Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Les deux seuls apex qui n’appartenaient pas aux races supérieures encore en lice étaient Atticus et Ae’ark. Ce dernier avait affronté l’apex Démon et l’avait vaincu, tandis que le premier avait battu l’apex Dragon.
Il va sans dire que le nombre de regards rivés sur l’écran d’Atticus augmenta considérablement, surtout lorsque tout le monde vit avec qui il allait affronter lors du prochain combat.
L’excitation dans le domaine humain s’était rapidement calmée. Beaucoup ne pouvaient s’empêcher de maudire la malchance. L’univers détestait-il autant les humains ?
Anastasia serra plus fort le bras d’Avalon, et le regard de ce dernier devint extrêmement sérieux. En fait, tout le domaine Ravenstein était devenu silencieux, tout le monde fixant intensément l’écran.
Le prochain adversaire d’Atticus était fort.
Dans chaque événement Nexus, il y avait toujours des spéculations sur qui allait gagner, basées sur les performances passées, les faits et les capacités pures.
Il allait sans dire que les humains n’avaient jamais fait partie de ces listes. Cependant, il y avait une race qui, bien qu’elle ne soit pas ouvertement mentionnée, était intérieurement considérée comme la plus dangereuse.
Cette race avait le taux de victoire le plus élevé depuis le début du Nexus et accueillait le Verietega Nexus de cette année.
Les yeux bleus et froids d’Atticus s’ouvrirent brusquement. Il se retrouva debout à l’une des extrémités d’un chemin qui s’étendait à l’infini devant lui.
Tout autour de lui, des plates-formes flottaient dans le lointain, et en dessous, sous le chemin, se trouvait un énorme gouffre qui englobait tout.
‘C’est profond’, pensa-t-il.
Le gouffre était complètement noir, et malgré la acuité de sa vue, Atticus ne pouvait pas en voir le fond.
Après avoir examiné attentivement les environs, Atticus s’inspecta rapidement.
‘Rien n’a changé, j’ai toujours mes drapeaux’, constata-t-il.
Ses éléments et son mana n’étaient pas restreints, et sa volonté était déjà à son maximum.
Sur ce, Atticus tourna son regard vers l’avant et se mit à marcher. Le chemin faisait environ 10 mètres de large et était fait d’un matériau qu’il ne pouvait identifier.
Il essaya d’utiliser son élément terre pour le sonder, mais celui-ci ne réagit pas : il n’était pas composé de molécules de terre. Ce n’était pas de la terre.
Les minutes passèrent tandis qu’Atticus continuait d’avancer à un rythme régulier, sans jamais accélérer le pas. Il était déterminé à prendre son temps et à ne pas se précipiter.
Les spectateurs continuaient de l’observer attentivement, anticipant la rencontre inévitable qui allait bientôt avoir lieu.
Très vite, les yeux d’Atticus brillèrent et son expression se durcit.
‘Alors… c’est lui.’
Une silhouette émergea de la brume de l’espace déformé, chaque pas lent et délibéré, comme si le temps lui-même s’inclinait devant lui.
Le sol sous ses pieds ondulait, rejetant le poids de sa présence.
Ses cheveux argentés, brillant faiblement contre sa peau éthérée et translucide, flottaient derrière lui comme un étendard de domination.
L’air vibrait violemment sous la pression de son approche, le monde semblant emprisonné par la gravité écrasante de sa volonté.
Carion Valarius, l’apex de la race des Dimensari.
Son regard, bien que fixé sur Atticus, semblait distant, comme s’il existait au-delà du temps lui-même.
Atticus ne s’arrêta pas, son regard ne vacilla pas une seule fois, fixé sur celui de Carion.
D’une manière étrange, le bruit de leurs pas se synchronisa, résonnant dans le silence inquiétant de l’arène.
Le monde entier retint son souffle lorsque les deux silhouettes s’arrêtèrent brusquement à exactement 20 mètres l’une de l’autre. Une distance qui n’en était pas vraiment une, compte tenu de qui ils étaient.
Une minute s’écoula, et ils restèrent simplement là, à se regarder, à s’observer.
Le silence était suffocant. Les habitants du domaine humain avaient l’impression qu’ils allaient s’arracher les cheveux de frustration.
Pourquoi restaient-ils là, immobiles ?
Leurs armes étaient rangées dans leurs fourreaux, vibrant d’intensité, mais aucun d’eux ne bougeait.
Une autre minute s’écoula, puis l’un d’eux rompit enfin le silence.
L’espace autour d’eux s’épaissit brusquement, formant une barrière qui les enveloppa tous les deux. Atticus ne bougea pas ; il savait pourquoi Carion formait cette barrière.
« Tu as sauvé le Dragon Apex. Pourquoi ? » demanda Carion.
Atticus répondit par une autre question. « Tu es responsable de ce jeu mortel ? »
Carion fronça les sourcils. Ce mépris flagrant l’irritait. Néanmoins, il répondit.
« Ce jeu mortel a lieu parce qu’il est nécessaire. Les faibles doivent être éliminés, seuls les plus forts méritent de rester en vie. Après cette compétition, je tuerai le reptile que tu as épargné. Un seul apex sortira vainqueur aujourd’hui. Les autres ne sont que des sacrifices. »
La voix de Carion restait mesurée, froide et calme, comme s’il énonçait simplement une vérité indéniable.
« Ta raison était évidente. Je la vois dans tes yeux. Tu penses que c’est important : les amis, la famille, l’unité, la compassion… Ce ne sont que des chaînes. Elles t’entravent, te retiennent, affaiblissent ta détermination. Pendant que tu gaspilles ton énergie à protéger les autres, je me suis libéré de ces distractions. La famille n’est qu’une prison pour les faibles d’esprit, un fardeau qui t’oblige à faire des compromis. Tous ces liens auxquels tu t’accroches finiront par te trahir, t’alourdir et, au final, te détruire. La solitude est le seul véritable pouvoir. »
« Pourtant… tu t’es révélé utile. Avoir une volonté aussi forte, malgré toutes tes limites, est impressionnant. Je te l’accorde. Mais c’est du gâchis. Soumets-toi à moi, et je te laisserai vivre. »
« Deviens mon esclave. Refuse, et tu mourras. »
Carion parla sans pause, d’un ton direct et autoritaire, comme s’il était un dieu s’adressant à un fidèle, faisant une faveur à Atticus en lui offrant simplement la chance de vivre.
La réponse d’Atticus fut simple. « Non. »
Carion pencha légèrement la tête, plissant les yeux.
Ce refus ne le surprit pas, mais l’irrita néanmoins. Atticus était une anomalie, une variable qu’il n’avait pas prise en compte. Carion méprisait l’échec, et il ne pouvait tolérer cette défiance.
« Très bien. »
Les mains de Carion se déplacèrent derrière son dos dans un mouvement fluide et sans hâte. Sa posture se détendit, mais Atticus le sentit.
L’espace autour d’eux changea, de manière subtile, presque imperceptible. L’instinct d’Atticus lui cria de se méfier. Il se mit sur ses gardes et son mana bouillonna.
Le sol sous ses pieds se fissura alors qu’il se précipitait en avant, sa lame brillant dans la lumière.
Mais alors qu’il avançait, il comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas. Carion ne bougeait pas, et pourtant la distance entre eux ne se réduisait pas.
En fait, Carion semblait s’éloigner. Plus Atticus poussait, plus l’espace se déformait, comme s’il était piégé dans un gouffre invisible qui s’élargissait.
Le visage d’Atticus se figea.