Chapitre 650
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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LE CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 650 : Même si le talent a ses limites, le cœur n’en a pas
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Le voyage du retour se déroula sans encombre.
Pas le moindre bandit, bien sûr, et ils n’aperçurent des Créatures démoniaques ou des Bêtes magiques qu’à de rares intervalles. Derrière le groupe d’Enkrid, une caravane d’elfes en migration suivait à bonne distance.
Les deux groupes gardèrent une demi-journée de marche entre eux et, après avoir franchi quelques collines ondulantes, ils finirent par se perdre de vue.
Même s’il ne s’agissait que de l’avant-garde, d’une fraction du groupe entier, cela restait une ville en déplacement. Une fraction pouvait tout de même représenter une foule considérable, et une foule considérable avançait toujours lentement. C’était tout naturel.
Le deuxième jour de voyage, ils établirent leur camp pour la soirée, et Ruagarne eut droit à un nouvel aperçu de ce dont Enkrid était capable. Il s’entraîna en duel avec Fell.
« Voleur de fiancée ! »
Fell tenta une provocation maladroite. Elle ne fit mouche.
Au contraire, dès que Fell ouvrit la bouche pour le provoquer, Enkrid était déjà en mouvement. Il transforma un adversaire qu’il aurait de toute façon battu sans difficulté en un homme dont il noua les mains comme les pieds.
Son sens tactique s’est affûté.
On aurait dit que quelqu’un l’avait attrapé pour le façonner à coups de marteau pendant des années, mais il y avait parfois des moments comme celui-ci, qui n’en demeuraient pas moins véritablement étranges.
Talent ou pas, de tels progrès soudains et évidents ne cessaient de se produire chez lui.
Cette fois, cependant, autre chose encore méritait de la surprendre, indépendamment de cela.
Hmm.
L’échange était rapide, les coups fusaient sans un instant de répit. Fell ne trouva aucune ouverture pour dire un mot et se contenta de bouger les mains et les pieds en silence. Enkrid n’utilisa pas Pression.
Ils ne prononcèrent pas un mot, mais à un moment, le duel devint un pur affrontement de force et de technique. C’était entièrement voulu par Enkrid.
Non, après le milieu, il n’y avait même plus de technique.
Rien que de la force et de la vitesse. Il ne s’appuyait que là-dessus. Quand la force brute était suffisamment écrasante, aucune technique maladroite ne pouvait s’y glisser.
On disait que la souplesse détournait la force.
Une épée lourde portée en ligne droite était facile à dévier ; l’Épée fluide pouvait donc prendre l’avantage sur elle.
Mais que se passait-il si la force qui la portait était si supérieure que la souplesse n’avait plus aucune importance ?
Enkrid lui en donnait la réponse sous les yeux.
La lame venait de frôler la gorge de Fell, qui n’avait pas eu la moindre occasion d’en dire quoi que ce soit. Un souffle malheureux, et il était mort.
Un frisson, sans rien de commun avec la menace d’un Faux Coup, lui remonta le long de l’échine.
Comme si un lézard lui traînait sa langue glacée sur la peau.
Fell mit toute sa force dans chacun de ses coups. Il n’avait pas le choix.
Chaque frappe nonchalante d’Enkrid arrivait sous un angle meurtrier et avec un poids mortel.
Les crises s’enchaînaient, comme si une bête ouvrait la gueule avant de lui broyer la gorge.
Il maintint consciemment sa Volonté et la concentra dans sa lame. Un pas de travers, et il tombait de la falaise. Il devait garder les doigts agrippés au bord. Qu’il lâche prise, et il mourait.
Entre les échanges, de puissantes rafales soufflaient. Il devait contracter son centre. Que son corps vacille, et il mourait.
Le soleil lui transperçait les yeux. Un clignement malheureux, une faille dans sa concentration, et il avait l’impression qu’il en mourrait aussi.
Je vais mourir.
Fell le sentit. Enkrid frappa sans réfléchir davantage.
Clang.
Fell ne lâcha pas son épée. Son bras fut simplement repoussé dans la direction où Enkrid l’avait dévié. Enkrid s’engouffra dans l’ouverture et poussa la poitrine de Fell de sa main libre.
« J’ai gagné. »
Il n’y avait pas à discuter.
« … Hff. »
Alors seulement, Fell expira. Aucune technique, juste la force qui l’avait broyé. Sa provocation maladroite n’avait pas marché, mais ça, il s’y attendait. Seulement…
Quel monstre.
Quoi qu’il ait fait, sa manière de manier sa Volonté comme de manier son épée n’avait plus rien à voir avec ce qu’elle était à leur arrivée.
C’était bien ce qui faisait de lui un monstre. Un monstre débordant de talent.
Fell n’avait pas besoin qu’on lui dise qu’Enkrid avait franchi un nouveau palier en si peu de temps. Il le savait, c’est tout.
Fell poussa un soupir et contempla son orgueil meurtri. S’il suffisait d’une épreuve comme celle-ci pour le briser, il ne serait jamais allé aussi loin.
Je le rattraperai, d’une manière ou d’une autre.
Il était même devenu féroce, ce qu’il n’était pas auparavant. Les yeux de Fell brûlaient.
Ruagarne repassa dans son esprit ce qu’elle venait de voir Enkrid faire et se plongea dans ses réflexions.
Il se retenait pour Fell.
Enkrid avait donc été à l’aise tout du long.
Alors, qu’est-ce qui avait changé depuis la dernière fois ?
Les Yeux de Grenouille, qui lisaient les talents, fonctionnaient en observant les mouvements et la posture d’un adversaire, puis en déduisant littéralement son talent par intuition directe.
Cette intuition faisait jaillir des étincelles dans l’esprit de Ruagarne, encore et encore.
Chaque étincelle, nourrie par plusieurs choses qu’elle connaissait, lui permettait de discerner ce qu’Enkrid possédait désormais.
Il maniait une épée lourde et rapide sans même forcer.
Et pas une ou deux fois. Il avait suivi le rythme de Fell tout du long, tout en ajustant son intensité au fil du combat.
En somme, c’était comme un bûcheron qui aurait enchaîné sans interruption tous les gestes qu’il avait appris, en maniant sa hache.
Tout cela en un instant, sans le moindre moment pour reprendre son souffle ou rassembler ses pensées.
Seule une concentration intense rendait cela possible.
Aiguiser sa concentration, mettre toute sa force derrière chaque coup. Il avait sans doute puisé dans ce qu’il avait compris en arrêtant le Feu ambulant.
Alors, de quoi Enkrid était-il capable aujourd’hui s’il donnait tout ce qu’il avait ?
Un combat à grande vitesse et de longue durée.
Quand Enkrid avait arrêté le Tueur unique des démons, il avait dit avoir compris l’escrime et l’avoir reconstruite depuis ses fondations.
Mais il ne s’était pas arrêté là.
Créer un art de l’épée, c’était comprendre parfaitement le sens qu’il recelait et savoir comment le concrétiser.
Naturellement, cela avait aussi des conséquences sur celui qui le maniait.
Débutant, intermédiaire, avancé, avait-il dit.
D’après le système qu’Enkrid avait établi, elle pouvait dire que cet homme avait dépassé le niveau intermédiaire. Sa personnalité s’était nettement affirmée.
Urkhe.
Un art de l’épée fondé sur une Volonté inépuisable.
Ruagarne avait vu juste. Depuis la cité des elfes, Enkrid savait clairement ce dont il était capable.
Un combat à grande vitesse et de longue durée, avec l’endurance au premier plan.
Comment en était-il arrivé là ? Tout ce qui l’avait précédé avait façonné le présent.
Liervart et le chevalier Jamal avaient tous deux fait de l’endurance leur spécialité.
C’est eux qui l’ont façonné.
Enkrid l’admit sans hésiter. Il n’y avait rien de mal à cela.
Il avait aussi l’impression que quelque chose qui avait toujours été en lui venait enfin de s’accomplir.
Un sentiment de toute-puissance : avec ça, il pouvait battre n’importe qui, là, tout de suite.
Naturellement, il avait aussi l’impression de ne plus avoir nulle part où progresser, d’être simplement tombé sur un mur. Il avait atteint ses limites. Il ne voyait pas ce qui se trouvait au-dessus, ni plus loin. Une fin qui ne lui permettait ni de gravir de nouvelles marches ni d’avancer.
Et pourtant, une part de lui refusait de croire que tout s’arrêtait là.
Le talent avait toujours ses limites, mais la volonté que portait le cœur n’en connaissait pas. Voilà pourquoi.
C’est drôle, comme les choses finissent par se rejoindre.
Après avoir mis Fell à terre, Enkrid passa quelques pensées en revue.
Faire le bilan de ce qu’il possédait et le remettre en ordre lui permit de comprendre davantage qu’auparavant. Personne n’avait eu besoin de le lui expliquer : il le savait, tout simplement.
Des choses comme celle-ci.
Les techniques et l’état d’esprit d’un chevalier, c’était la vie qu’il avait vécue. La Volonté, elle aussi, était une volonté.
C’était aussi pour cela que la Volonté de l’homme qu’il avait rencontré dans l’État sacré était si médiocre.
Le talent seul pouvait faire de quelqu’un un chevalier, mais la lame forgée par la Volonté d’un homme devenu chevalier de cette façon ne valait pas mieux qu’un morceau de fromage criblé de trous.
Un chevalier sans serment, ça n’existe pas.
Voilà pourquoi serment et conviction comptaient tant pour un chevalier. C’étaient les fondations qui soutenaient sa Volonté. Sans doute était-ce aussi ce qui faisait briller la Volonté d’Aoara.
Même sans grand rêve, avancer pour défendre ce en quoi l’on croyait soi-même était plus important.
Aucun rêve n’est trop humble, et chaque serment mérite le respect.
Cela s’accordait bien avec la façon dont Enkrid voyait déjà les choses. C’était assez naturel. Il avait compris les principes qui faisaient un chevalier d’une manière conforme à sa propre vision, alors il était normal que tout s’emboîte.
Tandis qu’il marchait et laissait ses pensées se poser, le monde autour de lui s’illumina. Une nuit où deux lunes déversaient une lumière pleine et limpide. Deux nuits de ce genre passèrent. L’éclat lunaire commençait à perdre de sa netteté. Le ciel était parfaitement dégagé, et pourtant…
La lumière de la lune prit une teinte différente. Les Deux Lunes Rouges allaient se lever. Personne dans le groupe n’y prêta une attention particulière. Tous étaient occupés.
Fell et Zero avaient beaucoup à assimiler après leur défaite face à Enkrid, et consacraient leur temps à y réfléchir et à laisser les choses décanter. Ruagarne traversait une période semblable, même si elle devait aussi enseigner à Enkrid le système qu’elle avait élaboré grâce à ses Yeux qui lisaient les talents.
« Grenouille a vu les limites du talent et en a conclu qu’il était absurde de classer les gens par catégories. Pas quand cela ne changeait rien à un véritable combat à mort. »
Qu’est-ce qui comptait dans un combat où l’on tuait ou se faisait tuer ?
Mieux maîtriser sa Volonté rendait peut-être meilleur au combat, mais cela ne se traduisait pas immédiatement dans un affrontement réel. C’était ce que disait Ruagarne.
Même quelqu’un dont la Volonté était disciplinée mourait s’il recevait une lame dans la gorge pendant son sommeil. À moins d’être une Grenouille, personne ne pouvait survivre la tête tranchée.
Même une Grenouille mourait si on lui transperçait le cœur. Le talent influençait un combat, mais ne décidait pas de tout. Y avait-il d’autres facteurs ? Bien sûr.
« Les talents des gens sont-ils de la même couleur ? Ils sont tous différents. Nous voyons les limites du talent, mais pas sa couleur. Il fallait donc en faire l’expérience directement, et c’était l’un des grands plaisirs. »
Bien sûr, ce plaisir n’égalait pas celui de voir quelqu’un comme Enkrid dépasser ces limites d’un seul coup.
Explorer l’inconnu, vouloir le comprendre : parmi les Grenouilles, Ruagarne était particulièrement fidèle à cette envie. Elle avait naturellement accumulé beaucoup de connaissances en chemin.
Le désir d’apprendre ce qu’on ignore faisait de l’étude un plaisir à part entière.
« Selon la couleur de son talent, quelqu’un comme lui concentre tout dans une seule frappe, tandis qu’un elfe porte l’influence de la nature de sa race et manie son arme à sa façon, si particulière. »
À cet instant, Fell et Zero se tenaient sur le bord du chemin, frappant le vide, absorbés par leur entraînement.
On voyait les lignes tracées par leurs épées. Le résultat était le même : des coups et des estocades. Mais leur manière d’y parvenir différait clairement.
Fell taillada un ennemi imaginaire d’un seul coup. Zero le frappa six fois.
Enkrid repassa plusieurs fois les paroles de Ruagarne dans son esprit.
En y réfléchissant, il se rappela la conversation qu’il avait eue avec Fell quelques jours plus tôt, leurs plaisanteries sur les enlèvements de fiancées et autres sottises.
Fell est facile à lire.
Il ne croyait pas nécessaire de dissimuler ce qu’il était. Pourquoi ? C’était dans sa nature.
L’affaire de la cité des elfes lui revint aussi à l’esprit.
Ermen complète un mensonge par ce qu’elle ne dit pas.
Enkrid avait perçu chez elle une précision particulière. Pourquoi ? Il ressentait quelque chose de semblable chez tous les elfes, mais Ermen sortait du lot.
Quelque chose qui lui rappelait Kraiss, aurait-il dit.
Cela dit, Fell aimait improviser. Rem aussi. Ragna, malgré les apparences, appréciait lui aussi le Jeu des nombres, même s’il pouvait s’en affranchir et régler l’affaire à la force brute quand il le fallait.
Chacun avait sa propre nature.
Enkrid réorganisa tout ce qu’il avait vu, ressenti et vécu, et en profita pour démêler des choses qui dépassaient le niveau d’un chevalier.
La forme varie selon la nature de chacun.
C’était précisément ce que les Grenouilles voyaient dans la couleur du talent.
« Il y a longtemps, une Grenouille a donné aux différents types de talent des noms arbitraires et les a classés comme bon lui semblait. Grillons-taupes, éphémères, nymphes, chenilles, et ainsi de suite. »
Les paroles de Ruagarne avaient du sens. Enkrid venait simplement d’ajouter quelques concepts à sa propre réflexion.
La manière de manier une arme et d’assimiler un système varierait selon la nature de chacun.
Il faudrait donc adapter l’enseignement, tout comme la manière d’apprendre.
Connaître sa propre nature ne pourrait que faciliter l’entraînement et le perfectionnement de ce qui nous correspondait.
Décisif, Endurant, Polyvalent.
Trois grandes catégories suffiraient à couvrir les différents types. Comme il l’avait appris auparavant, l’essentiel était d’atteindre l’accomplissement, pas la perfection.
Fell était du type Décisif. Ropord, du type Endurant.
Ils étaient aux antipodes l’un de l’autre.
Il y avait aussi ceux qui possédaient les deux dès le départ : les Polyvalents.
On dirait que posséder les deux serait un avantage par rapport à se spécialiser dans un seul domaine, mais en pratique, c’est moins efficace.
Être polyvalent n’était pas forcément une bonne chose. Poursuivre deux objectifs à la fois exigeait un investissement proportionnel en temps et en efforts. Et, d’après ce qu’avait dit Grenouille, un talent aux limites clairement définies ressemblait à un puits dont la quantité d’eau était fixe : en tirer pour remplir deux récipients à la fois ne changeait pas le total, cela ne faisait que le répartir. On risquait alors de perdre face à ceux qui excellaient dans un seul domaine.
Parmi eux, certains se consacraient à endurcir leur corps — le type conditionnement —, tandis que d’autres se plongeaient dans la technique — le type artisan.
Le type conditionnement conviendrait à l’Épée lourde et féroce ou à un style axé sur la vitesse.
Le type artisan conviendrait à la Souplesse et à l’Épée fluide, ou à l’Épée Illusoire.
Il avait repris l’escrime telle qu’il l’avait compilée et organisée, puis y avait superposé sa propre approche. C’était ce qu’Enkrid avait fait. Il avait aussi compris qu’il était important de bien se connaître, et s’en était assuré.
Je suis du type Endurant.
Du moins, pour le moment.
Urkhe lui avait permis de se spécialiser dans les combats qui s’éternisaient. Par hasard, Liervart et le chevalier d’Azpen s’étaient eux aussi spécialisés dans ce genre de combat, et il avait donc pu les observer et apprendre d’eux.
Au bout du compte, il faudrait sans doute mêler le type Décisif et le type Endurant, non ?
Il ne le voyait pas encore clairement, mais le pressentait : c’était ce qui se trouvait devant lui, au-dessus de lui.
Et, à partir de ces bases, une personne de la Brigade se distinguait sans conteste.
Jaxon. Il était de type Décisif et artisan. On aurait pu appeler cela le type Décisif-Artisan.
C’était rare. Le type Décisif allait généralement de pair avec le type conditionnement.
Non, il n’y a pas de réponse.
Fixer une réponse à l’avance ne pouvait que produire des faux. C’était sans doute ainsi qu’avaient été créés les faux que l’État sacré avait mis au point. On ne pouvait pas imposer une réponse et faire emprunter à quelqu’un un chemin prédéterminé.
« Ah. »
Enkrid fut saisi d’un élan d’exaltation. Il s’enivrait de créer, plutôt que de se contenter d’apprendre et de maîtriser. Le plaisir lui parcourut le corps, de la pointe des pieds jusqu’au sommet du crâne.
En levant les yeux au ciel, il vit que les deux lunes étaient devenues rouges. Les Deux Lunes Rouges. La nuit était déjà tombée.
Il avait marché, perdu dans ses pensées, au point d’oublier un instant qu’il avançait. Il avait conscience de ce qui l’entourait et contournait les pierres, mais ce n’est que maintenant qu’il en prit véritablement conscience. Il releva la tête et aperçut des invités indésirables.
« Nous vous attendions, Enkrid, garde-frontière. »
Sous la lumière rouge des lunes, seule une voix se fit entendre, sans présence à laquelle la rattacher. Enkrid vit apparaître un Voile noir devant lui, puis le vit disparaître.
Un sortilège qui brouille les perceptions.
Un sortilège qui empêchait de percevoir l’existence du Voile jusqu’à sa disparition.
Mais il l’avait déjà vu tant de fois qu’il avait fini par discerner une légère anomalie, malgré la dissimulation grossière.
C’est ce qui interrompit le fil de ses pensées et lui fit reprendre vivement conscience de son environnement.
Quoi qu’il en soit, le groupe qui venait de faire tomber son Voile brouillant les perceptions se montra enfin.
L’un d’eux portait une armure entièrement noire.
Deux autres étaient vêtus de robes de tissu plutôt que d’armures.
Au centre se tenait un homme qui tenait ce qui ressemblait à un long bâton. À son sommet était fixé un anneau de fer circulaire, hérissé de pointes dentelées qui s’élançaient vers le haut. On aurait dit le symbole de quelque chose.
« Nous venons de la Terre Maudite, la Terre Sacrée, de la Secte de la Seconde Venue. »
Les visages qui apparurent sous la lumière rouge des lunes avaient tous l’air également dangereux.
« Nous avons amené les Apôtres restants. »
À peine ces mots prononcés, le Sixième Sens d’Enkrid s’activa. Sous ses pieds. La terre vola en éclats tandis que des pointes de fer jaillissaient vers le ventre d’Enkrid, le cœur de Ruagarne, la tête de Zero et la gorge de Fell.
L’esprit d’Enkrid s’accéléra. L’espace d’un instant, tout autour de lui sembla s’arrêter.
Comme s’il s’enfonçait dans une masse d’argile dure, le temps ralentit sous cette pression, et Enkrid fit ce qu’il devait faire.
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