Chapitre 587
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Relecture : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 587 : Faites ça bien
= = =
Le vicomte Harrison leva une main et se frotta les yeux. Il essayait de comprendre quelle folie il avait sous les yeux.
Grrrr.
Un grondement semblable au tonnerre lui fracassa les oreilles, et le sol trembla comme si un séisme venait de commencer.
La cause de ce vacarme, pareil à la charge d’un millier de cavaliers, se trouvait juste devant lui.
Au-delà des champs qu’il avait aménagés de ses propres mains, un nombre sans précédent de Bêtes magiques sangliers s’étaient rassemblées et soulevaient un mur de poussière.
Voir des Bêtes magiques se regrouper ainsi faisait presque penser à une Colonie. Aucun sort n’avait été lancé, mais la poussière à elle seule formait une sorte de Voile, comme si les bêtes se dissimulaient. À cause de cela, il était même impossible d’évaluer leur nombre avec précision.
La seule consolation, c’était qu’elles traversaient une plaine découverte, ce qui leur laissait au moins un peu de temps pour se préparer.
Mais juste devant ce nuage de poussière grouillant de Bêtes magiques sangliers, les renforts venus les aider avançaient sur leurs deux jambes pour aller à leur rencontre de plein fouet.
Ils s’étaient élancés en déclarant que ce combat leur appartenait et que les autres n’avaient qu’à rester en retrait.
Autrement dit, sans même savoir combien de Bêtes magiques sangliers se trouvaient là-bas, ils étaient partis à la rencontre d’un nuage de poussière qui fonçait sur eux comme un Esprit maléfique.
Si ce n’était pas de la folie, qu’est-ce que c’était ?
Se frotter les yeux ne changea rien à la réalité. Le vicomte observa les soldats qui enjambaient la palissade de pieux inclinés ou la contournaient pour avancer. À première vue, ils semblaient désordonnés, mais l’absence d’exercice militaire ne signifiait pas qu’ils étaient en débandade. Chacun prenait position à intervalles réguliers.
Enfin, ce n’était pas le plus important pour l’instant. Le vicomte n’arrivait presque pas à assimiler ce qu’il voyait.
« Non ! »
Ce fut tout ce qu’il parvint à dire. Le sol continuait de trembler, martelant ses pieds sans relâche. La main qui s’était frotté les yeux s’était refermée en poing à un moment donné, au point que des veines saillaient sur son dos. La scène tendait tout son corps malgré lui.
« Bande de fous ! »
Le vicomte finit par lâcher ce qu’il avait sur le cœur.
En quoi les Bêtes magiques sangliers étaient-elles dangereuses ? Elles chargeaient à une vitesse terrifiante. C’était précisément pour cette raison que nul, hormis un ordre de chevalerie, ne devait leur faire face de plein fouet.
Et voilà que ces gens sortaient sans même être protégés par la palissade ?
« Mais qu’est-ce qu’ils fichent ? »
Même l’ancien mercenaire qui commandait les Forces d’autodéfense se tenait là, bouche bée.
Il savait que son seigneur, le vicomte Harrison, avait envoyé des demandes d’aide dans toutes les directions, et que ces lettres étaient parvenues au palais royal. Mais il ne s’était pas réellement attendu à ce que des renforts arrivent. Pourtant, les voilà. Ils n’étaient pas nombreux, mais il s’était dit qu’ils seraient utiles.
Alors, qu’est-ce qu’ils faisaient ?
Pourquoi sortir sans lance, avec pour seule arme une hache accrochée à la hanche ?
Au moins, leurs armures de cuir et leurs capes semblaient assorties, comme s’il s’agissait d’un équipement uniforme.
Un dicton circulait parmi les mercenaires : l’équipement d’un homme reflète sa compétence.
Pour préciser, si l’on croisait une troupe dont l’équipement était aussi bien assorti, le conseil était de battre d’abord en retraite.
Ceux qui avaient coordonné leur équipement à ce point avaient forcément suivi un entraînement acharné. C’était une leçon tirée d’une vie où l’on se faisait vendre pour des kronas et où l’on errait d’un champ de bataille à l’autre. Ces soldats n’étaient donc pas faibles.
Mais foncer droit sur une horde de Bêtes magiques sangliers, comment dire… c’était une nouvelle forme de folie.
À vrai dire, si le vicomte ou le capitaine des Forces d’autodéfense avait eu ne serait-ce qu’un instant pour souffler, ils auraient facilement pu deviner pourquoi ces gens agissaient ainsi.
Mais aucun des deux n’était particulièrement vif d’esprit et, de toute façon, ils n’avaient pas eu le temps de réfléchir à quoi que ce soit.
Les renforts venaient à peine d’arriver que les Bêtes magiques sangliers étaient déjà sur eux. Avant que quiconque ait pu leur souhaiter la bienvenue comme il se devait, sans parler de s’asseoir pour partager un repas, les nouveaux venus étaient sortis sans demander la permission à personne.
Un soldat des Forces d’autodéfense, posté à la garde de la palissade, leur avait demandé qui ils étaient, mais les nouveaux venus avaient continué d’avancer sans même lui jeter un regard. Ils avaient franchi la palissade, s’étaient rangés en formation, puis les Bêtes magiques sangliers leur étaient tombées dessus. Avant que quiconque ait eu le temps de comprendre ce qui se passait, tout était déjà terminé.
Les Bêtes magiques étaient plus de deux fois plus nombreuses que les hommes qui s’étaient avancés.
La peau sous les yeux du vicomte tressaillit. Des jours sans sommeil avaient poussé son épuisement à son comble, et la pression qui pesait sur lui était immense.
S’il devait regarder ces renforts se faire éventrer et leurs tripes se répandre sous ses yeux, il pensait qu’il s’évanouirait sur-le-champ.
« Faites ça bien ! »
Quelqu’un cria parmi les renforts.
Ils avaient donc un commandant, après tout ? Un peu plus tôt, il avait remarqué un soldat qui s’éloignait tranquillement et s’était demandé quel genre de commandant pouvait se promener ainsi.
Le vicomte aperçut brièvement des cheveux gris. Un homme se tenait là, les bras croisés, à regarder la scène, sans casque. Il lui semblait étrangement familier, mais il n’arrivait pas à se rappeler qui c’était.
Le temps s’écoule comme le soleil se lève et se couche, comme la pluie tombe. Et c’est ainsi que les bêtes sangliers et les hommes venus en renfort se rencontrèrent.
Il aurait dû les arrêter. Ce ne fut qu’à cet instant que le vicomte Harrison y songea.
Tout le monde s’était préparé à assister à un carnage.
Crac. Crac. Crac.
Des bruits de chair qui éclatait retentirent dans la vaste plaine, mêlés au martèlement des sabots sur la terre.
Le sang gicla. Un sang noir.
Du sang d’un noir d’encre éclaboussa l’air et inonda le sol de toutes parts.
« Tu vas crever, je vais te tuer de mes mains ! »
Au milieu du chaos, la voix du commandant retentit de nouveau.
Les Bêtes magiques sangliers chargeaient, crocs acérés à découvert. Une morsure de ces choses ne se contentait pas de laisser des marques.
Tous les soldats réguliers de la Garde-frontière venus en renfort dégainèrent leurs haches et frappèrent.
Paf.
Les têtes des Bêtes magiques sangliers commencèrent à se fendre et à voler en éclats sous les coups de hache.
Depuis le choc jusqu’à cet instant, tout s’était déroulé en un éclair.
Qu’est-ce que c’était que ça ?
Le tressaillement sous les yeux du vicomte Harrison s’apaisa.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Il posa la question, perplexe, à moitié au capitaine des Forces d’autodéfense et à moitié à lui-même. Le commandant n’avait pas de réponse, lui non plus.
La seule pensée qui lui venait, c’était que ces salauds savaient vraiment se battre.
Les renforts comptaient moins de cinquante hommes, et chacun d’eux se battait comme un dément.
* * *
Lorsque Rem donna à son unité un nom sans prétention et la baptisa « escouade d’assaut », tous ceux qui l’entouraient se mirent sans exception à l’appeler l’Escouade d’assaut de Rem.
C’était sans doute mieux que de se faire appeler l’Escouade des haches folles, mais, à vrai dire, personne n’avait le temps de se soucier du nom qu’on leur donnait.
Ils avaient tous été entraînés par Rem et, ces derniers temps, les Jumeaux leur enseignaient aussi les rudiments de la Sorcellerie.
« Si seulement il existait une Sorcellerie qui te ressuscite après ta mort. Je pourrais alors tous vous tuer sans me gêner. »
C’était le genre de phrase que Rem répétait sans cesse.
Inutile de préciser que son entraînement était d’une intensité redoutable.
Pourtant, il n’accueillait pas n’importe qui dans son unité. Comme toujours, il n’y faisait entrer que ceux qu’il jugeait acceptables.
Certains abandonnèrent en cours de route. Après ce tri, ils se stabilisèrent autour de cinquante, et ils constituaient le noyau de l’Escouade d’assaut.
Trois d’entre eux avaient montré un soupçon de véritable talent. L’un n’avait de talent que pour le combat, alors Rem le laissa tranquille. Il fit lieutenants les deux autres.
L’Escouade d’assaut se battait autour de ces deux lieutenants, qui lui servaient de points d’ancrage.
En pratique, ces deux-là formaient l’épine dorsale de toutes les formations adoptées par l’unité.
Rem, lui, préférait combattre en force brute, sans s’encombrer de formations. Mais s’il les avait laissés faire à leur guise, les pertes auraient été innombrables. Il ne connaissait pas grand-chose à la tactique, mais il avait appris certaines choses avec le temps, en observant et en écoutant. Il avait aussi incorporé un conseil arraché à Kraiss en lui tordant la jambe. À part lui, Rem se dit qu’ils étaient enfin assez bons pour qu’il puisse les utiliser.
« C’est mieux que ces Bêtes magiques singes qui se planquent dans les arbres ! »
C’était le lieutenant aux cheveux ras qui avait crié. Tous les membres de l’unité étaient d’accord.
Des Bêtes magiques sangliers qui fonçaient sur vous en ligne droite, c’était plusieurs fois mieux que des Bêtes magiques singes qui rôdaient la nuit et vous dévoraient le cerveau pendant votre sommeil.
C’était tout simplement vrai.
Leur terrain d’entraînement, qui leur servait aussi de terrain de jeu, était la chaîne de montagnes de Pen-Hanil. Les Bêtes magiques qu’ils affrontaient ici étaient bien plus faciles à gérer que celles qui sortaient de là-bas.
Foncer sur tout ce qui vous fonce dessus, le taillader, le mettre à terre ; c’était tout. Alors ils le faisaient.
Ils franchirent la palissade de pieux et brandirent leurs haches.
Les Bêtes magiques arrivaient à une vitesse terrifiante, mais elles avançaient en ligne droite.
Les observer, réagir et esquiver n’avait rien de difficile.
Tous étaient animés du même calme audacieux que celui du Cœur de la Bête.
Et tout cela, naturellement, c’était grâce à Rem.
Le Cœur de la Bête était une technique qu’il avait perfectionnée à plusieurs reprises en enseignant à Enkrid. À présent, il la maîtrisait suffisamment pour la transmettre bien plus facilement qu’avant.
Pas au point de rester immobile sans ciller face à une lame qui vous fonçait dessus, mais assez pour garder ne serait-ce qu’un soupçon de calme dans le feu de l’action.
Comme Rem avait choisi dès le départ des combattants naturellement audacieux, cela suffisait amplement.
L’Escouade d’assaut de Rem tirait le meilleur parti de toutes les épreuves qu’elle avait traversées pour en arriver là.
« Hou ! »
Un soldat lut la trajectoire d’un sanglier lancé à l’assaut, calcula sa vitesse, pivota et abattit sa hache en diagonale.
Le sanglier se précipita droit sur la lame.
Paf.
Après son coup, le soldat resta en place et fit pivoter la tête de la hache à deux mains.
Aussi fort fût-on, on ne pouvait pas encaisser de plein fouet la charge d’une Bête magique pesant plusieurs fois son poids.
La technique consistait donc à viser la nuque, à enfoncer la lame dans la peau et la chair, puis à la soulever de biais. La peau et la chair du sanglier se déchirèrent dans un bruit humide et râpeux, et le sang jaillit dans les airs.
Ce qu’il venait d’exécuter était une taille déviée, et même cela exigeait une force immense. Le geste tenait de l’acrobatie, mais leur entraînement le rendait possible.
Le nombre de Bêtes magiques sangliers qui chargeaient diminua rapidement.
Plusieurs furent tuées d’un coup chanceux qui leur fendit le cou ou le crâne. Plus d’une dizaine furent abattues en visant uniquement leurs pattes, ce qui les fit trébucher et rouler au sol.
C’est ainsi que les alentours se retrouvèrent inondés de sang noir.
Le vicomte Harrison, le capitaine des Forces d’autodéfense et les soldats qui regardaient la scène restèrent bouche bée, incapables de prononcer un mot. La scène était de celles-là.
Pourtant, Rem n’était pas entièrement satisfait.
« Si vous vous tenez bien, je m’en irai sans rien faire de plus. Mais si j’apprends que vous avez causé des problèmes, ou si quelque chose d’agaçant me revient aux oreilles, je reviendrai. »
Les encouragements de Rem étaient d’un genre bien à lui.
À ces mots, tous les soldats de l’Escouade d’assaut levèrent les yeux. Leurs regards et leur posture étaient empreints de désespoir.
Ils fendaient des têtes de sangliers juste devant eux et continuaient d’écouter chacun des mots de Rem.
Les deux lieutenants qui menaient le combat étaient particulièrement désespérés.
« Oui, chef. On fera ça bien ! »
Rem hocha la tête. Puisqu’il était venu jusqu’ici, autant nettoyer un peu les environs avant de repartir.
Il avait entendu dire que des bandits semaient le trouble dans les parages.
Sans un mot d’adieu, Rem tourna le dos aux hommes qui combattaient encore. Tous les autres étaient trop occupés à regarder les Bêtes magiques sangliers se faire massacrer pour prêter attention à quoi que ce soit d’autre. Il se glissa hors du groupe et reprit la route, à la recherche de traces de la nouvelle bande de bandits.
Rem avait le don de suivre les traces laissées par les gens.
Les bandits avaient établi leur repaire à environ deux jours de marche de la ville gouvernée par le vicomte.
Le camp était entouré de palissades en rondins, et des huttes rudimentaires leur servaient d’abri. Quel que soit l’angle sous lequel on le regardait, tout y avait l’air bâclé.
Sans quelqu’un pour les soutenir en secret, ils auraient eu du mal à se nourrir correctement.
Rem le remarqua, mais n’y prêta pas davantage attention. De toute façon, ces gens allaient mourir aujourd’hui. Qu’ils aient un protecteur ou qu’ils comptent de véritables combattants dans leurs rangs, cela ne le concernait pas.
Il n’y avait rien qui ressemblât à une tour de guet. Le bandit posté de l’autre côté de la palissade, un arc à la main, resta donc bouche bée.
Qu’est-ce qui venait de se passer ?
Il avait nettement vu un homme courir vers lui et avait décoché une flèche. Pourtant, au moment où il avait lâché la corde, l’homme qu’il visait se trouvait déjà au pied de la palissade.
Il n’avait même pas cligné des yeux, mais la silhouette avait disparu sans laisser de flou derrière elle et semblait avoir traversé l’espace en un instant.
Rem avait activé la Sorcellerie appelée Patte de léopard. Bien sûr, des yeux ordinaires ne pouvaient pas suivre ses mouvements.
Boum.
Rem frappa la palissade de bois du pied et cria :
« Hé ! C’est fini pour vous. Dispersez-vous si vous voulez vivre. Compris ? »
Tandis que les pieux se brisaient et que des éclats de bois volaient, il abattait déjà les deux bandits qui avaient tiré leurs flèches. Le reste de la bande déboula au-dehors.
« Qu’est-ce que tu racontes, espèce de fils de pute ? Nous sommes la Fraternité du Sang ! »
Les chefs étaient cinq hommes qui s’étaient juré fraternité par le sang, et chacun d’eux avait toujours la loyauté à la bouche.
« On meurt ensemble ! »
« On vit ensemble ! »
Ils se ruèrent sur lui en criant cela. Rem décida donc d’exaucer leur souhait.
« Très bien. Aujourd’hui, vous mourrez tous ensemble. »
Étrangement, ils possédaient une flûte qui leur servait à contrôler les Bêtes magiques, et s’en étaient servis pour maîtriser les sangliers.
Quand Rem s’approcha, l’un d’eux souffla dans la flûte. Une Bête magique deux fois plus grosse que les autres jaillit d’une fosse creusée au milieu du camp. Deux cornes poussaient près de son groin, et elle fonça sur lui. Ses yeux étaient rouges. Quel que fût le régime auquel ils l’avaient soumise depuis des jours, elle était absolument féroce.
Piiiiii !
La flûte poussa un cri strident. La Bête magique bondit hors de la fosse comme si on l’avait projetée dans les airs, puis chargea droit sur Rem dès qu’elle l’aperçut.
Rem jouait distraitement avec le manche de sa hache en marmonnant pour lui-même. D’un seul geste, il arracha la hache à son support et l’abattit droit devant lui.
Pendant un bref instant, la trajectoire du coup de Rem sembla fendre le monde en deux.
C’est ainsi que les chefs de la Fraternité la virent.
Boum.
Le corps de la Bête magique se fendit dans le sens de la longueur et s’effondra de part et d’autre de Rem.
Ses entrailles et son sang se déversèrent, inondant le sol.
Même après son coup, Rem continua de jouer avec le manche et marmonna pour lui-même.
« Hein, ça ne prend pas aujourd’hui ? Ah, c’est ça. »
Pour le chef de la Fraternité, cet homme était complètement cinglé. À qui parlait-il, au juste ? À lui-même ? À une autre voix dans sa tête ?
Chevaliers fous, Chevaliers de la Folie. Ces noms s’étaient répandus au loin, et bien des gens connaissaient désormais celui de Rem, mais presque personne n’aurait pu le reconnaître à son seul visage.
Après avoir vu ce coup de hache, toutefois, tout le monde comprit que quelque chose avait sérieusement dérapé.
« Je vous ai dit de déguerpir si vous ne vouliez pas mourir. »
Rem lança ces mots en posant sa hache sur son épaule, d’un air parfaitement détaché. Quatre des chefs de la Fraternité tournèrent les talons et s’enfuirent. Il n’en resta qu’un, trop stupide pour comprendre la situation.
Il avait regardé ses quatre frères jurés s’enfuir et était si abasourdi qu’il peinait à manier correctement la massue cerclée de fer qu’il tenait entre ses mains.
Rem fit tournoyer légèrement sa hache, fendit la massue et arracha un bras à l’homme.
« Aaaah ! »
Puis il se lança à la poursuite des quatre autres et leur fendit, fracassa et broya la tête l’un après l’autre.
« C’est ça, vos frères ? »
La bande comptait plus d’une centaine de membres, dont plusieurs bons archers. Mais quand Rem se mit à attraper des flèches en plein vol et à les leur renvoyer pour les tuer, tout le monde se tut.
C’est ainsi que l’un des fléaux persistants du sud — une bande de bandits qui commandait une horde de Bêtes magiques — fut anéanti.
Qui aurait pu imaginer qu’une force de niveau chevaleresque surgirait de nulle part et taillerait une bande de bandits en pièces ?
Vraiment, personne ne l’avait vu venir.
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