Chapitre 390
Traducteur : FenrirTL
Édition / vérification / notes : Saphartlantis
Chapitre 390 : Ce dont le monde des arts martiaux a besoin aujourd’hui, c’est de paix
Baek Jagang avait envoyé le plat aux champignons à Bih Sa uniquement pour l’épater devant Jin Peicheon.
Je sais même quel genre de plat mon disciple aime.
Mais Jin Peicheon savait déjà ce que son petit-fils aimait.
« Après tout, ils sont grand-père et petit-fils. Ils ont dû souvent manger ensemble. »
À vrai dire, Baek Jagang savourait la situation. Il n’aurait jamais cru que le sommet d’aujourd’hui se déroulerait ainsi.
Il était étonnant de voir Jin Peicheon, d’ordinaire si maître de lui, se mettre soudain à vanter son petit-fils comme s’il se libérait d’un poids. Quant à Geom Woojin, que Baek avait imaginé froid et impitoyable, il avait révélé une facette différente et intrigante.
Le sang ne saurait-il vraiment mentir ? Le comportement inattendu de Geom Woojin rappelait l’excentricité de Geommugeuk.
À l’inverse, cela signifiait peut-être que le sang de Geommugeuk recelait lui aussi la même froideur cynique que celui de Geom Woojin.
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, Baek Jagang avait clairement compris où menait la Voie démoniaque de Geommugeuk.
Sa Voie démoniaque n’était pas une réponse à moitié convaincue à la question « Quelle est ta voie ? », du genre : « Ça devrait suffire à vous convaincre, non ? » Le Jeune chef du Culte du Démon Céleste suivait une voie résolue, peut-être même davantage que les hommes de leur génération.
Baek Jagang tourna les yeux vers Geom Woojin.
« La voie de votre fils n’est pas la vôtre. »
Leurs voies différaient bien plus que légèrement. Elles les entraînaient dans des directions diamétralement opposées. 1
« Que comptez-vous faire, à présent ? »
Dans le regard de Geom Woojin, toujours aussi froid, il ne trouva aucune réponse.
Jin Peicheon devait se poser la même question.
« Qu’en penses-tu ? À propos de ce père et de ce fils. »
Mais Jin Peicheon avait autre chose en tête, pour l’instant.
« Chef du culte Geom. »
Jin Peicheon jeta un bref regard à Geom Woojin.
« Accepteriez-vous de boire un verre avec moi ? »
Les paroles de Jo Chunbae avaient profondément touché Jin Peicheon. Geommugeuk avait accompli quelque chose que même les héros vertueux des sectes orthodoxes auraient eu du mal à réaliser. Cela n’aurait pas dû se produire dans une taverne devant le Culte du Démon Céleste, mais dans une taverne devant l’Alliance du Murim. 2
Du point de vue du Chef de l’Alliance du Murim, comment ne pas se réjouir que le futur chef du culte soit un homme pareil ?
C’était pourquoi il voulait offrir un verre à Geom Woojin, ne serait-ce que pour l’avoir élevé ainsi. Il n’avait aucune autre intention. Il détestait toujours le Culte du Démon Céleste, et il détestait toujours son chef.
Il avait parlé avec générosité, mais Geom Woojin semblait lui aussi le détester.
« Je refuse. »
Geom Woojin ne donna aucune raison à son refus.
« Vous acceptez le verre du tavernier, mais pas le mien ? »
Sans répondre, Geom Woojin se servit tout de même à boire.
Jin Peicheon devina pourquoi.
« Il ne veut pas se rapprocher de moi. Parce qu’un jour, il devra me tuer. » 3
L’ambition d’unifier le monde des arts martiaux brûlait toujours dans les yeux de Geom Woojin.
Ils pouvaient bien sourire l’un à l’autre, boire ensemble, se laisser emporter dans une rivalité enflammée à vanter leurs enfants ou faire voler avec panache une dizaine de plats différents…
Rien ne changerait au fait qu’ils deviendraient ennemis dès qu’ils franchiraient le seuil de la taverne. Leur bonne entente n’était qu’une illusion.
Jin Peicheon se remplit lui aussi une coupe et but avec amertume.
« Et vous, que ferez-vous ? Continuerez-vous sur cette voie, même si vous devez barrer le chemin de votre propre fils ? »
Cette fois, Jin Peicheon tourna les yeux vers Baek Jagang.
Baek Jagang faisait distraitement tourner sa coupe entre ses doigts, perdu dans ses pensées.
Il n’y avait pas qu’un seul ennemi.
Il ne fallait pas sous-estimer ces petits yeux. À trop se focaliser sur le Démon Céleste, on risquait de finir la tête tranchée par Baek Jagang. Il avait les compétences et l’ambition nécessaires.
Il suffisait de regarder la robe martiale noire qu’il portait pour le comprendre. Le moment venu, il agirait vite et sans hésiter.
Une plaisanterie circulait dans le monde des arts martiaux : si les trois chefs actuels étaient nés à des époques différentes, trois guerres distinctes auraient éclaté. Les érudits des arts martiaux évoquaient toujours cette histoire lorsqu’ils plaisantaient sur leur propre nature tyrannique.
« Et avec des gens comme vous, je suis censé aller pêcher et chasser avec nos petits-enfants ? »
Un cauchemar surgit soudain dans l’esprit de Jin Peicheon : il se tenait là, hébété, sa canne à pêche à la main, à regarder l’Alliance du Murim partir en fumée sans pouvoir rien faire.
« Ces hommes ne sont pas dignes de confiance. »
Jin Peicheon tourna la tête vers celui qui, malgré tout, avait organisé la rencontre d’aujourd’hui.
« Pourras-tu vraiment suivre ta voie sans te faire dévorer par ton propre père ? » 4
Contrairement à l’atmosphère pesante qui régnait chez les adultes, l’ambiance parmi les plus jeunes était enjouée.
Bien sûr, celui qui donnait le ton n’était autre que Geommugeuk.
« Bon, bon. Je vais commencer par les présentations. Voici mon grand frère, qui a perdu la lutte pour la succession et qui lorgne sans cesse sur ma place. » 5
Autrefois, Geom Muyang lui aurait lancé une réplique cinglante. À présent, il ne put que laisser échapper un rire sans joie.
« Je suis Geom Muyang. »
Il salua brièvement. Geommugeuk comprit. Pour un homme au caractère de son frère, le simple fait d’être ici représentait déjà un effort considérable.
Jin Haryeong avait beaucoup entendu parler de Geom Muyang par son frère aîné.
À une époque, tout le monde des arts martiaux avait cru que cet homme deviendrait l’héritier.
Puis la nouvelle était tombée : la lutte pour la succession au sein du Culte du Démon Céleste s’était achevée sans qu’une seule goutte de sang soit versée.
Au début, elle avait eu du mal à y croire. Ce n’est qu’après avoir appris à connaître Geommugeuk qu’elle s’était dit que c’était peut-être possible. Mais un seul homme aurait-il pu accomplir une telle chose ? Cela n’avait sans doute été possible que parce que ce Geom Muyang était lui aussi extraordinaire.
En observant Geom Muyang, le regard de Jin Haryeong glissa vers Geommugeuk, assis à côté de lui.
« Comment deux frères peuvent-ils être aussi différents ? »
On aurait dit que Geommugeuk avait deviné ses pensées.
« Que penses-tu de mon frère ? »
La question visait clairement à la déstabiliser, mais Jin Haryeong répondit sans se troubler.
« Je me sens proche de lui. »
« En quoi donc ? »
« Nos situations se ressemblent, non ? Je parle de ce triste destin : être écarté au profit de l’héritier. »
Elle acheva sa plaisanterie à l’adresse de Geom Muyang.
« Ma propre vie ne tient qu’à un fil, vous savez. »
Elle se demanda un instant si elle pouvait vraiment dire cela au Fils aîné du Culte du Démon Céleste lors de leur première rencontre. Mais Geommugeuk avait un tel effet sur elle qu’en sa présence, ce genre de plaisanterie lui venait naturellement.
Heureusement, Geom Muyang ne manifesta aucun mécontentement.
Cela lui rappela le passé.
Ce moment où Geommugeuk était devenu l’héritier et où il lui avait demandé : « Alors, quand vas-tu me tuer ? »
C’était pour cela que sa plaisanterie l’avait touché. Seuls ceux qui avaient cheminé aux côtés d’un héritier connaissaient le poids d’un tel rôle.
« Vous voulez boire un verre ? »
La proposition la surprit. Il lui offrait à boire. Elle accepta sans hésiter.
« Avec plaisir. Buvons entre personnes qui se comprennent. »
Geom Muyang lui remplit sa coupe à ras bord.
En les regardant, Jin Hagun intervint.
« Tu n’as pas entendu ce que grand-père a dit tout à l’heure ? Qui oserait s’en prendre à la petite-fille la plus précieuse et la plus belle du monde ? »
Tout en prenant le verre, Jin Haryeong en versa un à Geom Muyang et lui demanda :
« Et vous, qu’en pensez-vous ? Si le chef du culte vous ordonnait de me tuer ? »
Geom Muyang ne répondit pas et but en silence.
Jin Haryeong lança à Jin Hagun un regard qui semblait dire : « Tu vois ? »
« Ce n’est pas vraiment le genre de chose qu’on peut affirmer avec assurance dans une situation pareille. »
Elle vida elle aussi son verre.
Cette réunion lui faisait un bien fou. Sans Geommugeuk, elle n’aurait jamais partagé un verre ni plaisanté avec ces deux-là, pas une seule fois de toute sa vie.
Jin Hagun fixait Geom Muyang d’un regard impassible. À vrai dire, il était agacé. Par simple politesse, Geom Muyang aurait dû dire : « Comment pourrais-je tuer quelqu’un d’aussi précieux ? » Surtout qu’il s’agissait d’une plaisanterie sur la vie de sa petite sœur. Comment ne pas être sur ses gardes ?
À cet instant, Geommugeuk servit un verre à Jin Hagun et dit :
« Essaie de le comprendre. Mon frère a toujours été plutôt froid. Un peu comme toi, en fait. »
« Comme moi ? En quoi donc ? » 6
À bien y réfléchir, s’il s’était trouvé dans la même situation, il n’aurait probablement rien dit non plus.
Cette fois, Geommugeuk remplit le verre de Bih Sa. Ses mains et ses paroles ne cessaient de s’activer : il s’occupait de tous ceux qui l’entouraient.
« Vous n’êtes pas froid. C’est une bonne chose. »
« Vous êtes le premier à dire que je ne suis pas froid. »
Eh bien, ce n’était pas la seule première fois.
— Quelqu’un qui sait bien lire les visages comprendrait à quel point vous êtes beau sous cette cicatrice.
On lui avait même dit qu’il était beau.
« Jeune chef du culte. »
« Qu’y a-t-il ? »
Bih Sa le regarda avec gravité.
« Pourquoi nous avoir tous réunis ici ? »
Tous quatre tournèrent les yeux vers Geommugeuk.
« Pourquoi vous me regardez comme ça ? Vous vous dites : “S’il s’agit de lui, il doit y avoir une grande motivation cachée ou un plan derrière tout ça”, c’est bien ça ? Il n’y en a pas. Vous aviez tous l’air trop tendus, alors je me suis dit qu’on pourrait se retrouver et se détendre un peu. Mais les choses ont un peu dégénéré. »
« Et comment comptes-tu mettre fin à cette réunion ? »
« On pourrait simplement passer un bon moment, puis rentrer, non ? Vu le caractère des trois autres, il suffira que l’un d’eux se lève soudain et dise : “On va en rester là”, et ce sera terminé. » 7
Devant les regards incrédules, Geommugeuk poursuivit :
« Pour aujourd’hui, j’aimerais que tous les trois puissent se reposer un peu et plaisanter ensemble. À mes yeux, c’est ce qu’il y a de plus important dans cette réunion. Ce sont des hommes qui n’ont jamais vraiment pris de bon temps. Je doute même qu’ils sachent comment faire. »
En vérité, Geommugeuk aurait pu en dire autant de lui-même. Il savait vivre en poursuivant une seule voie avec une détermination sans faille. Mais savait-il vraiment prendre soin de lui et profiter de la vie pour son propre plaisir ? 8
Jin Haryeong se tourna vers l’endroit où étaient assis le chef du culte et le chef de l’Alliance. Ils ne parlaient pas. Chacun était plongé dans ses pensées, sirotant son verre en silence. Même si quelqu’un chuchotait ici, ces deux-là entendraient tout.
Une pensée lui traversa l’esprit : peut-être, comme le disait Geommugeuk, permettre à ces trois hommes de se reposer, ne serait-ce qu’un instant, était-il bien plus difficile que d’élaborer un plan magistral pour instaurer la paix dans le monde des arts martiaux. Et peut-être cela donnerait-il de meilleurs résultats que n’importe quel grand projet.
C’est alors que cela se produisit.
Chling.
Le bruit d’une épée à demi dégainée retentit à l’étage inférieur. Le silence s’abattit aussitôt sur les lieux.
Geom Woojin sirota tranquillement son verre, Jin Peicheon parut légèrement inquiet et Baek Jagang esquissa un sourire.
Geommugeuk s’apprêtait à se lever, sachant qu’il devait intervenir avant que la situation ne dégénère, quand…
Geom Muyang lui saisit l’épaule pour le retenir et se leva le premier. Il lui faisait comprendre qu’il allait s’en charger.
Surpris par cette initiative inattendue de son frère, Geommugeuk le regarda, les yeux écarquillés.
Tous les convives tournèrent les yeux vers Geom Muyang, y compris Geom Woojin et les deux chefs de l’Alliance.
Geom Muyang s’approcha de la balustrade et regarda en contrebas, avant de se présenter avec respect.
« Je suis Geom Muyang, fils aîné du Culte du Démon Céleste. »
Une lueur de curiosité passa dans leurs yeux. Pourquoi s’était-il avancé à la place de Geommugeuk ?
Celui qui avait à moitié dégainé son épée était Jin Gwang, l’Épéiste suprême du Grand Principe. Un duel de regards silencieux l’opposait à la Suprême de l’Épée Tranchante. Ce qui le dérangeait vraiment, c’était qu’elle ne cillait pas sous son regard. Cela l’irritait. Mais détourner les yeux le premier aurait aussi blessé son orgueil.
Ayant perdu la bataille du sang-froid, il l’avait avertie : si elle continuait à refuser de détourner le regard, il pourrait bien dégainer son épée.
Sans désigner personne en particulier, Geom Muyang s’adressa à tous.
« Je sais parfaitement qui vous êtes tous. Je sais aussi qu’aucun de vous ne se trouverait ici sans le chef du culte et les chefs de l’Alliance. »
Il commença par des paroles respectueuses.
« Puisque vous êtes des personnages de votre trempe, vous devez aussi savoir combien il a été difficile de rendre cette réunion possible. Et celui qui a accompli cet exploit impossible, c’est mon petit frère. C’est pourquoi, aujourd’hui, je veux qu’il se repose. Je ne veux pas qu’il ait à intervenir pour empêcher une bagarre. Aujourd’hui, c’est moi qui vais le laisser souffler. » 9
Geom Woojin inclina tranquillement sa coupe en écoutant son fils. Jin Peicheon et Baek Jagang écoutèrent eux aussi le discours de Geom Muyang en silence.
Jin Gwang, qui avait à moitié dégainé son épée, leva vers Geom Muyang un regard glacial.
En soutenant son regard, Geom Muyang prit la parole. Son ton, jusque-là formel, se fit provocateur et intense.
« Jusqu’où êtes-vous prêts à aller ? »
Il avait dit « vous », et non « toi ». Il n’avait pas désigné l’Épéiste suprême du Grand Principe. S’il l’avait provoqué seul devant tout le monde, l’orgueil de celui-ci l’aurait forcé à agir.
« Moi, je peux aller loin. Vous vous dites peut-être : “Que peut bien savoir quelqu’un qui n’est même pas l’héritier ?” Mais justement parce que je ne le suis pas… je peux aller jusqu’au bout. »
C’était une menace sans équivoque de Geom Muyang : si vous vous en prenez à moi, j’irai jusqu’au bout.
« Alors, reposez-vous tous aujourd’hui. Vous vous êtes battus sans relâche toute votre vie pour atteindre les positions que vous occupez maintenant, n’est-ce pas ? »
Il se retourna pour s’éloigner, puis ajouta une dernière chose :
« Vous avez dû voir mon frère, celui qui appelle le tavernier sa “Voie démoniaque”. Eh oui. Comme vous pouvez le constater, c’est un fou. Et moi, je suis le frère de ce fou. Alors, à moins de vouloir aller jusqu’au bout avec des cinglés, je vous conseille de ne pas chercher querelle aujourd’hui. »
La taverne se tut.
Une lumière plus vive scintilla autour du Démon Bouddha. Il sourit, satisfait : tout le temps et les efforts qu’il avait consacrés au Fils aîné n’avaient pas été vains.
Le vieux Démon Lame s’avança à grands pas et s’assit sans façon à une table.
« Tavernier, apportez-nous à boire ! »
Sans la moindre hésitation, il avait tourné le dos aux maîtres orthodoxes comme aux maîtres des voies déviantes. C’était une marque d’assurance — Allez-y, attaquez-moi si vous l’osez — mais aussi une façon de refuser de boire en les regardant en face. Voilà le genre d’homme qu’était le Démon Lame.
À peine s’était-il assis que les Suprêmes démoniaques prirent place à la même table et aux tables voisines.
Clac.
L’épée à demi dégainée de Jin Gwang rentra dans son fourreau. Il n’avait jamais vraiment eu l’intention de la dégainer, mais avec le Culte du Démon Céleste qui venait de faire un tel geste, comment aurait-il pu faire autrement ?
Pour ne pas donner l’impression de céder, les maîtres orthodoxes et ceux des voies déviantes qui se trouvaient à proximité s’assirent eux aussi près de l’endroit où ils se tenaient. Certains leur tournèrent franchement le dos, tandis que d’autres restèrent debout, gardant leurs adversaires à l’œil.
« Ce dont le monde des arts martiaux a besoin aujourd’hui, c’est de bons plats et de bons alcools ! »
Dans cet esprit, Jo Chunbae s’empressa d’apporter les boissons et les accompagnements qu’il avait préparés. Évidemment qu’une bagarre allait éclater si tout le monde restait debout sans boire dans une taverne.
De retour à sa place, Geom Muyang prit les devants avec Geommugeuk.
« Ne dis pas un seul mot ! »
« Qu’est-ce que tu crois que j’allais dire ? »
« Peu importe, ne le dis pas ! » 10
Combien de fois avait-il dû se brûler les ailes pour réagir ainsi ? Bih Sa comprit parfaitement et hocha la tête d’un air compatissant avant de lever sa coupe. Jin Hagun et Jin Haryeong firent tinter leurs verres contre le sien avec entrain. Un toast solidaire.
« C’est agréable. Grâce à toi, je peux enfin souffler. Si j’étais descendu, tout aurait explosé. J’aurais probablement fini par m’emporter et par dire : “Le chef du culte et les chefs de l’Alliance sont assis là, et toi, qui tu es pour dégainer ton épée un jour pareil ? Monte ici !” Et le type à côté de lui aurait… »
Geom Muyang glissa précipitamment un verre dans la main de Geommugeuk.
« Bois. Et repose un peu ta bouche. »
Il avait parlé froidement, mais comment Geommugeuk aurait-il pu ne pas comprendre ? Il savait tout ce que son frère avait traversé pour lui. Rien que de se lever tout à l’heure avait dû lui demander un courage immense.
Geommugeuk se détendit, s’affala sur sa chaise et étendit les jambes devant lui.
« Ouais. Faisons une pause. »
C’était paisible. À cet instant, il se sentait aussi reposé que lorsqu’il était allongé sur la plage, à l’intérieur de la Technique de transfert spatial et temporel. Non, peut-être même davantage.
En le regardant, les yeux clos et un sourire discret aux lèvres, Jin Haryeong eut soudain l’impression, sans trop savoir pourquoi, qu’il avait l’air seul. Mais cette sensation ne dura qu’un instant avant de s’estomper peu à peu. 11
Le plat de canard posé devant Jin Hagun se mit lentement à glisser tout seul sur la table.
Sous le regard de tous, le plat s’arrêta juste devant Geom Muyang.
« Si vous en vouliez, vous n’aviez qu’à le dire. »
La voix de Jin Haryeong troubla Geom Muyang.
« Non ! Ce n’est pas moi ! »
« Bien sûr que non ! »
Tous les regards se tournèrent d’un même mouvement vers Geommugeuk.
Sous le poids de ces regards, Geommugeuk entrouvrit un œil et sourit.
« Mon frère aime aussi le canard. »
1 : Et ils pourraient même s’affronter un jour. J’espère que non, mais l’auteur est doué pour les rebondissements, alors on ne sait jamais.
2 : C’est parce que c’est un véritable héros démoniaque ^^
3 : Hmm, à tout le moins, son refus si catégorique prouve qu’un rapprochement reste possible. Sinon, il aurait pu accepter sans hésiter et continuer à préparer la guerre. D’une certaine façon, ce refus témoigne de l’égard et de l’honnêteté qu’il réserve à un adversaire auquel le destin l’oppose.
4 : Si le Vieux Ciel n’avait pas été son ami, il se serait battu contre lui pour assurer le succès de sa voie.
5 : Aïe. La pique XD XD XD
6 : Bon, c’est vrai que tu manques parfois un peu de tact XD XD XD
7 : Ouais, ce ne sont pas vraiment le genre d’hommes à se laisser convaincre et à revenir sur leur décision.
8 : Au moins, tu essaies. Ces trois-là n’en ont probablement jamais eu l’occasion.
9 : Oooh, voilà ce que fait un grand frère. Rien à voir avec ce qu’il était il y a quelques mois ^^
10 : Héhé, je vois bien son petit sourire, moi aussi ^^
11 : Plus les gens apprennent à le connaître, plus il se détend, et plus ça se voit. Je me demande s’il révélera un jour qu’il a régressé. Ce serait bien.