Chapitre 508
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
Chapitre 508 : Terrien (5)
Fonctionnaire corrompu.
Négociation du montant du pot-de-vin.
Pas un seul sujet convenable à l’horizon : Yeongwoo se rappela une fois de plus qu’il se trouvait bel et bien dans l’espace.
« Quoi ? Négocier le montant d’un pot-de-vin ? »
— Oui. Il a été convenu de faciliter la fraude fiscale, mais la question de la rémunération n’a pas encore été abordée.
Kubu cligna de ses grands yeux.
Yeongwoo l’imita, puis demanda :
« À combien estimes-tu les économies d’impôts que nous réaliserons en nous associant à ce fonctionnaire corrompu ? »
— Comme nous serons exonérés d’impôt sur le revenu, d’impôt sur les plus-values et de la plupart des autres taxes, il est difficile d’en estimer la valeur.
Kubu expliqua qu’en transférant les biens acquis à Doatel, puis en les récupérant sous forme de dons, ils pourraient éviter les droits d’acquisition.
— De plus, le principal avantage d’une fausse association caritative, c’est la liberté de gestion des dépenses. Avec un minimum de justification, la plupart d’entre elles peuvent être approuvées grâce au fonctionnaire corrompu.
Il parlait de dépenses extravagantes, comme prétendre qu’ils devaient acheter des canons de cuirassé pour attirer les dons.
En engloutissant la majeure partie de leurs revenus dans ces « dépenses nécessaires », ils afficheraient un faible revenu imposable et n’auraient presque pas d’impôts sur le revenu à payer.
« En somme, un individu vraiment indispensable. »
Ils pourraient ainsi économiser des centaines de milliards, voire des milliers de milliards.
Après tout, qui savait quelles richesses ils pourraient acquérir dans cet univers vaste et imprévisible ?
« Très bien. Mets-nous en contact tout de suite. Réglons ça et allons nous reposer. »
Il était impossible de savoir si un donjon nocturne s’ouvrirait de nouveau ce soir, mais, si c’était le cas, il devait se reposer avant.
『Connexion dans 3 secondes.』
La Terre projeta alors dans les airs un grand écran holographique accompagné d’un compte à rebours.
Le décompte passa rapidement à 2… puis à 1…
Enfin, il disparut, remplacé par un écran holographique lumineux.
Frouf !
« Qu’est-ce que… On est connectés ? »
Yeongwoo inclina la tête, surpris par la soudaine luminosité de l’écran.
La Terre hocha silencieusement la tête.
Et alors…
〔Allô ? Bonjour ? La connexion fonctionne ?〕
Une voix plutôt désinvolte retentit depuis l’écran.
La Terre répondit la première.
『Nous ne recevons pas encore votre image. Veuillez régler votre canal vidéo sur le nôtre : 4749-32.』
〔4749… 32… Compris. Un instant, s’il vous plaît.〕
L’écran clignota à plusieurs reprises : l’interlocuteur devait régler son canal vidéo.
Et enfin…
Grésillement !
Un grand bec jaune remplit l’écran dans un grésillement.
« …… ? »
〔Ah ! Toutes mes excuses ! Je ne suis pas dans le bon sens.〕
L’interlocuteur éloigna rapidement son bec de la caméra, et Yeongwoo put enfin voir correctement le fonctionnaire corrompu.
« Une mouette… ? »
La silhouette ressemblait à s’y méprendre à une mouette.
Mais, détail assez comique, sous son plumage blanc comme neige, elle portait un costume bleu marine.
〔Ravi de vous rencontrer ! Je suis Toachi, agent de la division fiscale du Service national des impôts !〕
Toachi tendit alors une carte de visite vers l’écran pour que Yeongwoo puisse la lire.
Frouf.
[Toachi33] — Grade 29
| Nation centrale 007II16
| Service national des impôts — Division fiscale
« Merci pour votre précieuse contribution fiscale. »
*Tout abus verbal ou physique envers un fonctionnaire entraîne une arrestation immédiate. Veuillez vous en abstenir dans la mesure du possible.
Grade 29, hein.
Jiazol, un fonctionnaire presque tout en bas de l’échelle, était de grade 86, et les grades 16 et 17 étaient considérés comme des grades supérieurs. Toachi se situait donc dans la partie haute des rangs intermédiaires.
« Ah… Enchanté, monsieur Toachi. Je suis Jeong Yeongwoo. »
Toachi se mit aussitôt à battre des ailes avec excitation et claqua du bec.
〔Oh… alors vous êtes le propriétaire de ce Vaisseau planétaire !〕
« … Oui. Ce que vous voyez, c’est la salle de contrôle du vaisseau. »
Yeongwoo présenta brièvement les membres de la salle de contrôle : un humain, une planète et une étoile.
Puis il se tourna de nouveau vers l’écran.
« Inutile de perdre du temps. Passons directement aux questions d’argent, voulez-vous ? »
Yeongwoo allant droit au but, Toachi claqua de nouveau du bec.
〔Je vous en prie… ne vous méprenez pas.〕
« … Que voulez-vous dire ? »
〔C’est vrai, j’ai accepté de recevoir un pot-de-vin, mais ça ne signifie pas que l’argent est ma seule obsession.〕
« Mais vous acceptez bel et bien un pot-de-vin, non ? »
Et pas de n’importe qui : c’était un agent du fisc, qui choisissait en somme de bafouer la loi.
Soyons honnêtes, s’il se faisait prendre, la peine serait sans doute la mort.
S’il n’était pas obsédé par l’argent, quelle autre raison pouvait le pousser à prendre un tel risque ?
Évidemment, le fonctionnaire corrompu Toachi avait ses propres motivations.
〔Je veux simplement consacrer ma vie à quelque chose d’un peu plus utile.〕
« …… »
Entendre de tels mots sortir du bec d’une mouette avait quelque chose d’absurde, mais Yeongwoo réprima tant bien que mal sa réaction et s’éclaircit la gorge.
« Aider un Vaisseau planétaire… c’est effectivement un travail utile. »
〔Je sais bien que le maître de maison est réputé être un fieffé scélérat. Mais c’est aussi le propriétaire du Vaisseau planétaire, n’est-ce pas ?〕
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]
« …… ? »
Yeongwoo fronça les sourcils et se tourna vers Kubu.
Renaissance et le Vaisseau terrestre n’avaient pas encore acquis une renommée cosmique.
Alors, comment Toachi avait-il pu entendre parler de tout ça ?
Ça ne pouvait venir que de Kubu, qui avait organisé le contact avec le fonctionnaire corrompu.
« Qu’est-ce que tu lui as raconté, au juste ? »
demanda Yeongwoo d’une voix basse. Kubu cligna innocemment des yeux avant de répondre :
— Je lui ai dit que si le pot-de-vin venait à être découvert, tu attaquerais le Service national des impôts pour sauver ton complice.
« Quoi ? Tu lui as sorti cette connerie sans même me demander mon avis ? »
— Une maison naissante n’a aucun moyen de corrompre un agent du Service national des impôts par les voies habituelles.
« D’accord, mais quand même… ! »
— Et puis, si le pire devait arriver et que ton complice se faisait démasquer, tu serais impliqué légalement toi aussi.
Autrement dit, si les choses tournaient mal, Kubu estimait que Yeongwoo n’aurait d’autre choix que de prendre d’assaut le Service national des impôts pour sauver son complice.
« Comment se fait-il que personne autour de moi n’ait toute sa tête… ? »
Pourtant, après avoir entendu les arguments de Kubu, Yeongwoo ne pouvait pas entièrement lui donner tort.
Dans le pire des cas, le seul moyen d’échapper à une accusation de corruption serait d’empêcher le fonctionnaire acheté de comparaître en justice.
C’est alors que Toachi, le fonctionnaire déchu, reprit la parole.
〔Quand on travaille au Service national des impôts, on reçoit… beaucoup d’offres. La plupart sont sordides, mais tentantes.〕
Frouf.
Le bec de Toachi s’inclina de biais dans les airs.
〔Mais l’offre de l’administrateur de Renaissance… était irrésistible. Qui d’autre promettrait d’attaquer le Service national des impôts pour moi ?〕
« … Une promesse ? »
Yeongwoo se retourna vers Kubu, qui avait maintenant les yeux fermés très fort.
Ce fichu administrateur avait promis une opération de sauvetage rien que pour organiser cette communication.
Bien sûr, le problème ne se poserait pas si leurs activités criminelles n’étaient pas découvertes. Mais qui pouvait prédire l’avenir ?
Seuls les Registres savaient si ce « pire des cas » finirait par arriver.
Ben oui… Si quelqu’un propose de détruire sa propre administration pour toi, ça marque forcément les esprits.
En se frottant les tempes, grimaçant, Yeongwoo se reprit rapidement et demanda à Toachi :
« Alors, combien demandez-vous pour ce travail ? »
Toachi approcha ses pupilles d’un noir d’encre de l’écran.
Glissement.
〔Vous aussi, monsieur, vous me le promettez ? Si le pire arrive, vous viendrez me sauver ?〕
« … Oui. Si je vous en donne ma parole, combien demanderiez-vous ? »
〔2 milliards de wons par semaine.〕
« … Hein ? »
Le montant, étonnamment bas, redressa Yeongwoo sur son siège.
Toachi semblait dire la vérité : l’argent n’était pas sa seule obsession.
Il était obsédé par quelque chose de tout à fait différent.
〔Mais le moment venu, veuillez bombarder méthodiquement tout le bâtiment des Affaires fiscales du Bureau central.〕
Ce salaud… Ce n’est pas un fonctionnaire corrompu, c’est un fonctionnaire complètement pourri.
Yeongwoo sentit une sueur froide lui perler au front, mais Kubu tenta de le rassurer.
— En attaquant le Service national des impôts pour le sauver, il est possible que nous bombardions accidentellement le bâtiment des Affaires fiscales.
« Ce n’est pas un énorme problème, ça ? Je comptais juste abattre le mur extérieur, ou quelque chose comme ça. »
— L’infiltration du Service national des impôts est déjà un problème colossal. À côté, bombarder le bâtiment des Affaires fiscales, c’est comme verser un verre d’eau dans un lac.
〔Et puis, les agents du Service national des impôts ont tous leur propre voie de sortie. Il n’y aura pas de victimes. Je veux juste voir le bâtiment des Affaires fiscales s’effondrer.〕
« Merde… Je ne sais même plus si tout ça a un sens. »
Yeongwoo se gratta le menton, mais dut finalement admettre qu’il n’y avait pas de meilleure solution.
Après tout, s’il voulait éviter une accusation de fraude fiscale grave, mieux valait devenir un terroriste qui attaquait le Service national des impôts.
Et, à elle seule, la gravité du crime faisait de la fraude fiscale — passible de la peine de mort — l’infraction la plus dangereuse.
« Très bien. Donc, 2 milliards de wons par semaine, c’est bien ça, monsieur Toachi ? »
Alors que Yeongwoo tentait de conclure l’accord, Jiseon marmonna entre ses dents, les yeux fermés très fort.
— Prions simplement pour que personne ne découvre jamais ce plan insensé.
Le fonctionnaire corrompu, de l’autre côté de l’écran, hocha alors son grand bec.
〔Oui. Deux milliards par semaine me conviennent. De toute façon, nous sommes terriblement mal payés ici.〕
« Parfait. Puisqu’on en est là, allons-y à fond dans cette fraude fiscale. Et pour le contrat, on fait comment ? »
Yeongwoo se retourna pour demander, et Kubu répondit aussitôt :
— Comme il s’agit d’un accord dangereux qui implique le Service national des impôts, aucun contrat officiel ne sera rédigé.
« Donc, on se met d’accord verbalement ? »
— Exactement. À moins d’être un transcendant, il est presque impossible de rédiger un contrat que le gouvernement ne détectera pas…
« Attends, donc Toachi prend tous les risques ? »
Toachi ouvrit grand son bec jaune sur l’écran.
〔Si le paiement a ne serait-ce qu’une semaine de retard, je brûle tout.〕
« T’es complètement malade ? Tu vas mourir aussi, espèce d’idiot. »
〔Et je serais le seul à mourir ? Vous seriez recherché pour fraude fiscale, vous aussi, monsieur.〕
« … Il me fait déjà chanter ? »
〔C’est pourquoi vous devez me sauver avant le début du procès. N’oubliez pas.〕
Ainsi débuta la relation symbiotique la plus extravagante qui soit.
[Traducteur — Night]
[Relecteur — Gun]