Chapitre 550
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 550 : L’Ordre des Chevaliers fous
= = =
Certains nobles n’avaient jamais vu Enkrid de leurs propres yeux, et tout ce qui se passait à la Garde-frontière était tout simplement trop lointain pour leur sembler réel.
Greenfield ? Ils avaient vraiment pris cette terre ? Un seul homme avait retenu toute une armée ? Pas anéantie, mais retenue ? Une armée s’était arrêtée parce que quelqu’un lui avait dit de s’en aller ? Comment cela pouvait-il seulement avoir un sens ?
Certaines rumeurs semblaient trop extravagantes pour être crédibles ; d’autres, assez plausibles, ne les concernaient tout simplement pas personnellement.
Il avait mis fin à la guerre civile et le nom de Tueur de créatures démoniaques était parvenu jusqu’à eux, mais pour beaucoup, cela n’avait jamais vraiment pris corps.
Parmi les personnes présentes, certains se souciaient sincèrement de la famille royale, certains nobles considéraient Enkrid comme une menace et d’autres étaient simplement venus sans trop y réfléchir.
Quelles que fussent leurs raisons, tous se turent aux paroles de Crang.
Un sourire ne signifiait pas qu’il éprouvait la moindre affection pour eux.
D’une seule phrase, Crang imposa le silence dans la salle, puis se leva.
Il aurait pu déverser sa colère sur chacun d’eux.
« C’est vraiment ce que vous dites à l’homme qui a mis fin à la guerre civile et défendu la frontière ? J’ai tellement honte que j’ai envie de me noyer dans la bassine et d’en finir. »
Il aurait pu aller les trouver un à un pour les convaincre.
« Enkrid n’est pas ce genre d’homme. C’est un ami proche et l’épée qui protège la famille royale. Je m’en porte garant. »
Ou apaiser les inquiétudes qui les rongeaient.
« Je sais ce qui vous préoccupe. Mais ne vous inquiétez pas. J’ai toujours les idées claires et je ne laisse pas mes affaires personnelles me faire oublier mes devoirs. »
S’il avait eu l’instinct d’un marchand, Crang aurait peut-être promis quelque chose aux nobles en échange de leur silence.
Mais il ne fit rien de tout cela.
Il n’apaisa les craintes de personne, ne se mit pas en colère et ne défendit pas la situation point par point.
Il savourait simplement l’instant.
Il repensa à l’époque où ils s’étaient rencontrés pour la première fois, dans les baraquements, bien avant qu’il déclare vouloir devenir roi.
Pour Crang, tout avait commencé là.
« Alors, qu’est-ce que tu veux devenir ? »
Il lui posa exactement la même question, sans en changer un mot. Enkrid cligna des yeux, puis un sourire lui traversa le visage.
C’était si vieux que cela semblait appartenir à une autre vie, mais le visage de Crang fit remonter le souvenir de lui-même.
Le trône se trouvait sept marches au-dessus du sol. Perché en haut de l’escalier, Crang regardait naturellement vers le bas. Enkrid venait de se tenir en contrebas, de poser un genou à terre pour témoigner à Crang le respect dû à sa charge publique, puis de se relever.
Leurs regards se croisèrent.
L’un regardait d’en haut, l’autre d’en bas, et tous deux oublièrent où ils se trouvaient, emportés par le passé.
Enkrid se revit là, en train de parler avec Crang. Il s’était demandé si son rêve n’était pas devenu une simple trace, enfouie quelque part près de son cœur, avant de se répondre aussitôt : non, il avançait toujours.
Il donna la même réponse qu’à l’époque.
« Un chevalier. »
Les mots d’un simple soldat, tout au plus chef d’escouade, qui rêvait bien au-delà de sa condition.
Un rang qui ne valait presque rien, des compétences qui n’avaient rien d’exceptionnel, et pourtant, il avait parlé du sommet que pouvaient atteindre ceux qui portaient une arme.
Voilà ce qu’avait fait Enkrid.
« C’est ça. Un chevalier. »
Les paroles de Crang se superposèrent parfaitement à celles d’autrefois.
Beaucoup de temps avait passé depuis. Crang était alors le même homme qu’aujourd’hui.
Au lieu de se moquer, il avait pesé ses mots et pris son rêve au sérieux.
Il lui avait montré qu’il l’écoutait de tout son être.
« Tu as trouvé comment tu voulais vivre ? »
Enkrid lui retourna l’ancienne question de Crang. Les lèvres de ce dernier tremblèrent, puis il éclata d’un rire sonore et franc.
Pahahahaha.
« C’est comme ça qu’on en est arrivés là. As-tu réalisé ton rêve, mon ami ? »
Tous ces regards étaient braqués sur lui. Il était censé se tenir avec la dignité d’un roi ? Il s’en moquait éperdument. Cet instant, là, devant lui, Crang l’avait désiré plus qu’il ne saurait le dire.
L’homme en face de lui avait fait ressurgir un rêve qu’il avait enterré et qu’il s’était efforcé de garder enfoui.
Comment aurait-il pu ne pas l’encourager ?
Il avait souhaité encore et encore que cet homme réalise son rêve.
Qu’il dépasse le rang de chevalier.
À l’époque, Vengeance se tenait à proximité et ricana, comme pour jeter un seau d’eau froide sur tout cela. Mais plus personne dans cette salle ne pouvait se le permettre.
Celui qui avait parlé de devenir chevalier se tenait maintenant devant eux, après avoir recousu son rêve brisé. L’homme qui ne s’était pas moqué de ce rêve avait trouvé sa propre voie et accédé au trône.
« En partie. »
Enkrid voulait toujours aller plus loin. Il répondit donc qu’il n’avait pas encore pleinement réalisé son rêve.
Crang acquiesça. Il en allait de même pour lui.
« Tout le monde dehors. »
Crang prononça ces mots en regardant Enkrid.
« Pardon ? »
Un noble au crâne dégarni et à la peau brunie par le soleil demanda, incrédule.
« Je vais recevoir le serment d’un chevalier. »
Il annonçait qu’il allait officiellement adouber Enkrid, qui deviendrait chevalier de Naurillia, ici et maintenant.
« Le commandant des Chevaliers à la Cape Rouge n’est pas présent. »
Le marquis Barnas le fit remarquer sans laisser paraître sa surprise. Il avait déjà soulevé la question. Le roi ne pouvait pas intégrer quelqu’un aux Chevaliers à la Cape Rouge sans l’accord de leur commandant.
Il n’avait pas tort. Et Crang savait qu’Enkrid refuserait, même s’il lui demandait de rejoindre les Chevaliers à la Cape Rouge.
« Je sais. »
« Alors, qu’avez-vous exactement l’intention de faire ? »
Le duc d’Okto prit à son tour la parole.
Marcus avait compris ce que ces deux-là n’avaient pas vu ; il ne dit donc rien.
Le roi n’avait pas explicité son idée, mais les choses prenaient forme. Les deux grands nobles qui s’étaient avancés n’étaient pas assez sots pour ne pas comprendre.
Audacieux.
En temps normal, on n’y aurait pas pensé facilement.
Mais, à bien y réfléchir, rien ne pouvait mieux convenir à un homme doté d’un tel parcours.
Et au vu de la force qu’il dégageait, c’était tout naturel.
« Mon ami proche dirigera un nouvel ordre de chevaliers. »
Qu’est-ce qu’il venait de dire ?
Le duc d’Okto cligna des yeux et regarda le marquis Barnas.
Le marquis était tout aussi perplexe.
Quoi ?
« Dehors. Je recevrai son serment en tête à tête. »
En temps normal, tous les nobles auraient dû assister au serment, mais que pouvait-on y faire ? Pour l’instant, rien de ce que quiconque pourrait dire ne parviendrait jusqu’à Crang.
Ses fidèles gardes de la compagnie commerciale frappèrent le sol du talon de leurs lances.
« Nous allons vous escorter dehors. »
Les gardes postés tout autour de la salle guidèrent les nobles vers les portes.
Marcus sortit et, en passant devant Enkrid, leva le poing fermé dans sa direction.
Marcus aussi avait été de ceux qui encourageaient le rêve d’Enkrid.
La salle avait été pleine, et maintenant elle semblait vaste, mais pas vide. Pas tout à fait.
Au lieu d’un vide, Enkrid sentit quelque chose s’embraser en lui.
Cela lui rappela le moment où il était devenu chevalier.
Qu’on l’appelle lumière, et c’était la lumière. Qu’on l’appelle fleur, et c’était une fleur. Une étoile si l’on disait étoile, un rêve si l’on disait rêve.
Sa Volonté se mit en mouvement. Elle embrasa tout son corps, brûlante et débordante.
Crang se tenait devant lui.
Le serment d’allégeance d’un chevalier reposait sur un vœu, et le briser portait un coup fatal à la Volonté. Il était donc tout naturel qu’un roi reçoive le serment d’un chevalier.
Aucun royaume du continent ne faisait autrement.
« Ce rêve, c’est celui que tu voulais réaliser. Va où bon te semble. »
Et Crang fit fi de tout cela.
L’homme en face de lui pourrait peut-être un jour lui enfoncer une épée dans le corps. Dans ce cas, ce serait sa fin. Un pari ? Non.
Il était roi. Un roi devait savoir lire les gens et leur faire confiance.
Ce n’était pas un pari. C’était de la confiance. Parce qu’il était roi, et non marchand, il pouvait témoigner cette foi à quelqu’un en qui il croyait.
Chiring.
Crang dégaina son épée et la posa sur l’épaule d’Enkrid.
Enkrid ne s’agenouilla pas. Il ne baissa pas la tête.
« Je te nomme chevalier de Naurillia. »
Crang prononça ces mots. Enkrid sentit le poids et le contact de la lame sur son épaule.
Certains l’avaient trompé et utilisé, mais d’autres avaient aussi déposé un rêve dans le cœur d’un enfant.
Parmi ceux qu’il avait recherchés, certains l’avaient maudit et repoussé, mais d’autres lui avaient tapé dans le dos.
Pour quoi faisait-il tournoyer son épée ?
Il avait voulu protéger les fermiers, pour qu’ils n’aient jamais à perdre une jambe.
Pourquoi continuait-il d’avancer ?
Il avait voulu sauver un enfant qui rêvait de devenir herboriste.
C’était ainsi qu’il avait recousu son rêve brisé et était devenu chevalier.
À quelques exceptions près, personne ne s’y était attendu. Personne n’aurait pu en être certain.
Il n’avait aucune raison de s’arrêter à cause de ceux qui le critiquaient et se moquaient de lui. Alors il ne s’était pas arrêté.
Des flèches avaient volé et s’étaient fichées en lui.
Des lames avaient déchiré sa chair et frappé ses os.
Et les murs qui lui barraient la route avaient continué de grandir, tandis que des vagues portant le nom de Désespoir s’abattaient sur lui.
« Vagues, murs, quoi qu’il arrive, je surmonterai tout et protégerai ceux qui se trouvent derrière moi. »
Le serment était bref, mais cela n’avait aucune importance. La conviction dans le cœur comptait davantage que les mots qui franchissaient les lèvres.
Et Enkrid l’avait prouvé par tout ce qu’il avait accompli jusqu’alors.
Crang souleva l’épée de son épaule.
Une cérémonie d’adoubement en bonne et due forme s’accompagnait de toutes sortes de formalités, mais elles avaient toutes été écartées.
« Comment veux-tu appeler ton ordre de chevaliers ? »
Le ton de Crang changea. Débarrassé des formalités, il avait l’air d’un jeune homme ordinaire du quartier. Plutôt beau garçon, à vrai dire, alors peut-être pas tout à fait ordinaire.
« Ce n’est pas au roi d’en décider ? »
« Ah, oui, c’est vrai. J’ai entendu dire que les Chevaliers à la Cape Rouge tiraient leur nom de la crinière de la Bête solaire. Alors, que dirais-tu de Mur de Fer ? »
Les Chevaliers du Mur de Fer. Pas un mauvais nom, mais Enkrid réfléchit à l’identité de son ordre.
Était-ce un nom qui convenait à ceux qu’il dirigerait ?
Il avait reçu ce surnom par hasard, mais il sentait aussi que foncer de l’avant lui correspondait mieux que tenir bon.
« Les Chevaliers à la Cape Bleue ? »
Il avait répondu sans réfléchir.
« … Pourquoi est-ce que tu fais des blagues avec autant de sérieux ? »
Crang éclata de rire et répliqua du tac au tac. D’ordinaire, il savait se montrer raffiné, mais il était maintenant plus détendu qu’il ne l’avait été depuis longtemps.
À vrai dire, Enkrid n’était pas certain que le nom de l’ordre de chevaliers ait une si grande importance.
Ce qu’il voulait, c’était examiner la petite révélation qui venait de lui apparaître.
Une intuition inattendue, qui avait surgi de nulle part.
Tout avait probablement contribué à la faire naître.
Le duel contre le chevalier d’Azpen, où il avait donné tout ce qu’il avait, puis les entraînements, les combats d’exercice, les réflexions et les analyses qui avaient suivi. Tout cela.
Un instant plus tôt, Enkrid avait senti sa Volonté bouillonnante déferler en lui comme une vague.
Ce n’était pas pour rien qu’il avait employé le mot « vague » dans son serment.
Et il s’était demandé : et s’il faisait tournoyer son épée en harmonie avec cette forme déferlante, pareille à une vague ?
Si cela fonctionnait comme il l’imaginait, devrait-il appeler cette technique l’Épée des vagues ?
Créer une technique d’épée n’était pas réservé aux génies capables de distiller toute l’escrime dans les Cinq Styles de l’Épée.
Enkrid n’était pas un génie, mais tout ce qu’il avait bâti à force d’efforts se mêlait et fusionnait en quelque chose qu’il pouvait presque saisir.
Voilà ce qu’était une technique d’épée.
La base consistait à mêler l’Épée fluide à la Forme de l’Épée correcte.
Il y ajoutait la méthode que le chevalier Jamal lui avait montrée, celle qui forçait l’adversaire à parer chaque coup sans faute, ainsi qu’un peu de la Toile d’Aker.
Perdu dans ses réflexions sur l’escrime, Enkrid décida de garder à l’ordre de chevaliers le nom qu’on lui avait toujours donné.
« Appelons-les les Chevaliers fous. »
« Tu es sérieux ? »
« C’est comme ça qu’on a toujours appelé notre unité. »
« Seigneur. Ce salaud a l’air sérieux. Vous pourriez lui remettre la tête en place, s’il vous plaît ? »
On aurait dit du Audin tout craché.
« Ma tête va très bien. »
Crang fit rouler le nom dans sa tête un moment, puis acquiesça.
Un nom qui sonnait bien, est-ce que ça comptait vraiment ? Sans doute pas. Alors, qu’est-ce que penseraient les royaumes voisins en entendant le mot « fous » ?
D’abord, ils demanderaient si c’était sérieux. Ensuite, ils jureraient sans doute que ces salauds étaient vraiment cinglés.
C’était l’avis de Crang.
Enkrid, lui, n’avait pas d’avis particulier là-dessus. Celui qui se laissait mener par les paroles des autres ne serait jamais arrivé aussi loin.
Il pensait aussi que le nom de l’ordre changerait de lui-même avec le temps.
Ses propres surnoms en étaient la preuve.
Du Chef d’escouade séduisant au Tueur de créatures démoniaques, puis au Chevalier du Mur de Fer.
« Viens au banquet. Ce serait dommage de se passer de l’invité d’honneur. »
Un nouvel ordre de chevaliers venait d’être fondé. Le royaume en comptait désormais deux. Le continent n’en avait pas vu depuis près d’un siècle. Un banquet s’imposait.
* * *
Après avoir pris congé de Crang, Enkrid passa devant les gardes qui le saluèrent, devant Marcus et les deux grands nobles encore sous le choc, puis regagna ses appartements. Rem se leva d’un bond en le voyant entrer.
« Tu as entendu ? »
La nouvelle au sujet de l’ordre de chevaliers s’était déjà répandue ?
C’est ce que pensa Enkrid avant de demander :
« Quoi ? »
« On me traite de fou qui massacre les nobles ; celui-là, là-bas, serait un Homme-bête ours qui déchire les gens en morceaux ; le salaud qui ne sait pas s’orienter serait un épéiste assoiffé de sang qui tue tous ceux qui croisent son regard ; Esther serait une sorcière, l’elfe aurait du sang démoniaque, les rumeurs fusent de partout… mais ce salaud-là n’a même pas de surnom. »
Dès qu’il avait aperçu Enkrid, Rem avait bondi sur ses pieds et s’était mis à parler en agitant les mains aussi vite que sa langue. Son expression était on ne peut plus sérieuse.
Enkrid commença à retirer son manteau et à déboutonner sa chemise. Une dame de compagnie et un serviteur, qui l’observaient d’un air nerveux, les yeux écarquillés, se hâtèrent de l’aider à se déshabiller.
C’était le quotidien au palais royal, mais Enkrid se sentait toujours mal à l’aise.
Tandis qu’il ôtait ses vêtements, Rem poursuivit sans reprendre son souffle, puis reprit la parole :
« Tu trouves ça normal ? »
« Tu parles de Jaxon. »
« C’est un complot. »
Rem semblait s’ennuyer. Ou peut-être qu’il avait fini par nouer une véritable amitié avec Jaxon.
Quand les gens se rapprochaient trop, ce genre de taquinerie allait de soi.
Bien sûr, s’il le disait à voix haute, Rem repartirait droit à la Garde-frontière pour abattre sa hache sur la nuque de Jaxon.
« En effet. Un passage des saintes Écritures dit : n’acceptez pas comme une fatalité une situation déraisonnable. »
Audin s’en mêla lui aussi ; ils avaient donc pris leur décision tous les deux. Ils n’aimaient pas particulièrement leurs propres surnoms, mais le fait que l’un d’eux soit laissé de côté les contrariait visiblement bien davantage.
« Il paraît qu’il y a un banquet demain. Tu comptes y aller ? »
L’affaire de Jaxon n’était probablement qu’une plaisanterie.
Enkrid se demanda si l’occasion ne permettrait pas de dissiper les petits malentendus que les nobles et les autres avaient à leur sujet.
Plus précisément : Rem n’était pas un fou qui fracassait le crâne des nobles au premier regard, et Audin n’avait pas pour passe-temps de déchiqueter les gens. Ce n’était pas non plus un Homme-bête ours.
C’était la première apparition officielle des Chevaliers fous.
Il se moquait de l’opinion des étrangers, mais si ces deux-là s’en souciaient, leur donner l’occasion de redresser la situation n’était pas une mauvaise idée.
« Ce serait bien d’y aller ensemble. »
Il s’attendait à ce qu’ils refusent et se disait que ce n’était pas grave, mais Rem acquiesça.
« Ça me va. »
« Je vous accompagnerai également, mon frère. »
Audin ne refusa pas non plus.
La raison était évidente, nul besoin de la demander. Les paroles de Rem l’avaient révélée.
« Je crois qu’il va nous falloir une rumeur sur un chat sauvage de la Garde-frontière, éconduit par toutes les femmes qu’il a courtisées et qui ne sort plus qu’à la nuit tombée. »
Enkrid se demanda un instant si c’était une bonne idée d’emmener ces deux-là, mais il n’insista pas.
Pour l’instant, il voulait réfléchir à la vague et à l’épée, qu’il avait laissées lui échapper un peu plus tôt.
= = =
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>