Chapitre 543 – Touché
Chapitre 543 – Touché
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Le nombre de pensées qui traversaient l’esprit d’Atticus à ce moment-là était stupéfiant. Elles étaient si nombreuses que beaucoup n’auraient même pas essayé de les compter.
Et pourtant, malgré le nombre vertigineux de scénarios qui se jouaient dans son esprit, à la fin de la journée, un seul subsistait.
Dès qu’il lui vint à l’esprit, Atticus s’y accrocha comme si c’était son dernier espoir. Il examina immédiatement cette pensée, la scruta minutieusement, petit à petit, jusqu’à ce que ce qui n’était qu’une petite idée au fond de son esprit se transforme en quelque chose de remarquable.
Atticus n’avait absolument aucune idée de qui était le garçon devant lui. Magnus avait pris soin de s’assurer qu’il ne sache rien de son adversaire. Il ne connaissait même pas sa race !
Il ne connaissait pas leur comportement, leur culture, leur mode de vie, leur façon de réagir aux choses. Il ne connaissait pas non plus leur structure gouvernementale ni leur mode de gouvernement. Plus important encore, Atticus n’avait aucune idée de leurs capacités.
« Attends-toi toujours à l’inattendu. » Les mots de Magnus ne pouvaient s’empêcher de lui revenir à l’esprit malgré la situation désespérée.
Que voulait dire Magnus ? Le sens de ces mots était incroyablement simple, si simple qu’Atticus le connaissait depuis longtemps.
Il ne devait pas se fier à des informations préétablies, même si elles étaient vraies. Il devait prendre tout avec des pincettes et, lorsqu’il était au combat, il ne devait agir qu’en fonction des informations qu’il avait vues, ressenties et confirmées.
Atticus avait analysé, analysé et analysé encore : pourquoi ses attaques traversaient-elles le corps du garçon comme s’il s’agissait d’une illusion ? Pourquoi certaines de ses attaques frappaient-elles son poing dur ? Son corps était-il fait de brume ? Pourquoi aucun de ses éléments ne fonctionnait, pas même l’espace ?
Il y avait de nombreuses possibilités, et Atticus pouvait affirmer avec certitude qu’il les avait toutes envisagées, ou presque.
Atticus s’était complètement concentré sur ses sensations et essayait de percevoir chaque nuance lorsque sa main traversait le corps du garçon. Il avait focalisé toute son attention sur lui pendant que son attaque le traversait.
Cela lui prit une minute, un temps qui semblait court mais qui, compte tenu de la situation, était en réalité incroyablement long.
Atticus l’avait senti.
La manière incroyablement subtile dont la signature mana du garçon changeait à chaque fois que sa main le traversait.
Cette petite découverte lui fit immédiatement penser à l’entrée de la grotte du Seraphon des ombres, dans son campement.
Pour entrer dans la grotte, Atticus avait dû imiter la signature de mana de la barrière afin de la traverser.
Atticus n’avait pas osé, même une seconde, penser à essayer cela sur un être humain normal.
Les signatures changeaient à chaque instant, et malgré cela, la chair, le sang et les os d’Atticus n’étaient pas suffisamment en phase avec le mana pour qu’il puisse les ignorer et passer à travers quelqu’un d’autre. Les humains en général auraient certainement ce problème.
Mais si… s’il existait une autre race d’êtres humains sans cette limitation ? Une race capable de contrôler le mana à un point tel qu’elle pouvait imiter sans effort la signature d’une autre personne en un instant ?
Le fait qu’il utilise des éléments n’avait aucune importance. Ils étaient fondamentalement constitués de mana et portaient tous la signature mana d’Atticus.
Cela lui avait pris une minute, mais il était parvenu à la conclusion la plus probable : le garçon imitait sa signature mana à chaque seconde et traversait ses attaques comme s’il n’était pas là.
Leurs poings s’entrechoquaient dans un bruit sourd qui résonnait dans toute la zone, les deux silhouettes se déplaçant d’un endroit à l’autre, leurs poings durs se rencontrant avec force.
Atticus ne souriait pas, il ne ressentait aucune satisfaction à la suite de sa découverte. Il n’avait jamais été du genre à gaspiller les occasions qui se présentaient. Dès qu’il fut parvenu à cette conclusion, il agit sans hésiter.
Alors que la pluie de coups ne semblait pas vouloir s’arrêter, le regard d’Atticus s’est embrumé et ses yeux ont pris une teinte cramoisie. Une aura rouge vif a jailli de sa silhouette et sa vitesse a atteint son paroxysme.
La nature de ses mouvements a changé, un bouclier cramoisi de la taille d’un pied est apparu sous ses pieds et sa posture s’est raffermie.
Telle une vague tourbillonnante, Atticus se déplaçait avec fluidité, esquivant les coups dévastateurs comme une rivière se frayant un chemin à travers un terrain rocheux.
Chacun de ses mouvements était fluide et précis, son corps ondulant avec la grâce d’un danseur et la puissance d’une tempête.
Les attaques d’Ae’ark ne rencontraient que de l’air, leur fureur s’écrasant sans effet autour d’Atticus qui se faufilait et tournoyait, incarnant la fluidité de l’eau.
Les yeux d’Atticus, concentrés et calmes, devinrent glacés alors qu’il réduisait la distance, apparaissant à quelques centimètres d’Ae’ark avec finesse.
L’aura cramoisie qui enveloppait son bras droit explosa, son poing fonçant vers l’avant avec une force intense.
Pour la première fois depuis le début du combat, le visage d’Ae’ark laissa transparaître une légère émotion, son regard se plissant légèrement sous le choc. Il leva le bras pour bloquer le coup, mais il était trop tard.
Le poing frappa la joue gauche d’Ae’ark comme un météore s’écrasant sur la terre, l’impact fut assourdissant et cataclysmique.
Une onde de choc se propagea, brisant l’air autour d’eux tandis que la tête d’Ae’ark était violemment projetée sur le côté. La force brute le propulsa en arrière à une vitesse fulgurante, son corps devenant flou alors qu’il s’écrasait sur la plate-forme dure sur plusieurs mètres.
Le sol trembla sous la puissance du coup, de la poussière et des débris explosant dans les airs dans son sillage.
Du sang jaillit de la bouche d’Ae’ark, son expression se durcit alors qu’il effectuait une pirouette dans les airs, avant de s’arrêter brusquement, à quatre pattes sur le sol dur.
Tout le monde se tut, mais c’était la dernière chose que voulaient faire les humains qui assistaient au combat. Ils n’avaient qu’une envie : crier et applaudir à pleins poumons.
Les chefs des autres races étaient intouchables.
Ce petit détail était ancré dans l’esprit de tous les humains qui avaient déjà rencontré les membres des autres races.
Ils étaient tellement plus puissants que leurs semblables qu’il était impossible de rêver ne serait-ce que de toucher un cheveu de leur corps.