Chapitre 156
Ouvrir le Chapitre 30 n’avait rien de difficile. Il ne restait déjà plus beaucoup de chapitres, et grâce à l’objet que nous avions opportunément récupéré dans le labyrinthe, ce fut un jeu d’enfant.
Cet objet, c’était…
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[Dispositif d’entraînement à l’exploration spatiale – Débutant]
Dans un certain monde, on s’en servait pour entraîner des gens comme les « chasseurs ».
On dirait que ça ne diffère pas beaucoup de l’ouverture artificielle d’un « événement » !
C’est un peu rudimentaire, quand même.
Mais ce n’est pas mieux, justement, quand c’est rudimentaire ?
Au moins, on n’a pas trop à s’inquiéter de mourir !
※ À usage unique
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Nous en avions obtenu trois.
À chaque entrée, un chapitre s’ouvrait ; nous atteignîmes donc rapidement le Chapitre 30, sans trop de difficulté.
Pour info, il n’y avait pas grand-chose à l’intérieur.
Comparé à tout ce que nous avions enduré jusque-là, c’était facile. À vrai dire, même les monstres n’étaient pas les créatures grotesques que nous avions affrontées auparavant… Ils ressemblaient plutôt aux gobelins ou aux kobolds des récits de fantasy classiques, ce qui rendait l’épreuve moins éprouvante psychologiquement.
Et puis vint le Chapitre 30.
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[Un passage s’est ouvert. Il mène à un monde qui a empiété sur celui du narrateur.]
[Souhaitez-vous le consulter ?]
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Le passage était déjà ouvert. En réalité, nous étions peut-être arrivés après les autres.
« Cela dit, avec plusieurs lignes parallèles, ça n’a peut-être pas d’importance. »
Impossible que dix mille personnes entrent en même temps dans le même monde. Surtout dans les mondes de « défense », où l’ajout constant de participants rendrait impossible l’équilibrage de la difficulté.
Ils avaient donc forcément fixé un nombre maximal de participants par session.
En revanche, dans un endroit comme Hermadion, même si l’on arrivait en retard, on était obligé d’y passer un mois entier, ce qui nous plaçait nettement en désavantage.
« Mais là… »
Il s’agissait plutôt d’une simple exploration ; arriver tôt ou tard ne devait donc pas changer grand-chose. Tout au plus, on avancerait un peu plus vite ou un peu plus lentement.
Si l’on arrivait après l’installation de Gilkir, de toute façon, c’était inutile.
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[Cité souterraine : Haegi]
[Casse mécanique : Chekpolik]
[Jardin verdoyant : Doyuan]
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La cité souterraine de Haegi, la casse mécanique de Chekpolik et le jardin verdoyant de Doyuan.
S’il fallait choisir le monde le plus facile parmi les trois, ce serait Chekpolik.
Il suffit d’entendre « casse mécanique » pour comprendre. C’est un monde de style punk.
Il y avait là-bas quantité d’ingénieurs. Si l’on rencontrait le bon maître, on pouvait apprendre assez facilement. Les maîtres ne rejetaient pas non plus les étrangers. Avec la bonne attitude, ils enseignaient bien plus volontiers qu’on ne l’aurait cru. Pour peu qu’on soit persévérant, on pouvait tout apprendre.
« Sur vingt mille personnes, il y en aura au moins cinquante qui persévéreront. »
Après, si elles manquaient de talent, c’était une autre histoire.
Cela dit, si trois personnes sur ces cinquante parvenaient à bien apprendre et à créer quelque chose, ce serait déjà une réussite.
Même sans Sa Jaeheon, les gens finissaient toujours par apprendre correctement là-bas. Et même plus de trois.
« Sept, au moins, je crois. »
C’était beaucoup, comparé aux autres mondes où la moyenne tournait autour de deux ou trois personnes.
La ligne temporelle où il y en avait eu le plus était, bien sûr, celle où Sa Jaeheon était entré. À l’époque, il avait enseigné lui-même aux autres et formé près de quarante-cinq disciples. En comptant ceux qui avaient appris auprès d’autres ingénieurs, on arrivait à une soixantaine ou une septantaine de personnes.
À l’époque, il était encore un peu humain.
« Il ne reste donc que deux options. »
La cité souterraine de Haegi ou le jardin verdoyant de Doyuan.
À Chekpolik, on apprenait la conception.
À Haegi, on apprenait l’assemblage.
À Doyuan, on apprenait le démontage.
Conception, assemblage, démontage… tout le processus de fabrication et de désassemblage d’une machine.
Puisqu’il s’agissait de machines.
« La difficulté d’apprentissage est à peu près la même, mais… »
Les ingénieurs de Chekpolik ne rechignaient pas à partager leurs compétences. Il suffisait de demander, et ils enseignaient. Ils voulaient seulement trouver ne serait-ce qu’une personne qui aime vraiment taper sur des machines sous la chaleur.
La plupart des gens n’aimaient pas ce genre de travail éreintant, qui faisait suer. Mais parmi eux, il y avait toujours quelques excentriques qui y prenaient sincèrement plaisir ; parfois, ils finissaient même par s’installer là-bas.
La philosophie de Chekpolik, en gros, c’était : si cent personnes demandent à apprendre, enseignez aux cent et espérez que quelques-unes arrivent vraiment à assimiler.
Haegi, en revanche, était l’endroit où l’on apprenait l’assemblage. Les ingénieurs y étaient extrêmement exclusifs. Même en les suppliant, beaucoup refusaient d’enseigner.
« Une différence de culture, peut-être. »
À Chekpolik, tous les ingénieurs partageaient une origine commune. Le légendaire ingénieur qui avait fondé la ville… Molke.
De son vivant, Molke avait formé d’innombrables disciples, qui avaient chacun élaboré leurs propres techniques en assemblant et en démontant ses méthodes.
Ces disciples en avaient ensuite formé d’autres, qui avaient fait de même à leur tour.
En remontant la chaîne, on trouvait une origine commune, et cette origine avait inculqué à ses disciples une philosophie stricte :
« Partagez sans rien retenir. »
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« Les compétences dont on ne se souvient pas, celles qui ne sont pas consignées, ne valent pas mieux que des compétences inexistantes.
Je vis et respire à travers mes techniques. Les transmettre à davantage de gens… comme on transmet ses gènes, c’est la preuve que je peux vivre plus longtemps.
Regardez-moi, maintenant. Même cinq cents ans après ma mort, ces paroles que je prononce seront toujours vivantes. »
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C’étaient les paroles de Molke. Et elles avaient vraiment traversé les générations.
Et puis, il y avait Haegi.
Haegi n’avait pas de racine commune de ce genre. Il existait une base, mais chacun avait développé à partir de là des techniques entièrement différentes et indépendantes.
« Un monde où la compétition est sans fin. »
Ce n’était pas pour rien que la ville s’étendait sous terre.
Tous les habitants de Haegi appartenaient à des « espèces différentes », et ceux qui vivaient à la surface les opprimaient sévèrement.
Pour info, à Haegi, les « espèces différentes » incluaient les humains. On les jugeait incompétents et enclins à la violence dès qu’ils se retrouvaient en groupe, alors ils étaient particulièrement discriminés.
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[Voilà pourquoi la diversité est importante dans un monde.]
[Un monde composé à 100 % d’humains rencontre souvent ce genre de désavantages.]
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À Haegi, les humains étaient traités comme une espèce inférieure, vouée à la haine et à l’exclusion. Et comme la plupart des gens gardaient déjà leurs techniques pour eux, apprendre en appartenant à une espèce discriminée rendait les choses encore plus difficiles.
Voilà où était le problème.
Cela dit, puisque nous savions quels ingénieurs enseignaient vraiment, aller les voir devrait régler la plupart des difficultés.
« Mais le vrai problème, c’est Doyuan. »
Doyuan, c’était…
Enfin. Si Chekpolik était facile parce que les ingénieurs étaient partout, et Haegi difficile parce qu’ils existaient mais se cachaient…
Doyuan était un monde où la plupart des « ingénieurs » étaient déjà morts et où la « technologie » elle-même avait disparu.
***
Chaque monde s’effondrait à un moment différent. Certains tombaient dès le début, tandis que d’autres ne s’écroulaient qu’à la toute fin.
Il restait beaucoup de choses dans les mondes qui s’effondraient tôt. Même s’ils étaient moins développés, les gens gardaient espoir… ils avaient encore cette étincelle dans les yeux.
Mais les mondes qui s’effondraient au tout dernier instant ne laissaient presque rien derrière eux.
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[Parce qu’ils avaient rassemblé tout ce qu’ils possédaient juste avant de mourir.]
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Comme une étoile qui brille de tout son éclat avant de mourir.
Quand un monde était sur le point de surmonter la destruction, à un dernier obstacle près, il jetait toutes ses forces dans cet ultime effort.
Et il ne restait donc rien.
Même les ingénieurs tiraient leur épée et fonçaient au combat dans ces derniers instants.
S’ils avaient gagné… s’ils avaient pu gagner… ç’aurait été formidable.
« Mais s’ils échouent… »
Le monde mourait.
« Et si quelques personnes survivent à moitié… »
On se retrouvait avec un endroit comme Doyuan.
Un monde incapable de se régénérer, sans fondations pour se reconstruire, même si un nouveau « Être titré » apparaissait… et pourtant, les survivants continuaient à lutter pour vivre, poussés par leur pur instinct.
« Doyuan n’a absolument rien ; il faut repartir de zéro. »
Si j’avais été seul, je l’aurais choisi. J’avais l’habitude de partir de rien et je n’étais pas du genre à me laisser abattre pour si peu.
Mais à force d’observer Lee Hoin, j’avais compris… C’était le genre de personne qui avait besoin d’un maître. Il pouvait apprendre seul, mais il progressait bien plus vite avec un guide.
« S’il veut améliorer son escrime, alors plutôt que Chekpolik ou Doyuan… »
Haegi était le meilleur choix.
Il y avait là-bas de nombreuses espèces différentes, dont de grandes races spécialisées dans le combat. Il y avait forcément quelque chose qu’il pouvait apprendre auprès d’elles.
Et le plus grand avantage…
« Les esprits. »
Il y avait là-bas une race capable de maîtriser les esprits. Ça aiderait Kim Taekjin.
La question était donc simple.
Sa Jaeheon entrerait-il à Doyuan ?
J’y réfléchis longtemps.
Doyuan ne convenait pas du tout à l’« apprentissage ». Mais si l’on y allait pour prendre quelque chose, c’était l’endroit idéal.
Il y avait beaucoup d’éléments cachés et quantité d’objets de grande valeur.
« Et Sa Jaeheon sait déjà “démonter”, ce qu’on apprend à Doyuan. »
Ces dernières lignes temporelles, cet Événement commun avait toujours choisi Doyuan.
Est-ce que ce serait pareil cette fois-ci ?
J’avais mal au crâne. Et encore plus en sachant que Sa Jaeheon ne prendrait jamais la peine de réfléchir aussi profondément.
Finalement, je me retournai et demandai :
« Vous avez tous décidé où vous allez ? »
Je devais au moins savoir ce que les autres en pensaient.