Chapitre 384 – Plus jamais
Chapitre 384 – Plus jamais
Auteur : RealmWeaver
Traductrice : Moonkissed
Atticus sortit des imposantes portes du manoir, son visage conservant toujours la même expression neutre.
Le campement était toujours animé par différents membres de la division qui se promenaient dans le camp. Aucun d’entre eux n’était au courant de l’attaque d’Aurora.
Malgré l’embuscade, Aurora avait été l’une des premières à atteindre le camp. Et comme elle n’avait pas été gravement blessée, les membres normaux de la division ne l’avaient pas vue alors qu’elle se dirigeait vers le manoir.
Sans la présence de certains jeunes Ravenstein déjà au manoir qui l’avaient vue, il est possible qu’Atticus ne l’ait même pas découverte.
Dès qu’il avait franchi les portes, Atticus avait soudainement levé les yeux et avait poussé un soupir profond et frissonnant qui avait duré quelques secondes.
Puis il baissa à nouveau les yeux et se tourna soudainement en direction de la porte nord.
Et là, Atticus se mit à courir.
Ce n’était pas le genre de course extrêmement rapide ou si puissante que les environs en étaient affectés.
En fait, Atticus n’avait pas utilisé la moindre parcelle de mana pendant cette course.
Et bien que l’on eût encore l’impression qu’un Surhomme courait, il semblait un peu normal, comme s’il essayait de… lutter.
Atticus courut de toutes ses forces, atteignant la porte nord en quelques secondes, l’escaladant facilement.
Dès qu’il atterrit de l’autre côté du mur, Atticus continua sa course en direction de la forêt.
Malgré tous ses efforts, Atticus ne ressentait rien.
Même s’il courait actuellement à la vitesse maximale que sa force passive pouvait atteindre sans utiliser activement de mana, Atticus ne ressentait toujours aucune tension.
Atticus avait besoin de ressentir quelque chose, quelque chose qui le réveillerait immédiatement de son rêve. Quelque chose d’intense.
Atticus voulait ressentir de la douleur.
Après avoir couru pendant quelques minutes, le regard d’Atticus se fixa sur les arbres imposants de la forêt.
Chacun d’entre eux mesurait au moins 50 mètres de haut et leur largeur était tout simplement épaisse, chacun d’entre eux était si large qu’il ferait honte à la largeur d’un grand chêne.
Malgré tous les déchaînements qu’Atticus avait provoqués dans la forêt au cours du mois précédent, il n’avait jamais vu aucun des arbres de la forêt tomber.
Bien qu’il n’ait pas activement visé les arbres, c’était tout de même une découverte très surprenante.
Les attaques qu’il déchaînait habituellement étaient remplies de mana et n’étaient donc pas faibles du tout, et pourtant, ils restaient tous debout.
Au vu de toutes ces informations, c’était exactement pour cela que le résultat de la prochaine action d’Atticus n’était pas surprenant.
Dès qu’Atticus entra dans la forêt, son regard se fixa instantanément sur la forme imposante d’un arbre alors qu’il réduisait la distance entre eux.
Après avoir délibérément reculé son bras, Atticus déchaîna soudainement un coup de poing explosif qui frappa l’arbre avec une intensité folle.
Des ondes de choc se propagèrent dans la zone lorsque le coup de poing atterrit, des vibrations intenses se propageant dans tout l’arbre.
Le résultat du coup de poing fut tout simplement brutal, une quantité intense de sang éclaboussant l’arbre, dont une partie se retrouva sur le sol environnant.
Le bras droit d’Atticus se mit immédiatement à saigner.
Mais Atticus ne semblait pas s’en soucier ; en fait, son regard ne broncha même pas, comme s’il ne ressentait pas la moindre douleur.
La main gauche d’Atticus bougea alors qu’il la ramenait en arrière, déclenchant instantanément un autre coup de poing qui atterrit avec une intensité brutale sur l’arbre.
Puis un autre, et un autre, et un autre.
Malgré le sang qui coulait de ses deux mains, Atticus ne semblait pas s’en soucier alors qu’il continuait à frapper l’arbre sans utiliser la moindre parcelle de mana.
Atticus continuait à se poser la même question dans sa tête pendant qu’il frappait : ‘Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?’
Il va sans dire que ce serait la première fois qu’Atticus perdrait son sang-froid, et beaucoup ne pouvaient que se demander : pourquoi agissait-il ainsi ?
Certaines personnes avaient attaqué Aurora ; ne devraient-elles pas être celles qui subissent sa colère ? Pourquoi faire du mal au pauvre arbre ?
Mais pour l’instant, il n’y avait qu’une seule personne contre laquelle Atticus était en colère, et ce n’était nul autre que lui-même.
Il n’avait pas arrêté de crier qu’il voulait devenir plus fort pour protéger ses proches, mais que s’était-il passé ?
Ils avaient attaqué Aurora à cause de lui. Parce qu’il n’avait pas réussi à maîtriser ses ennemis et qu’il avait mis Aurora en danger.
Et ce qui semblait alimenter sa colère, c’était le fait qu’ils avaient attaqué Aurora à cause de lui, et que faisait-il pendant ce temps ? Il avait un rendez-vous.
BAM !
Atticus frappa l’arbre de son poing, répandant un mélange macabre de sang et d’os autour de lui.
Atticus était en colère.
Il était en colère contre lui-même d’avoir pensé qu’il valait mieux ne montrer qu’une puissance appropriée afin d’éviter tout problème qui pourrait se présenter à lui.
Cette stupide décision était la raison pour laquelle tout cela arrivait.
Les gens ne s’en prenaient qu’à ceux qu’ils perçevaient comme leurs égaux ou leurs inférieurs.
Tout cela était arrivé parce que ces imbéciles pensaient qu’ils avaient une chance contre lui.
C’était sa faute.
C’était entièrement de sa faute de ne pas leur avoir montré leur place dès le début.
Atticus frappa l’arbre d’un grand BAM retentissant pour la dernière fois avant de s’arrêter.
Sa respiration était complètement laborieuse, ses deux bras ensanglantés et écrasés, mais la froideur dans les yeux d’Atticus pouvait geler un océan.
Atticus se retourna et s’assit, le dos appuyé contre l’arbre ensanglanté.
Puis il se redressa, ferma les yeux et commença à prendre de profondes respirations rythmées, essayant de calmer la tempête qui faisait rage en lui.
Après quelques secondes, Atticus ouvrit les yeux, regardant vers le haut les couches de feuilles empêchant le soleil d’illuminer la forêt.
Il avait été naïf, bien trop naïf. La respiration laborieuse d’Atticus commença à ralentir alors qu’il retrouvait peu à peu son calme.
D’un seul coup, de l’eau s’enroula autour de ses bras ensanglantés et commença immédiatement à les guérir.
Atticus prit une autre profonde inspiration en marmonnant à voix basse, le poids de ses mots palpable :
« Plus jamais. »