Chapitre 489
Myungshin faisait tournoyer sa dague comme en transe.
Des étincelles jaillirent lorsque sa lame croisa celle du Roi des Tueurs.
Le premier et le deuxième assassin du monde souterrain s’affrontaient.
La moindre erreur, dans un combat pareil, était mortelle.
Les dagues s’entrechoquaient si vite qu’elles en devenaient presque invisibles.
Il s’était déjà livré à un léger échange avec le Roi des Tueurs, mais c’était la première fois qu’il se battait à mort contre lui.
Fwoosh, fwoosh, fwoosh, fwoosh, fwoosh !
Les dagues s’abattaient l’une contre l’autre à toute allure.
Son jeu de jambes, aussi rapide que ses attaques, éblouissait par sa virtuosité. Il usait d’une concentration extrême et de techniques d’allègement du corps pour esquiver les dagues qui fondaient sur lui, tout en se contorsionnant.
Le choc des lames retentissait avec netteté, tandis que le métal raclait contre le métal.
« Il est fort ! »
Plus que son esprit ou son instinct, ce furent les mains de Myungshin qui s’en rendirent compte les premières. Les attaques du Roi des Tueurs, bien que puissantes, restaient empreintes d’une certaine retenue. Lui, en revanche, donnait tout ce qu’il avait.
Malgré l’écart de niveau, il parvenait à lutter d’égal à égal grâce à son esprit combatif.
Myungshin avait résolu de risquer sa vie. Son courage insensé compensait tout juste la différence de talent.
Plus d’une centaine de passes s’écoulèrent ainsi en un instant.
Tchang !
Les deux hommes reculèrent dans un puissant claquement métallique.
Ils se tenaient sur le toit d’un bâtiment, en face de l’auberge.
Myungshin respirait avec peine, tandis que le Roi des Tueurs demeurait calme. Voilà l’ampleur de l’écart entre leurs niveaux.
« Mais ce n’est pas grave. »
Ayant accepté l’idée de mourir, Myungshin n’éprouvait aucune peur.
Chaque fois qu’il partait en mission d’assassinat, il imaginait l’instant où l’échec lui coûterait la vie.
Des scènes comme celle-ci lui venaient alors naturellement à l’esprit.
Des artistes martiaux fouillant son cadavre pour découvrir d’où venait l’assassin.
Personne n’enterrait le corps d’un assassin ; on l’abandonnait dans un champ. Puis les loups rôdaient dans les parages et le déchiquetaient.
Myungshin croyait que tel était le sort de tous les assassins.
Mais mourir en combattant le Roi des Tueurs ?
« En fait, ce n’est pas une si mauvaise mort. »
À cet instant, le Roi des Tueurs tourna les yeux vers l’auberge d’en face. À travers la fenêtre, on apercevait par intermittence le combat chaotique qui faisait rage à l’intérieur.
« Le Jeune chef du Culte ne sortira pas vivant de là. »
Myungshin avait parlé d’un ton calme.
« Le Jeune chef du Culte en sortira vivant. »
Myungshin, qui s’exprimait toujours avec déférence, lui parlait à présent sans formalités, mais le Roi des Tueurs ne s’en offusqua pas.
« Dans ce cas, tous les pièges que tu as posés ne serviront à rien. »
Myungshin savait que c’était pour cette raison qu’on l’avait attiré dehors.
« J’apprécie que tu aies confiance en moi. »
Bien qu’il le sût, il était tout de même sorti pour trois raisons. La première…
« Ça n’aura aucune importance. Pas pour ce Jeune chef du Culte. »
Il avait foi en Geommugeuk.
Celui qu’il avait découvert dans les rapports et celui qu’il avait vu de ses propres yeux : en réunissant ces deux images, il était arrivé à cette conclusion.
Il ne l’avait rencontré que quelques jours plus tôt, pourtant Geommugeuk l’avait marqué davantage que quiconque avant lui.
Au point qu’il avait même songé à réécrire le rapport qu’il avait remis à son sujet. Bien sûr, cela n’était désormais plus nécessaire.
Une autre raison était que, s’il était resté dans l’auberge, le Roi des Tueurs y serait resté lui aussi.
La situation aurait été tout aussi difficile. Il avait préféré espérer que, pendant qu’il retenait le Roi des Tueurs, Geommugeuk s’occuperait des autres et ressortirait. Il n’avait pu faire ce choix que parce qu’il croyait en Geommugeuk.
Enfin, il voulait tuer le Roi des Tueurs de ses propres mains.
Il savait que ce ne serait pas facile, mais il désirait mettre fin à cette rancune lui-même.
Ce fut alors que…
Ffff !
Myungshin esquiva une arme dissimulée qui fondait sur lui par-derrière. Elle n’avait pas été lancée pour le tuer, seulement pour détourner son attention.
Un homme se tenait désormais sur le toit d’un bâtiment voisin. C’était Hyeolla, celui qui avait provoqué Myungshin plus tôt et dont le Roi des Tueurs avait tranché la langue.
Hyeolla supplia le Roi des Tueurs du regard, la seule expression de son visage : laisse-moi m’occuper de Myungshin.
La haine brûlait dans ses yeux ; il tenait Myungshin pour responsable de la perte de sa langue.
Le Roi des Tueurs regarda tour à tour Myungshin et Hyeolla, puis lui accorda la permission d’un léger signe de tête.
Vu son tempérament, il aurait normalement accablé Myungshin de sarcasmes, mais désormais, il ne pouvait plus prononcer un mot.
Hyeolla se rua sur lui, l’épée à la main.
Myungshin n’esquiva pas. Il se porta à sa rencontre et abattit sa dague.
Les assassins tuaient grâce à la préparation et à la ruse. C’est pourquoi, lorsque leur adversaire était complètement pris au dépourvu, ils devaient pouvoir le tuer rapidement et silencieusement, sans rencontrer de résistance. Un assassin ne devait donc jamais faire certaines choses.
Un assassin ne devait pas employer de techniques de jeu de jambes.
Un assassin ne devait pas recourir aux arts martiaux.
S’il devait s’en servir, c’est que l’assassinat avait déjà mal tourné.
Employer des techniques de déplacement ou des arts martiaux ne pouvait signifier qu’une chose : l’assassinat avait échoué.
Aussi, à présent qu’il combattait à découvert, ce n’était plus un affrontement d’assassins, mais plutôt un duel d’artistes martiaux.
Un pur combat de fondamentaux : arts martiaux, maniement des armes dissimulées et techniques d’allègement du corps.
Fchhh !
L’épée frôla le visage de Myungshin en sifflant.
Alors même que le tranchant glacé effleurait sa peau, Myungshin se rua sur lui, dague en avant.
Hyeolla pivota pour éviter la lame et inclina son épée dans le même mouvement.
L’épée, qui était passée tout près de son visage, dévia brusquement pour tenter de le taillader. Mais Myungshin s’était déjà abaissé et poignardait Hyeolla au ventre.
Tchang, tchang, tchang !
Hyeolla dévia de nouveau son épée et parvint de justesse à parer l’attaque.
Comme on pouvait s’y attendre d’assassins représentant le monde souterrain, leur affrontement était exceptionnel.
Leurs mouvements étaient aussi rapides que le vent, et leurs attaques, féroces comme celles de bêtes sauvages.
Les brèves détonations métalliques se succédaient sans répit.
Peu à peu, cependant, l’épée commença à perdre du terrain face à la dague.
Hyeolla avait récemment connu davantage de succès comme assassin, et il était persuadé de pouvoir vaincre Myungshin.
Malheureusement pour lui, ce combat n’opposait pas deux assassins, mais deux artistes martiaux. Et sur le plan des fondamentaux, il ne faisait pas le poids.
« Merde ! Je ne perdrai pas contre un type comme toi ! »
Mais à mesure que Hyeolla reculait, sa coordination commença à se dégrader.
Pouf !
Le sang jaillit de son épaule.
Il se croyait le véritable numéro deux.
Pourtant, l’écart entre eux était bien plus grand que la langue qu’il avait perdue.
Hyeolla tenta de jouer son atout, mais Myungshin ne laissa pas passer la brève ouverture qui accompagnait toujours les techniques de grande envergure.
Pouf ! Pouf ! Pouf !
La dague de Myungshin transperça la poitrine de Hyeolla à plusieurs reprises, en succession rapide.
« Ghuurgh… »
Hyeolla cracha un flot de sang.
Il tourna les yeux vers le Roi des Tueurs. Son regard accusateur semblait lui demander : pourquoi ne viens-tu pas m’aider ? Mais le Roi des Tueurs n’aurait pas pu le secourir, même s’il l’avait voulu.
Dès qu’il avait commencé à se battre contre Myungshin, il avait senti la présence de Hui. À la moindre ouverture, Hui frapperait sans hésiter.
C’était le garde du chef du Culte.
Un peu plus tôt, il avait voulu tuer Myungshin sur-le-champ, mais Hui l’en avait empêché.
S’il se précipitait pour tuer, ce serait lui qui mourrait.
Son adversaire avait le talent nécessaire pour faire de cette menace instinctive une réalité.
C’est alors que…
Patatatata !
Le mur de l’auberge d’en face fut criblé de trous. Il ne faisait aucun doute que les Pilules de Calcul Fantôme avaient explosé.
Une lourde odeur de sang se répandit à travers les brèches. Le combat acharné continuait à l’intérieur.
Myungshin reprit son souffle devant le cadavre de Hyeolla. Il comprit alors pourquoi le Roi des Tueurs ne s’était pas mêlé à leur affrontement. Il sentait que Hui le protégeait.
Et cela le fit inévitablement penser à Geommugeuk.
« Toi, alors… ! »
Il ne s’était pas contenté de proposer qu’ils soient amis. Il ne s’était pas contenté de lui promettre la vie sauve. Il le pensait vraiment.
Le Roi des Tueurs contempla l’auberge en silence, puis prit soudain la parole.
« Ce n’est pas à moi que tu devrais vouloir te venger, mais à celui qui nous a engagés. »
« C’est vrai. »
Myungshin le reconnut sans hésiter.
« Alors, pourquoi ? »
Il savait ce que le Roi des Tueurs n’avait pas dit après cette phrase.
Pourquoi m’as-tu trahi ?
Myungshin comprit que le Roi des Tueurs se posait sincèrement la question.
C’est pourquoi il n’éprouvait pas de colère. Le Roi des Tueurs était simplement ainsi.
Il lui avait laissé la vie sauve et l’avait même élevé pour faire de lui un assassin. Alors pourquoi ne lui en était-il pas reconnaissant ? Pourquoi l’avait-il trahi ?
Parce qu’il était le genre d’homme à poser de telles questions. Il était incapable de comprendre la complexité et l’étendue des émotions humaines.
« Et toi… pourquoi as-tu tué ton père ? »
Une aura meurtrière jaillit des yeux limpides du Roi des Tueurs.
Mais cela ne dérangea pas Myungshin le moins du monde. Au contraire, il s’en réjouit. Dans un combat entre maîtres, plus l’adversaire était furieux, plus on avait l’avantage.
« Ça fait désagréable, n’est-ce pas ? Tout comme tu ne crois pas avoir trahi ton père, moi non plus, je ne crois pas t’avoir trahi. »
Le Roi des Tueurs le fixa en silence.
Myungshin se demanda si ce n’étaient pas ces yeux limpides qui l’avaient tant fasciné chez le Roi des Tueurs.
Il n’y avait pas de mal en eux, mais de la pureté.
Inconsciemment, il l’avait perçu ainsi. Parfois, l’impression laissée par l’apparence l’emportait sur tout le reste.
Le Roi des Tueurs s’avança lentement vers lui.
Myungshin lut dans son regard la résolution de le tuer.
Il essuya le sang de Hyeolla sur sa dague, puis s’avança lui aussi.
Il aurait pu gagner du temps en prolongeant la conversation, mais il ne le fit pas. Cette vengeance n’appartenait pas à Geommugeuk, elle était la sienne.
« Je vais me battre de toutes mes forces. »
Les deux hommes s’affrontèrent de nouveau.
Tchang, tchang, tchang, tchang, tchang, tchang !
Les trajectoires prévisibles s’entremêlaient à d’autres, impossibles à anticiper.
Il en para certaines avec adresse, d’autres par instinct.
Son énergie interne ne suivait pas ; son bras lui faisait l’effet de se déchirer. Pourtant, Myungshin serra les dents et continua de se battre.
Si le premier avait une puissance terrifiante, le deuxième n’en manquait pas non plus. Mais un tel écart de talent ne pouvait être comblé par la seule force de volonté.
Pak !
Le sang gicla du bras de Myungshin.
Fiiii !
Au moment où l’attaque suivante allait lui transpercer le cœur…
Tchang !
Une épée détourna la dague du Roi des Tueurs.
Celui qui avait dévié la lame était Hui, qui sortit de sa cachette.
Le Roi des Tueurs s’apprêtait à poignarder Myungshin : c’était l’occasion rêvée de l’attaquer directement.
Mais s’il l’avait fait, Myungshin serait mort à coup sûr. Hui avait donc choisi de le protéger.
Myungshin pressa rapidement un point d’acupuncture près de sa blessure pour arrêter le saignement, puis dit :
« Je ne voulais pas vous devoir quoi que ce soit… mais merci. »
Hui ne répondit pas. Il ne protégeait Myungshin que sur ordre du Jeune chef du Culte ; cet assassin ne lui inspirait aucun sentiment particulier.
Myungshin se remit debout, prêt à reprendre le combat.
Alors une voix s’éleva derrière lui.
« Quels pièges as-tu installés là-dedans ? J’ai failli y laisser ma peau ! »
Geommugeuk sortait de l’auberge.
Le Roi des Tueurs ne put dissimuler sa surprise.
Il ne s’était pas attendu à ce que Geommugeuk termine le combat à l’intérieur et ressorte si vite. Et il semblait parfaitement indemne : pas la moindre égratignure.
À vrai dire, Myungshin était tout aussi stupéfait. S’efforçant de cacher son étonnement, il demanda :
« Alors ? Que valaient tous ces pièges ? C’est moi qui en ai fabriqué la plupart, tu sais. »
« Si j’avais su que c’était toi qui les avais posés, je n’aurais pas demandé à l’oncle Hui de t’épargner. »
Myungshin le sentit bien. Ce n’était pas un reproche : Geommugeuk lui faisait l’éloge de ses pièges, qu’il trouvait exceptionnels.
Combien de personnes, dans le monde martial, auraient pu plaisanter ainsi dans une telle situation ? Après avoir échappé à cette auberge de la mort, n’importe qui d’autre se serait vanté d’avoir survécu, ne serait-ce que par une remarque suffisante. Mais lui mettait son adversaire en valeur. Il montrait ce qu’était la véritable dignité.
« J’ai perdu. »
Myungshin éprouva du respect pour Geommugeuk. Éprouver du respect pour un jeune homme à peine sorti de l’adolescence ? Il n’en avait pourtant pas honte le moins du monde. Après tout, cet homme lui avait aussi sauvé la vie.
« Tu es gravement blessé ? »
À la question de Geommugeuk, Myungshin comprit qu’il était temps de leur laisser le reste du combat.
Il ne s’obstina pas à vouloir continuer.
Aussi regrettable que ce fût, il savait désormais qu’avec son niveau, tuer le Roi des Tueurs était impossible. S’accrocher à son orgueil ne ferait que gêner Hui ou Geommugeuk. Le Roi des Tueurs était bien plus fort qu’il ne l’avait imaginé.
Myungshin sauta du toit.
« Combattre avec un corps habitué à manier le marteau, c’était rude. Je vais faire une pause ; occupe-toi de lui. »
Sur ces mots, Geommugeuk s’élança dans les airs et atterrit à l’endroit où Myungshin se tenait quelques instants plus tôt.
« Merci, oncle. »
Il remerciait Hui d’avoir tenu sa promesse et protégé Myungshin.
Une fois Geommugeuk derrière lui, l’expression de Hui changea. À présent, celui qu’il devait protéger était Geommugeuk ; il devint une tout autre personne.
Les gardes étaient ainsi : ils changeaient complètement selon la personne qui se trouvait derrière eux.
En regardant le dos de Hui, Geommugeuk en eut la certitude.
Hui voulait affronter le Roi des Tueurs.
Ce combat était vraiment un affrontement inévitable, né de deux destins opposés.
« Si l’oncle Hui doit se battre… »
Alors, il pouvait faire quelque chose pour le soutenir. Quelque chose qu’il savait faire aussi bien que manier l’épée.
Geommugeuk héla Myungshin, qui se tenait désormais en contrebas du toit.
« Sais-tu pourquoi ton chef s’est allié à eux ? »
« Pas la moindre idée. Et toi ? »
« Ils ont probablement dû lui offrir quelque chose. Le faire Roi de tous les Assassins. Faire de lui le souverain de la nuit. »
Myungshin pensa que c’était sans doute la vérité. Son chef était entièrement obsédé par le meurtre. Peut-être que seule une telle offre pouvait agir sur lui.
« Ça se tient… mais, au bout du compte, ça revient à dire qu’ils feraient de lui une lame à leur solde, non ? »
Voyant le regard limpide du Roi des Tueurs vaciller, Geommugeuk se mit à le provoquer pour de bon.
« Un souverain qui obéit aux ordres d’un autre, quel genre de souverain est-ce ? Un souverain de la nuit qui baisse la tête devant celui du jour ? Pitoyable. Souverain, mon œil ! Il n’est rien de plus qu’un outil. »
Geommugeuk continua de lancer des paroles provocatrices au Roi des Tueurs, cherchant à ébranler son cœur avant même le début du combat.
« Il n’a fait qu’imiter la vie d’un autre. Jamais il ne s’est demandé quelle vie il aurait dû mener lui-même… »
Et alors…
Kaaaang !
Deux éclairs d’épée surgirent en même temps, puis disparurent.
L’un visait à trancher Geommugeuk en deux. L’autre para l’attaque qui fondait sur lui.
Ce fut Hui qui bloqua le coup du Roi des Tueurs. Ce n’était pas une attaque destinée à tuer, mais un avertissement : tais-toi.
Bien sûr, Geommugeuk ne serait pas Geommugeuk s’il s’arrêtait de parler pour si peu.
Le visage détendu, comme s’il était certain que Hui parerait tous les coups, il continua de provoquer le Roi des Tueurs. Cette fois, il prit Myungshin pour cible.
« Sais-tu pourquoi cet homme essaie de briser tes principes ? »
Myungshin lui-même était vraiment curieux de le savoir.
« Pourquoi ? »
« Parce qu’il est jaloux. Lui, le premier assassin, tue sans la moindre règle, tandis que toi, le deuxième, tu suis un code… »
Kwakwakwakwaang !
La Foudre Tueuse d’Âmes jaillit de la manche du Roi des Tueurs. Sa puissance dépassait de loin celle des assassins qu’ils avaient affrontés plus tôt dans l’auberge.
Mais la scène qui suivit fut encore plus stupéfiante.
L’épée de Hui tourna comme une roue à aubes et détourna toutes les armes dissimulées qui fusaient vers lui.
Myungshin en resta stupéfait. Il n’avait jamais imaginé qu’on puisse dévier la Foudre Tueuse d’Âmes à une telle distance.
« Le garde du chef du Culte… Il est bien plus fort que je ne le pensais. »
Hui et le Roi des Tueurs se dévisagèrent.
Ils n’avaient besoin d’aucune autre raison pour se battre : ils se détestaient plus que quiconque.
Un combat entre ennemis jurés, chacun incarnant les extrêmes du monde martial.
Et ce jour-là, Hui, qui d’ordinaire gardait le silence, prit la parole.
« Les assassins méprisent les gardes. Ils croient que nous ne savons que rester plantés là à protéger les autres. Aujourd’hui, je crois qu’il est temps de le lui montrer. »
Les gardes et les assassins sont les deux faces d’une même pièce.
« À quel point celui qui sait protéger peut être redoutable… quand il décide de tuer. »