Chapitre 542 – Je vois
Chapitre 542 – Je vois
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Ae’zard resta complètement silencieux. Qu’est-ce qui donnait à cet homme autant d’assurance ?
Il n’avait pas jugé cela nécessaire auparavant, car il estimait que cela était indigne de lui, mais maintenant qu’il entendait Magnus parler, il n’en était plus si sûr.
Ae’zard baissa les yeux et scruta Atticus de près, et pas même une nanoseconde ne s’écoula avant qu’un de ses sourcils ne se soulève imperceptiblement.
Un sourire apparut sur le visage d’Ae’zard. « Pas étonnant que tu sois si prudent, mon vieil ami. Vous avez enfin trouvé votre apex, hein ? »
Même les grands maîtres avaient du mal à comprendre la perception d’un paragon, surtout lorsqu’il s’agissait de membres de la race d’Ae’zard.
Les Aeonias.
Contrairement à la race des os, les Aeoniens étaient un peuple mystique et insaisissable.
Ils étaient entièrement concentrés sur la connaissance et la quête de l’inconnu. Cependant, toutes les races d’Eldoralth savaient qu’il ne fallait pas les sous-estimer.
Ils pouvaient sembler être de sages érudits faibles, mais ils étaient tout sauf cela. Dans leur quête de la connaissance et de l’inconnu, ils s’intéressaient particulièrement au mana et à son potentiel infini, ainsi qu’à la manière de l’utiliser efficacement au combat.
Leur maîtrise du mana était si incroyable qu’on aurait pu croire qu’ils étaient devenus le mana lui-même.
Dès qu’il eut examiné Atticus, il remarqua immédiatement un certain nombre de choses que beaucoup n’auraient pas pu voir. Malgré ses efforts pour le cacher, le nombre impressionnant de signaux élémentaires qu’il émettait et la force contenue dans chacun de ses membres étaient supérieurs à son rang.
« Un rang Expert+, hein ? Comme la plupart des autres Apex. Intéressant. »
Magnus ne répondit pas, mais son message était clair : on verra bien.
Tous les membres de l’équipage de l’Aegis, Dario et Yotad compris, fixaient intensément Atticus et le jeune garçon qui se faisaient face sur l’immense plate-forme.
« Vous semblez très investi dans ce combat, capitaine »,
L’homme qu’Atticus avait initialement identifié comme le chef de l’équipage de l’Aegis tourna son regard vers Amara, qui venait de parler.
Le capitaine sourit et reporta son attention sur la plate-forme. « Je ne peux pas vraiment te blâmer, Amara. C’est probablement la première fois que tu pars en mission en dehors de notre domaine. Tu n’as pas encore eu l’occasion de voir les autres races. »
« Le garçon que tu vois là, debout devant le jeune maître, c’est l’Apex des Aeonias. »
Amara écarquilla les yeux, mais elle n’était pas la seule. Les autres membres de l’équipage se mirent instantanément à discuter, choqués par cette révélation.
Apex ?
Cette même question traversa l’esprit de chacun d’entre eux. Ce titre avait tellement de poids et l’individu était tellement important qu’ils avaient tous du mal à croire qu’ils se trouvaient si près d’un être de cette envergure.
Dès qu’ils comprirent les paroles du capitaine, une autre prise de conscience s’imposa soudainement à eux. Que diable faisait leur jeune maître face à un Apex ?
Dario et Yotad réagirent différemment. Atticus leur avait dit la veille qu’il avait été désigné comme l’apex du domaine humain ; les autres membres de l’équipage n’étaient pas au courant. Cependant, ils ne pouvaient s’empêcher de s’inquiéter.
Les habitants du domaine humain avaient déjà bien intégré que les autres races étaient infiniment plus puissantes qu’eux. On pourrait dire qu’il s’agissait d’un complexe d’infériorité.
Ils n’avaient jamais vu Atticus se battre, mais il leur était vraiment difficile de croire qu’il puisse être au même niveau qu’un Apex.
Avec une vigueur renouvelée, ils fixèrent tous leur regard sur la plate-forme, impatients de voir comment leur jeune maître allait se débrouiller face à un Apex.
Atticus était calme.
Il ressentait une haine incroyable pour le garçon devant lui, mais il la réprima. Il n’avait jamais été du genre à agir sous le coup de ses émotions.
‘Un Apex, hein ?’
Magnus et Ae’zard n’avaient pas cherché à cacher leur conversation. Atticus avait tout entendu, et il était facile de deviner ce qu’ils voulaient dire.
Il était sur le point d’affronter un Apex.
« Je m’appelle Ae’ark ».
Le regard d’Atticus se fit plus intense lorsqu’il se posa sur le garçon qui venait de parler. Ae’ark venait de s’incliner légèrement pour se présenter. Sa voix était à la fois aiguë et calme.
Il ne dégageait aucune trace de mépris. Atticus s’y attendait un peu, sachant à quel point les autres races considéraient les humains comme faibles.
Ae’ark n’était pas non plus trop sûr de lui ; Atticus pouvait voir que le garçon était confiant, mais qu’il n’avait pas l’intention de sous-estimer son adversaire. Atticus ne savait pas si c’était juste des paroles en l’air, mais le garçon dégageait une aura de rang Expert+.
Cependant, son regard ne pouvait s’empêcher d’être attiré par la lance accrochée dans son dos.
Atticus marqua une pause, se demandant s’il devait répondre ou non. ‘Comprennent-ils notre langue, ou s’agit-il d’un traducteur high-tech ?’ se demanda-t-il. Il décida finalement de répondre.
« Je m’appelle Atticus. »
Atticus imita le geste d’Ae’ark et s’inclina légèrement, mais c’est tout ce qu’il eut le temps de faire, car une voix grave et autoritaire résonna dans toute la zone.
« Commence. »
Pas une nanoseconde ne fut perdue.
Le corps d’Ae’ark semblait avoir répété ces mouvements pendant des générations.
Il se précipita en avant, se déplaçant rapidement de gauche à droite, ses jambes semblant ne pas peser, et il combla l’énorme distance qui les séparait en un éclair.
D’un puissant coup de pied gauche, il pivota sur ses hanches et lança sa main droite vers l’avant.
Malgré la soudaineté de la situation, le regard d’Atticus était d’un calme effrayant.
Il releva la tête pour voir un coup de poing dévastateur apparaître à quelques centimètres de sa poitrine.
La réaction d’Atticus fut instinctive. Un bouclier doré apparut instantanément entre sa poitrine et le coup de poing, aveuglant par son éclat.
Cependant, le regard d’Atticus ne put s’empêcher de se rétrécir lorsque le coup de poing, qui était censé être arrêté par le bouclier doré, le traversa comme s’il s’agissait d’une simple illusion.
Des poings durs frappèrent sa poitrine, et le bruit brutal des os qui se brisaient résonna comme un coup de tonnerre, se répercutant avec une intensité glaciale dans toute la zone.
Atticus eut le souffle coupé, crachant une bouffée de sang avant d’être projeté en arrière comme un boulet de canon.
Son esprit tournait comme celui d’un boxeur sonné par un coup de poing, ses pensées se dispersant dans toutes les directions.
‘Reprends-toi !’
Cela ne dura qu’une demi-seconde. Atticus reprit le contrôle de lui-même et effectua une pirouette dans les airs, glissant sur le sol dur.
L’esprit étrangement clair, il effectua plusieurs actions à la fois.
Une bulle d’eau enveloppa sa poitrine, guérissant ses blessures.
La nature de son mouvement changea, sa silhouette vacillant vers le bas, évitant de justesse un coup de pied circulaire à quelques centimètres de sa tête.
Ses mouvements étaient fluides, son attention se portant désormais sur l’élément espace.
Atticus se téléporta au-dessus d’Ae’ark, sa jambe droite enveloppée de flammes ardentes descendant vers sa tête comme un météore s’écrasant sur la terre.
L’expression calme sur le visage d’Atticus menaçait de s’effondrer lorsque ce qui devait être une jambe brûlante rencontrant une tête s’avéra être tout le contraire.
Comme si tout son être n’était qu’une illusion, les jambes enflammées d’Atticus traversèrent la tête d’Ae’ark jusqu’au sol.
La riposte fut rapide, un coup de poing fulgurant atterrit sur l’estomac d’Atticus dans la seconde qui suivit, sa force intense le pliant en deux.
Crachant une nouvelle gorgée de sang, Atticus fut une nouvelle fois projeté en arrière dans les airs.
À ce moment-là, l’esprit d’Atticus était un tourbillon de pensées dispersées, aucune d’entre elles ne parvenant à aboutir à une conclusion cohérente. Il était complètement perdu.
Que se passait-il, bon sang ?
Était-ce leur triche ?
Était-ce pour cela que les autres races étaient plus puissantes qu’eux ?
Pour Atticus, la situation actuelle était si déroutante qu’il ne voulait qu’une seule chose : de l’espace et du temps pour réfléchir.
Il était tellement désespéré qu’il avait inconsciemment poussé sa perception à son maximum, son esprit fonctionnant à une vitesse fulgurante.
Malheureusement pour Atticus, il ne disposa de cet espace et de ce temps que pendant 3/10e de seconde.
Ae’ark apparut au-dessus d’Atticus comme un fantôme.
Le visage toujours impassible depuis le début du combat, les mains levées vers le ciel et les jambes droites et fermes comme une règle, il fonça vers Atticus à une vitesse fulgurante.
‘Ce n’est pas le moment !’
Le regard vague d’Atticus redevint clair, ses yeux se plissèrent et se posèrent sur Ae’ark.
La nature de son mouvement changea, une vague d’énergie exaltante parcourant ses veines alors qu’il atteignait une nouvelle vitesse.
Tel un éclair, Atticus bondit sur le côté puis fonça en avant, esquivant le coup brutal et comblant l’écart entre eux en un instant.
Avec un rugissement, il déchaîna une rafale de coups de poing rapides comme l’éclair. Ses poings se brouillèrent, frappant avec la fureur d’une tempête.
Cependant, le titre d’Apex n’était pas là pour faire joli.
La douce lueur bleue qui émanait de la silhouette d’Ae’ark changea brusquement. Sa couleur passa du bleu au vert en un instant.
La vitesse d’Ae’ark explosa, ses mouvements imitant ceux d’Atticus.
Ses poings volaient dans un éblouissant déploiement de vitesse et de puissance. L’air bourdonnait d’énergie.
Des étincelles jaillissaient à chaque collision de leurs poings, chaque coup résonnant comme un coup de tonnerre. Le combat était acharné, la puissance brute affrontant la puissance brute, aucun des deux ne cédant un pouce de terrain.
Les spectateurs regardaient en silence, beaucoup bouche bée devant la puissance intense dont faisaient preuve ces jeunes enfants.
Le regard d’Atticus était perçant, ses mouvements électriques. Ses mains se déplaçaient dans un tourbillon flou, ses poings durs rencontrant d’autres poings durs, certains passant à travers comme s’ils n’existaient pas.
Malgré la situation intense, l’esprit d’Atticus fonctionnait comme un superordinateur, tournant à toute vitesse.
Atticus analysait, analysait et analysait encore. De multiples scénarios et possibilités défilèrent rapidement dans son esprit.
Une minute s’écoula, l’intensité du moment atteignit son paroxysme avant qu’une pensée ne vienne à l’esprit d’Atticus.
Le regard d’Atticus s’illumina, ses pensées se précisant.
‘Je vois.’