Chapitre 218
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 218 : Les faire venir à soi au lieu d’aller à leur rencontre
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Ne pas s’y attendre signifiait qu’il n’avait jamais espéré que cela arrive.
Et plus encore, cela signifiait qu’il n’en voulait pas.
Moi, commandant de bataillon ?
S’occuper de Rem et du reste de l’unité, et tenir en laisse une femme-bête comme Dunbakel, lui donnait déjà bien assez de fil à retordre.
Par-dessus tout, il voulait encore brandir son épée. C’était un désir naturel, une envie profonde.
Un rêve qu’il n’avait jamais réussi à atteindre lui semblait désormais si proche qu’il pouvait presque l’effleurer du bout des doigts.
N’importe qui aurait tendu et recroquevillé les doigts avec désespoir, en essayant de rapprocher ce rêve.
C’était un moment où il voulait se laisser submerger par le désir, pas par les responsabilités.
Et voilà qu’on lui demandait de prendre la tête de toute la ville ?
Peut-être qu’un jour, il accueillerait volontiers une telle proposition, mais pas maintenant.
Il trouvait même ridicule d’essayer de justifier son refus par des raisons.
Et s’il devenait commandant de bataillon, par un coup du sort ?
La réponse de Rem lui revint avec une netteté saisissante.
« Commandant de batailloooon ? Alors je serai commandant de compagnie. Donnez-moi mes hommes ! »
Puis il enverrait des dizaines de soldats se faire broyer dans la poussière avant de les pousser vers une honorable démobilisation.
Tout le monde serait trop occupé à fuir.
À bien y réfléchir, confier une femme-bête comme Dunbakel à Rem était peut-être une erreur.
Cela dit, Enkrid n’avait aucune intention d’intervenir, maintenant.
La réponse était donc déjà toute trouvée.
Il n’en voulait pas pour l’instant.
« Non, merci. »
Ses pensées s’étaient étirées en longueur, mais son esprit, lui, avait été rapide. On pouvait même dire qu’il n’avait pas hésité. On lui avait posé la question, il avait répondu aussitôt.
« Je savais que tu dirais ça. »
Marcus hocha la tête comme si c’était évident. Il n’avait pas l’air contrarié le moins du monde. Il ajouta toutefois :
« Disons que je te le propose encore deux fois, pour un total de trois. Si tu changes d’avis, viens m’en parler quand tu veux. »
« Compris. »
Enkrid répondit une nouvelle fois avec légèreté.
« Bien. Alors, explique-moi pourquoi. Je devrais au moins connaître la raison de ton refus. »
Marcus entrelaça les doigts et posa le menton dessus. Cela semblait être une habitude. Enkrid l’avait souvent vu prendre cette pose.
Il n’y décelait pas une véritable curiosité, mais répondit quand même. Quand on lui posait une question, il fallait répondre. C’était la bonne conduite à tenir.
Et c’était une question de son supérieur.
Debout, bien droit devant la table, Enkrid prit la parole.
« Le commandant de la 1re compagnie ne l’acceptera pas. »
Il y aurait d’abord des remous en interne.
Le commandant de la 1re compagnie avait toujours été le mieux placé pour devenir le prochain commandant de bataillon. À présent que le capitaine de l’Unité de défense de la frontière était responsable de Martai, cette fonction ne devrait-elle pas lui revenir ?
Même s’ils étouffaient ses objections et imposaient leur décision, avoir un subordonné hostile juste au-dessous de lui ne pouvait rien donner de bon.
« Tu as donc aussi le sens de la politique. »
Marcus conserva le menton posé sur ses mains jointes en parlant. Peut-être cela ne lui suffisait-il pas, car il demanda encore :
« Une autre raison ? »
« Je n’ai pas spécialement besoin du poste de commandant de bataillon. »
« … Dire que tu n’as pas besoin de ce poste, c’est inhabituel. D’autant que ça ne sonne pas comme une excuse. »
Marcus abandonna sa pose et s’adossa à sa chaise. Ce ne fut qu’alors qu’il parut intéressé.
Enkrid savait que cet homme avait plus d’un serpent dans le ventre.
Peu importait, aussi poursuivit-il sans s’embarrasser.
Ne pas en avoir besoin, c’était vraiment ne pas en avoir besoin.
S’il voulait devenir chevalier, la maîtrise venait d’abord. La force venait d’abord. Les qualités de commandant pouvaient attendre.
Bien sûr, si elles devenaient nécessaires, il les ferait siennes et repartirait de zéro pour les apprendre.
N’avait-il pas toujours vécu ainsi ? En y mettant tout son corps, en risquant sa vie, en mourant et en apprenant chaque fois que cela devenait nécessaire ?
Mais pour l’heure, ce n’était pas nécessaire.
Il avait de nouveau senti les limites de son art.
Non, « limites » n’était pas le bon mot.
C’était une soif.
Depuis l’estoc de Zimmer, sans même parler de tout ce qui l’avait précédé, il lui restait d’innombrables choses à graver en lui et à apprendre.
Il avait aussi pris conscience de quelque chose en observant la stratégie du commandant de bataillon Marcus. La route qui s’étendait devant lui était encore très, très longue.
Il voulait la parcourir.
C’était la route qui menait à un rêve fané. Voilà pourquoi il voulait remettre ses responsabilités à plus tard.
C’était là son véritable sentiment.
Même Enkrid ne venait que de s’en rendre compte. Quelques phrases échangées lui avaient permis de comprendre où il en était.
C’était ainsi que ça fonctionnait. Il fallait fouiller en soi pour se connaître.
« Je ne suis pas encore assez doué à l’épée. »
Enkrid répondit.
« Si ça, c’est ne pas être assez doué, alors plus de la moitié des soldats devraient partir mourir. »
Marcus dit cela, puis applaudit une fois, comme s’il avait compris.
« Enfin, si un homme dit qu’il ne veut pas d’une bourse de kronas, difficile de la lui fourrer de force dans la main. »
Marcus marmonna cela, puis, au lieu de lui dire de partir, l’interrogea sur la situation récente dans la région.
Enkrid répondit comme si c’était évident.
« La situation alentour ne va cesser d’empirer, pas vrai ? »
Il l’avait dit d’instinct, mais le problème commençait bel et bien à se dessiner.
Il n’était simplement pas encore visible, car seuls quelques jours s’étaient écoulés depuis la fin de la bataille.
Surtout, cette bataille s’était terminée en un éclair.
Ils s’étaient attendus à une longue série de sièges, mais la stratégie avait tout bouleversé.
D’abord en cachant Enkrid, puis en ouvrant les portes de Martai.
L’armée ennemie et son commandant avaient perdu courage et s’étaient rendus d’un seul coup.
S’ils avaient combattu d’emblée sans dissimuler leurs forces, ils auraient peut-être versé bien plus de sang que prévu.
Quoi qu’il en soit, Marcus connaissait déjà la vérité sur la situation régionale.
À mesure qu’une ville prenait de l’ampleur et gagnait en puissance, les problèmes grandissaient avec elle.
Et, dans la situation actuelle, il serait difficile d’espérer de l’aide du centre.
La donne avait changé, et la Garde-frontière avait été retirée de l’Armée permanente de la Garde-frontière. Les forces alliées s’en trouvaient affaiblies.
En plus, ils s’étaient attaqués aux Lames Noires, avaient annexé Martai et adopté une position qui menaçait les nobles des environs.
Et, à titre personnel, Enkrid avait aussi tué des sectateurs.
« C’est pour ça que je t’ai proposé le poste de commandant de bataillon. »
« Qu’est-ce que ça changerait si je l’acceptais ? »
« Les gens sont impressionnés quand le commandant est d’une force absurde. »
Cela ne semblait toujours pas suffire pour diriger toute la ville.
« Et puis, pour être honnête, le commandant de la 1re compagnie ne s’en formalisera même pas. »
Marcus ajouta cela.
On ne cherchait querelle qu’à ceux qu’on pensait pouvoir vaincre. Celui-ci était un monstre. Le commandant de la 1re compagnie se rebeller ? Aucune chance.
Il aurait peut-être du ressentiment au fond de lui, mais, en apparence, il aurait toutes les raisons d’accepter.
C’était l’avis de Marcus, mais Enkrid n’était pas d’accord.
Quand on perdait quelque chose qu’on avait considéré comme sien, ou dont on était certain qu’il nous reviendrait, on en était d’autant plus meurtri.
Leurs avis divergeaient, mais cela ne posait pas de problème.
Enkrid n’accepterait pas, et Marcus n’avait pas réellement l’intention de lui céder le poste.
Au fond, Marcus trouvait qu’il serait plus intéressant d’offrir à Enkrid une fonction plus importante que celle-là.
Après tout, une fois devenu chevalier, on obtenait naturellement un territoire.
Quand ai-je commencé à croire que ce type deviendrait chevalier ?
Marcus se posa la question en silence, sans la formuler à voix haute.
« Alors, accepte au moins le poste de commandant de compagnie d’instruction. »
À partir de là, ce fut une décision unilatérale de Marcus. La Garde-frontière avait quitté son poste, mais, pour la remplacer, il ne serait pas facile d’agrandir rapidement la Compagnie des Fous.
Ou plutôt, ils essaieraient, mais tout de même.
« Mieux vaut ne pas trop espérer. »
Le commandant de compagnie elfe n’avait-elle pas dit la même chose ?
N’avait-elle pas dit que Rem était expert pour broyer les gens ?
Et que, si des gens s’engageaient, la plupart déserteraient probablement ?
C’était donc sa stratégie suivante.
Leur donner un sentiment d’appartenance, un grade, une légitimité et du travail.
Enkrid s’enthousiasmait déjà pour l’entraînement ; enseigner lui convenait donc.
C’est ainsi que fut créé ce nouveau poste de commandant de compagnie d’instruction.
« Oui, compris. »
Cette fois, Enkrid accepta sans difficulté. Marcus en fut surpris, mais Enkrid réfléchissait déjà à quelque chose de semblable.
Qu’est-ce qui assurerait au mieux la sécurité de la ville ?
Élever le niveau général des troupes.
Que fallait-il faire pour y parvenir ?
Les faire trimer.
Il ne leur demanderait pas d’en faire autant que lui, mais si les heures d’entraînement augmentaient et que l’effort devenait obligatoire, leur niveau progresserait.
N’en était-il pas lui-même la preuve ?
Pour l’Armée permanente de la Garde-frontière, placée sous le commandement de ses officiers, ce serait une nouvelle terrifiante.
Mais, dans cette pièce, il n’y avait que Marcus et Enkrid.
« Alors… »
« Bien. »
Enkrid prit congé avec un salut militaire. Le titre de commandant de compagnie d’instruction avait son importance, mais il y avait d’abord la fête de la victoire.
Lors de cette fête, on reconnaîtrait ses mérites dans la bataille.
Le reste viendrait ensuite.
En attendant, Enkrid comptait aiguiser ce qu’il venait de voir et de ressentir.
Comme toujours, le temps valait plus que des pièces d’or.
Surtout ces derniers temps : il ne s’était même pas heurté à un mur.
Le Batelier se relâche ?
Si le Batelier avait entendu ça, il n’aurait même pas ri.
Deux jours plus tard, la fête de la victoire eut lieu.
« Ouah ! Une bataille glorieuse ! Un combat qui a englouti Martai et annoncé la naissance d’une nouvelle étoile montante de la région, d’un héros ! »
Après cette bataille, le nom d’Enkrid se répandit d’un seul coup, bien au-delà du rang des villes.
Était-ce parce qu’il avait crié son propre nom en plein champ de bataille ?
Il n’en savait rien.
Peut-être que cela comptait, peut-être pas. Impossible de le savoir.
Tandis que tous mangeaient, buvaient, criaient et rugissaient pour célébrer la victoire, Enkrid avait l’esprit ailleurs.
L’expérience.
Assimiler ses expériences passées était une chose, mais il considérait cela comme une stagnation.
À présent, il voulait autre chose que de simplement assimiler ce qu’il avait déjà vécu.
Cela signifiait-il qu’il avait besoin d’aventure ? Devait-il quitter cet endroit ?
Pour découvrir de nouveaux styles, vivre de nouvelles expériences ?
Ce qu’il avait compris en voyant la stratégie de Marcus agitait de nouveau ses pensées.
« À quoi tu réfléchis si fort ? »
Rem lui demanda cela de côté. Il tenait une tarte à la citrouille dans une main et de l’alcool distillé dans l’autre. L’odeur âcre de l’alcool piqua les narines d’Enkrid. C’était presque de l’alcool fort.
Rem semblait ravi de s’enivrer à grandes rasades.
Enkrid était assis sur une chaise près d’un étal du marché.
En plein jour, les gens buvaient.
Malgré cela, soldats et citoyens, enfants comme adultes, ne cessaient de jeter des coups d’œil furtifs à Enkrid.
Après tout, il était le héros de cette bataille.
Rem et les autres membres de la Compagnie des Fous attiraient évidemment eux aussi l’attention.
Mais ils n’avaient jamais prêté attention aux regards des autres.
Au milieu de tout ça, Jaxon avait disparu à un moment donné.
Peut-être était-il encore retourné au quartier des plaisirs.
« Je me demandais combien de combattants redoutables je pourrais rencontrer en parcourant le continent. »
C’était une réponse sincère.
Rem eut un petit rire en l’entendant.
« J’ai pas mal bourlingué, alors je sais. C’est pas si simple. T’entends des rumeurs, tu pars chercher un type qui est censé bien se battre, et la plupart du temps, il n’a que de la gueule. »
« C’est vrai. »
Ragna, qui se tenait maintenant de l’autre côté, acquiesça.
Il avait les joues rouges, peut-être après quelques verres. Pourtant, il n’avait pas l’air ivre. Il n’avait probablement pas beaucoup bu.
N’avait-il pas dit qu’il n’était pas du genre à aimer l’alcool ?
Quoi qu’il en soit, à les entendre, tous deux avaient clairement parcouru le continent.
« Ah bon ? »
Enkrid demanda cela, en proie à une étrange soif.
Mais quelle était donc cette soif ?
Voulait-il simplement combattre davantage ? Non, ce n’était pas si simple.
Était-il impatient d’entraîner son épée ? Cela ne lui semblait pas juste non plus.
Était-ce une sorte de compulsion née du fait qu’il ne pouvait pas revivre cette journée ? Attendait-il de mourir encore et encore ?
Pour Enkrid, les journées répétées, les murs et le Batelier étaient des choses distinctes.
Il avait plaisanté à propos du Batelier et l’avait accusé en pensée, mais, pour lui, cela ne changeait rien que la journée se répète ou non.
L’homme qu’il était devenu existait parce qu’il avait continué d’avancer en silence.
Il n’avait fait des journées répétées qu’un outil sur cette voie.
Même cela, pensait-il, s’était inscrit en lui par une suite de coïncidences.
Cette soif venait donc d’ailleurs.
De tout autre chose.
Elle était apparue après qu’il eut saisi la forme de l’Épée correcte.
Il voulait simplement croiser le fer avec les combattants dispersés sur le vaste continent.
Autrement dit, c’était l’esprit de compétition.
On pouvait aussi appeler ça une ardeur guerrière bouillonnante.
Combattre et gagner de l’expérience.
C’était le chemin qui lui permettrait de compléter son rêve rafistolé.
Jusqu’à présent, chaque fois qu’il avait appris quelque chose de nouveau, il s’était toujours retrouvé entraîné dans l’affaire.
Cette fois, c’était différent.
Après avoir vu la stratégie de Marcus, Enkrid avait identifié ce qui lui manquait. Réduire ses anciennes expériences en miettes pour bâtir une tour de nouvelles expériences : voilà l’étape qu’il avait découverte et s’était fixée.
« Tu veux que je rassemble des rumeurs sur des combattants habiles à l’épée et tout ça ? »
C’était Gielpin, le chauve. Personne ne savait non plus quand il était arrivé.
Il avait l’air assez ivre, lui aussi. Pourtant, il se tenait toujours droit. Il n’était pas du genre à perdre contenance.
En entendant Gielpin, Enkrid réfléchit.
Et s’il obtenait cette liste ? Qu’en ferait-il ? Partirait-il tout de suite ? Quitterait-il la ville ?
La question méritait réflexion.
Kraiss, qui observait la scène en silence, prit soudain la parole.
« Mais, capitaine, il y a une solution plus simple. Je ne vois pas pourquoi vous parlez d’aventure et de devenir un vagabond. »
« Qu’est-ce que tu racontes, Grands Yeux ? »
Rem demanda cela entre deux gorgées d’alcool.
Et, à vrai dire, ce soldat aux yeux immenses avait une façon de penser à part.
Avec des yeux pareils, il fallait bien que son cerveau soit solide, lui aussi.
« Après cette bataille, votre nom s’est répandu partout, et à Martai comme au Village des Pionniers, on a tout un tas de gens qui peuvent colporter nos paroles. Alors, c’est simple : ne partez pas à leur recherche. Faites-les venir à vous. »
Ces quelques mots de Kraiss tombèrent juste, comme un éclair de lucidité.
Enkrid était-il le seul à avoir l’esprit de compétition ?
Tout homme capable de se battre en avait un.
« Ça se tient, frère Grands Yeux. »
Audin acquiesça, et Dunbakel hocha la tête à ses côtés.
« Même parmi les mercenaires, il y en avait beaucoup qui vagabondaient pour perfectionner leur art de l’épée. »
Dunbakel dit cela.
Elle avait raison.
« Et si on faisait comme ça ? Soldat qui met fin aux guerres. Ils viendront par rangs entiers. Si tu continues à les battre, les rumeurs se répandront de nouveau, et si tu en as envie, tu pourras combattre jusqu’à en être écœuré, jusqu’à en mourir. Enfin, si cet endroit devient un vrai champ de bataille, le nombre de challengers va sacrément diminuer. »
« Kraiss, occupe-t’en. »
Enkrid était impressionné.
Il lui accorda donc la récompense la plus appropriée.
Une bourse de kronas.
Une bourse qu’il avait mise de côté, en pensant peut-être acheter une nouvelle armure, passa dans la main de Kraiss.
« Oh. »
Kraiss attrapa la bourse comme s’il arrêtait un poignard en plein vol.
Sa main était si rapide que ça.
« Merci. »
Kraiss sourit. Enkrid était satisfait, lui aussi.
« Répands bien la rumeur. »
« Oui, ne vous inquiétez pas ! »
Voilà à quoi ressemblait une bonne affaire, quand tout le monde repartait satisfait.
Rem eut lui aussi un sourire en coin.
Dans l’ensemble, c’était une fête de la victoire plutôt réussie.
Au fil du temps, quelques soldats s’approchèrent et déclarèrent qu’ils voulaient, eux aussi, rejoindre la Compagnie des Fous.
« Moi aussi, je veux devenir fou ! »
« Je veux devenir un fou ! »
« J’étais déjà fou depuis le début ! »
Personne ne savait pourquoi tous les volontaires au transfert avaient l’air de parler ainsi.
Rem, peut-être à moitié ivre, en était ravi et déclara qu’il les prendrait tous sur-le-champ.
Puis il vérifia l’expression d’Enkrid et prit la parole.
« On n’est pas assez nombreux pour former une compagnie, hein ? »
C’était vrai.
Alors, une fois qu’ils auraient dessaoulé, s’ils ne regrettaient toujours pas leur choix, ils rejoindraient tous la Compagnie des Fous.
Ce n’était pas tout à fait un examen, mais si leurs paroles étaient sincères, on vérifierait au moins leurs aptitudes de base.
Au-delà de ça, on parlait partout de gloire et de la naissance d’un héros.
Une chose était certaine : Enkrid était au centre de la fête.
« Ça ne te dirait pas de manger de la marmelade jusqu’à la fin de tes jours ? Bien sûr, gratuitement. »
De temps en temps, les marchands de la ville et de charmantes femmes tentaient aussi de le séduire.
« Non ! »
Un jeune homme de la ville poussa un cri en voyant cela.
Même sans ce cri, Enkrid n’avait aucunement l’intention de faire quoi que ce soit avec la demoiselle à la marmelade.
Surtout après avoir aperçu, non loin de là, un homme qui avait l’air d’avoir vu son monde s’effondrer.
« Je l’achèterai au prix fort. »
« Tss. »
Certaines marchandes du marché étaient hardies, d’autres lui lançaient des regards discrets. Puis quelqu’un arriva et mit fin à l’ambiance, tout en la rendant encore plus compliquée.
« Son Excellence le comte arrive ! »
Le cri d’un serviteur retentit dans toute la fête.
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