Chapitre 84
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Ryuu
Relecteur : Abstract
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-muted-foreground underline underline-offset-[3px] hover:text-foreground transition-colors cursor-pointer" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
LE CHEVALIER QUI RÉGRESSAIT ÉTERNELLEMENT
Chapitre 84 : Quand il décida de sauver des gens, il trouva la voie
La chaleur.
C’était une explosion. Enkrid repassa sans cesse les derniers instants dans son esprit. Tout s’était produit si vite, sans le moindre avertissement. Lors de la tentative d’assassinat de la demi-elfe, il avait au moins échangé quelques mots avant de mourir.
Cette fois, rien de tout cela. Il n’y avait eu que la douleur cuisante, l’agonie brûlante d’une mort par le feu. Quand une épée ou une lance le transperçait, il avait l’impression d’être empalé par une broche de fer chauffée au rouge. Cette fois, il avait vraiment brûlé vif.
Un piège ? Vu l’explosion, ce devait être un piège magique.
« À quoi tu penses ? »
« À accepter une mission. »
Après le petit déjeuner, Enkrid répondit à Rem, puis se dirigea vers l’endroit où il devait prendre de nouvelles missions.
« Je t’en prie, je t’en supplie. Occupe-toi de ça pour moi. »
Comme prévu, c’était le chef de l’escouade de couture qui lui demandait un service.
Savait-il dans quel état se trouvait l’endroit quand il m’y avait envoyé ? À voir les cernes sous ses yeux, il n’avait pas l’air de vouloir tromper qui que ce soit. Rien ne trahissait une quelconque ruse. Il ressemblait simplement à un soldat épuisé.
« Tu as été débordé, ces derniers temps ? »
« Les incidents provoqués par nos gars la nuit ont diminué, mais dernièrement, il y a davantage de monstres et de bêtes qui surgissent des environs. On a dû redéployer nos troupes. »
Il avait l’air complètement abattu, et ses paroles sonnaient sincères. À vrai dire, même s’il mentait, Enkrid pouvait refuser la mission. Et même s’il l’acceptait, tant qu’il ne pénétrait pas dans l’atelier du cordonnier, rien de tout ça ne se reproduirait.
Il pouvait facilement éviter le problème.
Je peux facilement contourner cet obstacle, pensa-t-il.
Enkrid demanda alors : « Et si je n’y vais pas ? »
« Alors, il faudra attendre. »
Les soldats de la brigade devaient répondre à certaines demandes, mais celle-ci n’en faisait pas partie. Il pouvait tout simplement l’ignorer.
« C’est vrai, tu n’es pas obligé d’y aller. Mais ce cordonnier n’est pas du genre à raconter n’importe quoi. J’aimerais aller vérifier moi-même, mais mon chef de peloton ne me quitte pas des yeux, alors je ne peux pas m’absenter. »
Il semblait véritablement inquiet. Enkrid réfléchissait en silence à sa décision ; le chef de l’escouade de couture reprit la parole.
« Hé, tu te souviens de moi, pas vrai ? À l’époque, avec tout ce cuir, tu te rappelles ? »
« Je m’en souviens. »
Enkrid se rappela leur retour en ville, quand il s’était demandé si ce type n’était qu’un ivrogne. Le voilà qui travaillait maintenant ici avec application.
« Je m’inquiète pour lui. Va vérifier, s’il te plaît. Je le connais depuis qu’on est gamins. »
« D’accord. »
Autant aller voir de ses propres yeux. Il comptait inspecter les lieux et, au moins, comprendre ce qui s’y passait. En temps normal, s’il s’agissait d’un piège ordinaire, il y aurait eu une fléchette empoisonnée ou quelque chose du genre, pas une explosion de feu.
Le piège ne s’était déclenché avec aucun bruit ni aucun signe avant-coureur. S’il était magique, il n’y pouvait rien. Ça ne servait à rien de se creuser la tête.
Sur ce, il se rendit à l’atelier du cordonnier, un peu plus tard que d’habitude. Il frappa à la porte, mais personne ne répondit.
« Garde-frontière ! Ouvrez ! »
Après avoir frappé plus fort et appelé à nouveau, la porte finit par s’ouvrir. Ce n’était pas le cordonnier, mais une jeune femme qui se tenait là. Elle avait de longs cheveux bruns tressés et le visage couvert de taches de rousseur.
« La garde-frontière ? »
demanda-t-elle, les yeux écarquillés comme ceux d’une biche effarouchée.
« Je viens pour la mission. »
Il jeta un coup d’œil à l’intérieur en parlant. Le cordonnier n’était pas là, mais le trou béant dans le sol, lui, y était toujours.
« Mon père est descendu. Il a dit qu’il y avait quelque chose sous l’atelier. »
Merde.
Enkrid grommela dans sa barbe, puis dit : « Excusez-moi. »
Il passa doucement devant la fille du cordonnier, qui était encore sous le choc, et entra dans l’atelier. De la poussière s’effritait sur les bords du trou dans le sol.
Il a un sacré tempérament.
Le cordonnier s’était lassé d’attendre les soldats et était descendu lui-même. Il avait peut-être pensé que personne ne viendrait. En général, il ne fallait pas s’attendre à ce que les soldats interviennent pour ce genre de problème.
« C’est dangereux, pas vrai ? Je lui ai dit de ne pas descendre. »
La femme aux taches de rousseur était au bord des larmes. Puis, serrant les dents, elle déclara : « Je vais aller le chercher. »
« J’y vais. Attendez ici. »
« Non, je dois y aller aussi. »
Elle n’avait pas l’air de vouloir l’écouter s’il tentait de l’en empêcher. Surtout, il devait descendre et empêcher l’explosion de se produire.
Plutôt que d’essayer de la convaincre, Enkrid sauta dans le trou. Il s’agrippa au bord, glissa son pied gauche à l’intérieur et se laissa guider par la pente. Ses mouvements étaient fluides.
Grâce à la Technique d’isolement, il lui était devenu plus facile de maîtriser tout son corps, et il sentait ses capacités physiques s’améliorer, même dans des gestes simples.
Bien sûr, ce n’était pas le moment d’y penser. Dès qu’il atteignit le fond, son ouïe entraînée capta des bruits de pas.
En regardant devant lui, il vit le cordonnier avancer à tâtons dans le premier passage. La fille du cordonnier, qui l’avait suivi, tenta de le dépasser.
« Papa ! »
Enkrid la saisit par la taille et la déposa derrière lui en criant :
« Arrêtez ! »
Le cordonnier se retourna, le visage partagé entre tension et confusion. Mais il était trop tard. Il avait déjà fait un pas.
Enkrid entendit une forte détonation tandis que l’air se comprimait contre son corps. Tout se passa en un instant.
Les flammes, le feu, l’explosion.
Fouuush.
Dans un dernier souffle, le cordonnier expira, tandis que les flammes dévoraient le corps d’Enkrid. Le cordonnier, sa fille et Enkrid périrent tous les trois.
Boum !
En mourant, Enkrid pensa que la force de l’explosion allait être projetée vers le haut.
Une mort inutile. La douleur s’estompa, puis les ténèbres l’envahirent. Il traversa cette rivière obscure et onirique, puis rouvrit les yeux sur le même matin.
« Tu as fait un mauvais rêve ou quoi ? »
Rem lui posa la question, à côté de lui. Ce n’était certainement pas un bon rêve. Le passeur de la Rivière Noire lui avait souri.
Autrefois, quand il revivait cette journée, il avait l’impression de toujours la commencer et de la finir à sa guise. Mais cette fois, il se sentait floué.
On aurait dit un acte divin.
Si je les abandonne, ils vont mourir.
Le père d’abord, puis sa fille. Jusqu’où l’explosion irait-elle ?
Peu importait. Une fois morts, c’était un échec.
Je pourrais simplement faire comme si de rien n’était.
Si Enkrid n’intervenait pas, ces deux-là mourraient. Ils mourraient à coup sûr. Mais était-ce vraiment un problème ? C’était un monde où l’on mourait et où l’on tuait. C’était ainsi qu’on vivait. En choisissant de combattre sur le champ de bataille, Enkrid avait tué d’innombrables personnes.
Pourtant,
Ces gens n’étaient pas sur un champ de bataille, prêts à tuer ou à être tués.
Ils essayaient seulement de faire tourner leur boutique. Enkrid savait que le chevalier qu’il rêvait de devenir n’était pas cette noble figure célébrée par les bardes. Il devait s’adapter à la réalité, à un monde en perpétuel changement.
Mais malgré tout,
Je ne veux pas perdre.
Il pouvait simplement faire demi-tour et s’en aller. Ce n’était pas si grave. Ce n’était que la mort d’un cordonnier de plus et de sa fille.
Seulement, tout cela se passait sous ses yeux, et il était le seul à savoir qu’ils allaient mourir. S’il s’agissait d’une guerre, de quelque chose qui échappait à son contrôle, il pourrait peut-être laisser faire.
Mais,
Je peux l’empêcher.
Il ne pouvait pas simplement détourner le regard. Il pouvait l’empêcher. Il n’appellerait pas ça de la chevalerie. C’était simplement de l’entêtement. Cela ne signifiait pas pour autant que son idée de la chevalerie s’était évanouie.
Même si personne d’autre ne le savait, s’il y avait quelque chose qu’il devait protéger, alors il le protégerait. Voilà ce que signifiait être chevalier, à ses yeux.
Celui qui rêve ne peut trahir son rêve.
Enkrid devait donc se rendre là-bas, auprès du cordonnier et de sa fille.
« Merde. »
Enkrid montrait rarement son irritation, mais il commença la journée de cette humeur. Il s’en voulait d’avoir été si lent la veille, ce qui avait coûté la vie au cordonnier et à sa fille.
« Tu as dû faire un sacré cauchemar. »
Rem marmonna derrière lui.
En reprenant sa journée, Enkrid passa tout son temps, du petit déjeuner jusqu’à son départ pour la mission, plongé dans ses pensées.
Je devrais inspecter les passages un par un ?
Ce n’était pas une mauvaise idée. Il ignorait combien de pièges se trouvaient dans ces tunnels. Mais il n’avait aucune autre piste, et il ne pouvait emmener aucun membre de son escouade.
Que penseraient-ils si je leur demandais de chercher un monstre mort-vivant sous l’atelier d’un cordonnier ?
Ils se moqueraient probablement de lui avant de refuser de l’accompagner. Il pouvait les y contraindre, mais Enkrid n’en avait pas envie. Devait-il s’appuyer sur ses hommes chaque fois qu’un problème surgissait, ou s’en charger seul ?
Son rêve de devenir chevalier consistait-il à se tenir derrière quelqu’un et à aboyer des ordres, ou à rester en première ligne, l’épée à la main ?
Il n’était même pas sûr qu’il aurait besoin de son épée.
J’irai seul. Je protégerai moi-même ce qui doit l’être.
Ce n’était pas quelque chose qu’il devait demander à ses hommes.
« Le cordonnier s’inquiète. Tu me connais, pas vrai ? »
« Oui. Alors, cette eau-de-vie au serpent ? »
« Délicieuse. »
Sur ce, il prit la mission que lui confiait le chef de l’escouade de couture et partit d’un pas pressé.
« Où tu files comme ça ? »
Jaxon l’interpella derrière lui tandis qu’Enkrid sortait.
« Sauver des civils malchanceux à l’atelier du cordonnier. »
« … Les chaussures et les bottes s’en prennent aux civils, maintenant ? »
Non, c’était le tunnel souterrain qui causait des problèmes. Enkrid lui répondit dans sa tête et prit directement la direction de l’atelier du cordonnier.
Avant même d’arriver à la porte, il entendit le cordonnier marteler quelque chose sur le sol.
Poum, poum !
Enkrid frappa fort à la porte pour annoncer sa présence. Le cordonnier, le front en sueur, sortit.
« Regardez, là ! Ce trou ! »
« Je le vois. Un trou. Allons voir. »
Enkrid l’aida à dégager complètement l’ouverture. Il se servit d’un marteau et d’une épaisse barre de fer comme d’un levier pour soulever les planches. C’est ainsi qu’ils ouvrirent le trou.
« Je vais jeter un coup d’œil. Attendez ici. »
« Eh bien, s’il y a un monstre… »
« Je m’en occuperai. »
Avant de descendre, Enkrid alluma une torche à l’aide d’un silex.
Fouuush.
La seule vue des flammes le mettait mal à l’aise. Deux morts par le feu, c’était suffisant. Dès qu’il descendit, Enkrid sentit une étrange impression. Une aversion instinctive, née de la peur de mourir.
Enkrid ne voulait pas entrer dans ce tunnel, mais il ne rebroussa pas chemin. Il se força à avancer.
S’il fuyait tout ce qui lui déplaisait, il passerait sa vie à courir. Il avait fui bien des fois pour survivre. Et chaque fois, il l’avait regretté. Il ne voulait pas connaître à nouveau ce regret.
Alors Enkrid ne fit pas demi-tour. Il continua d’avancer. Lorsqu’il pénétra dans le premier tunnel, le malaise qui l’habitait s’intensifia. Il y avait six tunnels en tout, sans compter celui qu’il avait déjà emprunté.
Lequel est-ce ?
Ils n’avaient sûrement pas piégé tous les tunnels après en avoir construit un qui fonctionnait. Le deuxième était-il sans danger ?
Enkrid leva prudemment sa torche et examina le sol, les murs et le plafond avec attention. Rien ne lui parut particulièrement suspect.
Ce n’était qu’un autre couloir qui bifurquait. Tous les tunnels avaient plus ou moins la même taille. L’intérieur était sombre, et il n’en voyait pas le bout.
Qui avait donc construit cet endroit délirant sous la ville ? Il était même possible qu’il communique avec les égouts.
De la poussière tombait du plafond. Ce tunnel n’avait pas l’air d’avoir été creusé à la hâte. Il se demanda s’il allait s’effondrer et l’enterrer vivant. Mais ce n’était pas le moment d’y penser. Il devait découvrir ce qui se trouvait à l’intérieur. Il commençait à se demander qui avait construit tout ça.
Allons-y.
Le deuxième tunnel parmi les passages qui bifurquaient.
Si je m’engage dans le premier, je finirai carbonisé.
Et celui-ci ?
À peine arrivé à l’entrée du deuxième tunnel, Enkrid sentit à nouveau le malaise monter en lui. Il eut envie de faire demi-tour, mais l’ignora et avança.
Son premier pas, fait avec précaution, ne déclencha rien d’anormal. Pas d’explosion, pas de flammes, rien.
Enkrid observa prudemment les environs. Il leva encore sa torche et inspecta chaque recoin avec soin. Sa conclusion fut la suivante :
Même si je le voyais, je ne le reconnaîtrais pas.
Il était trop occupé à s’accrocher à son épée pour se soucier d’autre chose. Il avait vu des mercenaires explorer des donjons, mais il ne savait pas repérer les pièges. Il fallait avoir été correctement formé pour cela.
Alors…
Je n’ai aucune solution.
Il n’avait d’autre choix que d’avancer. Un mauvais pressentiment pesait sur lui. Il avait l’impression qu’une bête l’attendait, la gueule grande ouverte. Comme s’il enfonçait la tête dans la gueule d’un monstre.
Tandis qu’il s’efforçait d’avancer,
« Qu’est-ce que tu fais ? »
Le cordonnier, qui l’avait suivi, lui posa la question depuis l’arrière. Ces quelques mots émoussèrent le pressentiment aigu qu’il ressentait ; le pas suivant lui sembla moins lourd de conséquences.
Les choses qu’il avait perçues un instant plus tôt passèrent à l’arrière-plan.
« Ne vous approchez pas. »
Une fois de trop, il avait brûlé vif avec le cordonnier.
Lorsqu’il fit un nouveau pas, cette étrange sensation revint. Il n’arrivait pas à la décrire précisément, mais elle ressemblait à la précédente. Elle lui venait de ce malaise, comme s’il venait de commettre une erreur.
Un pas que je n’aurais pas dû faire.
La pensée lui traversa l’esprit, et la réponse ne tarda pas. Boum. C’était comme dans le premier tunnel.
L’explosion, la pression, les flammes.
Quoi qu’il y eût au fond de ce tunnel, il était évident qu’un piège mortel y avait été installé.
Bang.
Au bruit de l’explosion, il brûla de nouveau. Bien sûr, il ne mourut pas sans rien en tirer.
Ah.
En mourant, Enkrid laissa échapper un bref soupir intérieur. Malgré la douleur, l’audace de la bête lui permit d’évaluer clairement ce qu’il ressentait.
Alors qu’il achevait sa troisième journée, Enkrid sentit quelque chose d’inattendu.
Et ainsi, il accueillit le quatrième jour.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="text-muted-foreground underline underline-offset-[3px] hover:text-foreground transition-colors cursor-pointer" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>