Chapitre 306
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 306 : Variable
= = =
Que ce fût une chance ou une malchance, le ciel était d’une limpidité parfaite. Même le vent était doux.
Pour l’hiver, il faisait anormalement chaud, jour après jour.
Assez chaud pour que la vieille neige fonde doucement.
La Perle Verte n’était de toute façon pas un endroit où la neige s’accumulait beaucoup. Les crêtes supérieures de la Chaîne de montagnes de Pen-Hanil restaient blanches toute l’année, mais c’était une autre histoire.
Autrement dit, c’était une sacrée belle journée pour se battre. Même le ciel semblait leur pousser dans le dos et les exhorter à combattre.
« L’ennemi est juste devant nous. »
C’était un messager qui venait de parler.
Malgré cela, Enkrid continuait de se faufiler parmi les soldats du rang.
« Allons les accueillir à la palissade ! Tout le monde dehors ! »
Au cri du commandant, Enkrid se mit lui aussi en marche.
« Hé, tu ne devrais pas retourner à ton poste ? »
Helma se tourna vers Enkrid, qui venait de la rejoindre. Elle sortait à peine, bouclier et lance courte en main.
Enkrid s’aligna sur son pas et répondit vaguement :
« Ça va. »
Helma cligna des yeux.
Ça va ? Qu’est-ce qui était censé aller ?
Et puis, est-ce que ce type savait vraiment se battre ?
Les beaux garçons comme lui ne servaient généralement à rien dans une bagarre, non ?
Helma s’inquiétait pour Enkrid, alors qu’elle ne le connaissait que depuis deux jours.
« Si ton supérieur te voit, il va te casser le nez. »
Enkrid lui répondit encore vaguement :
« J’ai eu l’autorisation. »
Il venait de se la demander à lui-même et d’obtenir une réponse. Ça comptait comme une autorisation. De toute façon, ils en avaient déjà convenu.
Quel genre de variable allait-il introduire sur ce champ de bataille ?
Enkrid ne pouvait faire qu’une seule chose.
« Hé, si tu comptes faire ça, va jusqu’au front. »
Un soldat lança ces mots d’un ton plat.
Il ronchonnait depuis un moment déjà.
Il y avait une étrange hostilité dans sa voix, mais Enkrid n’y prêta pas attention.
Ils allaient bientôt combattre côte à côte dans un bain de sang ; ces jérémiades étaient franchement mignonnes.
À côté de Rem, ça n’avait rien de plus qu’un caprice d’enfant.
« D’accord. »
Il répondit et poursuivit son chemin. Il se dirigeait déjà vers l’avant, de toute façon.
Helma semblait appartenir à l’unité d’avant-garde et se dirigea elle aussi de ce côté.
« Occupe-toi de tes affaires. »
Helma rabroua le soldat derrière eux.
L’autre ne répondit rien.
Il ne s’attendait pas à ce qu’Enkrid y aille pour de vrai.
À présent, Enkrid avait une idée assez précise du niveau des soldats.
Rem les avait évalués à sa façon habituelle, complètement débile, mais même selon les critères de Naurillia, Enkrid repérait quelques soldats de haut niveau.
Helma était au moins de niveau moyen. Leur force globale dépassait ses attentes.
La plupart étaient plutôt de bas niveau, et leurs forces se composaient uniquement de fantassins et d’archers, mais leur discipline était bonne.
Ils avaient des chevaux, mais pas de cavalerie, et des chariots avaient été préparés près de la voie de ravitaillement, à l’arrière.
Naturellement, ces chariots étaient chargés de provisions et d’autres fournitures.
Si les choses tournent mal, ils sont parfaitement équipés pour fuir.
Qu’ils finissent criminels de guerre ou fugitifs, ils n’avaient pas l’intention de mourir ici comme des chiens pour rien.
Ni moi ni mes hommes ne finirons comme ça.
La formation et les préparatifs donnaient l’impression que la voix de Garrett résonnait encore en eux.
Enkrid appréciait cela, lui aussi.
En marchant, il fit rouler ses épaules sans y penser.
La douleur était faible. Son bras droit avait suffisamment récupéré, et son tibia gauche ne le faisait plus souffrir.
Les blessures qui le couvraient n’étaient plus que des traces. Jaxon l’avait examiné et lui avait dit qu’il n’aurait pas de cicatrice au visage.
En revanche, ses tibias, ses avant-bras et son corps garderaient diverses cicatrices.
Après avoir entendu ça, Kraiss s’était remis à raconter des absurdités.
« Une cicatrice au visage, ce ne serait pas si terrible, mais c’est quand même mieux de ne pas en avoir. »
Il était déterminé à traîner Enkrid dans un salon de beauté.
Quel type ridicule.
Enkrid bougea les épaules, sentant l’armure souple qui les recouvrait, ainsi que sa poitrine et ses cuisses.
Bien qu’elle fût faite d’un cuir relativement fin, elle était rigide. Et avec le gambison léger qu’il portait dessous, il se sentait à l’étroit.
S’il l’enlevait, il aurait plus froid et sa défense serait réduite de moitié.
Un inconfort supportable lui apporterait bientôt une bonne protection.
« Tu portes trois épées ? De toute façon, si tu te bats au front, tu vas mourir. »
Helma le dit avec inquiétude. C’était une personne gentille.
Enkrid allait répondre quand Jaxon surgit à côté de lui. Non, il apparut presque comme par magie.
Enkrid l’avait déjà senti grâce à ses sens aiguisés, mais pas Helma.
« Je l’ai amené. »
Helma sursauta. On aurait dit qu’un homme venait de jaillir du sol.
Il portait une calotte légère au lieu d’un casque, et un blond qui n’arrêtait pas de rajuster son casque de cuir vint les rejoindre.
« Tu es venu ? »
« Oui. »
« Et Dunbakel ? »
« Grands Yeux l’a emmenée à part avec Sinar. Il a dit qu’il valait mieux garder cette carte cachée. »
« Ah, d’accord. »
L’échange était banal. Helma n’arrivait pas vraiment à le suivre.
Elle comprit tout de même que l’homme devant elle n’était pas ordinaire.
Non, elle le savait déjà. Elle en prenait simplement de nouveau conscience. Il s’était démarqué dès le début.
Il bougeait comme si la tension qui gagnait le camp ne le concernait pas.
Enkrid ne prêta aucune attention au regard d’Helma.
Il se concentra sur ce qu’il avait à faire.
Ce qu’il lui fallait, c’était une variable.
Quelque chose à quoi l’ennemi ne s’attendrait pas.
Enkrid décida que cela commencerait dès le tout premier coup de la bataille.
Kraiss était d’accord.
Jusqu’ici, ça avait bien marché.
Une attaque initiale inattendue lui permettrait de voir comment l’ennemi réagissait. Puis il pourrait repérer une partie des cartes qu’ils gardaient en réserve.
Il n’avait pas besoin de tout voir. Une partie suffirait. Il pourrait déduire la suite à partir de là.
Il ne se battrait donc pas à l’aveugle.
Je vous en prie, je vous en prie.
Kraiss essayait de réprimer ses pires craintes.
Enkrid, lui, resta calme.
Ils sont nombreux.
Même avec l’ennemi juste devant lui, il n’était pas particulièrement tendu.
Il ne sentait donc pas de danger immédiat.
Quels que fussent les préparatifs de l’ennemi, il se sentait capable d’y faire face.
Son instinct du danger restait silencieux, et son corps se portait mieux que prévu.
Son bras droit avait lui aussi récupéré à plus de moitié.
Bien.
Vraiment pas mal.
« Aaaaaah ! »
Les cris de guerre des deux camps firent trembler l’air. Azpen avançait toujours lentement.
Dès que l’ennemi qui approchait entra à portée de tir, les hommes d’Enkrid décochèrent leurs premières flèches.
Fiiou-fiiou-fiiou !
Les flèches fendirent l’air et marquèrent le début de la bataille.
Azpen tira à son tour. Une pluie noire commença à tomber au-dessus d’eux.
C’était le début de bataille le plus fluide qu’ils aient connu depuis longtemps.
« Tenez bon ! »
« Levez vos boucliers ! Ne les baissez pas ! »
« Aïe ! »
« Espèce d’idiot ! »
Les flèches qui décrivaient de hautes paraboles s’élevèrent comme des points noirs, puis s’abattirent sur eux. L’une d’elles frappa un soldat malchanceux à l’épaule.
Un camarade le tira en arrière. Un autre soldat leva son bouclier au-dessus d’eux.
Leur coordination était bonne. Leur entraînement portait ses fruits.
Mais ils n’étaient pas à la hauteur.
Comparés aux soldats réguliers de la Garde-frontière envoyés en renfort, ils étaient faibles. L’écart était celui qui séparait la pierre dure de la boue tassée.
Il faudra les entraîner davantage.
Il devrait préparer des programmes d’entraînement pour ceux qui survivraient à cette journée.
Une pensée peut-être inutile, mais pas mauvaise. Se promettre un avenir, un plus tard, une prochaine fois, ça aidait toujours.
Ce genre de pensée faisait aussi partie des préparatifs.
Elle calmait l’esprit.
Se préparer, ce n’était pas seulement serrer sa ceinture d’épée et rectifier sa prise.
Enkrid observa les flèches qui arrivaient et esquiva quand il le fallait.
Il pouvait éviter les dagues qu’on lui jetait au visage. Ce n’était rien.
Il n’avait pas pris de bouclier. Un équipement complet avait son importance, mais…
Pour l’instant, trois épées suffiront.
C’était mieux ainsi.
Il jeta un coup d’œil sur le côté. Ragna augmenta la distance d’un petit bond, esquivant les flèches sans même les regarder, et Jaxon avait déjà disparu.
Il saura se débrouiller.
Y avait-il une raison de s’inquiéter pour Jaxon ? Probablement pas.
Enkrid se concentra sur son propre rôle.
« Hoo. »
Il régla sa respiration. Peu importait le champ de bataille, l’adversaire ou son état physique.
Le danger existait et les menaces ne pouvaient être ignorées.
Comme toujours, Enkrid donna le meilleur de lui-même.
Il commença par tenir une épée à deux mains.
Fchh.
Une lame d’acier aux reflets bleutés glissa hors de son fourreau. Il la leva vers l’éclatant soleil d’hiver.
Le tranchant était ébréché en quelques endroits, mais l’épée tenait toujours bon.
Il l’entretenait, et pourtant elle en était là. Il l’avait trop malmenée.
Seule une bonne épée pouvait endurer ça. Une épée d’acier ordinaire aurait cassé depuis longtemps.
Une bonne épée ne déçoit jamais.
Encore une fois.
Enkrid s’adressa à son épée. Il lui offrirait un repos digne d’elle quand le moment serait venu, mais pas encore.
Les rugissements des deux armées qui chargeaient se rapprochèrent peu à peu.
Enkrid avança avec eux. Il marcha droit devant lui, sans hésiter. Un demi-pas devant ses alliés, puis au-delà de leur ligne, puis toujours plus loin ; bientôt, l’écart passa d’un pas à deux.
Naturellement, il avait l’air de charger seul.
« Hé, où est-ce que tu vas ? »
Quelqu’un cria derrière lui. On aurait dit le soldat qui ronchonnait.
« Espèce de taré ! Hé ! »
Enkrid l’ignora. Il était temps d’attirer tous les regards.
« Déstabilise-les dès le premier coup, je t’en prie. »
Kraiss le lui avait demandé, mais le sang d’Enkrid avait déjà commencé à bouillir.
Qu’avez-vous préparé ?
Un chevalier écuyer ? Une épée démoniaque ? De la magie ? De la sorcellerie ? Vous avez amené un chevalier à part entière ?
Et sinon, comment comptez-vous m’arrêter ?
Ce flot de pensées traversa son esprit en un éclair, puis Enkrid franchit le sol gelé hérissé de flèches pour aller à la rencontre de l’ennemi.
Il était le premier parce qu’il était le plus rapide.
« Espèce de taré ! »
Un soldat ennemi, tendu, pointa sa lance vers lui.
Enkrid modifia le rythme de sa course.
En un instant, il abaissa son centre de gravité et accéléra. Avant que l’ennemi ait pu suivre ce changement du regard, le pied d’Enkrid avait déjà balayé son tibia.
Il le frappa de plein fouet tout en courant.
Boum, crac !
L’os se brisa sous le coup, et le corps du soldat ennemi fut projeté en l’air avant de retomber lourdement.
« Aïe ! »
Laissant le cri derrière lui, Enkrid fracassa du coude la tête du soldat qui se tenait à côté. Il avait utilisé son pied et son coude presque simultanément.
« Gkh ! »
Un râle d’agonie retentit. Boum, crac. Le cou du soldat frappé se brisa, et du sang s’écoula par les interstices de son casque. Un seul coup avait écrasé son crâne.
Ce ne fut qu’alors qu’Enkrid fit tournoyer son épée. Pivotant sur son pied gauche, il frappa une fois, depuis sa hanche droite jusqu’en haut à gauche.
La lourde lame fendit l’air en diagonale. Le Style de l’épée lourde : Entaille tournoyante.
Enkrid y ajouta une variante.
Profitant de la force de son mouvement, il transféra son pivot du pied gauche au pied droit. Dans le même temps, il abaissa la lame depuis le haut à gauche, puis la fit remonter du bas à gauche vers le haut à droite.
Ses pieds se croisèrent et changèrent de place ; dans ce mouvement, la lame traça un symbole de l’infini.
Tout ce qui se trouvait sur son passage se brisa et vola en éclats. Les choses furent tranchées, fendues et projetées au loin.
« Gah ! »
« Aaaah ! »
Ceux qui criaient étaient les chanceux, ceux qui n’étaient pas morts d’un seul coup.
Quiconque avait eu le cou ou la tête pris dans la trajectoire de la lame en était mort sur-le-champ.
Neuf soldats ennemis périrent sous deux coups d’épée nets.
Comme il changeait sans cesse d’appui, passant de gauche à droite tout en avançant, sa lame couvrait un arc plus large.
« Tuez-le ! »
Un commandant à proximité hurla, les yeux injectés de sang.
Même après avoir vu tout cela, il ne recula pas. Il serra les dents.
Leur discipline est meilleure que la nôtre.
Leur entraînement était meilleur, leurs soldats étaient de meilleure qualité, et leurs commandants aussi. Enkrid était concentré sur le combat, si bien qu’il ne remarqua pas tout.
Mais son instinct lui parlait. Il devait abattre le commandant qui venait de crier.
Il le sentit d’abord dans sa chair. Ça augmenterait leurs chances.
Lorsqu’il repartit à l’attaque, des pointes de lance surgirent de toutes les directions.
De longues lances le frappèrent, encore et encore.
Enkrid repoussa celles qu’il fallait repousser et esquiva celles qu’il fallait éviter.
Il se fraya un chemin à travers une forêt de pointes. Puis il entra à portée du commandant et abattit son épée d’un coup vertical.
La lame trancha d’un coup sec, mais la tête ne se fendit pas. Elle éclata dans un bruit sourd.
Voilà à quoi ressemblait la force brute.
La lame fracassa le casque et poursuivit sa course ; le crâne éclaté transperça le cuir chevelu. Le sang et la cervelle qui se répandaient étaient inévitables.
« Hoo. »
Il fit tournoyer largement son épée pour les avertir, et les soldats ennemis tressaillirent.
Enkrid inspira une fois et activa le Cœur de la Force surhumaine. Ce pouvoir n’était pas sans limites, mais c’était le moment de poignarder, fracasser, trancher et briser.
« Mais qu’est-ce que c’est que ça ?! »
Un soldat ennemi cria. La lame d’Enkrid ne s’arrêta pas. Il était un faucheur qui récoltait des vies en taillant à travers les rangs ennemis.
« C’est un fou ! »
Un autre soldat ennemi cria. Cela ne signifiait rien. La lame d’Enkrid n’hésitait pas le moins du monde.
Il en abattit des dizaines à lui seul, encore et encore ; la ligne ennemie ne pouvait que finir par se disloquer.
« Vous allez rester là à regarder ?! »
Un commandant ennemi rugit, et quelqu’un s’avança.
S’ils laissaient faire, leur formation et leurs rangs s’effondreraient complètement.
Un guerrier d’Azpen, qui s’était efforcé de réguler sa respiration, fit un pas en avant.
Il marcha vers Enkrid, puis s’arrêta.
L’homme jaugea son adversaire.
Le Style de l’épée lourde.
Un style qui privilégiait le poids et négligeait les attaques plus légères.
Il avait terminé son évaluation. L’heure était au combat.
L’homme s’avança à son tour.
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