Chapitre 113
NOUS AVONS ESSAYÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Ryuu
Éditeur : Abstract
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UN CHEVALIER QUI RÉGRESSE ÉTERNELLEMENT
Chapitre 113 : Oui, je suis là
« Voilà le quota du jour. »
C’était le troisième jour depuis leur déploiement. Ce qui avait commencé par une provocation mineure avait dégénéré en combat rapproché.
Rem avait passé ces trois jours entiers sur le champ de bataille et revenait chaque fois avec la même expression. Tandis qu’il secouait le sang de ses haches, une dans chaque main, trois cadavres gisaient derrière lui.
À chacun de ses passages sur le champ de bataille, Rem tuait exactement trois ennemis. Les coups puissants de sa hache les réduisaient à l’état de bûches.
Fendus en deux, ces rondins répandaient cervelle et entrailles au lieu de sève. Quand les forces alliées et ennemies s’affrontaient en première ligne, Rem tailladait, écrasait et fracassait des crânes avant de rentrer prestement.
Un commandant qui n’en aurait pas salivé en voyant ça n’aurait pas mérité son poste. Quiconque avait l’œil savait que Rem était un atout précieux qu’on n’aurait pas voulu perdre.
Et il n’y avait pas que Rem.
« Je me débrouille très bien tout seul. Pourquoi est-ce qu’on continue à m’assigner des soldats ? »
Ragna, qui traînait nonchalamment les pieds en marchant, était un autre de ces soldats. Au début, il ne se démarquait absolument pas.
Il se battait sans conviction et rentrait après avoir à peine participé aux combats. Si personne ne l’attaquait, il ne faisait pas grand-chose pour se battre.
Quel gâchis de talent.
Le commandant de compagnie elfe avait été l’une des rares à reconnaître les capacités de Ragna. Elle l’avait donc laissé faire à sa guise, jusqu’au jour où, en passant d’un champ de bataille à l’autre, il s’était perdu.
Comment peut-on se perdre par ici ?
Il avait peut-être contourné les montagnes, ou traversé la rivière sans se faire remarquer pour lancer une attaque surprise contre le camp principal ennemi.
Quoi qu’il se fût passé, l’armée ennemie avait battu en retraite et Ragna avait survécu. Mieux encore, il était revenu en brandissant nonchalamment la tête du commandant ennemi.
« Ah, je voulais prendre à gauche, là », avait-il dit à son retour, la tête tranchée pendant au bout de ses doigts.
« Tu t’étais perdu ? »
Ragna s’était contenté de hocher la tête.
Le commandant de compagnie elfe avait posé la question et reçu cette réponse. Rien de plus. Dès le départ, elle n’avait pas eu l’intention d’imposer quoi que ce soit à ces hommes.
On les avait fait venir ici sous certaines conditions.
« Remplacez votre chef de peloton, qui est absent. »
Pour ces hommes, le nom d’Enkrid était synonyme de magie.
« Pourquoi nous demande-t-on de le remplacer alors qu’on l’a envoyé ailleurs ? »
« Si vous tirez au flanc, ça veut dire qu’Enkrid vous l’a ordonné. Vous allez lui attirer des ennuis ? »
Il n’avait pas fallu beaucoup insister. Ces hommes, qui s’étaient moqués de l’idée d’être déployés, s’étaient mis à préparer leurs affaires sans protester davantage.
« J’en tuerai trois par jour. Ni plus ni moins. »
C’était Rem.
« D’accord. »
C’était Ragna.
Jaxon avait hoché la tête en silence pour marquer son accord.
« Si les dieux le veulent », avait accepté même Audin, le dévot fanatique.
Andrew, Mack et Enri, bien sûr, étaient prêts à obéir, comme toujours.
Kraiss était en permission.
Andrew, qui avait un œil gonflé et violacé, avait même semblé ravi de partir au combat. À côté de lui, Mack, qui arborait une ecchymose semblable sur l’autre œil, paraissait tout aussi enthousiaste.
« La bataille ! La guerre ! En avant ! »
À l’annonce des ordres du commandant de compagnie, tous deux avaient été surexcités.
« Vous êtes contents ? Vous ne devriez pas », avait marmonné Rem avec un sourire en coin en les voyant.
L’espace d’un instant, le commandant de compagnie elfe avait cru voir un démon dans le sourire de Rem. Mais quand elle avait cligné des yeux, il avait disparu. C’est ainsi qu’on avait fait entrer ces hommes dans les rangs.
Jaxon et Audin étaient tout aussi doués que les autres.
Jaxon faisait toujours semblant de ne pas se donner à fond, pourtant aucun soldat ennemi qui croisait sa route ne parvenait à lui égratigner la peau.
« Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à te toucher ? Attends un peu… ! »
Un soldat ennemi avait craché ces mots à Jaxon, qui n’avait pas pris la peine de répondre. On aurait dit qu’un chien de passage venait d’aboyer après lui.
Il revenait toujours du combat sans la moindre blessure et sans avoir tué personne.
Audin, lui, n’était allé sur le champ de bataille qu’une seule fois. À peine arrivé, il avait brisé à mains nues le bras d’un ennemi.
Ceux qui avaient assisté à la scène, y compris dans leurs propres rangs, en avaient eu la chair de poule. Briser le bras de quelqu’un ? Ce n’était pas si extraordinaire.
Mais lui saisir soigneusement le poignet et le briser net, comme on casse une brindille, c’était autre chose.
Une telle force était-elle seulement humaine ?
« Éloigne-toi ! Ne t’approche pas ! »
Si leurs propres alliés étaient horrifiés, qu’avaient bien pu penser les ennemis ?
La simple présence d’Audin suffisait à le faire remarquer.
Il était plus petit que les géants, mais dépassait de la tête les soldats ordinaires. Ses épaules étaient si larges qu’elles en paraissaient monstrueuses.
Comment aurait-il pu passer inaperçu ?
Ils sont moins de dix, mais leur puissance de combat…
La commandante ne pouvait s’empêcher d’avoir l’impression d’avoir gagné dix fois plus de soldats aussi forts qu’elle.
Les qualifier d’exceptionnels ne leur rendait pas justice. Bien employés, ils pouvaient devenir une force capable de semer la terreur chez l’ennemi, bien au-delà de leur nombre.
Voilà donc pourquoi…
Voilà pourquoi ces hommes avaient survécu jusqu’ici, malgré le chaos, les accidents et tous les ennuis qu’ils causaient. Le commandant de compagnie elfe avait pris la responsabilité de les amener et veillait sur eux.
Voilà comment ils se battaient.
Alors, que se passe-t-il si on leur en demande plus qu’ils ne veulent donner ?
« Vous battez déjà en retraite ? Où courez-vous comme ça ? »
L’homme qui avait parlé était un chef de peloton nouvellement affecté, qui ne connaissait pas ces soldats.
Il ignorait qui ils étaient : l’Escouade des Fauteurs de troubles, le célèbre Rem qui avait agressé ses supérieurs, ou le dévot fanatique Audin, qui n’hésitait pas à séparer la chair de l’os au nom des dieux.
Il ne connaissait pas Jaxon, capable de dégager une aura meurtrière en silence. Il ne connaissait pas non plus Ragna, qui causait rarement des problèmes, mais faisait tout de même partie du groupe.
Andrew s’avança pour barrer la route à ce chef de peloton ignorant. Dans le même temps, l’expression de Rem s’assombrit visiblement.
Si je laisse faire, ça va finir en bain de sang.
S’ils s’en tiraient avec seulement quelques gouttes de sang versées, ils auraient de la chance. Rem pouvait très bien fendre le crâne de quelqu’un avec sa hache.
« Nous appartenons au peloton indépendant. Nos ordres viennent donc directement de notre supérieur immédiat. »
Andrew avait passé assez de temps dans l’armée pour savoir comment gérer correctement la situation.
« Quoi ? Vous allez donc rester là à regarder depuis l’arrière ? »
Le chef de peloton fraîchement affecté ne pouvait pas l’accepter.
Certains se battaient à peine, d’autres battaient en retraite à la moindre occasion pour aller se prélasser au camp, tandis que les autres risquaient leur vie en première ligne ? Quelle absurdité !
Peloton indépendant ou pas, il était leur supérieur et ne pouvait pas laisser passer ça. Andrew regarda l’homme et vit en lui le reflet de celui qu’il avait été, quand il avait manqué de respect à Enkrid pour la première fois.
À l’époque, il avait été un parfait ignorant.
« Hé. »
Andrew soupira en levant les yeux au ciel, puis baissa de nouveau la tête, l’air résigné.
« Je m’appelle Andrew Gardner, premier-né de la Maison Gardner. Cette unité est composée de nobles. Alors, pourquoi ne pas simplement nous laisser tranquilles ? »
Sa voix était vide, et ses mots venaient d’un endroit empreint de résignation. Son visage n’avait rien de l’arrogance habituelle des nobles.
Andrew n’avait même pas la force de faire semblant. Mack s’approcha sans un mot et lui tapota plusieurs fois le dos, en signe de soutien.
« C’est quoi, ce bordel ? Tu crois qu’être noble te donne le droit de faire ce que tu veux ? »
Visiblement offensé, le chef de peloton répliqua sèchement, les lèvres tremblantes.
« Je sens que je vais bientôt voir tes tripes », marmonna Rem dans sa barbe.
Mais avant que Rem puisse agir, Andrew défia le chef de peloton en duel. L’affaire se termina par une raclée pour Andrew, épargnant au chef de peloton de se faire fendre par les haches de Rem.
Andrew avait accepté de perdre pour éviter une catastrophe encore plus grande.
« Tu as beau être noble, nous sommes dans l’armée », lui reprocha le commandant de compagnie elfe.
« Je réfléchirai à ma conduite », répondit Andrew, tandis que la commandante lui tapotait l’épaule, à la fois pour le réprimander et le rassurer.
Andrew était devenu le héros méconnu du Peloton des Fous, celui qui empêchait ces cinglés de provoquer une catastrophe majeure.
En s’entraînant régulièrement au combat contre Rem, il avait contenu sa soif de sang. Il s’occupait aussi souvent de ceux qui ne comprenaient pas la situation et cherchaient à provoquer le groupe.
Résultat : le moral de l’unité était au plus bas. Le Peloton des Fous y était pour beaucoup, mais d’autres facteurs entraient aussi en jeu.
Le 1er bataillon d’infanterie était actuellement stationné au nord-est de la Garde-frontière, avec la rivière Pen-Hanil sur sa gauche et quelques petites collines à sa droite, à une journée de marche de là, dans une plaine couverte de gravier.
Par endroits, des brins d’herbe perçaient le gravier et, le long de la rivière, les herbes sauvages montaient jusqu’à la taille.
Une partie de l’Ordre des chevaliers et le gros de l’armée s’étaient rendus dans les plaines de la Perle Verte, où ils faisaient face aux forces principales ennemies.
Le rôle du 1er bataillon d’infanterie, stationné ici, était d’empêcher les forces ennemies de percer ou de prendre l’armée principale à revers.
Autrement dit, il formait un rempart défensif contre les manœuvres ennemies et leurs renforts. Leur situation dépendait de l’issue de la bataille principale.
Si l’armée principale attaquait la première, les renforts de l’Ordre des chevaliers pourraient balayer l’ennemi ici. Si l’ennemi prenait l’initiative, ils risquaient de devoir affronter ses chevaliers sans avoir les leurs à leurs côtés.
Tel était le plan au départ, mais les deux camps hésitaient et se jaugeaient ; ce champ de bataille était donc devenu, contre toute attente, un front d’escarmouches et le prélude à un affrontement plus vaste.
Le 1er bataillon d’infanterie et une compagnie indépendante étaient à égalité.
Les deux armées avaient déployé leurs forces principales dans les plaines de la Perle Verte et surveillaient ce champ de bataille, mais jusqu’ici, les troupes de Naurillia avaient été repoussées à plusieurs reprises.
Des rumeurs racontaient que l’ennemi avait déployé des soldats géants. Certains de ses hommes s’étaient même fait un nom en défiant en duel quiconque se croyait meilleur qu’eux.
Ces provocations commençaient à ébranler le moral des troupes. Dans une telle situation, le bataillon avait besoin d’un atout capable de faire pencher la balance en sa faveur.
Et cet atout s’était imposé aux yeux du commandant de bataillon : le Peloton des Fous, cette unité qui ne ressemblait à aucune autre.
« Du moment qu’ils se battent correctement, ça suffira. Ont-ils des exigences ? Si je leur mets trop de pression, ils finiront tous par faire bande à part. »
Le commandant de bataillon était un homme sage. D’un seul regard, il avait compris la situation du Peloton des Fous.
Le commandant de compagnie elfe avait réussi à les amener ici, mais ils restaient incontrôlables. Le commandant pouvait les réprimer par la force si nécessaire, mais ce n’était pas le moment.
La bataille n’est pas encore perdue.
Le commandant de bataillon était un passionné de guerre, mais pas un imbécile. Mieux valait négocier pour maintenir le moral des soldats que les contraindre et briser leur esprit.
« Il leur faut leur chef de peloton. »
Le commandant de compagnie elfe avait répondu ainsi, et le commandant de bataillon avait donné son accord.
« Ramenez-le. »
Et l’affaire fut réglée.
La commandante salua et s’en alla. Ce matin-là, Rem avait fait une déclaration.
« Ramenez notre chef de peloton. Comment voulez-vous qu’on se batte sans même savoir s’il est mort ou vivant ? Ça ne va pas. »
On aurait presque dit une menace : s’ils ne ramenaient pas Enkrid, il ne se donnerait même plus la peine de tuer ses trois hommes par jour.
Un éclaireur rapide avait été envoyé aussitôt après la déclaration de Rem. Trois jours plus tard, Enkrid se tenait devant le commandant de bataillon.
On avait fait venir le Peloton des Fous à l’arrière pour le retrouver. Après trois jours, ils étaient enfin réunis.
« Puisque tu étais de retour, tu aurais dû revenir nous voir tout de suite, non ? Tu ne t’ennuyais pas de moi ? »
Le commandant de compagnie elfe plaisanta en accueillant Enkrid.
La mine renfrognée d’Enkrid lui arracha un sourire. Cette grimace lui faisait plus plaisir que les mots ne sauraient le dire, surtout après ces jours de frustration passés à gérer le peloton désobéissant d’Enkrid.
Quelle bande d’abrutis.
Le regard du commandant de bataillon se posa sur le poignet droit d’Enkrid.
« Tu es blessé ? »
« Je me suis battu contre des voyous en ville. »
« Quoi, le voyou s’appelait Grenouille ? »
À ces mots, Kraiss et Esther lancèrent tous deux un regard perçant au commandant. Seul Enkrid resta de marbre. Ce n’était qu’une plaisanterie, après tout.
« Ce n’est pas une blessure grave. »
Son poignet n’était pas cassé. L’os avait été abîmé, mais pas au point de l’empêcher de tenir ou de manier son épée. Il devait recevoir des soins, mais sa vie n’était pas en danger. Les exercices de poignet qu’il avait pratiqués sous la direction de Jaxon avaient porté leurs fruits.
« Quoi qu’il en soit, bon retour parmi nous. »
Le commandant de bataillon aux yeux verts hocha la tête tandis qu’Enkrid le saluait.
« Bien, tu peux y aller. »
Enkrid se dirigea aussitôt vers l’endroit où son peloton était rassemblé. Il avait hâte de les retrouver. Ils attiraient toujours les ennuis, mais en son absence, leurs catastrophes prenaient des proportions démesurées.
Je devrais peut-être tout plaquer ?
Au début, un chef de peloton ignorant avait essayé de le chercher. Mais à présent, même cela ne se produisait plus. S’en prendre à Andrew était devenu lassant, lui aussi.
Je n’ai plus aucune raison de rester ici.
Dans ce cas, il pouvait tout simplement partir. Rem avait sérieusement envisagé de déserter. Il ne rêvait pas d’une démobilisation glorieuse et honorable, comme certains auraient pu le faire.
Il disparaîtrait un jour, sans un mot. Plus il restait loin d’Enkrid, plus cette idée lui trottait dans la tête.
S’il ne revient pas aujourd’hui, je m’en vais.
Pourtant, malgré ces pensées, Rem continuait à faire ce qu’on attendait de lui, jour après jour. Le quotidien était devenu monotone, dénué de sens.
Le combat sur le champ de bataille ne lui procurait même plus la moindre excitation.
« Crève ! »
Ennuyeux. Tout était si ennuyeux.
S’ils voulaient tuer quelqu’un, ils n’avaient qu’à le transpercer de leur lance. À quoi bon perdre leur temps à crier ?
À force de brailler, ils n’avaient plus de souffle et ne remarquaient même pas que la pointe de leur lance tremblait. Rem abattit sa hache à la verticale.
Clang !
D’un seul coup, il déchiqueta la main de l’ennemi, qui lâcha sa lance. Laisser tomber son arme au beau milieu d’une bataille ? Minable.
Ce type ne valait même pas une fraction de leur chef de peloton. Non, les comparer était déjà une insulte.
Boum.
La hache fendit le crâne de l’ennemi.
Même ça devenait monotone.
Rem tua trois ennemis et rentra. Chaque jour s’écoulait dans la même routine insipide, une répétition d’ennui et de vacuité. Rem pensait de plus en plus souvent à déserter. Sa présence ici n’avait plus aucun sens.
À présent que leur peloton avait été déplacé à l’arrière, il n’y avait plus aucun combat. Rien à faire. Ragna était dans le même état. Il avait perdu toute motivation.
Est-il mort ?
S’il était vivant, pourquoi n’avaient-ils pas eu de ses nouvelles ? Sans leur chef de peloton, Ragna était retombé dans ses vieilles habitudes.
Plus rien ne l’intéressait. Même se sentir frustré ou bouleversé lui demandait trop d’efforts.
Ragna se contentait de faire semblant, tuant le temps sans but véritable. À part cette fois où il s’était perdu et avait massacré plus d’une douzaine de soldats ennemis, il n’avait presque rien fait.
Audin priait, interrogeant son dieu :
Est-il temps pour moi de rentrer ?
Comme toujours, son dieu lui répondit par le silence, le laissant interpréter ce calme. Sans réponse, il ne restait qu’Audin lui-même.
Dois-je rester ou partir ?
Audin s’était posé la question, mais n’avait pas encore pris de décision. Jaxon s’était engagé dans l’armée avec un objectif. Maintenant qu’il l’avait presque atteint, il n’avait plus aucune raison de rester.
Partir serait simple.
À y réfléchir logiquement, il n’avait aucune raison de rester ici à accomplir des tâches dénuées de sens.
Les journées se succédaient sans rien apporter, et l’inefficacité atteignait des sommets. En temps normal, il n’aurait jamais toléré une telle perte de temps.
Alors, pourquoi était-il encore là ?
Ce soir.
Jaxon se décida à partir ce soir-là. Bien sûr, c’était la troisième nuit de suite qu’il prenait cette décision.
Les membres de l’escouade passaient leurs journées absorbés par leurs pensées, chacun sur le point de passer à l’action.
Alors que le soleil se couchait et que l’obscurité tombait, quelqu’un entra dans les baraquements du Peloton des Fous.
« Je suis rentré. »
Une salutation simple et familière.
Et comme d’habitude, c’était lui.
Enkrid était revenu, et les baraquements entiers tombèrent dans le silence. Les regards allaient de l’un à l’autre. Contre toute attente, quelqu’un se précipita le premier.
« Ouinnnn ! Pourquoi, pourquoi, pourquoi as-tu mis aussi longteeeeemps ? Pourquoi aussi loooooongtemps ?! »
Andrew accourut à la rencontre d’Enkrid, les larmes ruisselant sur son visage. Son œil gonflé et violacé témoignait des souffrances qu’il avait endurées, et ses sanglots ne laissaient aucun doute sur ce qu’il ressentait.
Enkrid jeta un coup d’œil au visage d’Andrew et éclata de rire malgré lui.
« Pourquoi ce con court-il plus vite que moi, en faisant tout ce cinéma ? T’es là, hein ? »
Derrière Andrew, la voix de Rem retentit. Ragna, Audin, Jaxon et le reste de l’escouade suivirent.
Mack et Enri, qui se tenaient dans un coin, étaient là eux aussi.
Tous les regards de la pièce étaient tournés vers Enkrid.
« Oui, je suis là. »
C’était sa déclaration de retour.
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