Chapitre 1 252
Tous les champions se tournèrent pour faire face à Atticus, qui se leva calmement, le regard croisant le leur. Il leur fit un signe de tête et prit la parole. « Préparez-vous. »
L’atmosphère changea. La calme céda la place à une intention de combat brute et non filtrée. Tout le monde se tenait prêt, les mains proches de leurs armes, alors que les secondes s’égrenaient.
La minute passa rapidement. Les yeux du groupe restèrent tous fixés les uns sur les autres alors qu’une lumière éblouissante commença à les envelopper.
Atticus sentit la traction. Il était en train d’être téléporté. Il ne luta pas contre, et à la seconde suivante, le groupe disparut.
Il n’y eut plus que du vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien sauf de la lumière.
Elle inonda ses yeux, et tout ce qu’Atticus pouvait voir, c’était du blanc. Une seconde passa, et la lumière commença à faiblir jusqu’à disparaître.
Atticus pensa à trois choses dès que la lumière disparut. D’abord, son environnement.
« Un grand espace cavernique. »
Une faible lumière brillait du plafond, illuminant clairement l’espace cavernique. Les murs de pierre étaient rugueux et stratifiés.
Le sol était fissuré à plusieurs endroits, et tout autour d’eux, il y avait différents chemins. Tenter brièvement d’en sonder la profondeur ne faisait que ramener une obscurité totale.
La deuxième chose sur laquelle Atticus se concentra fut ses compagnons. Son scan de l’environnement montra qu’ils se tenaient chacun directement derrière lui, le regard sérieux, scrutant prudemment la zone.
Et la troisième, lui-même. « Aucune suppression. »
Il en fut soulagé. Son pouvoir n’avait été en aucun cas supprimé. Sa volonté, ses éléments, et son katana étaient tous intacts.
« Quelque chose ? » demanda Zenon à voix basse. Il était clair que la perception d’Atticus était la meilleure parmi tous.
« Rien. » Atticus secoua la tête après un instant. Ses yeux semblaient incapables de percer le voile d’obscurité dans chacun des chemins.
« Bon, on ne peut pas rester là à ne rien faire, bond. » intervint Ozeroth, semblant pressé de bouger. « Je dis qu’on choisit l’un de ces chemins. »
Atticus secoua immédiatement la tête. « On attend. »
« Attendre quoi ? »
Les autres se concentrèrent aussi sur Atticus, qui dit simplement : « Les règles. »
Lors du premier scénario, les règles étaient venues après quelques secondes. Atticus aimait croire que c’était pareil ici aussi.
Juste au moment où Ozeroth allait demander ce qu’il racontait, une voix résonna dans tout l’espace.
« Tuez un roi adverse pour passer au scénario suivant. »
Le regard d’Atticus se plissa.
« Roi ? Cela veut-il dire dieu ? » se demanda-t-il.
Les yeux de ses champions s’étaient aussi fixés sur lui, manifestement pensant la même chose. Devaient-ils tuer un autre dieu pour avancer ?
Avant qu’ils ne puissent approfondir la question, une petite lumière s’alluma au centre de l’espace. En s’atténuant, elle révéla une couronne dorée rayonnant d’une lumière intense. La voix suivit :
« Celui qui porte la couronne devient le roi. Tout roi sera frappé d’une pénalité. Vous avez une minute pour choisir votre roi, sinon un sera choisi au hasard. »
Le regard d’Atticus se fit plus étroit. « Nous pouvons choisir qui devient le roi ? » pensa-t-il.
Si c’était le cas, c’était une bonne chose. Très bonne chose. Ils avaient l’avantage de la manœuvre stratégique. Pourtant, Atticus ne pouvait s’empêcher de se concentrer sur une chose…
« Une pénalité. »
Il n’était pas surpris qu’ils ne leur aient pas dit en quoi consistait la pénalité. Il devait toujours y avoir un twist, après tout.
Mais cela soulevait la question :
« Qui sera le roi ? »
Atticus ne pouvait tout simplement pas concevoir un scénario où les autres dieux se choisiraient eux-mêmes comme roi. Les dieux étaient les plus grandes armes de leur groupe, et avec une pénalité inconnue en jeu, aucun ne risquerait.
Et lui non plus.
« Il y a de fortes chances que la pénalité affecte la force globale du roi… » pensa rapidement Atticus.
Si c’était le cas, il était évident qu’il ne choisirait pas lui-même. Cependant, Atticus lança un regard vers ses champions. Ils le fixaient aussi, attendant ses ordres.
« Je ne peux faire d’eux une responsabilité. »
Il était évident que quiconque devenait roi deviendrait une cible. Si je le donnais à Magnus, Aric ou Zenon, ils deviendraient plus faibles qu’ils ne l’étaient déjà. Ils deviendraient des responsabilités. Ce qui laissait…
« Ozeroth », commença Atticus, se tournant vers l’esprit doré.
« Non non. » Ozeroth secoua instantanément la tête. « Pas question, lien ! Tu veux m’imposer la pénalité ! Comment vais-je montrer ma grandeur au monde si je suis affaibli ? »
Atticus garda un visage impassible. « Regarde comme la couronne brille. »
Ozeroth secoua encore plus la tête. « Tu essaies encore de me tromper ! » dit-il.
Atticus secoua la tête et poursuivit. « Réfléchis-y. Mettre la couronne ferait évidemment que les autres dieux viendraient te chercher. Tu seras une cible ambulante et tu pourrais devoir combattre plusieurs dieux, peut-être. »
Ozeroth cessa de secouer la tête et écouta.
« De plus, les gens ne chanteraient-ils pas davantage ta grandeur lorsque tu vaincrais un dieu, même avec la pénalité imposée ? »
« Ah ! » Un sourire se dessina lentement sur le visage d’Ozeroth. Son attitude changea comme si un interrupteur avait été actionné. Il pouvait déjà imaginer la scène.
« Hmm, tu n’as pas tort, » dit-il après une seconde. « Mais si la pénalité me rend trop faible pour me battre ? »
« Tu es le grand Ozeroth, » dit Atticus d’un ton confiant en hochant la tête. « Tu trouveras une solution. Tu le fais toujours. »
« Hmm. » Ozeroth sembla réfléchir à ses mots avec un regard pensif, et les autres ne purent s’empêcher de fixer Atticus avec étonnement. C’était un maître manipulateur !
« D’accord, lien ! Tu as raison. Je deviendrai roi. »
Atticus retint son sourire et souleva la couronne avec légèreté. Elle flottait vers le groupe, et il la tendit à Ozeroth, qui l’observa attentivement.
« Bien. Elle correspond à ma couleur, » dit-il avant de la mettre.
Une lueur dorée jaillit de la couronne, enveloppant tout son corps. Soudain, il sembla qu’Ozeroth devint aussi brillant qu’un soleil. Plus brillant que le Ozeroth normal !
Ozeroth souriait d’une oreille à l’autre, se délectant de son nouveau look, lorsqu’il sentit soudain une vague de faiblesse l’envahir.
Ses yeux s’écarquillèrent. « Ceci… »
« Quelle est la pénalité ? » demanda Zenon, et les autres fixaient leur regard sur lui, attendant une réponse. Mais Atticus, étant son lien, sentit déjà le changement.
« Ces salauds de roturiers ! » rugit Ozeroth dans l’instant suivant.