Chapitre 323
Traducteur : FenrirTL
Éditeur / relecteur : Saphartlantis
Consultant en terminologie du Murim : Kopke
Chapitre 323 : Si vous voulez comparer, faites-le comme ça
Geommugeuk et Baekta se tenaient dans la salle du chef du Culte.
Le monde illusoire, qui ressemblait à un enfer inondé de sang, disparut en un instant.
Baekta contempla Geommugeuk d’un air hébété.
Quelques instants plus tôt, le sang lui avait envahi le nez et la bouche, lui couvrant les yeux et les oreilles. Il avait désespéré, persuadé que tout était fini.
« Nous sommes morts ? »
Mais cette sensation était bien trop vive pour être celle de la mort.
Baekta se toucha le visage, puis regarda autour de lui. Ils n’étaient pas morts. Et Geommugeuk, qui se tenait si calmement devant lui, était manifestement bien vivant.
« … Qu’est-ce que ça signifie ? »
Lorsque Baekta dissipa l’espace qu’il avait créé grâce à l’Art des Esprits de Sang qui Brise le Ciel et revint dans la salle du chef du Culte, Geommugeuk avait utilisé la Technique de transfert temporel et spatial pour recréer un espace presque identique au précédent.
Comme Baekta ignorait que Geommugeuk maîtrisait cette technique, il avait naturellement cru être revenu dans l’espace qu’il avait lui-même créé.
Depuis le lancement de la technique, chaque parole et chaque geste de Geommugeuk n’avaient été que comédie.
Tout cela n’avait servi qu’à découvrir une seule vérité : il savait désormais qui était le Roi Hwan.
Ignorant cette intrigue, Baekta ne parvenait pas à comprendre ce qui se passait.
« Je t’ai demandé ce que tu venais de faire. »
La mission n’était pas encore terminée. Tuer le Roi Hwan était important, mais régler le différend entre Baekta et Jeong Dae l’était tout autant. Non, aux yeux de Geommugeuk, c’était même plus important.
« Je suis le Jeune chef du Culte du Démon Céleste. »
Il ne précisa pas qu’il avait appris la Technique de transfert temporel et spatial auprès de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste. Baekta en voulait déjà suffisamment à son maître ; évoquer cela n’aurait fait qu’attiser sa colère.
« Tu veux dire que tu as défait la technique ? »
Comme Baekta ignorait que Geommugeuk cherchait à découvrir l’identité du Roi Hwan, il ne se souciait pas de la dissipation de l’illusion. Ce qu’il voulait vraiment savoir, c’était comment ils avaient échappé à cet espace.
« Tu as dit que nous nous reposions trop sur l’Art démoniaque des Neuf Calamités ? Qui a bien pu dire une chose pareille ? Celui-là n’a sûrement jamais rencontré ni mon père ni moi, et n’a même jamais mis les pieds dans notre culte. Pourquoi le croire ? »
Ces mots firent mouche, et Baekta ne trouva rien à répondre.
« Allons-y. Viens avec moi. »
« Où ça ? »
« Tu n’as pas des choses à régler avec ton maître ? »
Alors qu’il était plongé dans le sang, il s’était épanché sur son maître.
Mais l’idée de le retrouver pour lui dire tout cela de vive voix lui serrait la poitrine. Il n’avait parlé de son maître que face à la mort ; il n’avait pas le courage de lui avouer ses sentiments en face.
« Je n’ai rien à régler avec mon maître. »
Geommugeuk n’insista pas. Une fois qu’ils se seraient retrouvés, ses sentiments pourraient changer. Pour l’instant, l’essentiel était de l’amener jusqu’à lui.
« D’accord. C’est entre vous deux, je ne m’en mêlerai pas. Mais viens quand même. J’ai quelque chose à dire devant tout le monde. »
Toujours intrigué par la façon dont ils avaient échappé à l’illusion, Baekta acquiesça.
« D’accord. »
Il quitta donc la salle du chef du Culte aux côtés de Baekta.
***
« On dirait que votre Jeune chef de culte vous a acheté ces épées. »
Jeong Dae distribua aux gardes les épées qu’il avait achetées à l’Atelier de fer du Nouveau Héros. Il n’en fit pas tout un plat et laissa croire que Geommugeuk les avait achetées pour les remercier d’avoir fait tout ce chemin afin de régler ses problèmes.
« Où est le Jeune chef de culte ? »
« Il est passé à la salle du chef du Culte. Il m’a demandé de vous remettre ça d’abord. »
En examinant leurs épées, les gardes furent ravis. Après tout, quel meilleur cadeau pouvait-on offrir à un artiste martial qu’une bonne arme ? Et celles qu’ils venaient de recevoir étaient clairement supérieures à celles qu’ils utilisaient jusque-là.
« Les épées célèbres et les lames précieuses, c’est bien beau, mais au bout du compte, la meilleure arme reste celle à laquelle votre main est habituée. Le seul problème, c’est qu’un jour ou l’autre, vous vous retrouverez dans un combat où votre arme préférée se brisera. Alors, jusqu’au jour où vous serez capables de vous battre avec une simple branche ramassée par terre, comme votre Jeune chef de culte, entraînez-vous avec toutes sortes d’armes. Un vrai artiste martial sait se préparer. Ce sont les prudents qui vivent longtemps. » 1
Ces paroles, qui ressemblaient à une bénédiction lancée à la légère, étaient empreintes de la sagesse de l’ancien chef du Culte du Vent Céleste.
Les gardes le saluèrent tous ensemble avec respect et le remercièrent.
Les laissant derrière lui, l’ancien chef du Culte entra dans ses appartements.
Le Démon Bouddha sirotait du thé en examinant le dessin d’une herbe vénéneuse que lui avait remis le Roi Poison.
« Tu comptes vraiment aller la récolter ? »
« Je vais essayer de la déterrer quand nous aurons fini ici et que nous serons rentrés. Certaines herbes ne se récoltent plus quand il commence à faire froid. »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste, qui connaissait bien le tempérament habituel de Mabul, trouvait ce côté de lui étrange et déroutant.
« Je ne savais pas que tu étais si proche du Roi Poison. »
« Ça n’a rien à voir. »
Le Démon Bouddha lui posa alors une question inattendue :
« T’est-il déjà arrivé de faire quelque chose de complètement nouveau ? Pas les choses que tu as faites et refaites en tant que chef du Culte du Vent Céleste, mais quelque chose qui ne t’était pas du tout familier ? »
Bien sûr que oui. Il avait choisi lui-même des gens à recruter, acheté des terrains en secret, et presque tout ce qu’il avait fait en parcourant les Plaines centrales avec Gowol pour créer la Lune Cachée avait été une première pour lui.
« Pour moi, ça a été de récolter des herbes. La joie que j’ai ressentie en trouvant celle que je cherchais, je ne l’avais jamais connue avant. »
Le Roi Poison avait été sincèrement ravi de l’herbe vénéneuse qu’il avait récoltée. Quelqu’un avait-il déjà été aussi heureux grâce à ce qu’il avait fait ?
Étonnamment, c’était la première fois. Il n’avait jamais vu une telle joie dans sa famille. Pas même à l’époque où il était artiste martial. Pas même lorsqu’il était devenu Suprême Démoniaque. Quand quelqu’un avait-il pu être aussi heureux grâce à lui ?
« J’ai passé ma vie à inspirer la peur aux autres… »
Il n’avait donc jamais su ce que cela faisait d’apporter de la joie à quelqu’un. De trouver plus de bonheur dans la joie d’un autre qu’en obtenant quelque chose pour soi.
Tous deux se turent un instant, chacun perdu dans ses pensées. Jeong Dae comprit qu’il était peut-être celui qui comprenait le mieux les sentiments de Mabul.
« Comment ça s’est passé ? »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste raconta au Démon Bouddha ce qui s’était passé à l’Atelier de fer du Nouveau Héros.
« Ton disciple a été bien occupé. »
« Qui pourrais-je blâmer ? »
« Tu étais pourtant du genre à toujours rejeter la faute sur les autres, non ? »
« C’est vrai. Et toi, tu as toujours eu le chic pour lancer des piques comme celle-là. »
Ils échangèrent un sourire. Ces remarques mordantes leur semblaient désormais étrangères. Si un seul d’entre eux avait changé, ils n’auraient pas pu sourire ainsi. Mais ils avaient changé tous les deux, et tous deux étaient satisfaits de cette évolution.
Et la personne qui avait été le catalyseur décisif de leur transformation à tous deux… était la même.
« Où est le Jeune chef de culte, maintenant ? »
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste répondit en regardant par la fenêtre, en direction de la lointaine salle du chef du Culte.
« Il est allé voir mon disciple. Il s’est préparé, alors il doit être en train de contempler le gouffre obscur qui s’ouvre dans le cœur de mon disciple. »
***
Geommugeuk et Baekta entrèrent dans la résidence.
À la vue de son disciple, Jeong Dae comprit instinctivement que Geommugeuk avait découvert quelque chose.
« Maître. »
« Bienvenue, chef du Culte. »
Contrairement à leur dernière rencontre, Baekta se comportait à présent avec gêne en sa présence. Il était évident qu’il s’était passé quelque chose. Le sentant, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste transmit ses pensées à Geommugeuk.
— As-tu découvert la carte cachée que mon disciple gardait en réserve ?
— J’ai découvert qui tirait les ficelles.
Comme on pouvait s’y attendre du Jeune chef de culte. Jeong Dae ne put s’empêcher de l’admirer. Même lui s’était laissé surprendre sans pouvoir réagir ; comment son pauvre disciple aurait-il pu s’en sortir ?
— Alors, pourquoi l’avoir amené ici ?
— Je crois qu’il y a quelque chose à régler entre vous. Mais il ne se confiera pas facilement.
Le Démon Bouddha se leva pour leur laisser de l’intimité.
« Je vais vous laisser un moment. »
Mais Geommugeuk l’arrêta.
« Restez, je vous prie, Démon Bouddha. »
Baekta espérait que quelqu’un comprendrait la douleur qu’il avait traversée. Il s’était déjà confié à Geommugeuk ; la présence de Mabul pourrait donc l’aider à parler. Parfois, ce ne sont pas les personnes concernées, mais un témoin neutre dont on a le plus besoin.
Geommugeuk, Baekta, Jeong Dae et le Démon Bouddha s’assirent donc autour de la table.
« Qu’est-ce que tu voulais me dire en m’amenant ici ? »
« Je crois que tu devrais dire à ton maître les mêmes choses qu’à moi. »
Le visage de Baekta se ferma aussitôt.
« Je te l’ai déjà dit : je n’ai rien à régler avec mon maître. »
« Alors, ton maître passera le reste de sa vie sans savoir ce que tu as vraiment dans le cœur. C’est ce que tu veux ? »
Bien sûr que non. Pourtant, Baekta hésitait à dévoiler ses sentiments à son maître. Il ne voulait pas passer pour un enfant capricieux. Et il ne cherchait pas non plus à gagner ses faveurs.
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste prit alors la parole le premier.
« M’en as-tu voulu ? »
« Non. Je ne t’en veux pas. Qu’aurais-je à te reprocher ? Au contraire, je devrais t’être reconnaissant de m’avoir choisi comme chef du Culte. »
Tous le sentirent. Les paroles de Baekta étaient chargées d’un profond ressentiment. Ce qu’il disait vraiment, c’était :
Je t’en ai toujours voulu, maître.
Geommugeuk se demanda comment Jeong Dae allait réagir.
L’ancien chef du Culte du Vent Céleste s’était juré que si son disciple avait réellement tué l’Ancien Seong, il ne lui pardonnerait jamais. Alors que la vie de l’ancien lui-même était encore incertaine, pouvait-il vraiment traiter son disciple avec douceur ?
Après avoir longuement contemplé Baekta en silence, Jeong Dae prit enfin la parole d’une voix grave.
« Je suis désolé, mon disciple. »
Il était sincère.
Et c’est précisément ce qui déstabilisa Baekta. Il ne s’était pas attendu à ce que son maître s’excuse ainsi.
« Pourquoi t’excuser ? Je te l’ai dit : je ne t’en veux pas. »
L’ancien chef du Culte le regarda sans rien dire.
Leurs regards se croisèrent, et l’émotion jaillit dans la poitrine de Baekta. Ce regard semblait dire : « Je sais tout ce que tu ressens ! » C’était le genre de regard qui faisait perdre leur sang-froid aux gens.
« Chacun ne vit-il pas sa propre vie ? »
Autrefois, l’ancien chef du Culte du Vent Céleste aurait explosé de colère. Il aurait crié : Quelles sottises ! On t’a confié le titre de chef suprême des Terres Sauvages ! Ce rang s’acquiert au prix de souffrances et de sacrifices !
Mais au lieu de cela, il s’excusa une nouvelle fois.
« Je suis désolé. »
Geommugeuk le comprit : Jeong Dae avait mûri. Baekta, lui, ne comprenait pas. Il ne mesurait pas combien il était difficile de présenter de telles excuses dans un pareil moment. Quoi qu’il soit advenu de l’Ancien Seong, il fallait s’excuser lorsqu’on avait tort.
« Pourquoi tu n’arrêtes pas de t’excuser ? Je t’ai dit que tout allait bien ! »
Baekta se leva brusquement, comme s’il allait sortir en trombe.
L’ancien chef du Culte prit alors la parole.
« Je n’ai jamais voulu entrer dans les Plaines centrales. J’aimais les Terres Sauvages. »
« Alors pourquoi as-tu toujours poussé à l’expansion dans les Plaines centrales ? »
« Tu as raison. Je n’ai cessé de le répéter. C’est parce que ma bouche disait le contraire de ce que je pensais. »
Il poussa un long soupir.
« Comme toi, je n’ai entendu que ce genre de discours. Mon maître, puis le maître de mon maître, tous parlaient comme si entrer dans les Plaines centrales était notre plus grand souhait. À force, ce souhait est devenu quelque chose qui n’en était même plus un. »
« C’est donc ça ? Toujours pareil. Tu n’as jamais pensé qu’à toi. Après être allé dans les Plaines centrales, voilà que tu dis que tu aimais les Terres Sauvages ? Et tu me sors ça maintenant ?! »
Geommugeuk comprit : en cet instant, Baekta pensait au Roi Hwan. Il comparait son maître à lui.
C’était le moment d’intervenir. Sans connaître la vérité sur le Roi Hwan, ils ne pourraient jamais vraiment se réconcilier.
« Ce peintre s’est approché du chef du Culte avec des intentions malveillantes. »
Aux paroles de Geommugeuk, Baekta tressaillit. Mais il se renfrogna aussitôt.
« Ne raconte pas n’importe quoi. »
Geommugeuk ne chercha pas à le convaincre en faisant appel à ses sentiments. Il se contenta d’exposer les faits.
« Il ne s’en est pas pris qu’à toi. Ces gens ont infiltré notre Culte comme l’Alliance du Murim. »
« ! »
Cette révélation stupéfiante sidéra Baekta.
« C’est déjà arrivé. On peut le vérifier. »
« Je n’arrive pas à y croire. »
« De notre côté, ils ont pris pour cible le Suprême Démoniaque Faucheur d’Âmes. Pour l’Alliance du Murim, c’était le petit-fils de son chef. Je demanderai au Pavillon de la Communication Céleste de vous transmettre officiellement les détails. »
À mesure que Geommugeuk exposait les faits, Baekta se troublait de plus en plus.
« À ton avis, pourquoi ai-je fait tout ce chemin jusqu’ici ? Comme tu l’as fait remarquer, ni le chef du Culte ni le Jeune chef du Culte du Démon Céleste ne s’étaient jamais rendus officiellement au Culte du Vent Céleste. Alors, pourquoi suis-je venu en personne, à ce moment-là ? »
Au terme de cette longue explication, Geommugeuk posa la question :
« L’as-tu seulement soupçonné, une seule fois ? »
Bien sûr que non. Son cœur se serra. En y repensant, il n’avait jamais soupçonné cet homme. Il s’était mis à lui faire confiance, tout naturellement, sans se poser de questions… et voilà où il en était.
Baekta tenta pourtant de rejeter les paroles de Geommugeuk.
« Quel tour essaies-tu de me jouer, cette fois ? »
Lui qui avait toujours commencé par se méfier des autres… pourquoi ne s’était-il pas méfié de cet homme ?
« C’est lui qui a manigancé tout ça. Il a exploité ton ressentiment envers ton maître pour gagner ta confiance. Si ce que je dis est faux, je te confierai, au nom de mon autorité de Jeune chef du Culte du Démon Céleste, la maîtrise de toutes les Terres Sauvages. Non… Nous soutiendrons l’unification des Terres Sauvages sous ton autorité. » 2
Baekta en resta stupéfait.
« Tu es sérieux ? »
« Oui. »
Geommugeuk lui ouvrit son cœur.
« Sais-tu pourquoi j’ai pris autant de détours ? J’aurais pu simplement te bloquer les méridiens, t’endormir, puis aller m’occuper de lui moi-même. »
Il avait raison. Son énergie interne était toujours entravée. Si Geommugeuk l’avait endormi et qu’ils étaient partis tous les trois, Baekta n’aurait eu aucun moyen de résister.
« Alors, pourquoi tout ça ? »
« Ton maître l’a dit. Même s’il pouvait retourner dans le passé, il te choisirait encore comme successeur. Il n’y a personne d’autre que toi. »
« ! »
« Je ne fais pas ça pour toi. Je veux prouver qu’il a eu raison de te choisir. Je ne veux pas qu’il garde toute sa vie une blessure au cœur à cause de cette histoire. Pour lui, je suis prêt à supporter bien plus de désagréments encore. »
Ces paroles bouleversèrent Jeong Dae intérieurement. Rien de tout ce que Geommugeuk lui avait dit ne l’avait autant touché. En cet instant, la distance entre eux se réduisit d’un pas de plus.
De son côté, Baekta regarda son maître, partagé entre des sentiments subtils et complexes.
« Il t’a dit comment tu devais vivre et quel grand homme tu étais ? »
Geommugeuk se souvenait encore des paroles que Baekta avait prononcées dans la Technique de transfert temporel et spatial.
« Tu ne devrais pas comparer cet homme à ton maître. Devenir un héros pour quelqu’un qui a besoin de s’appuyer sur toi, ce n’est pas si difficile. Si tu veux les comparer, demande-toi plutôt : qu’a réellement sacrifié cet homme pour toi ? Ton maître a renoncé à son poste de chef du Culte. Dès qu’il a compris que tu étais en danger, il s’est précipité jusqu’ici sans hésiter. Et maintenant, à quoi serait-il prêt à renoncer ? Que pourrait-il faire pour toi ? Mets-le à l’épreuve toi-même. »
Ce ne fut qu’alors que Baekta comprit l’intention de Geommugeuk. Il lui demandait de dévoiler la véritable identité de cet homme : lui-même. C’était un souhait né de son désir de réconcilier le disciple et son maître.
« Et si je fais semblant de le mettre à l’épreuve, puis que je lui révèle tout par transmission de pensées ? »
Alors tu mourras de ma main, comme ce scélérat.
Au lieu de lui asséner cette vérité glaciale, Geommugeuk se tourna calmement vers l’ancien chef du Culte du Vent Céleste et répondit :
« Ce n’est pas toi que je crois. C’est ton maître. À tout le moins, il n’aurait pas transmis le titre de chef du Culte à quelqu’un qui serait resté un idiot jusqu’au bout. »
1 : Le vainqueur n’est pas le plus fort, mais celui qui survit jusqu’au bout. La force augmente certes les chances de survie, mais prendre de mauvaises décisions et faire confiance aux mauvaises personnes peut vous tuer bien plus vite que la moindre faiblesse physique.
2 : Waouh. Bon, évidemment, ça n’arrivera pas, mais il est sacrément impressionnant quand il sort des paroles aussi folles avec autant de facilité. On dirait presque un vrai Jeune chef de culte XD XD XD