Chapitre 344
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 344 : Choisir son camp
= = =
« Les gens boivent vraiment ça en appelant ça du thé ? »
lança Marcus en soulevant la tasse devant lui. Le goût était infect. Même une vague odeur d’herbe aurait été une bénédiction.
« Si c’est ce que tu en penses, tu aurais mieux fait de venir au bureau du seigneur. »
répondit le seigneur Graham.
« C’était plus près sur mon chemin, et j’ai entendu des gens se battre, alors je me suis arrêté ici d’abord. Ça t’a vexé ? »
« Pas du tout. »
Marcus était allé voir Enkrid en premier. Et alors ?
Graham resta calme. Ces derniers temps, il était entièrement absorbé par le plaisir de croiser le fer.
Tout le monde devait-il lui témoigner des égards parce qu’il était le seigneur ?
Comme s’il était un noble important.
Ça lui était égal.
À vrai dire, s’il en avait le temps, il aurait bien aimé croiser le fer avec Enkrid lui aussi.
Ils avaient l’air de venir de terminer un échange. Pouvait-il lui en demander un autre ?
Enkrid acceptait toujours volontiers un duel d’entraînement, mais sans doute pas maintenant. Marcus était arrivé et s’était assis.
Ils n’étaient que quatre dans la salle à manger : le seigneur, Marcus, Enkrid et Kraiss.
Quant aux membres de la compagnie, aucun ne semblait le moins du monde intéressé par une conversation qui promettait de leur donner mal à la tête.
« Il a l’air d’être venu tuer le temps. Va donc lui tenir compagnie un peu. »
Sur ces mots, Rem se détourna. Rien de plus.
Tandis que Marcus continuait de se plaindre du thé, Enkrid observa les deux gardes qui se tenaient derrière lui.
Il s’intéressa surtout à celui de gauche.
L’homme était grand, avait de longs bras et portait un fouet enroulé à la taille.
Un poids acéré pendait à son extrémité : un coup de ce fouet ne se résumerait pas à « ça fait mal ».
Comment réagirait-il si quelqu’un lui fonçait dessus pour réduire la distance ?
La question intrigua Enkrid. Le fouet était une arme de longue portée. Plus la distance était grande, plus son utilisateur était avantagé.
Tout l’intérêt de cette arme était de maintenir l’adversaire à portée de frappe sans risquer d’être touché soi-même. Entre des mains expertes, elle devenait d’autant plus dangereuse.
Voilà pourquoi Enkrid avait envie de l’affronter.
Il maniait une arme peu commune.
« Toi, j’ai entendu dire que tu n’avais même pas accordé un regard à notre Kin. »
Marcus s’adressa soudain à Enkrid, qui ne comprit pas.
Il ne savait même pas qui était Kin.
« La beauté de notre maison qui était venue te voir, tu ne t’en souviens pas ? »
« Ah. »
Ça ne remontait pas à si longtemps. Bien sûr qu’il s’en souvenait. Il ne s’y était simplement pas intéressé.
« Kin était furieuse que tu ne lui aies même pas demandé son nom. »
Marcus but une gorgée de thé avant de reposer sa tasse. Il ne semblait pas avoir l’intention d’en boire davantage et la poussa de côté.
Enkrid ne contesta pas.
C’était vrai. Il ne lui avait pas demandé son nom. Il l’avait fait attendre deux jours, puis lui avait dit de repartir dès son arrivée.
« Ah bon ? »
« Tu ne t’intéresses vraiment pas à elle. »
« Je devrais ? »
« Pas nécessairement. »
Marcus eut un petit rire. Était-il venu parce qu’il s’ennuyait ? Non.
Assis à côté d’eux, Kraiss observait discrètement l’expression de Marcus.
En même temps, elle cherchait à deviner ses intentions.
Son esprit vif tournait à plein régime, enchaînant questions et réponses.
Pourquoi était-il venu jusqu’ici à ce moment-là ?
Pour leur demander d’arrêter d’agrandir la ville ?
Probablement pas.
Non, ça aurait été le prétexte dont il se serait servi pour partir.
Il avait dû annoncer qu’il avait été seigneur autrefois et qu’il irait leur expliquer la situation afin qu’ils l’écoutent.
C’était une raison valable, et aussi un prétexte parfait pour faire le voyage.
Mais surtout, pourquoi la Garde-frontière avait-elle convoqué le seigneur Marcus ?
Parce qu’ils soupçonnaient une rébellion, vu la croissance de sa puissance militaire, et lui avaient ordonné de venir à la capitale s’il avait des explications à donner.
Mais même sans Marcus, la ville avait grandi. Les effectifs avaient augmenté. Elle continuait de s’étendre.
On pouvait raisonnablement parler de la formation d’une dangereuse force seigneuriale.
« Voyons, ce n’est pas ma faute, pas vrai ? Alors j’irai là-bas et je leur ferai entendre raison. »
Il avait probablement formulé ça avec élégance, mais le fond du message n’avait pas dû être différent.
S’il avait un peu insisté, il n’aurait pas eu de mal à s’éclipser.
Alors était-il vraiment venu pour les avertir ?
Ça n’en avait pas l’air. C’était du moins l’instinct de Kraiss.
Quelle était donc la véritable raison de sa venue ? Il devait bien y avoir une raison à son départ de la capitale.
Que voulait-il ?
Qu’espérait-il ?
Qu’y avait-il ici, à la Garde-frontière ?
Le regard de Kraiss se déplaça naturellement sur le côté.
Il vit le profil d’Enkrid. Des cheveux noirs, des yeux bleus, et un commandant de compagnie dangereusement cinglé.
Pour le palais royal, c’était une lame imprévue, surgie de nulle part.
Ah.
Ce ne fut qu’alors que Kraiss comprit une partie de la situation.
Le capitaine était là.
L’existence d’Enkrid ressemblait à une météorite tombée du ciel.
Une météorite rougeoyante attirait les regards par sa seule présence. Ceux qui se posaient sur lui ne feraient que se multiplier. Certains étaient amicaux, d’autres hostiles.
Marcus était de son côté, mais faire confiance à quelqu’un en politique était l’une des choses les plus stupides qu’on puisse faire.
Kraiss le savait pour l’avoir lu dans des livres quand elle était enfant, pour l’avoir appris par expérience et l’avoir compris d’instinct.
De la même manière, Marcus ne pouvait pas non plus faire entièrement confiance à Enkrid.
Il venait donc prendre la mesure de la situation.
Qu’est-ce que cela signifiait ?
Tandis qu’Enkrid, Marcus et le seigneur échangeaient quelques banalités, Kraiss poursuivait ses réflexions.
Il échafaudait des hypothèses et les confrontait aux événements.
Ce qu’il savait déjà, et ce qu’il avait déduit puis confirmé.
Ce qu’il ignorait auparavant, ou qu’il pouvait désormais facilement apprendre puisqu’ils en étaient arrivés là.
Et ce qu’il devait laisser dans l’ombre, faute de le connaître vraiment.
Ces éléments s’alignèrent dans son esprit, s’empilèrent un à un et formèrent une conclusion.
Ce n’est qu’après avoir passé en revue ce qu’il savait que Kraiss prit la parole.
Le capitaine devait le savoir lui aussi, afin de pouvoir réagir.
S’ils laissaient les choses suivre leur cours, ils se feraient entraîner. Peut-être pas le capitaine, puisqu’il était le capitaine.
Il ne pouvait tout de même pas fermer les yeux sur un danger manifeste.
Pourquoi lui revint-il soudain en mémoire l’image du dos du capitaine, qui lui barrait le chemin ? Il n’en savait rien.
Quoi qu’il en soit, il fallait contester ce qui devait l’être.
Si l’on laissait passer le moment, on se retrouvait en position de faiblesse.
Kraiss le savait. Elle prit donc la parole.
« Êtes-vous venu vérifier quelque chose ? »
À cette question inattendue, Graham se tourna le premier.
En dehors des entraînements, le seigneur dormait bien et se reposait bien. Il refilait tout le travail à son lieutenant. En réalité, ces derniers temps, Kraiss s’occupait presque de tout et le lieutenant se contentait de l’assister.
Avec l’approbation tacite du seigneur, Kraiss avait même choisi plusieurs personnes pour travailler sous ses ordres.
Elles étaient toutes affectées à l’administration. La Compagnie marchande Rockfreed leur avait aussi apporté une aide précieuse.
Au moins pour les calculs, personne ne leur arrivait à la cheville.
Comme le seigneur s’était bien reposé, son regard était limpide. Il le posa sur Kraiss.
« Qu’essaies-tu de dire ? »
demanda-t-il. Marcus ne l’avait pas installé au siège du seigneur sans raison. Graham savait exactement quand intervenir.
Marcus se contenta d’observer la scène en silence.
« Pourquoi laisser tranquille un homme qui se proclame roi, et pourquoi laisser la défense du territoire dans un état aussi lamentable ? »
Kraiss haussa légèrement la voix.
Graham fronça les sourcils. Ces paroles franchissaient une limite.
Selon la façon dont on les interprétait, elles pouvaient être considérées comme des propos séditieux.
C’était problématique. Ils subissaient déjà des pressions et entendaient toutes sortes de choses à cause de l’expansion de leurs forces.
S’ils avaient tenu jusque-là, ils le devaient en grande partie à Marcus.
Il avait su bloquer les démarches du pouvoir central quand il le fallait.
Alors, qu’est-ce que c’était que ça ?
Kraiss posa les mains sur la table, les joignit, se pencha légèrement et reprit :
« Même si nous levons une armée ici, le pouvoir central n’enverra pas de troupes. Non, il ne le peut pas. »
Marcus regarda Kraiss. Avant que le seigneur ait pu parler, il posa la question le premier.
« Qu’est-ce qui te fait croire ça ? »
« Je ne viens pas de le dire ? »
« Que l’on laisse tranquille un prétendant au trône et que l’on néglige la défense du territoire ? »
Les Créatures démoniaques et les Bêtes magiques sévissaient, et certains parlaient même d’une Terre Maudite de faible degré, pourtant on ne faisait rien.
Si un membre cinglé de la compagnie, qui n’était pas devenu chevalier, pouvait régler le problème, l’ordre de chevalerie le pouvait aussi.
Kraiss avait déjà vu la chevalière junior Eisia et la Grenouille Ruagarne.
S’ils pouvaient envoyer ces deux-là, pourquoi ne seraient-ils pas capables de s’occuper d’une Terre Maudite de faible degré ? Pourtant, ils ne l’avaient pas fait.
Non, ils ne le pouvaient pas.
Ils pouvaient envoyer un chevalier junior, mais pas détacher une partie de l’ordre de chevalerie. Pourquoi ?
Parce qu’ils n’en avaient pas les moyens.
Telle était la conclusion de Kraiss.
« Il se passe quelque chose au pouvoir central, quelque chose de plus dangereux et menaçant que d’écraser un roi des frontières ou de débarrasser la région des Créatures démoniaques et des Bêtes magiques. »
Regardez-moi ce type.
Le regard de Marcus balaya Grands Yeux.
Avait-il toujours eu l’esprit aussi vif ?
Il devait bien l’admettre : il était impressionné.
Quand Marcus était arrivé à la Garde-frontière, l’ampleur de la ville avait clairement changé.
Le plus frappant, c’était la manière dont ils avaient placé une escouade dans chacun des avant-postes voisins.
Était-ce uniquement pour lutter contre les Créatures démoniaques et les Bêtes magiques ?
Non. Il y avait d’autres avantages à cela.
Premièrement, ils pouvaient gagner la confiance des marchands itinérants.
Si ces avant-postes se stabilisaient, même les petits colporteurs pourraient commencer à emprunter cette route.
Surtout s’ils en construisaient davantage pour former un réseau plus serré.
Et cela semblait devoir arriver bientôt.
Marcus l’avait vu de ses propres yeux.
Des gens venus des environs convergeaient ici, créant un goulot d’étranglement.
La confiance des marchands ferait circuler le sang de la ville — les pièces d’or — à un rythme soutenu.
Plus les pièces de cuivre, d’argent et d’or circuleraient en abondance, plus la ville deviendrait grande et prospère.
À ce stade, il n’était pas étonnant que les seigneurs voisins entrent dans des colères noires.
Les sujets d’un territoire constituaient sa puissance.
Mais voilà que les fermiers s’enfuyaient. Ils partaient s’installer dans les terres voisines.
La Garde-frontière avait largement de quoi les accueillir.
N’avait-elle pas la Perle Verte ?
Ils ne l’avaient tout simplement pas développée, faute de bras, de nourriture, de logements et d’espace pour vivre. Il n’y avait pas d’autre raison.
Tout cela pouvait se régler avec des kronas.
Gagner de l’or grâce au commerce.
Attirer des gens grâce aux rumeurs.
Le plan était remarquable.
Et les avant-postes n’avaient pas que cet avantage.
Le deuxième était tout aussi évident.
Un prétexte.
L’expansion militaire attirait l’attention du pouvoir central.
Dans ces moments-là, ils auraient de quoi se justifier.
« Nous avons besoin d’effectifs à cause des Créatures démoniaques et des Bêtes magiques. En échange, regardez : nous pouvons garantir une route commerciale sûre. »
« Nous ne rassemblons pas des troupes pour faire la guerre. »
Ces avant-postes leur permettaient de tenir ce discours. Ils pouvaient dire : « Vous ne voyez donc pas ? Nous ne concentrons pas nos troupes, nous les répartissons. »
Quelqu’un qui avait poussé les choses aussi loin allait-il s’arrêter là ?
Non. Si Marcus avait été à sa place, il ne se serait pas arrêté.
Il aurait étendu et prolongé les routes commerciales. Il aurait relié les avant-postes aux territoires voisins.
Il ne pouvait pas tout relier. C’était impossible.
À la place, il pouvait simplement construire quelques autres villes frontalières.
Marcus parvenait à se représenter la scène : des territoires commerciaux s’étendant comme une toile d’araignée autour de la Garde-frontière, les vastes terres agricoles de la Perle Verte à l’arrière, et des effectifs impossibles à ignorer. Un territoire de grande envergure.
Une terre plus vaste, plus riche et mieux pourvue en forces que le domaine du comte Molsen, ce prétendu roi des frontières.
Avaient-ils prévu tout cela ?
Bien sûr que oui.
Sinon, pourquoi se donner cette peine ?
Il se demanda à qui revenait l’idée et conclut qu’elle venait sans doute de ce grand dadais aux yeux globuleux, assis devant lui.
Marcus ne le savait que parce qu’il avait vu les résultats. Si on lui avait demandé d’imaginer tout ça de zéro, il n’en aurait jamais été capable.
Marcus posa lui aussi les coudes sur la table. Il entrelaça les doigts et posa le menton dessus.
« Tu as dit qu’il se passait quelque chose au pouvoir central. À ton avis, de quoi s’agit-il ? »
« Aucune idée. »
Kraiss haussa les épaules et se renversa dans son siège.
Avait-il choisi de ne pas s’avancer sur ce qu’il ignorait ?
Alors même qu’il continuait à formuler des suppositions à grands traits ?
Ce type était vraiment intéressant.
« Tu parles avec trop d’insolence à mon seigneur. »
Alors que Kraiss se renversait dans son siège en haussant malicieusement les épaules, l’un des gardes de Marcus s’avança et lança ces mots. Kraiss ne lui accorda même pas un regard.
À la place :
« On dirait que les rôles sont inversés. »
Enkrid parla tout en réfléchissant.
D’habitude, c’était son subordonné qui aurait dû intervenir et prendre sa défense.
Enfin, peu importait.
Enkrid poursuivit :
« N’interviens pas. Tu vas finir la tête tranchée. »
Il lança ces mots sans même regarder le garde, dont les veines ressortirent sur le dos de la main.
L’homme saisit la poignée de son épée et fit monter sa pression, prêt à charger d’un instant à l’autre.
Un chevalier junior ? Non. Mais il avait l’allure de quelqu’un qui avait passé beaucoup de temps dans des endroits dangereux.
Enkrid savait que l’homme le sous-estimait.
Les rumeurs avaient beau se répandre, certains refusaient toujours d’y croire.
Enkrid n’avait-il pas vu ça maintes fois ?
Certains jours, quand la Grenouille Maelrun était en congé, ou quand Maelrun disait ne pas vouloir s’occuper de quelqu’un, des hommes comme celui-ci se présentaient.
Des hommes clairement supérieurs à de simples soldats, d’un niveau proche de celui d’un chevalier junior.
Généralement des gardes de caravane ou des gardes de nobles.
Comme celui qui se tenait devant lui.
« Si tu dégaines, tu vas vraiment prendre un coup. Continue de l’ouvrir et tu en prendras un aussi. »
Enkrid le prévint de nouveau.
Marcus observait la scène avec intérêt et n’intervenait pas. Le garde prit donc sa décision.
Il allait donner une leçon à cet insolent.
Il le frapperait du plat de sa lame, pas du tranchant.
Clic.
Le loquet du fourreau se libéra. Le garde comptait gifler Kraiss avec le plat de son épée, pas Enkrid.
« Arrêtez. »
Graham le lança d’un ton inquiet, mais c’était inutile.
Le garde dégaina. Au moment où il s’apprêtait à pointer sa lame vers l’avant, Enkrid repoussa sa chaise et se leva.
La chaise racla le sol, puis bascula.
Quand elle tomba, le corps d’Enkrid disparut.
C’est ce que vit le garde.
C’était la Volonté instantanée.
Enkrid franchit la distance et se retrouva juste devant le garde.
« Heu ! »
Pris par surprise, l’homme tira son épée. Enkrid abaissa d’une légère pression la main qui la tenait, puis lui enfonça le coude opposé dans le ventre.
Boum.
Son coude frappa entre le bas-ventre et le cœur.
« Ghh ! »
Il avait frappé le canal respiratoire, un point vital qu’Enkrid avait appris à connaître grâce à Audin.
Le garde émit un bruit étranglé, s’agita, puis s’effondra au sol.
L’autre garde ne chargea pas.
Il avait l’air d’avoir le derrière plus lourd que son camarade.
Il resta simplement derrière Marcus, à observer la scène sans ciller.
Enkrid laissa l’homme à terre et se redressa.
Il avait lui aussi quelque chose à ajouter.
Kraiss avait demandé à Marcus s’il était venu vérifier quelque chose, mais celui-ci n’avait pas répondu.
Vérifier quoi, au juste ?
Kraiss avait jugé la question dangereuse et retenue la dernière phrase, mais Enkrid, lui, ne s’en priva pas.
À vrai dire, il s’en fichait.
« S’agit-il d’une guerre civile ? »
Il posa donc la question.
Vérifier quoi ?
Il s’agissait de choisir son camp.
Le mien ou le tien.
Pourquoi choisir un camp de cette façon ?
Pour un affrontement, une guerre.
Si la guerre les opposait à un ennemi extérieur, tout cela serait inutile.
Donc, il s’agissait d’une guerre civile.
« Tu as l’esprit vif. »
Marcus le dit. Enkrid surveilla le garde à terre, se demandant s’il allait charger de nouveau. L’homme hésita, se releva, recula et se contenta de se frotter le ventre. Son regard était mauvais, mais ce n’était peut-être pas un imbécile. Il avait dû sentir nettement la différence de niveau.
« Comme on pouvait s’y attendre, tu es digne d’avoir snobé Kin. »
Marcus ajouta cette remarque, et Enkrid se demanda quel rapport cela avait avec quoi que ce soit.
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