Chapitre 201
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Abstract
Discord : https://dsc.gg/wetried
UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 201 : Sur quoi comptes-tu ? (1)
= = =
« Euh… je veux rester sous vos ordres. »
Par une douce soirée d’été, devant les baraquements, la femme-bête aux cheveux blancs prononça ces mots.
« Sous mes ordres ? »
À sa question, Dunbakel choisit soigneusement ses mots.
À présent, peu lui importait ce qui lui arrivait.
« Esclave, ça me va. Servante aussi. Si vous me laissez rester sous vos ordres, je ferai tout ce que vous voudrez. »
Si Frog s’était laissé aveugler par son ambition et ses désirs personnels, cette femme-bête, elle, avait perdu la tête pour deux mots : reproduction.
Alors ce qu’elle venait de dire pouvait facilement être mal interprété.
« Le continent est vaste. »
Il voulait lui faire comprendre, sans le dire franchement, qu’il ne la retiendrait pas si Dunbakel partait.
« Laissez-moi rester sous vos ordres. »
Dunbakel se mit à genoux. Il apercevait ses cheveux gras et en bataille, ainsi que le sommet de son crâne. Une odeur infecte s’élevait d’elle.
En la regardant, la première pensée d’Enkrid fut qu’il avait envie de se laver et de se reposer.
Que devait-il faire d’elle, alors ?
La décision n’était pas difficile à prendre.
Si elle était venue pour le poignarder dans le dos…
Y serait-elle seulement parvenue ?
Avant même qu’elle en ait l’occasion, Jaxon lui aurait probablement arraché la gorge.
C’était son impression. Et elle était forte.
En réalité, même sans Jaxon, Rem ou n’importe qui d’autre aurait battu Dunbakel à mort au moindre signe suspect.
Heureusement, elle ne manifesta aucune malveillance. L’épargner avait été, dans une certaine mesure, un caprice.
Il n’y avait rien eu de plus derrière son geste. Alors…
En l’absence de malveillance.
Une escouade comptait dix hommes, songea Enkrid.
Un peloton en comptait généralement quarante à cinquante, et une compagnie était responsable de cent à deux cents soldats.
Mais ses propres troupes, elles…
Rem, Ragna, Jaxon, Audin, Finn.
Six avec lui.
Ils manquaient cruellement d’effectifs.
À tel point qu’il se demandait si Marcus avait encore une conscience.
S’ils voulaient faire de lui un commandant de compagnie, ils auraient au moins pu remplir les rangs.
Évidemment, rares seraient ceux qui survivraient. Rem, ce salaud, laisserait-il les nouvelles recrues tranquilles ?
Sans raison particulière, il pensa à Andrew. Depuis son arrivée, le seul nouveau venu avait été Finn.
Conclusion : la compagnie manquait d’hommes, et Dunbakel était plus forte qu’un soldat ordinaire.
À en juger par son attitude, elle était même docile.
Les femmes-bêtes dociles étaient rares.
Parmi toutes ces pensées embrouillées, une chose se détachait clairement.
Le manque d’effectifs.
Il pourrait demander l’autorisation du commandant de bataillon plus tard. Si celui-ci refusait, il pourrait toujours la chasser à ce moment-là.
« D’accord. »
« Je le jure sur Krimhalt. Si je jure alors que je suis bannie, est-ce que cette foi… » « Hein ? »
« Entre. Il y a un lit de libre. Va d’abord te laver. »
Aux yeux de Dunbakel, sa décision semblait résolue. Elle ne l’avait pas vu hésiter une seule seconde.
Il avait donc l’intention de m’accepter depuis le début ?
Cette pensée lui traversa même l’esprit. Non, ce n’était pas ça. Elle avait frôlé la mort plusieurs fois. Non, plutôt : il aurait pu la tuer à plusieurs reprises.
Et pourtant, il l’avait laissée partir.
Cela signifiait que c’était un homme qui tenait parole.
« Pour intégrer la structure de l’unité, il faut l’accord du commandant. S’il refuse, je n’y pourrai rien. »
C’était réglé.
Au ton d’Enkrid, Dunbakel sentit qu’il n’y avait aucune chance qu’on la refuse.
Si elle était commandante et qu’elle avait un homme comme lui sous ses ordres, elle acquiescerait même s’il traînait dix serviteurs derrière lui.
Qui pourrait refuser une telle chose ?
« Ne t’imagine pas que tu vas me servir la nuit ou quoi que ce soit. Ça ne m’intéresse absolument pas. Tu viens comme soldat. Si tu veux rester sous mes ordres, prends une arme et bats-toi. Si tu meurs au combat, eh bien, c’est comme ça. »
Sur ces seuls mots, Enkrid ouvrit la porte des baraquements et entra.
Dunbakel resta là, interdite, hésitante.
Elle avait voulu cela, mais avancer lui demandait du courage.
Elle l’avait désiré de tout son cœur, mais accepter que cela soit vraiment arrivé lui en demandait encore davantage.
Pouvait-elle vraiment entrer ?
Elle, qui n’était qu’elle ?
Elle s’était bien sûr attendue à être rejetée. Voilà pourquoi elle était figée. Tandis qu’elle restait plantée là, la porte fermée s’ouvrit brusquement.
« Tu ne viens pas ? »
Dans l’embrasure, elle vit des yeux bleus et des cheveux noirs. C’était étrange de dire cela d’un homme, mais il avait un visage magnifique.
Le clair de lune, tombant de son regard bleu et ferme, frappa sa joue et s’y brisa.
Devant les baraquements militaires, dépourvus de la moindre once de romantisme, Dunbakel sentit les larmes lui monter aux yeux.
Pourquoi ?
Qui sait.
Tout ce qu’elle savait, c’est que personne ne l’avait jamais accueillie auparavant.
Il était le premier à lui dire d’entrer sans rien attendre en retour.
« J’arrive. »
Sa voix trembla.
Dunbakel entra.
On disait que la vie offrait des chances, et que chaque chance avait besoin d’un déclencheur.
Elle pensait que rencontrer cet homme était précisément cela.
Même si les autres la rejetaient.
Elle tiendrait bon.
Même si tout le monde la traitait en paria et la maudissait.
Elle le supporterait.
« Ça m’intrigue vraiment. »
En entrant, elle vit une femme aux cheveux orange parler à toute vitesse à Enkrid.
« Tu aimes vraiment ce surnom aguicheur, pas vrai ? C’est pour ça que tu ramènes des femmes chaque fois que tu sors ? »
« Kyaak ! »
Juste à côté d’elle, une panthère feula même.
Dunbakel tressaillit en l’entendant, et Rem prit la parole à côté d’elle.
« T’inquiète, cette panthère ne mord pas, d’habitude. Ah, elle mord seulement ce salaud de Grands Yeux. Alors, si tu ne l’embêtes pas, tout ira bien. »
Pourquoi y a-t-il une panthère dans les baraquements ? se demanda Dunbakel, avant de renoncer à comprendre.
L’ambiance était moins hostile qu’elle ne l’avait imaginé.
« Arrête tes conneries et emmène-la se laver. Elle pue. »
Après quoi, Enkrid se mit rapidement à rassembler ses affaires.
Il semblait vouloir aller se laver lui aussi, puisqu’il choisit des vêtements en lin fin. Pendant ce temps, la femme aux cheveux orange s’approcha.
« Tu n’as pas de vêtements de rechange, hein ? Tu crois qu’ils nous en donneront si je demande à cette heure-ci ? Je devrais invoquer le nom du commandant ? »
« Tu crois que ça marcherait ? »
« Tu crois que ça ne marcherait pas ! »
Finn répondit d’un ton enjoué et se mit en route. C’était le début de la soirée, et le clair de lune promettait une nuit lumineuse.
En marchant avec Dunbakel, Finn lui demanda :
« Ton nom ? »
« Dunbakel. »
« Moi, c’est Finn. »
Finn lui tendit la main pour la serrer. Pour reprendre des mots anciens, une poignée de main prouvait qu’aucune des deux parties ne portait d’arme et ne voulait de mal à l’autre.
À cette époque, cela pouvait aussi vouloir dire : devenons de bons amis.
Dès que Dunbakel lui prit la main, Finn sourit et lui demanda :
« Alors, ça fait combien de temps que tu ne t’es pas lavée ? »
« Hum… six mois ? »
Les femmes-bêtes n’aimaient pas se baigner.
« On va marcher un peu plus loin l’une de l’autre. »
Guidée par Finn, elle entra dans les bains et se plongea sans protester dans la baignoire.
Elle regarda l’eau noircir tandis que Finn lui annonçait de l’extérieur qu’elle lui laisserait des vêtements.
Dunbakel se frotta vigoureusement au savon.
Enkrid détestait manifestement les mauvaises odeurs.
Une fois lavée et changée, elle retourna aux baraquements. Le chemin du retour ne fut pas difficile.
Peut-être parce qu’elle venait de se laver après si longtemps, elle se sentait légère.
« … Tu ressemblais à ça ? »
Dès qu’elle entra, Enkrid lui posa la question.
« Pourquoi ? J’ai changé ? »
Dunbakel baissa les yeux sans raison. Sa chemise tendait sur sa poitrine généreuse, et son pantalon était ample et large.
Était-ce les vêtements qui lui donnaient l’air différent ?
« Laisse tomber. Ta place est là-bas. Dors. Et mets des sous-vêtements. »
Je suis vraiment obligée ? Quelle corvée, pensa Dunbakel, mais elle hocha la tête.
Enkrid agita vaguement une main et désigna un coin. Ce serait sa place.
C’est ainsi que Dunbakel devint membre de la compagnie indépendante. Personne ne fit remarquer que cette femme-bête avait été une ennemie, ni qu’elle avait appartenu aux Bandits des Lames Noires.
Non, même quand le sujet fut abordé, personne ne se méfia d’elle ni ne la repoussa.
Pourquoi ?
Elle-même l’ignorait.
* * *
L’ambiance au sein de l’unité était glaciale, mais Enkrid n’en changea pas pour autant.
Il se réveilla et s’entraîna, puis, après la Technique d’isolement, regarda Finn se faire battre un moment.
« Alors, le grappling de l’école Ael Karaz, c’est tout ce que tu as, sœur ? »
Audin, la bouche des enfers, était fidèle à lui-même aujourd’hui encore. Une grosse veine saillait sur le front de Finn.
Après avoir transpiré depuis le matin, Enkrid avala de grandes gorgées d’eau, puis tartina du beurre et de la marmelade d’orange sur du pain moelleux.
« Ça vient d’où ? »
Il posa la question après en avoir pris une bouchée. La marmelade était délicieuse.
Sucrée et rafraîchissante.
Kraiss mâchait à côté de lui. Il avala et répondit :
« Une boutique a ouvert en face de celle qui vend du bœuf séché. Une femme de vingt-six ans, les cheveux châtain terne, couverte de taches de rousseur. Elle s’appelle Juri, n’a pas de petit ami, son type idéal se situe quelque part entre le commandant Enkrid et Ragna, et elle déteste vraiment les types comme moi. »
Enkrid le regarda, se demandant pourquoi il lui donnait autant de détails.
« Je connais toutes les personnalités importantes de la ville. C’est le travail de la Guilde de Gielpin. »
C’est vraiment ça, leur travail ? Et quelqu’un qui fait de la bonne marmelade, ça compte parmi les personnalités importantes ?
« Oui. Tu l’as goûtée, donc tu le sais. »
C’était vrai.
Tandis qu’Enkrid mangeait, Kraiss se remit à bavarder.
« Il va encore se passer des choses du même genre. »
« Du même genre ? »
« Les gens autour de nous ne laisseront pas la Garde-frontière tranquille. »
Enkrid, qui était à deux doigts de se lever, s’immobilisa et regarda Kraiss. Ses grands yeux passèrent un instant sur Dunbakel.
Dunbakel était assise sans bouger, les yeux dans le vide.
Il devrait lui trouver quelque chose à faire, à elle aussi.
Il se tourna de nouveau vers Kraiss, qui poursuivit :
« En repoussant Azpen, le royaume a étendu son territoire. Grâce à cela, la ville militaire de la Garde-frontière peut devenir à la fois une ville dotée d’une armée permanente et le centre du commerce dans le nord de Naurillia. C’est déjà en train d’arriver. »
Depuis quelque temps, les marchands venaient plus souvent et de nouveaux produits arrivaient sans cesse. La population de la ville avait également augmenté.
« Juri m’a dit qu’il fallait préparer la marmelade en grandes quantités. Mais si tout ne se vend pas, c’est difficile à conserver. Heureusement, le trafic a augmenté, alors la confiture s’est mise à se vendre toute seule. »
C’était pour cette raison qu’elle avait ouvert sa boutique de marmelade.
D’où vient la rentabilité commerciale ? De la population et du trafic.
Voilà ce qu’Enkrid avait fini par comprendre, parce que Kraiss parlait dès qu’il s’ennuyait.
« Alors, comment les puissances voisines verraient-elles la Garde-frontière ? »
« Comme un rôti bien doré, ou une tomate mûre. »
Si elles tenaient un couteau et s’apprêtaient à manger.
Il leur suffisait d’y glisser la lame.
Telle était la position de la Garde-frontière. Un endroit qui ressemblait à un rôti parfaitement doré, assez tentant pour qu’on y plante un couteau, même si la viande était un peu coriace.
Qu’en penseraient les affamés ? Ils voudraient aussitôt en arracher un morceau.
Si le Village des pionniers qu’Enkrid avait sauvé se développait et que les routes commerciales s’étendaient, les choses pourraient s’améliorer.
Mais pour l’instant…
Le centre du commerce dans le nord.
D’après Kraiss, telle était la position de la Garde-frontière.
« C’est pour ça que les meutes de loups qui nous entourent ne manquent jamais. »
« Depuis quand tu t’y attendais ? »
« Eh bien, je me suis senti inquiet dès qu’on a repoussé Azpen. »
Depuis ce moment-là, hein… Marcus aussi, alors ?
Il était revenu en faisant le malin, à parler de son amour pour la ville et tout le reste.
Le commandant de bataillon savait que la ville était en danger.
Dans ce cas, il devait aussi savoir comment l’en tirer.
La réunion allait commencer.
« J’y vais. »
« Protégeons le bœuf séché et la marmelade, commandant. »
Kraiss l’interpella dans son dos. Ce n’était pas si absurde.
Ces deux aliments étaient devenus plutôt précieux aux yeux d’Enkrid, eux aussi.
Le bureau du commandant de bataillon avait déjà été transformé en salle de réunion.
Une grande carte recouvrait la vaste table, parsemée de pièces semblables à des pièces d’échecs.
« Avons-nous évalué les effectifs ennemis ? »
« Nous envoyons l’équipe de reconnaissance toutes les heures. D’après ce que nous observons actuellement, nous estimons qu’ils ont au moins deux bataillons d’infanterie. »
« C’est beaucoup. »
Marcus esquissa un sourire en coin. Il n’avait pas l’air effrayé.
Il semblait bel et bien avoir un atout dans sa manche.
Mais était-ce vraiment le moment d’en parler ?
Tous les commandants de compagnie étaient réunis.
Enkrid se tint discrètement aux côtés de Marcus.
« Tu as quelque chose à dire ? »
« Ma compagnie compte moins de dix membres. »
Et alors ?
Son regard disait exactement cela. Un commandant de bataillon sans la moindre conscience.
Un commandant de compagnie ne devrait-il pas au moins avoir une compagnie au complet ?
« Est-ce que je peux ajouter une personne ? La femme-bête que nous avons capturée. »
Ancienne affiliation : Bandits des Lames Noires.
À peine avait-il abattu un bandit soupçonné d’être un espion qu’il disait maintenant vouloir en épargner une et la placer sous ses ordres.
À bien y penser, il devait aussi signaler le cas du noble bandit dont il avait tranché la tête.
« Fais-le. »
C’était tout ?
C’était vraiment tout ?
« Parle au quartier-maître des détails de son intégration et du reste. »
Voilà qui était véritablement tout.
Marcus se détourna comme s’il n’y avait rien de plus à discuter.
Enkrid jeta un regard autour de lui, se demandant si les autres commandants de compagnie allaient protester. Personne ne s’en souciait. Non, seul le commandant de compagnie elfe articula quelques mots en silence.
« Tu as encore séduit une femme ? »
Une plaisanterie à l’elfique. Il l’ignora.
Il suivit encore un peu la réunion. Formation ennemie, lieu du combat, effectifs, organisation principale de l’ennemi.
« Martai pourrait engager sa cavalerie, mais nous n’en avons pas. »
Si l’on comptait tous les chevaux des écuries de la Garde-frontière, on en trouverait peut-être une cinquantaine.
Quelques-uns étaient réservés aux messagers en cas d’urgence.
Mais un corps de cavalerie, c’était autre chose.
À quelques exceptions près, il s’agissait de bêtes de somme.
Un dicton disait qu’une unité sans entraînement était une lame pointée sur sa propre poitrine.
Il y aurait donc peut-être des champs de bataille où ils devraient affronter des troupes montées sans disposer de leur propre cavalerie.
« Le capitaine de l’Unité de défense de la frontière vient de rentrer. »
Au beau milieu de la réunion militaire, le capitaine de l’Unité de défense de la frontière revint.
La suite était prévisible.
Ils avaient attaqué la Branche principale des Lames Noires.
Un détail inattendu vint toutefois s’y mêler.
Le capitaine déclara soudain :
« Beau travail. J’ai appris qu’une partie des Bandits des Lames Noires avait attaqué le baronnet Bansento par anticipation. Comme le baronnet s’est enfui à l’improviste, la cible de l’escorte a disparu. Perdre la cible ne peut pas être considéré comme un mérite, mais ensuite, vous avez tenu bon, massacré une partie des assaillants des Lames Noires et êtes revenus vivants. Bien joué. »
Son ton était théâtral. Marcus frappa le bureau dans un grand fracas.
Plusieurs épingles représentant les alliés et les ennemis tremblèrent, tombèrent et roulèrent sur la carte.
« Ils ont osé tuer un noble ! Ces salauds des Lames Noires ! »
Marcus jouait admirablement la comédie.
« Nous avons donc riposté immédiatement. Si je n’avais pas suivi l’affaire, au cas où, qui sait ce qui aurait pu arriver. »
Le capitaine de l’Unité de défense de la frontière sembla un peu embarrassé à ces mots.
Enkrid observa la scène sans sourire.
Pour finir…
« Certains se sont échappés en tentant de fuir. Je vous prie de me sanctionner. »
« Ah, ce n’est pas grave. Nous l’avons capturé. »
Après cette comédie, Marcus passa au véritable sujet et désigna le côté. Plus précisément, Enkrid.
« Il est tombé sur l’un d’eux par hasard en chemin et l’a capturé. »
C’était bien ce qui s’était passé. Un cadeau leur était tombé du ciel : un idiot de la Branche principale des Lames Noires en fuite.
« Vraiment ? »
Dans les yeux du capitaine de l’Unité de défense de la frontière brillait une chaleur qu’on n’y avait pas vue auparavant.
Il avait dit que perdre la cible de l’escorte ne constituait pas un mérite, mais un simple regard échangé entre le commandant de bataillon et le capitaine de l’Unité de défense de la frontière suffisait à rendre la chose évidente.
Un mérite incontestable.
Et reconnu comme tel par un puissant commandant de bataillon et par l’homme qui détenait réellement le pouvoir à la Garde-frontière.
Plusieurs nobles pâlirent.
Ils avaient l’esprit vif.
« Observons tous une minute de silence pour le baronnet Bansento. »
Le commandant de bataillon prit la parole. Il voulait que ce salaud de Bansento meure en noble, et non en espion au service de bandits. Au bout du compte, il le pleura comme un sujet du royaume.
C’était mieux pour tout le monde.
Alors, tenez-vous à carreau.
Cette minute de silence revenait à dire cela aux nobles qui restaient.
Les nobles au jugement rapide comprendraient le message.
« Bien. Revenons maintenant à la réunion. »
Épuisé, la poussière accumulée sur ses épaulières, le capitaine de l’Unité de défense de la frontière prit place parmi ceux qui entouraient la table.
La réunion reprit alors pour de bon.
Le plan d’opération de Marcus était plein de failles.
Enkrid avait cru que Marcus avait un atout fiable à jouer, mais il n’en vit aucun. Il ne vit que des points faibles partout.
Sur quoi comptait-il, au juste ?
La question lui revint à l’esprit.
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