Chapitre 354
NOUS AVONS ESSAYÉ DE TRADUIRE
Traducteur : Hydrogen B
Réviseur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 354 : Kedianat Rangdius Nauril
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« Halte. »
Arrivés au mur, ils furent arrêtés par un garde qui leur barra la route avec le manche de sa lance.
Par réflexe, Enkrid observa sa position, sa posture, l’angle de ses pieds et tout le reste.
Deux hommes leur bloquaient le passage. D’autres se tenaient derrière eux.
Les deux premiers étaient médiocres. Leur niveau ne méritait même pas qu’on en parle.
Un bleu.
Dans la Garde-frontière et la Compagnie des Fous, on appelait « bleus » les soldats qui avaient connu le champ de bataille sans recevoir de véritable entraînement.
Du moins, selon les critères de l’Armée permanente de la Garde-frontière.
Son regard croisa celui d’un soldat posté derrière les deux autres, qui avait l’air d’être leur supérieur.
L’homme le fusilla du regard.
Comme pour lui dire : Comment oses-tu me regarder ainsi ?
Maladroit.
S’ils en venaient aux mains, cet homme ne pourrait même pas arrêter un coup de taille.
Plus de vingt gardes étaient postés à la porte.
Sans compter ceux qui inspectaient les chariots et les charrettes d’un côté, quatre hommes s’étaient approchés d’eux.
Deux leur barraient le passage, un supérieur se tenait derrière eux et, tout au fond, un homme d’âge mûr portait un chapeau de travers orné de plumes au lieu d’un casque.
Une épée longue et fine pendait à sa taille. Lui seul avait une allure différente.
Pourrait-il le trancher ?
Enkrid était en train de l’évaluer quand l’homme prit la parole.
« Tu le dévisages un peu trop ouvertement. »
Rem l’avertit. À peine eut-il fini que l’autre camp répliqua.
« Eh bien. Tu m’as jaugé, n’est-ce pas ? »
Celui qui portait le chapeau à plumes pencha la tête en parlant.
Il avait lui aussi l’instinct affûté. Son niveau devait être à l’avenant.
Sans hésiter, Enkrid acquiesça.
« … Tu l’admets ? »
L’homme au chapeau marmonna, puis haussa la voix.
« Combien êtes-vous, en tout ? »
Il lança la question à son subordonné.
Le garde de devant passa le groupe en revue.
« Sept, et un homme-bête ? Et qu’est-ce que c’est que ce cheval ? Pourquoi a-t-il les yeux comme ça ? Euh… et c’est une panthère ? »
Le garde les dévisagea l’un après l’autre. Quelle drôle de troupe.
Une panthère restait une bête. Si elle semait le désordre, ce serait un sacré problème.
Le garde abaissa discrètement la pointe de sa lance. Il semblait se méfier de la panthère.
Ou peut-être avait-il simplement peur.
Enkrid n’avait rien à répondre.
Esther était une panthère, mais, dans la Garde-frontière, personne ne s’attardait sur ce genre de détail.
Pourquoi ? Parce qu’elle était la mage qui l’accompagnait.
Tout le monde savait aussi que les mages étaient mystérieux et étranges par nature.
Certains pensaient qu’Esther n’était qu’une panthère, et cela leur suffisait.
Pour eux, Esther était l’animal d’Enkrid.
Dans la Garde-frontière, personne ne se mêlait des affaires d’Enkrid.
Mais ici, ils étaient dans la capitale.
Le premier problème était d’y entrer.
Fallait-il faire demi-tour ?
Leur mission consistait à escorter Crang jusqu’à la capitale.
Entrer dans la ville était une autre affaire. Faire passer Crang était probablement la seule responsabilité d’Enkrid.
« Ça va. »
Crang le dit alors qu’Enkrid réfléchissait, en lui tapotant légèrement l’épaule.
« À force de s’inquiéter, on finit par empêcher même les choses qui devraient bien se passer. Un sage me l’a dit, mais je l’avais oublié sans m’en rendre compte. »
« Hm ? »
Enkrid le regarda, se demandant ce qu’il voulait dire en pareille circonstance. Les yeux de Crang brillaient.
« Tu deviendras chevalier, n’est-ce pas ? »
Face à ce sérieux, Enkrid acquiesça.
« Bien sûr. »
« Alors, je te le demande encore : pourquoi restes-tu à mes côtés ? »
Crang continua de chuchoter. Pendant ce temps, les gardes devant eux se montraient de plus en plus agressifs.
« On ne peut pas laisser entrer une bête sans laisse. Et surtout, avez-vous seulement tous un laissez-passer ? »
« C’est rare de voir des gens qui ont l’air aussi suspects de la tête aux pieds. Des mercenaires ? »
L’homme au chapeau s’en mêla lui aussi.
Crang avait décelé la faiblesse dans les paroles d’Enkrid ; il fallait donc qu’il lui pose la question.
Prétendre vouloir le protéger parce qu’il ignorait la valeur de Crang, ce n’était qu’une façade.
Une fois son mal de tête passé, Crang l’avait compris. Enkrid n’agissait pas pour des raisons de ce genre. Dire qu’il le protégerait parce qu’il ignorait sa valeur n’était qu’un prétexte calculé.
Mais qu’est-ce qui se cachait derrière ce calcul ?
Voilà ce que Crang voulait savoir.
À ses yeux, Enkrid était un homme franc, qui avançait sans jamais vaciller.
Un homme comme lui ne devrait pas calculer les profits ni parler de valeur. Alors, s’il se servait de cette excuse, c’est que quelque chose le préoccupait. Telle était la conclusion de Crang.
« Pourquoi as-tu sorti cette excuse ? »
Enkrid fut sincèrement impressionné.
Ce salaud avait un instinct assez aiguisé pour coller une gifle à Kraiss.
Dès que Crang avait parlé d’excuse, Enkrid avait eu l’impression qu’il l’avait percé à jour.
Enkrid appartenait à la Garde-frontière. Il ne l’avait jamais oublié. S’il avait été assez idiot pour ne jamais réfléchir à l’avance, il n’aurait pas survécu aussi longtemps.
Il savait quelle était sa place et quelles conséquences ses actes pouvaient entraîner.
Et si le comte Molsen piquait une crise sur-le-champ ?
C’était ce qui lui était revenu à l’esprit quand il en avait discuté avec Grands Yeux.
« Ça te tracasse, pas vrai ? »
Ce salaud le lui avait lancé de son ton agaçant.
« Trouve des excuses et des justifications. Continue à t’y tenir jusqu’au bout. »
C’était une bonne méthode. Voilà donc cette excuse et cette justification.
Crang valait-il vraiment tout ça ?
Au point que des assassins se soient déplacés en groupe ?
Enkrid n’en savait rien. Alors, puisqu’il n’en savait rien, il le sauverait d’abord.
Ils l’avaient attaqué alors qu’il ignorait tout ; il s’était contenté de les neutraliser. Voilà tout. Oui, il ne savait rien.
Telle était la position d’Enkrid, pour l’instant.
Mais Crang avait vu clair dans son jeu et lui avait posé la question.
Pouvait-il répondre sans se cacher derrière une excuse ?
Voilà ce que sa question sous-entendait.
« Si c’est toi… »
En parlant, Enkrid réfléchit.
Un chevalier protégeait. Un roi gouvernait.
Enkrid n’éprouvait aucun fervent patriotisme qui le poussait à protéger Naurillia.
Il n’était pas lié à cette terre. Il était simplement né ici.
Mais cela ne signifiait pas qu’il n’aimait rien dans ce pays.
Enkrid tenait à la petite ville où il était né.
Il ne pouvait détourner les yeux de ceux qui l’avaient élevé alors qu’il n’avait pas de parents et qu’il serait mort de faim sans eux.
« Si seulement la guerre pouvait disparaître. »
Un vendeur de fruits avait dit cela en retirant le morceau pourri d’une pomme avant de la couper en deux.
« Ce ne serait pas mieux si tout le monde avait un peu de bon sens et vivait tranquillement ? »
Une vieille serveuse avait dit cela en faisant rôtir des pommes de terre sur les braises.
« Cette fichue guerre. Les jeunes doivent aimer ça, hein. »
Une vieille femme qui avait vendu son corps pour survivre se lamentait sur sa vie.
« Sans la guerre, je me serais mariée tranquillement, j’aurais eu des enfants et j’aurais vécu en préparant des ragoûts. »
Le ragoût de restes qu’elle lui avait donné lui avait réchauffé le ventre comme jamais.
« Tu es un génie. »
Il y avait aussi eu un mercenaire qui avait crié cela à un jeune orphelin en lui ordonnant de survivre.
Ce mercenaire avait perdu une jambe et fanfaronnait sans arrêt, mais il aimait les enfants et savait nourrir les petits mendiants affamés avant de remplir son propre ventre.
L’enfance d’Enkrid avait été marquée par les épreuves et l’adversité, mais il ne la détestait pas.
Pas vraiment.
Tous ces gens vivaient dans ce pays.
Il ne savait rien de la royauté, des nobles ou de leurs intrigues.
Pourtant…
« Je pense que tu t’en sortiras bien. »
Si l’homme nommé Crang devenait roi, quelque chose changerait-il ?
C’était une intuition, une prédiction. Enkrid n’était pas un prophète capable de voir l’avenir ; on pouvait donc bien appeler cela un pari.
« Choisis-moi, Enkrid. Deviens chevalier et tiens-toi à mes côtés. »
Crang prit la parole. Ses mots semblaient porter sa volonté, dont la force le toucha comme une pression sans forme.
Ces paroles ne s’adressaient qu’à un seul homme : Enkrid. Pourtant, celui-ci n’acquiesça pas. Crang prit les devants.
« Pas besoin de répondre. »
Crang dit cela et releva la tête.
La menace des assassins ne semblait pas troubler son calme.
Au bout de ce calme, il comprit.
Si ton épée repose à ta taille, la mienne repose dans ma bouche.
Ces mots étaient dans sa tête et coulaient dans son sang.
L’heure était venue de brandir cette lame.
« Matthew. »
Crang appela son escorte par son nom, et celui-ci s’avança.
Les gardes les fusillèrent du regard.
« Qui êtes-vous ? »
À la demande de Crang, Matthew prit la parole.
« Au nom de notre reine vénérée et sage, seule souveraine de cette terre, je déclare que l’unique héritier légitime de la maison royale est arrivé. »
La formulation était compliquée. Le garde cligna des yeux. Au moins, le supérieur avait l’esprit plus vif.
« Qu’est-ce que vous venez de dire ? »
Il saisit l’épaule de son subordonné, qui semblait prêt à employer la force d’un instant à l’autre, et le tira en arrière en parlant.
« Exactement ce que j’ai dit. »
La voix de Matthew, l’escorte, portait loin ; tout le monde pouvait l’entendre.
Il y avait du bruit devant la porte, mais tous ceux qui se trouvaient à proximité l’entendirent clairement.
« Qu’est-ce qu’il vient de dire ? »
« Un héritier légitime de la famille royale ? »
« Il prétend être un enfant que la reine aurait caché en secret ? »
Toute personne sensée savait que Naurillia traversait une période politique intérieure très délicate.
La succession était toujours un sujet sensible dans un royaume.
La reine n’était pas âgée, mais elle n’avait pas d’enfants.
Elle avait un époux, mais tous ceux qui savaient quelque chose savaient aussi qu’il ne pouvait pas en avoir.
« Quelle insolence. »
Matthew parla assez fort pour que tout le monde l’entende. Plus précisément, il s’adressait au soldat supérieur qui leur barrait la route.
« Mon seigneur est un descendant de la maison royale de Naurillia. Il se nomme Kedianat Rangdius Nauril. »
Les noms royaux étaient longs par nature.
On reprenait souvent des lettres des générations précédentes pour les incorporer au nouveau nom.
À cette aune, le nom de Crang était court.
Parce qu’il avait vécu caché, en tant qu’enfant illégitime.
Il n’avait appris ce nom-ci qu’une fois adulte.
Alors…
« Appelez-moi Crang. »
Crang parla avec une maîtrise presque digne d’un ventriloque, comme s’il l’avait apprise quelque part.
Enkrid tourna les yeux vers lui, et Crang poursuivit.
« C’était mon vrai nom depuis le début. »
On l’avait appelé ainsi depuis son enfance. C’était donc bien son nom.
Crang n’avait pas l’air de mentir.
Je me trompais.
Enkrid avait cru que c’était un pseudonyme.
À présent, il lui semblait que ce nom avait été formé à partir des initiales de Kedianat Rangdius, mais si Crang affirmait que c’était son nom d’origine, c’est qu’on l’avait d’abord appelé Crang.
« Vous baissez trop peu la tête devant le sang royal ! »
Matthew cria.
« … Je n’ai jamais entendu parler d’un prince. Ne devriez-vous pas d’abord prouver ce que vous avancez ? »
L’homme au chapeau s’avança depuis l’arrière du supérieur.
C’était le capitaine de la garde de cette porte.
À ces mots du capitaine de la porte Sud, Crang fit un pas en avant.
« Que dois-je prouver ? »
« Se faire passer pour un membre de la famille royale est un crime grave. »
« Alors arrêtez-moi et emmenez-moi. »
Crang dit cela et sortit un pendentif de sous ses vêtements. Il n’était pas entier. Il n’en avait que la moitié.
Il le portait comme un collier.
Le blason royal y était clairement gravé.
Il était trop ouvragé pour être une contrefaçon maladroite.
Il était plus petit qu’une paume et, bien qu’il n’en restât que la moitié, le blason royal était indubitable.
Trois épées et une Bête solaire à la tête ronde, dont la crinière flamboyait.
Le symbole de la maison royale.
Sur cette moitié, on voyait la tête de la Bête solaire.
« J’ai appris que ma sœur avait l’autre moitié. »
Seule la reine pouvait vérifier l’identité de Crang grâce à ce pendentif.
Mais fallait-il vraiment le laisser entrer ?
Le capitaine de la garde hésitait. C’est alors que l’homme derrière lui prit la parole.
« Je me porte garant de lui. »
Quand était-il arrivé ?
« Moi, Marcus Baisar, je me porte garant de lui en mon nom. Cet homme est un descendant légitime de la famille royale de ce royaume. »
Le capitaine de la garde comprit que l’affaire le dépassait désormais.
« Escortez-les à l’intérieur. »
Il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas rejeter ici une garantie donnée au nom de la Maison du Pilier Central.
À partir de maintenant, l’affaire relevait du palais royal et de ceux qui tuaient au nom de la politique.
Lui s’occupait de métal, pas de paroles.
Il ne pouvait pourtant pas les laisser passer sans rien faire.
Retenir leurs compagnons.
Bien sûr, le capitaine de la garde ne put pas faire à sa guise.
« Ce sont tous mes hommes. Vous comptez les retenir ? »
L’homme blond qui venait de se déclarer membre de la famille royale s’approcha, un grand sourire aux lèvres.
Je suis sacrément dans la merde.
S’il les laissait simplement passer, des nobles de merde le feraient rôtir vif plus tard.
Et si la malchance s’en mêlait, il pourrait même y laisser sa tête pour avoir laissé entrer une bande de traîtres.
Alors quoi ? Devait-il serrer les dents et leur barrer la route ?
Si cet homme était vraiment de sang royal, sa tête était déjà en jeu.
Même un idiot ne se ferait pas passer pour un membre de la famille royale dans la capitale, juste devant un capitaine de la garde. Il y avait donc de fortes chances que ce soit vrai.
Il était coincé, incapable de choisir quoi que ce soit.
Dans cette situation, Crang continua de parler, toujours avec le même sourire.
Chacun de ses mots lui transperçait la poitrine.
Quel noble, quel fonctionnaire, aurait jamais dit une chose pareille ?
De sa vie, il n’avait jamais entendu de tels mots. Et ils avaient la force d’un ordre.
« Dites que j’ai insisté. Dites que je vous ai forcé la main. Dites que tout est de ma faute. »
Marcus ajouta un signe de tête.
Un frisson le parcourut.
Le capitaine de la garde avait quarante ans cette année.
À son âge, il sentit sa poitrine trembler. Ses émotions étaient sur le point de déborder.
Quel genre d’homme est-ce ?
Avant qu’il puisse répondre, Marcus Baisar s’approcha et lui souffla quelques mots rassurants.
« Je veillerai à ce qu’il ne vous arrive rien. »
Le capitaine de la garde acquiesça. Il ne quittait pas Crang des yeux.
Quel homme étrange et singulier.
Enkrid et les autres se contentèrent d’observer.
« Bon sang, c’est fou, la protection royale. »
Rem était le seul à sembler impressionné.
Comme il l’avait dit, personne ne leur barra la route.
Même avec leur cheval sauvage aux yeux vairons, une panthère put entrer fièrement dans la capitale sans que personne ne les arrête.
Ils n’eurent pas le temps de découvrir la ville.
La garde avait déjà envoyé un message, et une escorte arriva du palais royal.
On les appelait la Garde royale. Tous portaient des cuirasses de plates, une longue lance, une épée courte au côté gauche ou droit et un bouclier en amande sanglé en diagonale dans le dos.
Leurs casques étaient tous peints en or. Visières baissées, ne laissant voir que leurs yeux et leur bouche, ils avaient naturellement quelque chose d’intimidant.
Leur équipement uniforme et leurs yeux sans expression semblaient témoigner de leur autorité.
La Garde royale s’approcha et encercla le groupe.
« Nous allons vous escorter jusqu’au palais royal. »
L’homme à la tête du groupe prit la parole. Il était le seul à porter un casque gris foncé, terne.
Un simple casque, sans plaques d’armure.
À le regarder, on aurait pu perdre courage. Mais y avait-il seulement quelqu’un d’ordinaire dans ce groupe ?
« Regardez-les transpirer. Ils se donnent du mal, par cette chaleur. »
Telle fut l’évaluation de Rem.
Jaxon ne dit rien, comme d’habitude, mais il trouva cela bienvenu.
Il cherchait déjà un prétexte pour entrer au palais, de toute façon.
Dunbakel promena son regard à gauche et à droite, puis chuchota :
« On les suit comme ça ? »
Fallait-il vraiment aller jusqu’au palais ? C’était un avertissement d’homme-bête, né de son instinct du danger.
« Tu veux retourner en arrière ? Vas-y, passe devant. »
Enkrid avait l’air de s’en moquer. Dunbakel secoua aussitôt la tête.
« Si le capitaine reste, je reste. »
« Comme tu veux. »
Au fond de lui, la curiosité d’Enkrid grandissait.
Il voulait savoir ce que Crang était en train de faire.
Ce n’était pas un champ de bataille où le métal parlait à la place des mots. Pourtant, en regardant Crang avancer, il avait l’air d’un général prêt à affronter seul cent hommes, voire mille.
Quelque chose s’agita en Enkrid tandis qu’il le regardait. Quelque chose chez Crang avait éveillé son propre désir.
« Tu veux devenir plus fort ? »
Rem le lui avait demandé d’un ton désinvolte, et ces mots lui revinrent en mémoire.
Quand Enkrid avait acquiescé à cette question évidente, qu’avait dit Rem ensuite ?
En s’accrochant à ce souvenir, Enkrid continua d’observer Crang de dos.
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