Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Atticus était le genre de personne qui aurait regardé une bête dévorer quelqu’un sans rien faire, surtout si cela avait pu compromettre sa sécurité.
Il n’aurait ressenti ni tristesse ni culpabilité, il n’aurait rien ressenti du tout. Cependant, il éprouvait actuellement beaucoup d’émotions en regardant la mère et sa fille.
Au fond de lui, Atticus savait exactement pourquoi il ressentait cela.
Ce n’était pas parce qu’il s’agissait d’une jeune fille ; Atticus ne s’était jamais soucié du genre. C’était autre chose. Sans cet événement, même lui n’aurait jamais imaginé avoir un tel faible pour quelque chose comme ça.
Pourquoi Atticus ressentait-il cela ? Pour faire simple, voir une mère protéger son enfant et le faire passer avant tout malgré la situation lui rappelait sa propre mère, Anastasia. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la pitié pour cette femme.
Cela lui fit également prendre conscience d’autre chose : sa réflexion précédente était erronée. Il avait prévu de tuer tout le monde dans cette pièce, sans vraiment tenir compte du fait que beaucoup pouvaient être là contre leur gré, capturés et réduits en esclavage.
Les humains étaient des êtres naturellement complexes, et Atticus commençait tout juste à le comprendre.
Cependant, il n’avait aucun doute sur la suite des événements.
Son regard glacial se posa sur les chasseurs qui riaient et buvaient dans la salle, sans se soucier de rien.
Alors que les deux femmes continuaient à servir la nourriture et les boissons dans la cuisine, les lumières du bâtiment clignotèrent et le feu qui rugissait au milieu de la pièce s’éteignit.
Les chasseurs, pris dans l’ambiance bruyante, ne s’en aperçurent pas tout de suite. Mais lorsque les lumières s’éteignirent soudainement, plongeant la salle dans l’obscurité, les rires cessèrent instantanément.
« Qu’est-ce qui se passe ? » grogna l’un des chasseurs en cherchant son arme à tâtons. Les autres réagirent par instinct et, à ce moment-là, ils comprirent que quelque chose n’allait pas.
C’étaient des chasseurs qui avaient aiguisé leurs sens au fil des ans. Ils avaient l’habitude d’être les chasseurs, mais ils savaient aussi ce que c’était que d’être la proie.
Avant que quiconque puisse réagir, des flashs de lumière bleue et rouge éclatèrent soudainement dans la salle, l’illuminant dans un effet stroboscopique chaotique.
Les flashs étaient accompagnés du bruit de coups mortels et précis, suivis de cris soudains, puis du bruit sourd et écœurant des corps tombant sur le sol.
« Nous sommes attaqués ! »
« Que quelqu’un allume les lumières ! »
« Ultor ! Utilise ta lignée et montre-nous cette ordure ! »
Malgré leur état d’ivresse avancé, l’intensité du moment les dégrisa rapidement.
Des cris remplirent l’air tandis que les chasseurs se précipitaient pour se défendre, mais en vain.
Tout ce qu’ils voyaient était une traînée rouge avant que les têtes ne soient coupées et roulent sur le sol.
Atticus se déplaçait comme un fantôme dans l’obscurité, sa lame tranchant les chasseurs avec une efficacité et une facilité brutales. Aucun d’entre eux ne parvint à activer sa lignée ou ses capacités.
C’était comme si Atticus savait exactement qui était sur le point d’utiliser son mana ou ses pouvoirs et les éliminait avant qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit.
Un par un, ils tombèrent, incapables de voir leur agresseur ou de comprendre ce qui se passait.
« Ça va, ça va », dit la femme âgée en serrant sa fille dans ses bras, toutes deux blotties sur le sol de la cuisine tandis que le chaos se déchaînait.
Sa voix était calme, mais son corps tremblant trahissait sa peur. L’attaquant était sans aucun doute brutal et semblait déterminé à tuer tout le monde dans la pièce.
Les cris résonnaient sans discontinuer, remplissant le couloir d’un son sinistre et implacable. Après quelques secondes intenses, les lumières du couloir se remirent soudainement en marche, révélant un silence assourdissant.
Ni la mère ni la fille n’osèrent se lever pour vérifier la situation, mais bientôt, le bruit de quelqu’un qui étouffait parvint à leurs oreilles.
La mère serra les poings, retrouvant un peu de sang-froid. Elle tapota la tête de sa fille avant de jeter un coup d’œil prudent par la fenêtre de la cuisine. Ses yeux tremblèrent devant la scène qui s’offrait à elle.
Une silhouette vêtue d’un costume noir moulant et d’un voile rouge couvrant son visage se tenait au milieu du hall, tenant fermement l’homme qui venait de la gifler.
L’homme, Jeff, était sans aucun doute plus grand et plus musclé que cette silhouette, mais cela n’avait aucune importance. Jeff luttait pour respirer, son visage prenant une teinte bleu intense.
Tout autour de cette silhouette, le hall était baigné de sang cramoisi. Plus de 200 chasseurs gisaient, la tête coupée, leurs corps sans vie éparpillés un peu partout.
Un démon.
Ce fut le premier mot qui lui vint à l’esprit.
Jeff griffait et se débattait, essayant désespérément d’échapper à l’emprise d’Atticus, mais en vain. La prise se resserra et un craquement retentissant résonna dans la salle.
Le corps sans vie de Jeff tomba sur le sol dans un bruit sourd et écœurant.
La mère était incapable de bouger, complètement figée par le choc. L’adolescente, remarquant la réaction de sa mère, leva lentement les yeux, les yeux écarquillés d’incrédulité. Les chasseurs avaient disparu, jusqu’au dernier.
Atticus se tenait au centre du chaos. Son expression était aussi froide et calculée que jamais. Il se tourna vers les deux femmes, qui sursautèrent.
Atticus s’approcha soudainement, les poussant à reculer, terrifiées. Alors qu’elles s’apprêtaient à crier, Atticus disparut et elles entendirent soudainement une voix derrière elles.
« Ne criez pas. »
La voix était froide et calme, et elles obéirent immédiatement, couvrant instinctivement leur bouche de leurs mains, le corps tremblant.
« Écoutez-moi attentivement. L’Ordre Obsidien est mon ennemi, et j’ai l’intention de l’éradiquer jusqu’au dernier. Je n’ai pas l’intention de vous tuer, mais ne me prenez pas pour un héros. Votre sécurité ne dépend que de vous, et je n’interviendrai probablement pas si vous sortez et vous vous faites capturer. Je vous suggère de trouver un endroit sûr où vous cacher. »
L’aura d’Atticus devint soudain glaciale et enveloppa les deux femmes, les faisant trembler encore plus violemment.
« Croyez-moi quand je vous dis que si je découvre que l’une de vous m’a trahi d’une manière ou d’une autre, j’irai jusqu’au bout du monde pour mettre fin à votre existence. »
Dès qu’Atticus eut fini de parler, sans un mot, il se retourna et disparut dans la nuit, laissant derrière lui la mère et la fille tremblantes.