentrée sur la silhouette battue devant lui. Il avait fait de son mieux pour ne pas l’admettre, mais avec tout ce qui s’était passé, il ne pouvait plus le nier.
À ce stade, il ne pouvait plus cacher sa surprise, non, son irritation, de voir Atticus toujours debout.
Il était ensanglanté, mais ses yeux étaient froids comme la glace. Il semblait à l’article de la mort, mais son aura vibrait avec une intensité croissante, comme si sa rage déformait l’espace autour d’eux.
Cairon sentit la colère envahir son corps. C’était lui qui aurait dû ressentir la rage dont Atticus faisait actuellement preuve. C’était lui dont le plan avait été interrompu. Comment cet humain osait-il ressentir de la colère alors qu’il était la victime ?
Cairon n’avait jamais été du genre à perdre son temps en paroles. Mais ces yeux… Il voulait qu’ils changent. Il les détestait. Il voulait y voir le désespoir, le désespoir total.
Les yeux d’Atticus le rendaient fou. Un insecte devait se comporter comme un insecte, rien de plus.
« Tu sais… quand cette compétition a commencé, je ne te considérais que comme un insecte, un humain sans valeur qui serait écrasé sous le poids du véritable pouvoir. Cela aurait dû être facile. »
La voix de Cairon résonna dans l’arène, atteignant les oreilles de tous les spectateurs. Il n’avait pas pris la peine d’ériger une barrière pour bloquer le son ; il voulait qu’Atticus et tous les autres l’entendent.
« Et pourtant, tu es toujours là… tu respires encore, tu es toujours aussi provocateur. Je dois admettre que tu as prouvé que tu étais plus qu’une simple nuisance. »
Cairon pencha la tête, le regard dur.
« Mais ne te méprends pas, humain. Ce n’est pas un compliment. C’est un rappel de ta place. Tu n’as fait que retarder l’inévitable. Tu t’accroches à la vie comme un fou désespéré, luttant contre une force que tu ne peux espérer vaincre. »
« Quoi qu’il en soit, je suppose que je devrais te remercier. Tu m’as révélé quelque chose d’intéressant… peut-être que ton espèce a du potentiel. Qui aurait cru qu’un humain comme toi pourrait me pousser aussi loin ? Quand cette compétition sera terminée, je visiterai ton domaine humain. Je prendrai mon temps pour expérimenter sur ton espèce. Je commencerai par ceux qui sont les plus proches de toi. Les membres de ta famille immédiate… puisqu’ils ont donné naissance à cette anomalie. »
« Oui… ils seront les premiers. Je veux voir si le reste de ta lignée pathétique possède la même étincelle que toi, ou si ce n’est qu’un hasard. »
« Et si ce n’est pas le cas, je les éliminerai tous. Un par un. Ils seront peut-être utiles pour autre chose, pour tester les limites de la douleur, par exemple. »
Le silence qui suivit fut lourd, et l’atmosphère devint suffocante.
Une colère intense bouillonnait dans tout le domaine humain.
Les gens serraient les poings, les yeux brûlants de rage.
Une expérience.
Au fil des ans, les humains avaient été confrontés à toutes sortes de mépris de la part des autres races, parfois direct, parfois indirect. Mais entendre un jeune homme, qui n’avait même pas 20 ans, prononcer ces mots était exaspérant.