Chapitre 206
TRADUCTIONS WE TRIED
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 206 : Tap, tap, puis vlan (3)
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La tactique commence par une connaissance précise des armes dont on dispose.
À cet égard, Enkrid et Kraiss respectaient tous deux les principes fondamentaux.
Audin était immense ; dès qu’il mettait le pied sur un champ de bataille, il attirait les regards.
Si ce même Audin se mettait à semer le chaos en plein jour, l’ennemi pourrait-il vraiment faire comme s’il ne le voyait pas ?
Il était le genre de menace bien visible qu’on voulait à tout prix abattre, surtout après qu’il avait démoli leurs engins de siège.
Pour attirer l’attention, sa taille était parfaite. Et le moment aussi.
« Audin. »
« Oui, mon frère. Compte sur moi. »
Enkrid laissa Kraiss se charger des longues explications.
Le principe du plan était simple.
Si Audin se montrait en plein jour, tout le monde serait trop occupé à le surveiller.
Faire du bruit et menacer depuis l’est, puis frapper à l’ouest.
« Ha ha ha, ça va être drôle, frère Grands Yeux. »
Après avoir écouté l’exposé complet, Audin éclata de rire. Si les choses tournaient mal, il risquait de se faire encercler et battre à mort ; mais s’il avait eu peur de ça, il n’aurait jamais tenu dans la Compagnie des Fous.
Le troisième jour de la bataille, Enkrid comptait offrir un autre « tap » dans le cadre de cette opération.
Bien sûr, la lame qu’il enfoncerait serait sans doute plutôt un « vlan » qu’un « tap ».
Quand il exposa sa stratégie à Kraiss, celui-ci pencha la tête et lança :
« C’est quoi, ces conneries ? »
Le ton était si grossier qu’Enkrid lui asséna une tape derrière la tête.
Paf.
Il avait peut-être frappé un peu trop fort, car la tête de Kraiss partit vers l’avant.
Kraiss se redressa comme un culbuto et reprit aussitôt la parole.
« J’ai compris l’idée. Tap et vlan. »
« Exactement. Tap et vlan. »
À côté d’eux, Dunbakel se demanda sérieusement s’ils avaient tous les deux perdu la tête.
Quelles absurdités !
Pourtant, elle n’était pas en position d’intervenir et de dire quoi que ce soit ; elle garda donc le silence.
Après tout, elle était une invitée qui n’avait pas été conviée.
Elle ne pouvait que rester là et tâcher de comprendre l’ambiance.
Même quand il se passait quelque chose, ils emmenaient cette petite panthère plutôt qu’elle.
Elle aurait pu en être malheureuse, mais…
« Grrr. »
La panthère ne lui accorda même pas un regard. Elle semblait occupée à faire sa toilette, les pattes avant.
Cette indifférence avait quelque chose de presque réconfortant.
Mais surtout…
On se croirait dans un jardin de fleurs !
Ils avaient tous l’esprit dérangé, mais ils étaient tous incroyablement beaux.
Enkrid, Rem, Ragna, Audin, Kraiss. On aurait dit des fleurs arrangées pour plaire à tous les goûts.
Dunbakel n’était pas particulièrement obsédée par les apparences, mais les plats qui avaient belle allure étaient souvent bons aussi.
Ils étaient agréables à regarder.
Elle n’avait pas envie de quitter ce jardin de fleurs. Elle voulait y rester.
Alors, si elle voulait survivre ici, elle devait travailler davantage et prouver sa valeur.
« Je l’accompagnerai. »
Dunbakel s’avança résolument. Elle voulait dire qu’elle suivrait Audin.
« Tu veux venir ? Très bien. »
Enkrid répondit avec désinvolture. Tant qu’elle restait près d’Audin et ne le quittait pas, il n’y aurait pas de problème.
L’opération commença aussitôt après.
Sortir de la ville en douce fut facile.
« Qu’est-ce que vous croyez que c’est, la Guilde de Gielpin ? On a au moins trois passages secrets pour sortir. »
L’ennemi ayant entièrement encerclé les murailles, même sortir par la porte opposée était difficile.
Des éclaireurs patrouillaient aussi dans les environs.
Des éclaireurs à cheval, qui plus est.
Faciles à repérer, ils étaient difficiles à rattraper à cause de leurs montures.
Il leur suffisait donc de sortir discrètement.
Ils retirèrent quelques pierres du chemin, près de la porte Sud, et découvrirent l’entrée d’un tunnel à moitié enterré.
Le problème, c’était que…
« C’est trop étroit, mon frère. »
Audin était tout simplement trop grand.
Ce soldat religieux à moitié fou devait même se mettre de biais pour franchir les portes latérales.
« Ah, je ne m’y attendais pas. »
C’était Gielpin, qui les avait guidés jusqu’ici.
« Élargissez-le. »
Enkrid répondit sans détour. Si c’était trop étroit, il suffisait de l’élargir.
« Ce ne sera plus un passage secret, alors… L’ennemi pourrait s’en servir pour entrer. »
Le chauve Gielpin marmonna à côté de lui. Chaque mot était vrai.
« Alors, faites en sorte qu’ils ne s’approchent jamais des murailles. »
Enkrid répliqua. Il ne disait pas ça parce qu’il avait échafaudé un plan grandiose, mais Kraiss, qui écoutait derrière lui, hocha tout de même la tête.
C’était vrai. S’ils s’y prenaient bien, l’ennemi ne s’approcherait même pas des murailles.
Voilà comment les choses se déroulaient dans cette bataille.
La Garde-frontière était une ville fortifiée, mais sans douves, ses murailles n’offraient pas une défense particulièrement efficace.
Les tours de guet étaient nombreuses, ce qui leur permettait de faire pleuvoir des flèches.
Mais cela ne suffisait pas.
Et si l’ennemi se lançait à corps perdu dans l’assaut, boucliers levés ?
Les flèches seules ne pourraient pas l’arrêter.
Verser de l’huile sur leurs têtes, jeter de l’eau bouillante, lancer des pierres : tout cela avait ses limites.
Et si les échelles se dressaient de toutes parts ? Si l’ennemi était plus nombreux, ces tactiques échoueraient. L’avantage des murailles s’effondrerait en un instant.
Les murailles seraient également vulnérables aux engins de siège comme les mangonneaux et les trébuchets.
Même si l’ennemi amenait des tours de siège ou d’autres équipements de ce genre, ils n’auraient pas vraiment de réponse.
C’était pour cela que les douves comptaient.
On ne creusait pas des fossés devant les portes pour les remplir d’eau sans raison.
Même si, faute d’entretien, elles empestaient, les douves facilitaient grandement la défense d’un château.
Il suffisait ensuite d’ajouter quelques pièges.
On pouvait peut-être aussi faire s’écrouler le mur extérieur.
C’était simplement l’instinct de Kraiss. Tout comme Enkrid perdait à moitié la tête à la vue d’une épée, Kraiss avait l’habitude d’imaginer le pire scénario possible, puis de chercher le meilleur moyen de l’empêcher.
Il était passé de l’élargissement du tunnel à la construction complète d’un château et à ses systèmes de défense, puis secoua la tête.
Quoi qu’il en soit, cette fois, ils tiendraient l’ennemi à distance des murailles.
Cela suffirait.
« Tu rapportes encore du pain, cette fois ? »
Kraiss posa la question à Enkrid, qui se faufilait dans le passage élargi.
Grâce à Audin, Enkrid n’avait plus qu’à baisser la tête pour passer. Il se retourna dans cette posture.
Kraiss, d’ordinaire inquiet, le regardait d’un air radieux et détendu.
« On verra. »
Ce furent ses adieux. Une fois dehors, il porta le regard au loin et vit de la fumée fendre le ciel.
Pour une raison ou une autre, l’ennemi continuait d’allumer ses fours de campagne. Quoi, ils se sentaient en confiance ?
« Le Seigneur dit qu’il y a des moments où les siens se sentent seuls et délaissés. »
Audin récita une phrase de prière. Le sens était évident.
Il voulait envoyer quelques âmes auprès du Seigneur. Autrement dit, cogner quelques hommes jusqu’à ce qu’ils frappent aux portes du paradis.
« Reste modéré. Attirer trop l’attention, c’est aussi un problème. »
Enkrid lui rappela leur objectif.
« Ne t’inquiète pas, mon frère. On m’a reconnu comme un homme qui ne pèche ni par excès ni par défaut. »
C’était vrai, ça ?
On aurait dit le genre de chose qu’un homme qui réclamait sans cesse des entraînements extrêmes ne dirait jamais.
« Ton regard est irrespectueux, mon frère. »
Ce géant avait même remarqué ça. Enkrid acquiesça et dit :
« Allons-y. »
Jaxon suivit Enkrid, tandis qu’Audin avançait avec Dunbakel.
Rem et Ragna ne participeraient pas à cette sortie.
Une petite équipe suffirait.
« Vous partez sans moi ? Sans moi ? Moi tout seul ? Vous me laissez derrière ? »
Rem fit une scène, mais pour se déplacer sans être repéré, Jaxon était vraiment le meilleur choix.
Esther les suivait aussi, sans prendre de repos.
« Kyar. »
Ils se cachèrent dans les broussailles sous la muraille et regardèrent la panthère pousser un petit cri.
La panthère avait disparu quelques jours, mais elle semblait désormais plus énergique que jamais.
« Jaxon. »
« Calque ton rythme sur le mien. Étouffe tes pas, efface ta présence. On va jusqu’au point de rendez-vous. »
Chat de ruelle furtif. C’était le surnom que Rem et les autres donnaient sans cesse à Jaxon.
Et ce n’était pas sans raison.
Même Rem avait dit qu’on ne pouvait pas percevoir la présence de Jaxon si on n’y prêtait pas attention.
Jaxon le prouva lui-même.
Il étouffait le bruit de ses pas, profitait des broussailles et du terrain accidenté et, chaque fois qu’il repérait un rocher, se baissait derrière.
À un moment, un groupe d’éclaireurs de Martai passa à peine à vingt pas de lui, alors qu’il se tenait derrière un rocher ; pourtant, comme prévu, personne ne les remarqua, et ils regagnèrent une position d’où ils pouvaient observer l’arrière de la base de ravitaillement.
Une lecture parfaite du terrain, une connaissance approfondie des habitudes des éclaireurs et, en plus, des déplacements silencieux.
Il ferait honte à des assassins.
Cette pensée en tête, Enkrid prit position dans un arbre.
Esther et Jaxon se trouvaient à sa gauche et à sa droite, tous deux en train de surveiller la base de ravitaillement.
Il ne leur restait plus qu’à attendre qu’un remue-ménage éclate.
* * *
Greg, commandant du 1er bataillon sous les ordres d’Olf, était un homme digne du titre de grand général.
C’était aussi un commandant d’assaut qui menait ses hommes grâce à sa propre force martiale.
Qu’était une unité d’assaut ? La formation placée tout à l’avant.
« Le salaud d’ours qui a détruit les engins de siège a été repéré ! »
La nouvelle parvint aux oreilles de Greg.
Le géant qui avait brisé un mangonneau.
La scène l’avait marqué. Cette force monstrueuse semblait à peine humaine.
Et alors ? La force pure décidait-elle de tout sur un champ de bataille ?
Pas du tout.
L’issue d’une bataille n’était jamais aussi simple.
Mais comment était-il sorti ?
La porte avait-elle été ouverte ? Non.
La ville était entièrement encerclée. L’équipe de reconnaissance patrouillait sans relâche. Si une porte s’était ouverte, elle l’aurait su sur-le-champ.
S’était-il faufilé dehors ?
Une ville encerclée n’était pas forcément dépourvue d’issues.
Le courage n’avait rien à voir avec la stupidité. Greg comprit les intentions de l’ennemi.
Il s’était faufilé dehors et s’était fait repérer.
Ils s’en prennent encore aux unités de ravitaillement.
Les attaques répétées contre les lignes de ravitaillement étaient le seul moyen pour ces gens de survivre.
Le commandant du 2e bataillon, Zimmer, ne l’avait-il pas dit ?
« Si nous maintenons le siège et tenons bon, nous gagnerons. Un fou de guerre ne peut faire que des choses aussi prévisibles. Je ne tomberai pas deux fois dans le même piège. »
Zimmer avait grincé des dents en disant cela.
Un géant repéré alors qu’il se faufilait dehors, probablement envoyé parce qu’ils manquaient d’hommes. Pour une mission nécessitant une petite force de frappe, ils ne pouvaient pas se permettre de garder en réserve un colosse pareil.
Greg avança, parfaitement sûr de lui.
Il se trompait.
Audin se contentait de se montrer au grand jour, occupé à attirer l’attention.
« Mes frères, êtes-vous en route pour aller saluer le Seigneur ? »
Il continuait à débiter ses absurdités tout en frappant les soldats ennemis qui s’approchaient.
Chacun de ses coups semblait terriblement lent et lourd. Aux yeux des soldats ennemis, il suffisait d’éviter de se faire toucher.
C’était du moins l’impression qu’il donnait.
La femme-bête à ses côtés semblait plus menaçante, brandissant un cimeterre.
Elle n’avait rien d’une combattante ordinaire et se déchaînait, les cheveux blancs au vent.
Et alors ? À moins d’être chevalier, renverser un désavantage numérique était atrocement difficile.
La 1re compagnie d’assaut de Greg entra aussitôt en action.
L’infanterie en armure chargea, lances et boucliers en main.
C’était l’une des unités d’assaut dont Martai était fière.
Une armure relativement légère, de grands boucliers couvrant la moitié du corps et des lances à la main.
Une infanterie conçue pour charger.
« Ils sont trop nombreux ! »
cria Dunbakel. Audin évalua leur nombre.
Environ quarante ou cinquante.
Même s’ils les affrontaient de front, ça irait. Ils n’étaient qu’une cinquantaine de fantassins.
Esquiver les longues lances et foncer. Réduire la distance d’abord, puis décocher un puissant direct.
Pas besoin d’arts martiaux à la Valaf. Un coup franc suffirait à faire s’effondrer une partie de la formation.
Ensuite, se jeter dans leurs rangs. Ces longues lances ne feraient que se gêner les unes les autres.
Naturellement, ils essaieraient de le coincer avec leurs boucliers, mais ce serait inutile.
Les repousser par la force et les briser un à un. C’était réglé.
Mais Audin n’en fit rien.
Il écarta les lances qui arrivaient du revers de la main, esquiva et balança lentement ses lourds poings.
Parfois, il ramassait des pierres au sol et les lançait.
Fouuu !
Boum !
Une pierre explosa contre un bouclier, projetant des éclats dans toutes les directions.
« Ce n’est qu’une brute idiote qui se fie à sa force ! »
cria un fantassin ennemi. C’était exactement ce que voulait Audin. Il s’était donné du mal pour en avoir l’air.
Rien de plus.
Attirer les regards, les pousser à baisser leur garde.
Juste avant le départ, Kraiss l’avait répété une bonne quinzaine de fois.
« Ne les tuez surtout pas tous. Gardez le bon rythme, puis revenez. »
Après tout, je ne suis pas le frère Barbare.
Audin suivit les consignes de Kraiss.
L’intention était évidente. L’ennemi les sous-estimait, alors ils allaient en profiter au maximum.
Audin avait des années d’expérience du combat derrière lui avant d’arriver ici.
Comprendre les intentions du frère Grands Yeux était facile.
« Vous comptez vous battre cachés derrière vos boucliers, mes frères ? »
Audin prit délibérément un air furieux.
« Espèce de tas de muscles qui ne fait confiance qu’à sa force ! »
Un commandant de compagnie sous les ordres de Greg lança l’insulte. Il pensait pouvoir resserrer l’étau et en finir sans risque.
Le tumulte se propagea.
Les pierres, dures comme le roc, qu’Audin lançait pouvaient être mortelles.
Et surtout, se faire attraper par cette force monstrueuse finirait mal.
L’ennemi ne s’approcha pas imprudemment et se contenta de pousser des coups de lance.
Audin remplissait son rôle à la perfection. Le chaos au premier rang, une cible gigantesque et bien visible. Les regards convergeaient naturellement sur lui.
C’était tout ce qu’il fallait.
* * *
Enkrid attaqua de nouveau la base de ravitaillement.
Il voulait aussi vérifier quelque chose qui le préoccupait.
« Jaxon. Fais le tour complet de l’arrière de la zone de ravitaillement et vérifie où les soldats ennemis sont concentrés, ainsi que leur organisation. »
Au lieu de répondre, Jaxon cligna simplement des yeux.
Moi ? Vraiment ? Il faut vraiment que je le fasse ?
Réussir à exprimer tout cela aussi clairement du regard était un talent.
« Fais-le. »
Enkrid insista, comme il l’avait compris auparavant.
Ces gens obéissaient mieux à ses ordres qu’il ne l’aurait cru.
« Très bien. »
Jaxon avait toujours l’air absent, mais il partit comme demandé. Enkrid caressa la tête d’Esther et lui demanda :
« Tu veux du pain ? »
C’était une attaque éclair menée par deux personnes seulement contre la base de ravitaillement. L’ennemi avait préparé une embuscade, mais les sens aiguisés d’Enkrid la repérèrent et il se fraya un passage à la force des bras.
Au lieu de tuer tout le monde, il se déplaça de nouveau rapidement, mit le feu aux tentes et vola du pain.
Audin semait déjà le chaos à l’avant. Les défenses ennemies étaient plus solides que la fois précédente, mais ce n’était que cela.
Audin faisait un tel vacarme là-bas.
Une partie des troupes de garde avait été discrètement attirée vers l’avant.
La tâche était donc bien plus facile ici.
En observant la scène, Jaxon commença discrètement à contourner les lignes ennemies.
Puisqu’il était déjà en mouvement.
« Esther, allons-y. »
Au passage, Enkrid fracassa aussi quelques fours de campagne.
« Espèce de salaud ! »
cria un soldat ennemi, fou de rage — ou, plus précisément, un homme qui avait l’air d’un commandant.
Je le tue ?
Il y réfléchit un instant, puis le laissa en vie. S’il se battait sérieusement, il ne ferait que les rendre plus vigilants.
Enkrid s’éclipsa de nouveau. Frapper et filer. Il avait déjà procédé ainsi plusieurs fois contre des gnolls, et cette fois, c’était deux fois plus facile.
Audin attirait leurs regards.
Depuis, Enkrid avait progressé.
Esther était elle aussi en pleine forme.
La contribution de la panthère était plus qu’utile.
« Grrr ! »
Avec ce cri glaçant, elle brisait les tibias ennemis et les lacérait de ses griffes ; en plus, ses mouvements étaient incroyablement rapides.
Elle aussi avait progressé.
Cette pensée lui vint naturellement.
Sur le chemin du retour, Enkrid observa machinalement les mouvements des soldats qu’il avait affrontés. Il les mémorisa, se les remémora, les passa en revue.
Il y avait aussi quelque chose à apprendre ici.
Non, apprendre allait de soi.
Jaxon confirmerait les points qui le préoccupaient encore.
Alors…
Il avait de la marge.
Enkrid retrouva une fois de plus sa posture naturelle.
En plus de l’épée et de l’entraînement, il fallait aussi jauger le chemin à parcourir. Voilà ce qu’était l’art de se forger.
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