Chapitre 811
À présent, les trois Suprêmes Démoniaques avaient de l’espoir.
Le Démon au Sourire Maléfique était arrivé à l’extérieur. Il ne leur restait donc qu’à tenir jusqu’à ce qu’il les rejoigne !
Mais cela signifiait aussi qu’une responsabilité et un devoir encore plus lourds leur incombaient.
Même s’ils ne parvenaient pas à tenir et y laissaient la vie, ils devaient infliger autant de dégâts que possible au Maître du Palais des Ténèbres.
Si le Maître du Palais des Ténèbres sortait indemne, alors, même si cet espace s’effondrait, le Démon au Sourire Maléfique ne pourrait pas l’affronter seul.
Le Grand Démon Ivrogne transmit un message au Démon Bouddha.
— Quand je l’attraperai, ne te soucie pas de savoir si je vis ou si je meurs. Attaque.
Il avait affirmé avec assurance qu’il ferait tomber les étoiles restantes, mais le Grand Démon Ivrogne s’était déjà préparé à mourir. Même si l’Art de l’Anéantissement de l’Avidité avait disparu, le Maître du Palais des Ténèbres restait un adversaire redoutable.
Surtout, tous étaient blessés, à l’intérieur comme à l’extérieur, et leur énergie intérieure était épuisée. Le vaincre dans ces conditions serait loin d’être facile.
À l’idée de mourir, deux personnes lui vinrent à l’esprit.
D’abord, Lyu Bin, qui l’attendrait à la Tour des Rêves d’Ivresse. S’il mourait…
« Elle va sûrement se noyer dans l’alcool tous les jours. »
Ce qui le tourmentait davantage que la peur ou le regret de sa propre mort, c’était de penser à la peine qu’éprouverait Lyu Bin.
Ensuite, il pensa à Geom Mugeuk, qui n’était toujours pas sorti de la Boîte secrète. Impossible de savoir s’il était vivant ou mort.
Oui. Il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste réconforterait sûrement Lyu Bin et prendrait bien soin d’elle. Pour un artiste martial, rien ne donnait plus de force que de savoir que quelqu’un prendrait la relève.
« Frère, je compte sur toi pour t’occuper de tout. »
Le Grand Démon Ivrogne regarda le Démon Bouddha. Il n’aurait jamais cru sauver cet homme deux fois. S’ils survivaient, il gagnerait un compagnon de beuverie.
— Si nous nous retrouvons en enfer, offre-moi un verre, s’il te plaît.
Le Démon Bouddha le fixa, puis lui répondit par transmission vocale, d’un ton calme.
— Je paierai ma tournée et je viendrai à la Tour des Rêves d’Ivresse. Invite-moi chez toi.
Autrement dit, ils survivraient ensemble et boiraient au culte.
Le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes, qui avait compris que les deux hommes s’apprêtaient à lancer leur ultime attaque, se prépara elle aussi à employer sa dernière technique.
Elle comptait utiliser une dernière fois l’Art de l’Arrachement de l’Âme contre le Maître du Palais des Ténèbres.
Mais même lorsqu’elle n’était pas encore blessée, cela n’avait pas fonctionné. Si, dans son état actuel, gravement blessée à l’intérieur, elle pénétrait le corps du Maître du Palais des Ténèbres, elle subirait à coup sûr une déviation du qi.
« Même ainsi, je n’ai pas le choix. »
Si seulement elle pouvait le retenir, ne serait-ce qu’un instant ! Avec un peu de chance, le Grand Démon Ivrogne et le Démon Bouddha pourraient peut-être en finir avec lui.
Sentant la mort approcher, elle pensa à Geom Mugeuk. Comme lors de la crise précédente, c’était ce qu’elle regrettait le plus.
« Je suis désolée de ne pas avoir pu vous servir jusqu’au bout, Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
À cet instant, la transmission vocale du Grand Démon Ivrogne lui parvint.
— Faucheur d’Âmes, j’ai une faveur à te demander.
— Je t’écoute.
Elle ne s’attendait pas du tout à cette demande. En l’entendant, elle en fut stupéfaite.
— Tu comprendras quand le moment sera venu.
Après avoir demandé cette faveur au Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes, le Grand Démon Ivrogne s’avança.
« Eh bien, vieil homme ! Si tu as invité un ivrogne, ne devrais-tu pas rouvrir le banquet ? »
Le Démon Bouddha et le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes vinrent se placer à ses côtés, à droite et à gauche. Aujourd’hui, les deux Suprêmes Démoniaques acceptaient volontiers de devenir les ailes du Grand Démon Ivrogne.
Ils ne prêtèrent plus attention à la Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste. Puisque le Maître du Palais des Ténèbres était déjà sûr de sa victoire, il y avait peu de chances qu’il la prenne en otage.
De plus, s’ils perdaient ce combat, elle mourrait avec eux. La protéger dans ces circonstances n’avait aucun sens.
Le Maître du Palais des Ténèbres observa les trois Suprêmes Démoniaques et lança froidement :
« Profitez-en bien. Ce sera votre dernier banquet. »
Il affichait une confiance absolue, mais, à l’image des ténèbres qui s’enroulaient autour de lui, il était lui aussi tendu.
« Maintenant que l’Art de l’Anéantissement de l’Avidité a disparu, je dois rester sur mes gardes. »
Aussi blessés fussent-ils, les Suprêmes Démoniaques restaient des Suprêmes Démoniaques.
Désormais, il ne pouvait plus employer à la légère l’Art démoniaque des Ténèbres, qui consommait une quantité considérable d’énergie intérieure. S’il venait à manquer d’énergie intérieure et qu’un seul Suprême Démoniaque était encore en vie, il mourrait aussitôt.
« Apportez l’alcool ! Et faites sortir le Jeune chef du Culte du Démon Céleste ! »
Le Grand Démon Ivrogne chargea en hurlant, tel un fou. Malgré son bras cassé, il ne montrait pas la moindre peur.
Le Démon Bouddha et le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes se ruèrent derrière lui, à sa droite et à sa gauche. Ils n’avaient pas eu besoin de discuter d’un plan : chacun savait quoi faire.
La pression créée par l’attaque combinée des trois Suprêmes Démoniaques était immense.
Le Maître du Palais des Ténèbres prit d’abord le Grand Démon Ivrogne pour cible. Il tendit les deux paumes vers lui.
Fouich, fouich !
Deux vagues de force jaillirent de directions différentes en direction du Grand Démon Ivrogne.
Celui-ci esquiva les attaques grâce à ses pas. Les progrès qu’il avait accomplis dans son jeu de jambes au cours de cette expédition se révélaient désormais dans cette bataille décisive.
Le Maître du Palais des Ténèbres bondit en arrière et tendit de nouveau les deux paumes. Deux vagues de force fondirent sur le Grand Démon Ivrogne à un léger intervalle.
Fouich ! Fouich !
Une fois encore, le Grand Démon Ivrogne sembla sur le point d’esquiver grâce à son jeu de jambes.
Le sol ondula.
Le sol, jusque-là solide, se mit à onduler et à bouger comme s’il était vivant.
Le jeu de jambes du Grand Démon Ivrogne s’en trouva perturbé.
Bam !
La seconde vague de force explosa contre son corps.
Le Grand Démon Ivrogne fut projeté en arrière et s’effondra au sol.
Le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes neutralisa la force qui filait vers lui, à terre.
Un motif apparut devant elle et absorba l’attaque. Grâce à son Art de transmission par inversion de l’origine de l’âme, elle renvoya l’énergie au Maître du Palais des Ténèbres.
Pendant ce temps, le Démon Bouddha se plaça devant le Grand Démon Ivrogne.
« Ça va ? »
À cette question inquiète, le Grand Démon Ivrogne se releva. Heureusement, le coup avait frappé le côté opposé à son bras cassé. Même s’il avait activé son Énergie protectrice, la douleur était telle qu’il avait l’impression d’avoir les os brisés.
« Ça va. »
Il se redressa d’un bond.
« Les ivrognes, ça tombe quand ça boit, non ? »
Puis le Grand Démon Ivrogne chargea de nouveau le Maître du Palais des Ténèbres.
Le sol ondulait, encore et encore.
Quand le sol se mettait à onduler, il aurait pu bondir dans les airs pour attaquer. Mais le Grand Démon Ivrogne courut plutôt sur le sol mouvant. Il voulait économiser jusqu’à la moindre parcelle d’énergie intérieure.
Le sol instable entravait son jeu de jambes.
Mais le Grand Démon Ivrogne montra clairement la différence entre être pris au dépourvu et avancer en connaissance de cause.
Il esquiva les attaques comme s’il dansait sur le sol ondulant, puis glissa vers l’avant et fonça droit sur le Maître du Palais des Ténèbres.
Jusque-là, le Maître du Palais des Ténèbres avait fui, mais cette fois, il affronta le Grand Démon Ivrogne de front. Son corps vieillissant se mouvait avec une agilité stupéfiante, tandis qu’il cherchait à frapper son adversaire au cou et au cœur.
Bam !
Bien qu’il encaissât un coup de paume du Maître du Palais des Ténèbres, le Grand Démon Ivrogne ne recula pas. Il semblait prêt à se battre à coups de tête et de dents, même s’il devait se briser les deux bras.
« Tu sais pourquoi les ivrognes se battent avec tant de férocité ? Quand on est ivre, on ne sent même plus la douleur. »
Comment aurait-il pu ne pas souffrir ? Le Grand Démon Ivrogne endura la douleur et continua d’avancer.
Les deux hommes se livraient à un combat rapproché si rapide que le Démon Bouddha et le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes ne pouvaient qu’observer sans intervenir.
Au moment où le corps à corps atteignit son paroxysme, l’aura sombre du Maître du Palais des Ténèbres, restée jusque-là silencieuse, s’empara soudain du Grand Démon Ivrogne. Elle avait attendu précisément cet instant.
« Non ! »
Le Démon Bouddha cria, mais le coup du Maître du Palais des Ténèbres s’était déjà écrasé contre la poitrine du Grand Démon Ivrogne.
BOOOOM !
Le Grand Démon Ivrogne cracha une gorgée de sang.
Le regard vide, il jeta un dernier coup d’œil au Démon Bouddha, baissa la tête et s’effondra.
Le Maître du Palais des Ténèbres baissa froidement les yeux vers le Grand Démon Ivrogne.
« Votre beuverie est terminée. »
En voyant cela, le Démon Bouddha poussa un profond soupir. Le corps du Grand Démon Ivrogne n’avait plus la moindre trace de vie. Il était mort de ce seul coup.
Le Grand Démon Ivrogne était-il vraiment mort aussi absurdement, comme ça ?
Une lumière dorée, chargée d’intentions meurtrières, jaillit des yeux du Démon Bouddha tandis qu’il fixait le Maître du Palais des Ténèbres.
Pendant ce temps, le Maître du Palais des Ténèbres s’avança, le cœur plus léger. Le Grand Démon Ivrogne, qui s’était accroché à lui lors de leur attaque combinée, lui avait causé des difficultés. Mais les deux autres étaient à sa portée.
À l’expression du Démon Bouddha, le Maître du Palais des Ténèbres devina qu’il avait gagné. La mort du Grand Démon Ivrogne avait bouleversé cet homme. Même en combattant avec sang-froid, il ne pouvait pas l’emporter. S’il se laissait emporter par ses émotions, l’issue était évidente.
Un rayonnement doré commença à s’accumuler dans la main du Démon Bouddha. Le Maître du Palais des Ténèbres comprit qu’il s’apprêtait à lancer un grand art démoniaque.
C’était exactement ce qu’il souhaitait. Si une Grande Technique était employée, son énergie intérieure restante serait aussitôt épuisée.
« Je sais que votre Bouddha de Sang n’est pas miséricordieux. Mais il semblerait que vous aussi, vous soyez cruel. »
À cet instant…
Quelqu’un passa soudain un bras autour du cou du Maître du Palais des Ténèbres, par-derrière. C’était le Grand Démon Ivrogne, qu’on croyait mort.
« Maintenant ! »
Le Grand Démon Ivrogne n’était pas mort.
Avant le début du combat, il avait demandé par transmission vocale au Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes de le faire passer pour mort, afin que le Maître du Palais des Ténèbres le croie.
Tout cela pour saisir cette unique occasion.
Le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes concentra toute l’énergie intérieure qui lui restait pour lancer son ultime Art de l’Arrachement de l’Âme.
Souffle de la tortue arrachant l’âme.
Elle avait parfaitement simulé la mort du Grand Démon Ivrogne. L’impact du coup final avait été partagé entre lui et elle. Le stratagème était si parfait que même le Démon Bouddha s’y était laissé prendre.
HOOOOOOOONG !
De la main du Démon Bouddha jaillit la Paume démoniaque : Homme inférieur.
KWAKWAKWAKWAK !
L’immense paume dorée frappa le Maître du Palais des Ténèbres et le Grand Démon Ivrogne, les emportant dans son sillage et les repoussant au loin.
Le Grand Démon Ivrogne roula sur le sol. Le sang jaillit de sa bouche et son corps fut réduit à l’état de loque.
Non loin de lui, le Maître du Palais des Ténèbres se tenait debout, décontenancé. Il avait failli mourir sous cette attaque.
Mais il n’était pas mort. Du sang coulait de son bras et une profonde entaille lui barrait le visage, mais il était vivant.
Le Grand Démon Ivrogne laissa échapper un soupir de regret. Tournant la tête, il regarda le Démon Bouddha.
« Avec un cœur aussi tendre, comment peux-tu prétendre servir le Bouddha de Sang ? »
Au dernier moment, le Démon Bouddha avait hésité un instant avant de lancer son attaque. Cette hésitation avait donné au Maître du Palais des Ténèbres le temps de s’échapper. Lorsque celui-ci s’était libéré, le Grand Démon Ivrogne, qui s’accrochait à lui, avait lui aussi survécu.
Le Démon Bouddha avait hésité à cause du Grand Démon Ivrogne.
Il n’avait pas pu se résoudre à tuer de ses propres mains l’homme qui l’avait sauvé deux fois.
Bien que ce choix fût le seul moyen de sauver non seulement sa propre vie, mais aussi celle de tous les autres, le Démon Bouddha avait hésité à cet instant décisif.
« Je ne pouvais pas te laisser mourir avec ce salaud. »
À ces mots, le Grand Démon Ivrogne s’allongea et leva les yeux vers le ciel nocturne. Cette fois, la mort véritable l’attendait.
« Tout ça, c’est la faute du Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Le Démon Bouddha n’avait pas été aussi tendre à l’origine. Mais, à ce compte-là, le Grand Démon Ivrogne ne l’aurait pas sauvé deux fois non plus.
Le Démon Bouddha s’assit et fit silencieusement tourner son chapelet. Il avait dépensé toute l’énergie intérieure qui lui restait dans sa dernière attaque et ne pouvait plus aider le Grand Démon Ivrogne.
Il en allait de même pour le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes. L’usage du Souffle de la tortue arrachant l’âme avait épuisé toute l’énergie intérieure qui lui restait.
Le Maître du Palais des Ténèbres tendit la paume vers le Grand Démon Ivrogne pour le frapper.
« Quelle plaie, ce salaud ! »
Vraiment, le Grand Démon Ivrogne était un adversaire qu’il ne voulait plus jamais affronter.
« Vieil homme, écarte cette main. Elle me bouche le ciel. »
Le Maître du Palais des Ténèbres sourit froidement et s’apprêta à lui faire exploser la tête d’un coup de paume lorsque…
« Arrêtez. »
Quelqu’un d’inattendu s’avança.
Incroyablement, c’était la Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste.
Elle avança sans crainte et se plaça devant le Grand Démon Ivrogne.
« Si vous le tuez, vous n’entendrez pas la dernière prophétie de ma bouche. »
En la voyant s’avancer, le Grand Démon Ivrogne, le Démon Bouddha et le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes furent tous stupéfaits.
Les profonds sillons du visage du Maître du Palais des Ténèbres frémirent.
« Tu crois qu’une prophétie a encore de l’importance pour moi ? »
La Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste acquiesça calmement, comme si elle avait lu dans ses pensées.
« J’ai reçu une prophétie sur ce navire. Cette prophétie ne t’intrigue-t-elle pas ? »
Au son de sa voix, le coin de l’œil du Maître du Palais des Ténèbres tressaillit.
« Quelle prophétie ? »
« Je te le dirai si tu épargnes les Suprêmes Démoniaques. »
Le regard indifférent, le Maître du Palais des Ténèbres détourna vers elle la main qui visait le Grand Démon Ivrogne. Comme s’il avait l’intention de la tuer la première, Gaye cria :
« Non ! »
Elle ne pouvait pas rester là à regarder mourir la Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste, qui l’avait sauvée deux fois.
Mais le Maître du Palais des Ténèbres ne tendait pas la main pour la tuer.
Grâce à la Télékinésie du Vide, il déplaça la Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste loin des autres.
« Même si je renonce à entendre la prophétie, je ne peux pas les épargner. »
En le voyant écarter uniquement la Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste, Gaye comprit. Il comptait la laisser vivre et la tuer, elle, à sa place.
« C’est moi qui devrais mourir la première. »
Gaye accepta calmement la mort.
« Tout cela est ma faute : je n’ai pas su transmettre correctement la volonté du Ciel. »
Le Maître du Palais des Ténèbres répondit froidement :
« Inutile de décider de l’ordre. Je vous tuerai tous en même temps. »
Il leva la main, et les étoiles suspendues dans le ciel commencèrent à descendre.
Cette fois, elles ne tombaient pas sous forme d’énergie, contrairement à tout à l’heure.
Toutes les étoiles restantes descendirent lentement. Ces amas de lumière d’un blanc pur étaient magnifiques à contempler.
Elles se rassemblèrent autour des trois Suprêmes Démoniaques et de Gaye. Devant leurs visages. Devant leurs cœurs.
Tous le sentaient. Ces étoiles allaient bientôt exploser autour d’eux.
Il comptait les tuer tous avec sa technique ultime, en se servant des étoiles.
À l’idée de leur mort imminente, les Suprêmes Démoniaques fermèrent les yeux.
Le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes murmura :
« Ce fut un honneur de combattre à vos côtés. »
Elle adressait ainsi un dernier remerciement aux deux Suprêmes Démoniaques plus âgés, qui l’avaient traitée comme leur égale jusqu’au bout.
Au moment même où les étoiles allaient exploser…
Vlan !
Le bruit de quelque chose transpercé résonna dans les environs.
Les Suprêmes Démoniaques ouvrirent les yeux et regardèrent en direction du bruit.
À l’endroit que le Grand Démon Ivrogne avait presque entièrement déchiré un peu plus tôt, la lame d’une épée venait de surgir. Quelqu’un avait enfoncé l’arme depuis l’extérieur, sachant qu’il s’agissait d’un point faible.
Était-ce parce que l’Art de l’Anéantissement de l’Avidité avait disparu ? Ou parce que le niveau martial du propriétaire de l’épée était écrasant ?
Riiip.
L’épée qui dépassait déchira l’énergie sombre vers le bas.
À cet instant, l’espace obscur poussa un cri, comme s’il était vivant.
Sssssss…
À la stupéfaction générale, les étoiles qui flottaient devant eux et semblaient prêtes à exploser à tout moment perdirent leur éclat et disparurent.
Comme il ne restait plus aucune étoile dans le ciel nocturne, le Maître du Palais des Ténèbres ne pouvait plus modifier les constellations pour changer d’emplacement.
Il récita précipitamment une formule, et les ténèbres qui l’entouraient se précipitèrent vers la déchirure, en contrebas, pour la refermer.
Mais à cet instant…
PAAAAAAK !
Quelque chose d’énorme jaillit par l’ouverture déchirée par l’épée.
C’était un grand sabre.
Un grand sabre en haut, une épée en bas.
Deux armes transpercèrent en même temps la paroi de ténèbres.
L’espace poussa un cri assourdissant.
BOUM BOUM BOUM BOUM BOUM !
Dans un vacarme de feux d’artifice, le ciel nocturne commença à disparaître. L’Art de l’Âme de l’Étoile du Ciel sombre, lancé par le Maître du Palais des Ténèbres, venait d’être brisé.
Le ciel nocturne infernal s’évanouit, et ils retrouvèrent l’espace d’origine.
En voyant les gens qui se tenaient là, le Grand Démon Ivrogne essaya d’éclater de rire, mais une douleur aiguë le saisit à la poitrine.
Le Démon Bouddha poussa lui aussi un soupir de soulagement, tandis qu’un large sourire illuminait le visage du Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes.
La Maîtresse du Pavillon de la Fleur céleste s’écria, les yeux tremblants :
« Seigneur Soma ! »
Un masque blanc lui souriait.
L’homme qu’elle avait tant désiré revoir était venu les sauver.
Et le Démon au Sourire Maléfique n’était pas seul.
S’il l’avait été, les trois Suprêmes Démoniaques n’auraient pas eu l’air aussi soulagés.
Deux autres personnes se tenaient à ses côtés : elles expliquaient comment la barrière extérieure et la brume sombre qui enveloppait le navire avaient été brisées.
« Il ne se passe jamais rien dans nos vies, et voilà que le chaos éclate précisément le jour où l’on décide d’aller se promener. »
La voix douce appartenait au Suprême de l’Épée Tranchante.
À ses côtés se tenait le Démon Lame du Ciel de Sang, son grand sabre posé sur l’épaule.
« C’est pour ça que je ne peux aller nulle part. »