Chapitre 76
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Ryuu
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 76 : Collection Carmen
« Hé, t’es sourd ? Toi, avec les cheveux roux. »
Jaxon l’ignora une nouvelle fois. En le voyant faire, Enkrid s’estima heureux de l’avoir emmené. Et si ça avait été Rem ?
« Tu me parles ? »
Il aurait eu de la chance si ces paroles n’avaient pas été suivies d’une hache en plein vol. Jaxon se contenta de l’ignorer, et Enkrid lui en fut reconnaissant. Mais celui qu’on ignorait n’était évidemment pas ravi.
« Espèce de bâtard, je suis Polid Rockfreed ! »
Et alors ?
Jaxon le lui fit comprendre d’un regard. Heureusement, avant que la situation ne dégénère, Leona descendit. Elle était accompagnée de sa nourrice et affichait un large sourire.
« Tu es en retard, dit-elle.
— En retard ? C’est qui, ce type que t’as amené comme garde du corps ? »
« C’est toi qui les as envoyés, non ? »
*Hum ?*
Leona s’avança d’un pas léger et coupa la parole à Polid par une question. Celui-ci pencha la tête, perplexe. La main de Leona fendit l’air.
Clac !
*Waouh.*
Enkrid fut impressionné en son for intérieur.
Leona l’avait giflé sans prévenir. Un geste net, une belle claque. Le coup avait été si puissant que Polid resta un moment sans voix.
La tête tournée, il la fixa du coin de l’œil.
« C’est toi qui as fait ça, espèce de folle ? »
La voix claire et douce de Leona résonna.
Enkrid se dit qu’il devrait revenir sur ce qu’il avait raconté à Kraiss. Cette femme était acariâtre… avec les autres, du moins.
Cling, clang, clang !
Plusieurs personnes dégainèrent leurs épées et leurs armes. L’atmosphère se tendit après une seule gifle. Enkrid ne tira pas son arme et resta derrière Leona.
Jaxon se tenait à ses côtés, tandis que le commandant de compagnie elfe restait tranquillement en place.
« Espèce de salope, tu veux mourir ? »
Polid finit par parler, une main plaquée sur sa joue giflée.
« Si quelqu’un doit mourir, ce sera toi. Tu sais où tu es, à jeter l’argent par les fenêtres et à utiliser des soldats comme bon te semble ? Tu croyais que personne ne le découvrirait ? »
Enkrid se demanda ce qui se passait et trouva divertissant d’assister à la scène. L’auberge de la Garde-frontière servait aussi de lieu de rencontre aux compagnies marchandes.
Les troupes ne disposaient d’aucune résidence officielle. L’auberge faisait donc de bonnes affaires. Voilà pourquoi ils s’étaient tous retrouvés ici.
L’aubergiste, qui surveillait la salle, ouvrit de grands yeux.
Une gifle soudaine, suivie d’une confrontation entre des gens armés… Même lui, qui avait vu toutes sortes de choses, semblait déconcerté.
L’aubergiste roula plusieurs fois des yeux, prit une décision et se dirigea vers la cuisine. Il abandonnait. C’était un homme avisé. De toute façon, il ne pouvait ni les arrêter ni intervenir.
Heureusement, les dégâts seraient remboursés par la Compagnie marchande Rockfreed, ce qui lui permettait de rester serein. En entrant dans la cuisine, il lança un regard en biais à Enkrid.
*Ça ne va pas dégénérer, hein ? Tout ira bien, pas vrai ?*
Enkrid connaissait bien Allen, l’aubergiste. Il hocha légèrement la tête, à l’abri des regards.
Leona n’était pas stupide. Elle n’allait donc pas provoquer une situation qui ferait dégainer les épées. Malgré l’atmosphère tendue, il n’y aurait pas d’autre esclandre.
« Tu es si stupide que le précédent dirigeant ne t’a pas confié la compagnie », lança Leona.
Elle ne semblait pas se soucier des représailles ni de la force de son adversaire. Elle était convaincue que, quoi qu’il arrive, personne n’oserait s’en prendre à elle.
Enkrid éprouva une étrange sensation.
Tout venait de l’attitude de Leona.
*Audacieuse.*
Comment appeler cela, au juste ?
Elle savait couper court à toute possibilité de résistance ou de réplique chez son adversaire.
« Dis-moi où nous sommes, là, tout de suite. »
Polid serra les dents et cria, puis ouvrit la bouche malgré lui.
« À la G-Garde-frontière. »
« Oui, abruti, nous sommes à la Garde-frontière. Tu crois que tu peux engager n’importe quelle guilde qui escroque les vagabonds, ici ? Alors que tu sais que l’armée régulière de la Garde-frontière m’escorte ? »
« …Non, je… je n’ai rien fait de pareil. Je n’ai compris qu’après coup que la Garde-frontière était mêlée à l’affaire… »
La présence de Leona l’écrasait. Polid n’arrivait même pas à débiter des absurdités sans que ses mains tremblent.
Frrt, clac !
À entendre les balivernes de Polid, l’homme derrière lui tira son épée d’un doigt avant de la rengainer. Le bruit ramena Polid à la réalité, et il changea de ton.
« Ce n’était pas moi. Qui ose m’accuser ? »
La situation s’éclaircit.
*Il a dû se préparer un alibi avant de venir.*
Pourtant, la pression avait failli lui faire tout avouer.
« Tss. »
Leona claqua la langue, tira une chaise et s’assit. Elle croisa les jambes, toujours vêtue de son pantalon de cuir, puis sortit une cigarette.
« Allume. »
La nourrice l’alluma avec une bougie.
« Assieds-toi. Nous ne sommes pas censés discuter de la succession ? »
La femme qui avait fait dégainer les armes prit la parole. De la fumée s’échappa de ses lèvres. Polid tira brutalement une chaise et s’assit.
Qui serait désavantagé si les épées sortaient ici ? Et pourquoi croyait-il que les deux escouades postées dehors avaient été dépêchées ?
Les deux se mirent à discuter.
Ils devaient parler de ce que chacun avait préparé pour la succession. Autrement dit, Enkrid n’y comprenait rien.
« Tu ne sais même pas déchiffrer les routes commerciales, et tu veux prendre la tête de la compagnie ? Tu as appris par cœur tous ses codes ? Hein ? »
« C-Ces choses-là, un majordome peut s’en charger ! Je suis l’héritier légitime. Qu’est-ce qu’une femme débarquée de nulle part peut bien savoir… »
« Le fait que le précédent dirigeant m’ait reconnue comme son successeur légitime ? Tu comptes remettre ça en cause ? Tu prétends prendre la tête de la compagnie parce que tu as hérité du sang du précédent dirigeant ? Alors que tu refuses d’accepter ce qu’il a annoncé ? Tu veux t’emparer de la compagnie sans en avoir les compétences, juste parce que tu es de sa lignée ? Je suis sûre que les autres trouveront ça tout à fait acceptable. »
Enkrid n’écoutait que d’une oreille. Depuis le début, la discussion et l’atmosphère semblaient tourner à l’avantage de Leona.
*Ils ont donc tenté un assassinat en dernier recours ?*
Il se trouvait justement à la Garde-frontière un groupe disposé à accepter ce genre de contrat. Était-ce malin ou stupide ?
Les deux continuèrent à discuter un bon moment.
Aux yeux d’Enkrid, Leona semblait être venue uniquement pour ridiculiser son adversaire.
« Es-tu vraiment le fils du précédent dirigeant ? Tu ne lui ressembles pas du tout. Ça me paraît suspect. »
« Petite… quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu insinues que ma mère a reçu la semence d’un autre homme ? »
Polid était si furieux qu’il en bégayait.
Bam !
Il frappa la table de colère, mais…
« Enfin, ce n’est pas ce que je voulais dire. »
Leona souffla sa fumée et reprit la maîtrise de la situation. Était-elle toujours comme ça ? N’était-elle pas censée être réservée et discrète ?
Enkrid n’en savait rien. Il ne l’avait vue que deux jours, et ils n’avaient pas échangé cinquante mots. Tout le monde avait deux facettes, et nul n’était simple.
« Salope ! »
« Surveille ta langue, espèce de gros porc hideux. »
« Garce ! »
Il avait encaissé l’insulte contre sa mère, mais se faire traiter de laid le poussa à saisir l’épée courte à sa ceinture.
Enkrid posa discrètement la main sur la garde de son épée.
La Garde-frontière était sous la protection de l’armée. Il ne pouvait pas rester là à les regarder dégainer et se battre.
Si la ville de la Garde-frontière avait pris de la valeur, c’était notamment parce que les compagnies marchandes comme les nobles pouvaient y régler leurs différends par la parole plutôt que par l’épée.
Bien sûr, en coulisses, ils avaient recours aux épées et aux assassins. Mais dégainer face à son adversaire, ici ?
C’était signer son arrêt de mort.
Jaxon se tenait à sa droite, et la commandante de compagnie observait la scène un pas en arrière.
Enkrid posa la main sur la garde de son épée, en tenant le garde de Polid à portée de lame.
*À gauche, au premier mouvement.*
Il dégainerait et frapperait de haut en bas.
Il n’avait pas le temps de prendre une bonne posture ; il lui faudrait donc frapper en même temps qu’il dégainerait. L’épéiste chargé de protéger Polid réagirait aussi.
D’un geste rapide, l’homme tendit le bras plus loin. Quelle technique d’épée allait-il employer ?
Un instant, Enkrid espéra que son adversaire passerait à l’attaque. Logiquement, cela n’arriverait jamais, mais il l’espérait tout de même.
*Quel genre d’épée est-ce ?*
À quelle vitesse ?
Plus vite que la hache de Rem ? Plus vite encore que les Dagues sifflantes de l’elfe métis ?
Il voulait en faire l’expérience. Il voulait lui faire face. Le défier. C’était un esprit de compétition. Il voulait éprouver l’adversaire, simplement pour jauger ses propres capacités. Une chaleur monta en lui et se répandit dans son corps.
S’ils attaquaient, il frapperait. Une étrange tension s’installa entre les deux hommes. Au milieu de cette tension, Polid se mit à suer à grosses gouttes.
Pouvait-il dégainer ici ? S’il ne le faisait pas, aurait-il l’air d’avoir peur ? Toutes sortes de pensées lui traversaient l’esprit.
Leona méprisait ce genre de personne. Soit on dégainait, soit on s’en tenait aux mots. Si l’on ne pouvait faire ni l’un ni l’autre, mieux valait ne pas commencer.
Sans les dernières volontés du précédent dirigeant, elle n’aurait jamais eu affaire à lui. Tandis que cette étrange confrontation s’éternisait, l’auberge sombra dans le silence.
C’est alors que cela arriva.
Boum.
On entendit la porte de l’auberge s’ouvrir. L’épaisse porte en bois pivota grand ouverte et heurta le mur.
Grâce à celui qui avait poussé la porte de toutes ses forces, le champ de vision d’Enkrid s’élargit. Son adversaire se détendit. D’un commun accord, ils reculèrent tous deux d’un demi-pas.
*C’était…*
Il avait failli dégainer, comme emporté par l’idée du combat, sans se soucier de la situation.
Enkrid soupira intérieurement et tourna la tête. Il reconnut un visage familier : Torres, des Étrangleurs de la Frontière. Cinq hommes vêtus comme lui le suivaient.
Ils portaient des tuniques recouvertes d’armures de cuir brun à motifs quadrillés, des manteaux marron foncé et des écussons d’épaule brodés d’un aigle.
« Nous sommes les Étrangleurs de la Frontière, l’armée personnelle du roi. Nous sommes venus arrêter le cerveau qui a poussé l’unité d’espions d’Azpen à semer le trouble. »
« Eek. »
Polid laissa échapper un gémissement ridicule. Son garde se plaça alors à côté de lui et lui saisit l’épaule.
Enkrid se demanda quelle relation les unissait. Cela ne ressemblait pas à un simple rapport entre employeur et employé.
« Tu as fait entrer des chiens d’Azpen dans la lutte pour la succession ? »
Le visage de Polid pâlit aux paroles de Torres.
Leona, elle, resta indifférente.
*Qui avait appelé les Étrangleurs de la Frontière ?*
Enkrid se le demanda en observant la scène.
« Nous allons tous vous arrêter. »
Ce ne furent ni Polid ni Leona qui répondirent à Torres.
« Vous comptez arrêter des gens sans preuve ? Cet homme est l’héritier de la Compagnie marchande Rockfreed. Vous n’auriez tout de même pas accepté un pot-de-vin de l’opposition ? »
La voix venait de derrière Polid. Un homme aux cheveux bruns ordinaires et à l’apparence quelconque s’avança. Il parlait de pots-de-vin.
Torres fronça les sourcils, puis sourit et répondit :
« …En voilà un sacré plaisantin. »
Il ne cacha pas son mécontentement. Mais il n’avait pas tort. Pourquoi les grandes compagnies marchandes tenaient-elles leurs réunions à la Garde-frontière pour y discuter de succession ?
Parce que l’armée régulière de la Garde-frontière restait toujours neutre. Si des troubles éclataient dans la Garde-frontière, il allait de soi que l’armée régulière interviendrait.
Cependant, elle s’était engagée à rester neutre en toutes circonstances.
Arrêter quelqu’un sans preuve ici prêterait facilement à confusion. Ils ne pouvaient donc arrêter personne sans preuve.
*C’était donc leur plan ?*
L’adversaire avait lui aussi réfléchi à sa stratégie. Torres le savait et ne pouvait pas simplement abattre le plaisantin. Un bref silence tendu s’installa. Ce fut Leona qui le rompit.
« Un pot-de-vin ? Bien sûr que non. »
Elle commença par démentir les propos du plaisantin.
« Il est tout à fait possible qu’un membre de la compagnie marchande ait impliqué les espions d’Azpen. »
Puis elle ajouta :
« Hein ? »
De nouveau sous le choc, Polid ouvrit grand la bouche, puis la referma aussitôt, conscient des regards braqués sur lui. En voyant cela, Enkrid faillit soupirer. C’était comme s’il avouait sa culpabilité.
« Nous ne le savons pas encore. C’est pour ça que je les ai appelés, les Étrangleurs de la Frontière. »
Qui les avait appelés ? Même Enkrid fut surpris.
Leona poursuivit :
« Je veux que les deux héritiers soient retenus jusqu’à ce que toute cette affaire soit éclaircie. Ensuite, nous trouverons des preuves. »
Leona balaya la pièce du regard. Elle avait le don de faire basculer la conversation en quelques mots.
« J’ai entendu dire que le cerveau s’était échappé. Capturons-le et faisons-le avouer. »
Échec et mat.
Aux échecs, c’était échec et mat. Il n’y avait aucune échappatoire. L’homme qu’ils avaient capturé résisterait-il à la torture ?
On disait que les prisonniers avaient été emmenés à la caserne, mais aucun d’eux ne savait qui était le cerveau.
Ils avaient tous déclaré que leur chef savait tout. Ce chef était probablement celui qui s’était échappé.
« Ça me paraît une bonne idée, dame Leona, mais que se passera-t-il s’il ne se montre jamais ? »
L’homme aux cheveux bruns ordinaires se tourna vers Leona et posa sa question.
« Dans ce cas, cela ne concernera plus les Étrangleurs de la Frontière. »
répondit Leona.
« Ensuite, ce sera aux compagnies marchandes d’en discuter. Pour désigner l’héritier, le mieux serait de rentrer en ville et de demander aux principaux membres de la compagnie marchande de juger les candidats. »
L’homme aux cheveux bruns sourit et conclut. Il avait visé juste.
*Une fois sortis de la ville…*
Leona pourrait-elle tenir tête aux gardes de Polid ?
Ça ne semblait pas probable.
« Je suis une marchande. Je ne donne pas d’ordres sans contrepartie. À la première personne qui le retrouvera et me l’amènera, je donnerai ceci. »
Leona posa un poignard sur la table en parlant.
C’était un poignard de type stylet, doté d’une longue et fine lame, protégée par un fourreau de cuir noir.
« La Collection Carmen ? »
Quelqu’un le reconnut.
Enkrid vit Jaxon faire un pas en avant à côté de lui. Son compagnon, d’ordinaire si indifférent, bougeait pour un simple poignard ? Bien sûr, c’était une arme qui valait son pesant d’or.
*Inattendu.*
Carmen était un assassin célèbre, réputé pour n’utiliser que les armes qu’il fabriquait lui-même. Son talent pour la fabrication d’armes dépassait celui qu’il avait pour assassiner.
Les armes qu’il créait étaient appelées la Collection Carmen. Celle que Leona venait de sortir en faisait partie.
C’était un poignard d’une qualité exceptionnelle qui, même après avoir transpercé quelqu’un, ne laissait pas une goutte de sang quand on le retirait.
« Pourquoi donner ça ? »
« Parce qu’il m’appartient. Le précédent dirigeant me l’a offert. »
Polid protesta, mais Leona l’ignora et confirma sa décision.
« Je le mets en jeu. Ramenez-le-moi. »
Elle venait en somme de mettre sa tête à prix. Enkrid trouva que la situation prenait un tour intéressant.
*Je leur ai déjà dit de me l’amener.*
Tout en se faisant cette réflexion, il fut de nouveau impressionné par le talent de Leona.
*Elle a fait venir les Étrangleurs de la Frontière pour gagner du temps et mis sa tête à prix pour obtenir ce qu’elle veut.*
Elle avait créé une situation avantageuse pour tout le monde, sauf Polid.
Quoi qu’il en soit, l’arrêter leur rapporterait des dizaines de milliers de kronas. De quoi donner à tout le monde l’envie de se lancer.
« Je vous l’amènerai. »
À la surprise générale, quelqu’un se porta volontaire.
« Je m’en charge moi-même. »
C’était Jaxon. Il ne se contentait pas de parler : il avait l’air vraiment décidé. Enkrid lui adressa un signe de tête. C’était la première fois que Jaxon prenait l’initiative avec autant d’enthousiasme.
*Il le veut vraiment.*
Voilà ce qu’il se dit.
Ce ne serait pas difficile. Qui régnait sur les nuits et les ruelles de cette ville, la Garde-frontière ? Non : la Guilde de Gielpin. Et Kraiss, son chef, faisait actuellement partie de l’escouade d’Enkrid.
De plus, il lui avait déjà demandé de le capturer, parce que cette affaire l’inquiétait.
C’était déjà presque dans la poche.
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