Chapitre 728
Geommugeuk entra dans le Pavillon du Démon Céleste.
Après être descendu des monts Daecheon, il était venu directement ici sans même défaire ses bagages.
Bien qu’il eût été absent du quartier général plus longtemps que jamais depuis sa régression, Geommugeuk ne s’était pas inquiété. Le culte n’était plus le même qu’autrefois. Son père, et même les Suprêmes Démoniaques, avaient tous changé.
Sans cette confiance, il n’aurait jamais pu s’entraîner sans relâche au cœur des monts Daecheon, coupé du monde.
Et, en effet, rien n’avait changé.
Les artistes martiaux qui gardaient l’entrée du Culte du Démon Céleste l’accueillirent toujours de leurs voix puissantes. Ceux qui circulaient entre les bâtiments extérieurs ne semblaient pas différents de d’habitude. La vigilance acérée des quartiers intérieurs était elle aussi restée intacte.
Lentement, les portes s’ouvrirent et Geommugeuk entra.
Au-delà du tapis cramoisi, il aperçut le Trône du Zénith Céleste.
Son père y siégeait, inchangé.
Geommugeuk employa la Nouvelle Technique de l’Œil pour examiner de près l’expression de son père.
La joie et le plaisir se lisaient sur son visage. Était-ce simplement parce que son fils était parti si longtemps ? Ou y avait-il une autre raison ? Quoi qu’il en soit, son père se réjouissait sincèrement de son retour.
Comme il ne pouvait jamais voir cette expression de si près, Geommugeuk resta là un instant, à la savourer.
« Père ! »
Il héla son père depuis l’entrée et s’avança sur la Voie du Sang.
Le parfum singulier du Pavillon du Démon Céleste, la douceur du tapis sous ses pieds, les statues démoniaques disposées un peu partout… Tout cela lui avait manqué.
Je suis de retour !
En parcourant la Voie du Sang, Geommugeuk sentit une paix et un soulagement indescriptibles l’envahir. C’était comme rentrer chez soi après un long voyage.
Non, c’était plutôt comme revenir couvert de gloire. C’était la première fois qu’il pénétrait dans le Pavillon du Démon Céleste après avoir maîtrisé l’Art démoniaque des Neuf Calamités ; cet instant était donc véritablement inestimable.
Il s’arrêta au pied du Trône du Zénith Céleste, où siégeait son père. Au lieu de s’incliner cérémonieusement, Geommugeuk lui exprima sa gratitude.
« Merci, Père ! »
Merci d’être toujours resté ici, immuable, à votre place.
Son père le regarda d’un air interrogateur, comme pour lui demander pourquoi il le remerciait. Geommugeuk sourit et répondit :
« De ne pas avoir foncé sur l’Alliance du Murim pendant mon absence. »
Un sourire en coin apparut sur les lèvres de son père.
Ce n’est qu’après avoir vu ce sourire que Geommugeuk le salua comme il se devait.
« Je suis rentré sain et sauf de la montagne, Père. »
Après avoir passé si longtemps seul et silencieux dans les montagnes, Geommugeuk ne put s’empêcher de plaisanter.
« Le culte ne tourne-t-il pas trop bien sans moi ? En arrivant, tout le monde avait cette expression. Ah, c’est vrai. Notre Jeune chef du Culte du Démon Céleste était absent, n’est-ce pas ? »
Le Démon Céleste Geom Woojin, qui avait observé son fils sans un mot, se leva.
Il descendit lentement les marches et s’arrêta devant Geommugeuk. Il reconnut l’exploit de son fils.
« Tu l’as maîtrisé. »
« Ah ! Comme prévu, vous l’avez vu d’un coup d’œil, Père. J’ai pourtant fait de mon mieux pour dissimuler mon énergie et vous surprendre. »
Contre toute attente, Geom Woojin secoua la tête.
« Je ne dis pas cela parce que j’ai percé ton déguisement. »
« Vous voulez dire… que vous ne le saviez pas ? »
Geom Woojin prononça des mots surprenants.
« Qui, en ce monde, pourrait bien discerner la maîtrise de l’Art démoniaque des Neuf Calamités ? »
« ! »
Le cœur encore bouleversé, Geommugeuk demanda :
« Père, vous n’avez pas atteint la Grandeur des douze étoiles ? »
« Même ainsi, ce n’est que de la maîtrise. »
À ces mots, il comprit. La maîtrise de l’Art démoniaque des Neuf Calamités était extraordinaire à ce point. Dès qu’on l’atteignait, on entrait dans un tout autre royaume.
Enfin, il en prit pleinement conscience. Il avait bel et bien atteint l’achèvement de l’Art démoniaque des Neuf Calamités.
« Alors, comment l’avez-vous su ? »
Après un bref silence, Geom Woojin répondit :
« Parce que tu ne serais jamais descendu avant d’avoir atteint la maîtrise. »
Geommugeuk contempla son père en silence.
Il y avait une joie indescriptible à se sentir reconnu à sa juste valeur.
Comme en cet instant.
« J’ai failli ne jamais redescendre. J’ai presque tout laissé à mon frère aîné. »
Oui, son père l’avait parfaitement compris. S’il n’avait pas réussi à atteindre la maîtrise, il avait résolu de ne jamais redescendre.
« Ce qui m’a pris sept ans, tu l’as accompli en à peine plus d’un an. »
Sept ans : c’était le temps qu’il avait fallu à Geom Woojin pour atteindre la maîtrise en partant de zéro. Même pour son fils prodige, il avait pensé qu’il faudrait au moins cinq ans. Mais, une fois encore, ses attentes avaient été largement dépassées.
« Parmi les anciens chefs de culte, tu es celui qui a maîtrisé l’Art démoniaque des Neuf Calamités le plus rapidement de toute l’histoire. »
Et il l’avait fait sans même être chef de culte : il occupait encore le poste de Jeune chef du Culte du Démon Céleste.
À cet instant, Geommugeuk se dit :
Je suis peut-être aussi celui qui a mis le plus de temps parmi eux.
Geommugeuk sourit de toutes ses dents.
« C’est grâce à vous, Père. »
« Grâce à moi ? »
Comme son père le regardait d’un air interrogateur, Geommugeuk posa le sac qu’il portait.
« À bien y réfléchir, cet objet a forcément joué un grand rôle dans ma réussite. »
Il en sortit un goban enveloppé de peau de tigre et solidement attaché, ainsi qu’une boîte contenant des pierres.
« J’ai fabriqué ce goban pour vous l’offrir, Père. Voici aussi les pierres. »
Lorsque Geom Woojin tendit la main, le lourd goban s’éleva soudain dans les airs.
Ce qui attira son attention, ce furent les lignes gravées sur le plateau. Elles n’avaient pas la moindre imperfection.
« Tu les as tracées d’un seul geste ? »
« Oui. »
Geom Woojin hocha la tête, satisfait. On aurait dit qu’il pouvait deviner, rien qu’en regardant les lignes, le royaume et l’état d’esprit de celui qui les avait tracées.
Cette fois, la boîte de pierres s’ouvrit toute seule et toutes les pierres s’élevèrent simultanément dans les airs.
Chwa-ra-ra-rak.
Chaque pierre bougea de son propre chef. Geom Woojin avait fait la démonstration de sa puissance divine en les contrôlant toutes par la Télékinésie du Vide.
« Ah, dans ce cas, mon cadeau tombe à l’eau. Père, vous n’avez même pas besoin d’un goban ! »
Il voulait dire que son père pouvait suspendre les pierres dans les airs avec la Télékinésie du Vide et jouer directement dans le vide.
Mais Geom Woojin répondit comme si ce n’était pas le cas.
« Le go, c’est le toucher de la main. »
Il examina ensuite les pierres qui flottaient dans les airs. Elles étaient toutes de la même taille et de la même épaisseur. Elles étaient si régulières qu’on aurait pu croire qu’un maître artisan les avait façonnées.
« Tu les as fabriquées toi-même ? »
« Je les ai toutes taillées à la main avec l’Épée du Démon Noir. À partir de maintenant, appelez-moi le fils dévoué des monts Daecheon, le sculpteur de pierres de go ! »
Un coin de la bouche de Geom Woojin se releva. Le résultat était effectivement digne de fierté.
« Beau travail. »
Il les avait façonnées avec tant de soin qu’il aurait été difficile d’y trouver un défaut, même en le cherchant exprès.
Chwa-ra-rak.
Les pierres de go flottant dans les airs regagnèrent toutes leur boîte avec ordre.
« Mais pourquoi dis-tu que c’est grâce à moi ? »
« Par hasard, le jour où j’ai terminé la dernière pierre, j’ai atteint la maîtrise de l’Art démoniaque des Neuf Calamités. Je pense que le contrôle précis de l’énergie de l’épée et de mon énergie interne, pendant que je les taillais, m’a aidé. Je ne m’étais jamais entraîné de cette façon. »
Geom Woojin hocha silencieusement la tête.
Geommugeuk fixa son père et poursuivit :
« Si vous ne m’aviez pas dit un jour : “Quand tu redescendras, nous jouerons au go”, je n’aurais jamais fabriqué ce goban ni ces pierres. Alors peut-être serais-je encore en train de m’entraîner dans les monts Daecheon. Auriez-vous brisé ce torreya en sachant que cela finirait ainsi ? »
« En quoi cela serait-il grâce à moi ? C’est toi qui as décidé de tailler ces pierres et qui as fait l’effort de les fabriquer. »
À l’expression et aux paroles de son père, Geommugeuk ne parvint pas à deviner s’il le pensait vraiment.
« Maintenant que tu as maîtrisé l’Art démoniaque des Neuf Calamités, tu dois respecter cette vérité. »
Une puissance aussi immense s’accompagnait de lourdes responsabilités. S’y ajoutaient la fierté de son père et celle de tous les Démon Célestes du passé.
« À partir de maintenant, tu ne dois perdre contre personne. »
Geommugeuk en fit le serment à son père :
« Je ne perdrai jamais. »
Geom Woojin se détourna.
Le goban, avec la boîte de pierres posée dessus, flotta derrière lui.
« Suis-moi. »
Geommugeuk marcha derrière son père.
Il supposa naturellement qu’ils se rendaient dans ses quartiers pour jouer une partie. Pourtant, son père le conduisit au terrain d’entraînement réservé au chef du culte.
Au milieu du terrain, Geom Woojin posa le goban.
« Nous allons jouer ici ? »
Son père hocha la tête. Geommugeuk jeta un coup d’œil autour de lui, puis observa les diverses armes exposées dans le terrain d’entraînement.
« Vous essayez de m’intimider avec l’atmosphère, n’est-ce pas ? Mais je ne suis plus le fils insouciant d’autrefois. Maintenant, je suis celui qui commande une armée de joueurs de go chevronnés. »
Bien sûr, son père ne l’avait pas amené ici pour une raison aussi futile. Il avait manifestement quelque chose en tête.
Ils s’assirent face à face, de part et d’autre du goban.
Prenant une pierre noire, Geommugeuk joua le premier coup.
Ttak.
Un son net retentit. La sensation de poser la pierre était agréable, et le son l’était encore davantage.
« Oui, Père, le go, c’est vraiment le toucher de la main ! »
Son père posa ensuite une pierre.
Ttak.
Un son clair et profond résonna. À cette note limpide, Geommugeuk eut l’impression que toutes les peines endurées pour tailler les pierres avaient été récompensées.
À chaque coup, leurs pierres résonnaient d’un son net. Retrouver le plaisir de jouer au go avec son père après si longtemps le remplissait de joie, mais aujourd’hui, les pensées de Geommugeuk étaient ailleurs.
Quand ils eurent terminé la mise en place initiale, il demanda d’un ton désinvolte :
« J’aimerais vous poser une question au sujet de l’Esprit du Démon Céleste. »
Geom Woojin hocha la tête sans quitter le goban des yeux.
« Avez-vous déjà parlé avec l’Esprit du Démon Céleste ? »
Geom Woojin secoua la tête. Enfin, même si cela avait été possible, son père n’était pas homme à s’asseoir pour converser avec une telle entité.
Cette fois, Geom Woojin posa soudain une question :
« Toi aussi, tu veux bavarder avec lui ? »
Geommugeuk sourit et l’admit.
« Ça ne vous rend pas curieux ? Il est né de mon propre cœur. Je me demande ce qu’il pense. »
La main qui allait poser une pierre s’immobilisa dans les airs.
« Tu te le demandes vraiment ? »
« Et vous, Père ? »
« Pas du tout. »
Ils jouèrent encore quelques coups.
Puis, en posant une autre pierre, Geom Woojin lui révéla un fait.
« Il existe des récits d’un Démon Céleste qui conversait avec l’Esprit du Démon Céleste. C’était il y a très longtemps. »
Comme prévu ! L’Esprit du Démon Céleste était bien un être doté d’une volonté propre.
Voyant la joie passer sur le visage de son fils, Geom Woojin le mit en garde.
« L’Esprit du Démon Céleste est une entité dangereuse. S’il se déchaîne, personne ne peut l’arrêter. Tu veux quand même bavarder avec lui ? »
Après un instant, Geommugeuk répondit :
« Oui. C’est une raison de plus pour que je me rapproche de lui. »
Geom Woojin hocha silencieusement la tête.
« Oui, je me doutais que tu répondrais cela. »
Regardant son père droit dans les yeux, Geommugeuk lui demanda :
« Voulez-vous voir mon Esprit du Démon Céleste ? »
C’était peut-être pour cela qu’il l’avait amené au terrain d’entraînement.
« Il ne se manifestera probablement pas en ma présence. »
Geommugeuk le regarda, surpris.
« Puis-je vérifier ? »
Geom Woojin acquiesça.
Geommugeuk invoqua l’Esprit du Démon Céleste. Comme son père l’avait dit, il ne se manifesta pas.
« Comment le saviez-vous ? »
« C’était une simple intuition. »
À l’évocation de l’Esprit du Démon Céleste, le regard de Geom Woojin s’assombrit.
« L’Esprit du Démon Céleste refuse de perdre contre qui que ce soit. »
« Ah ! Vous voulez dire qu’il n’est pas apparu parce qu’il savait qu’il ne pourrait pas vous vaincre. »
Mais Geom Woojin secoua la tête.
« L’Esprit du Démon Céleste ne craint pas les humains. »
« Alors, il doit craindre votre Esprit du Démon Céleste. »
Geommugeuk avait pensé que c’était évident.
« On ne peut pas le savoir. »
Avec n’importe quel autre Esprit du Démon Céleste, cela aurait pu être le cas. Mais son fils était différent. Son fils, qui avait atteint la maîtrise en si peu de temps.
« Parce que c’est ton Esprit du Démon Céleste. »
Autrement dit, la raison ne pouvait pas se résumer aussi facilement.
Sur ces mots, Geom Woojin joua un coup décisif.
Ttak.
« J’ai gagné. »
« Ah ! Quand est-ce que mon grand groupe s’est fait capturer ? »
« Ce n’est pas moi qui l’ai capturé, mais ton Esprit du Démon Céleste. »
Il voulait dire que son fils avait concentré son esprit sur l’Esprit du Démon Céleste au lieu de se consacrer pleinement à la partie.
« Je vous prie de m’excuser. »
Son père lui répondit d’un air qui signifiait que ce n’était rien.
« Ce n’est rien. J’ai fait pareil. »
Si Geom Woojin l’avait amené sur ce terrain d’entraînement, où lui seul pouvait entrer, ce n’était ni pour jouer au go ni simplement pour voir l’Esprit du Démon Céleste de son fils.
C’était pour cette raison.
« À partir de maintenant, je vais te transmettre la Septième Forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités. »
« ! »
La Septième Forme de l’Art démoniaque des Neuf Calamités : la Genèse de l’Âme Démoniaque.
De la Septième à la Neuvième Forme, les techniques appartenaient à l’Esprit du Démon Céleste. Seul celui qui les maîtrisait toutes les trois pouvait prétendre avoir véritablement appris l’Art démoniaque des Neuf Calamités dans son intégralité.
« Même si l’Esprit du Démon Céleste ne se manifeste pas, je peux quand même apprendre la Septième Forme ? »
« C’est toi qui vas apprendre la Septième Forme. »
Geom Woojin lui révéla une nouvelle vérité sur les techniques de l’Esprit du Démon Céleste.
« L’Esprit du Démon Céleste est lié à toi. La puissance qu’il peut déployer dépend de ta compréhension de la formule mnémotechnique. »
« Donc, plus je deviendrai fort, plus l’Esprit du Démon Céleste deviendra fort aussi. »
Geom Woojin hocha la tête.
« Maintenant, écoute attentivement ce que je vais dire. »
Geom Woojin commença à lui transmettre la formule mnémotechnique.
« Lorsque l’Âme Démoniaque descendra et engloutira le chaos, un monde nouveau verra le jour. L’origine de la véritable énergie commence au point de la Porte de Pierre. L’énergie qui revient par le grand méridien doit s’écouler aussi vite que l’éclair, et… »
Geommugeuk commença par mémoriser les versets récités par son père, les répétant encore et encore. De toutes les formules mnémotechniques qu’il avait apprises, celle-ci était la plus difficile.
Il comprit pourquoi. Le système martial de l’Esprit du Démon Céleste était fondamentalement différent de celui des humains, ce qui rendait les versets bien plus ardus à saisir.
Dès qu’un point lui échappait, il interrogeait directement son père.
Et son père lui expliquait avec toute sa sincérité. En vérité, Geommugeuk recevait en cet instant même une occasion qui ne se présenterait qu’une fois dans sa vie.
D’ordinaire, son père, qui avait atteint les Dix Étoiles de la Grandeur, lui aurait transmis ces versets. Mais à présent, c’était son père, parvenu à la Grandeur des douze étoiles, qui les lui enseignait.
Leur compréhension n’était pas la même, et l’enseignement non plus. La profondeur était telle qu’il était difficile d’assimiler tout cela. Pourtant, qui était l’élève ?
Chaque fois que Geommugeuk ne comprenait pas quelque chose, il posait aussitôt une question. Il exposait ses réflexions, son père les reformulait, et Geommugeuk en tirait une nouvelle question.
Il avait déjà reçu plusieurs fois les enseignements de son père, mais plus leurs voies martiales s’élevaient, plus leurs prises de conscience devenaient inestimables.
Comme on dit, c’est le bon disciple qui fait le bon maître. Au bout du compte, la leçon de ce jour devint la transmission la plus poussée jamais donnée sur les trois dernières formes.
La transmission de la Septième Forme prit ainsi fin après plusieurs heures.
Geommugeuk ferma les yeux pour organiser la forme dans son esprit, puis les rouvrit lentement.
« As-tu compris ? »
« Oui, je crois en avoir saisi une partie. »
Geommugeuk remercia son père et s’inclina profondément devant lui. Cette leçon méritait vraiment la plus profonde des révérences.
« L’Esprit du Démon Céleste en sera heureux. »
Geommugeuk ne put s’empêcher de se poser des questions. Quelle différence y aurait-il chez l’Esprit du Démon Céleste avant et après la maîtrise de la Septième Forme ? Comment réagirait-il à cette maîtrise ? Lui témoignerait-il sa reconnaissance ? Ou resterait-il aussi distant et impassible que toujours ?
« Quand tu auras pleinement maîtrisé la Septième Forme, je te transmettrai la Huitième. »
Il sortit du terrain d’entraînement devant son fils, puis s’arrêta un instant. Enfin, il prononça des mots qu’il n’avait encore jamais dits.
« Félicitations pour avoir atteint l’achèvement. »
Son père ne manqua pas de le féliciter.