Chapitre 11
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Traduction/Édition : Hydrogen B
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Chapitre 11 : L'Étoile du matin (1)
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Quand Ivan pensait au Héros, Maximilian, un souvenir lui revenait en premier.
Le pari qui fendit le ciel.
Tout avait commencé ainsi. Maximilian s'était levé avec son habituelle expression d'idiot et avait balancé son épée avec une vigueur joyeuse.
-Whoosh.
-Whoooosh...
-Swish !
-Screeeech !
Peut-être l'idiot avait-il eu une illumination soudaine, car il avait brusquement fendu le ciel lui-même.
Littéralement, le ciel.
D'un seul coup, les nuages s'étaient déchirés et dispersés. Une bourrasque violente avait balayé l'air et un rugissement formidable avait fait trembler la terre.
Comme Ivan l'avait déjà noté, le Groupe du Héros était essentiellement une unité d'assassinat.
Ils s'infiltraient profondément en territoire ennemi, visant la tête de l'armée du Roi Démon, achetant du temps au prix de la vie des soldats qui mouraient encore sur la ligne de front en attendant leur chance.
Ce qui signifiait qu'ils n'auraient jamais dû faire autant de bruit.
« As-tu perdu la tête ? »
Enrique avait crié et lancé une dague sur le Héros. Maximilian avait souri de toutes ses dents et l'avait interceptée avec son corps. Naturellement, la lame avait ricoché sur sa peau nue.
« Pourquoi ne pas courir partout en criant ? "L'espoir des Royaumes Alliés est juste ici !" Ça irait bien à un Héros, non ? Hein ? »
Beolgreen avait parlé froidement tout en terminant rapidement un sort. Il s'était immédiatement assis en tailleur et avait commencé à détecter les démons qui s'approchaient d'eux.
Puis il y avait Gilles Ver. Le noble chevalier arborait une expression franchement provocatrice en balançant son épée.
-Screeeech !
« Vous deux, sérieusement ! »
Les nuages que Maximilian avait tranchés s'étaient éparpillés en morceaux. Gilles Ver avait passé une main dans ses cheveux avec un sourire rafraîchissant.
« On dirait que j'en ai coupé plus que lui. Ça fait du bien pour se dégourdir. »
« Hum... ton poignet est tellement dégourdi qu'il est cassé. »
« Désolé, Patricia. Donne-moi un soin. »
« Je trouve cette formulation un peu insultante... »
Einar, qui observait la scène depuis un moment, avait ricané en se levant et en soulevant sa hache.
« Ne fais pas ça. »
« Ne le fais pas. »
« Je préférerais vraiment que tu ne le fasses pas... »
« Les hommes de Droan vivent toujours en laissant leur marque sur le monde. »
« Quel genre de bêtise est-ce là ? Pose cette hache et parle. »
Einar n'avait prêté aucune attention à l'avertissement méfiant d'Enrique et s'était avancé.
« Peu importe à quel point on coupe le ciel, aucune marque ne reste. Mais si je pouvais laisser derrière moi, pour toujours, la preuve qu'Einar le Grand, fils d'Ulrik, s'est tenu ici ? »
« Non, attends. Écoute quand les gens parlent... »
-Kwaaaaaang !
Après avoir déclaré sa grande ambition et levé sa hache, Einar avait fendu la montagne devant eux en deux.
Ils avaient ensuite gaspillé une semaine entière à fuir les Sept Généraux Dragons et l'armée du Roi Démon, qui s'étaient déversés comme s'ils avaient remué un nid de frelons.
Pourtant, l'homme nommé Maximilian avait simplement souri et dit ceci :
« J'ai fendu le ciel. »
« J'en ai fendu plus que toi. »
« Ahem. J'ai fendu une montagne ! Couper quelque chose qui a une forme n'est-il pas un exploit plus noble que de couper quelque chose qui n'en a pas ? »
« Débiter des mots qui semblent compliqués ne te rend pas intelligent, gamin. »
« Vieille femme. »
« Tu veux mourir ? »
Ivan ne savait pas pourquoi Maximilian avait été si obsédé par le ciel. Pourtant, il se souvenait de cette fuite absurde avec une clarté parfaite.
Peut-être que ce que Maximilian avait voulu voir en fendant le ciel nocturne ce jour-là, c'était ceci.
Même entre les sombres nuages noirs entourant le territoire du Roi Démon, bien qu'on ne puisse la voir, l'étoile du matin brillait toujours à sa place.
Le Groupe du Héros avait été un repaire de lunatiques, de fous, de psychopathes et de paranoïaques.
Parmi eux, le Héros avait été le plus fou de tous, et celui qui brillait le plus intensément.
Gilles Ver, qui avait souhaité se tenir au-dessus des autres, avait reçu le titre de Duc Protecteur de la Maison Royale de Tilles.
Einar, qui avait souhaité laisser derrière lui de grands accomplissements, avait conquis sa terre natale et bâti le premier royaume uni de Droan.
Et le Héros, Maximilian, avait probablement seulement voulu confirmer que l'espoir subsistait.
C'était pourquoi Ivan n'aimait pas le Héros.
Il l'admirait, tout simplement.
Même après que Maximilian eut tourné le dos au monde pour se retirer, il l'admirait toujours.
« Est-il parti à la retraite parce qu'il a trouvé l'espoir, ou... »
A-t-il abandonné parce que, peu importe le nombre de nuages noirs qu'il fendait, il ne pouvait plus voir l'étoile du matin ?
Cela faisait plus de quatre ans que cet homme joyeux avait disparu. Le monde se souvenait encore du Héros, mais il oubliait progressivement l'individu nommé Maximilian.
Ép. 5. L'Étoile du matin
Deux semaines passèrent en un clin d'œil. Ivan n'avait pas l'impression d'avoir fait quoi que ce soit en se reposant, pourtant le temps s'était envolé avant qu'il ne s'en rende compte. Cela lui rappelait son congé de fin de service.
Il regardait le paysage défiler par la fenêtre.
Il était en route pour Tilles. Cette fois, il n'était pas seul.
Cinq hommes étaient assis avec lui, surveillant attentivement son humeur.
-Wow, une attaque terroriste a vraiment eu lieu ! Comment avez-vous su ? Vous avez identifié l'heure, la date et le lieu avec précision !
C'étaient des agents du Commandement du Contre-espionnage de Krasilov. Ce junior irritant, Dmitry, les lui avait imposés.
Quand Ivan était revenu après avoir stoppé l'attaque terroriste à Esidis, Dmitry lui avait serré la main avec vigueur, comme pour s'excuser de l'avoir douté.
Mais les yeux de Dmitry ne souriaient pas du tout.
Bien sûr que non.
Un homme qui avait pris sa retraite il y a quatre ans et vivait tranquillement comme un demi-légume avait soudainement prédit une tentative d'assassinat contre une figure nationale majeure. Rien que cela était suspect.
N'importe qui d'autre aurait dit : « Wow, c'est incroyable ! » et serait passé à autre chose. Mais Dmitry appartenait au Commandement du Contre-espionnage de Krasilov. Il était même un officier de haut rang, lieutenant-colonel au quartier général des enquêtes.
Ses yeux disaient clairement ceci :
-Vous avez placé quelqu'un, n'est-ce pas ? Allez, dites-le-moi. Je suis sincèrement curieux. Comment avez-vous bâti un réseau de renseignement sans que nous le remarquions ? Pourriez-vous m'enseigner vos méthodes ?
Sans une explication appropriée, Ivan devrait endurer une surveillance et des soupçons sans fin à partir de maintenant. Il n'y avait aucun moyen d'expliquer comment il continuait à résoudre les scénarios de l'Académie sans avoir le monopole de l'information.
Mais...
« Quelle mesquinerie. »
Il n'y avait pas besoin d'expliquer. L'autorité venait du mystère.
Ivan n'avait aucune intention de dissiper leurs soupçons sur le fait qu'il avait une organisation de renseignement transnationale secrète qui le soutenait.
C'était pourquoi il se retrouvait dans cette situation maintenant. Il avait reçu cinq agents maladroits en guise de « soutien ».
Ivan laissa échapper un court soupir. Était-il venu jusqu'ici juste pour jouer encore au professeur d'orphelinat ?
Les agents sursautèrent tous en même temps.
« Seigneur Petrovich, quelque chose vous met-il mal à l'aise... ? »
« Vous tous. »
Ivan décida d'établir la discipline pendant qu'il en avait l'occasion.
La formation des recrues n'était pas sa responsabilité, mais en tant que Sud-Coréen, pouvait-il vraiment prendre sa retraite en paix alors que les agents de sa patrie étaient aussi négligents ?
Pourquoi les agents de renseignement portaient-ils des vêtements assortis ? Qu'essayaient-ils exactement de signaler ?
Et avec autant de sièges vides, pourquoi étaient-ils entassés ensemble si suspectement ?
C'était intolérable. Leur véritable but était peut-être de recueillir des informations sur Ivan, mais cela restait du travail de renseignement.
Il ne pouvait pas laisser cela continuer.
« Écoutez attentivement. »
Le voyage en train du directeur d'orphelinat était devenu ennuyeux.
Le directeur d'orphelinat, ancien de l'Unité d'Annihilation, avec dix-huit ans de service militaire, une expérience dans la conduite d'opérations avec le Groupe du Héros et un historique de mise à mort de l'un des Sept Généraux Dragons, commença son cours.
Il restait dix-huit heures avant d'atteindre Saint-Matilene, la capitale de Tilles.
Le temps des agents se figea sur place.
* * *
« Ne vient-il pas finalement... ? »
Jusqu'au moment où elle monta dans le train à destination de Krasilov, Isabelle scruta le quai à plusieurs reprises.
Plus ses espoirs montaient, plus sa chute serait rude.
Bien qu'elle eût toujours été déçue, elle cherchait encore dans la foule avec de l'attente dans le cœur.
Elle examinait chaque visage attentivement, se demandant anxieusement s'il pouvait être caché parmi eux.
-Chooooo !
Même quand le train libéra une longue bouffée de vapeur, la personne qu'elle attendait n'apparut pas.
« Mademoiselle, s'il vous plaît, ne vous inquiétez pas. Il pense toujours à vous... »
« Il pense à moi ? Oui. Peut-être. »
Isabelle répondit froidement et se détourna, repoussant la main qui lui tapotait l'épaule.
Le chevalier à l'allure soignée, assigné par la Maison Royale de Tilles comme son escorte, recula avec un sourire gêné.
Idiot. Abruti. Bâtard inutile.
C'était un animal dégoûtant qui ne pouvait même pas se mettre en colère quand on l'insultait, qui essayait d'arrondir les angles avec un sourire même quand ses sentiments étaient blessés.
Pour Isabelle, la plupart des gens étaient des animaux. Pas au sens biologique. Elle voulait dire qu'ils n'étaient rien de plus que des bêtes.
« Père. »
Ses souvenirs de Maximilian, le Héros, étaient flous. Il avait passé la majeure partie de son temps sur le champ de bataille, tandis qu'elle restait à la cour avec sa mère.
Chaque fois que la renommée du Héros grandissait, les expressions de ceux qui l'approchaient devenaient plus simples.
Ils ne portaient que des sourires agréables, espérant gagner les faveurs de quelqu'un qui deviendrait une figure centrale à l'avenir.
C'était naturel. Si le Héros battait le Roi Démon, alors après la mort de ce dernier, toute la situation politique tournerait autour de lui.
On disait que la force individuelle ne pouvait pas vaincre un groupe, mais quand quelqu'un possédait assez de force et d'exploits pour submerger un groupe, même les nations finissaient par appartenir à cet individu.
Alors la Maison Royale de Tilles essayait dur de gagner ses faveurs. Comme ils ne pouvaient pas approcher le Héros directement, c'était leur seul moyen de gagner sa bienveillance.
Peu importe la cruauté de ses paroles ou les insultes qu'elle leur lançait, ils ne faisaient que sourire.
C'était comme assister à un bal masqué, où tous ceux qu'elle voyait portaient la même expression...
Cela n'avait pas pu avoir un effet très positif sur le développement émotionnel d'une enfant.
« Dégage. Je ne veux même pas te voir. »
« Mais, Mademoiselle, je... »
« Tais-toi. »
Aux mots d'Isabelle, le chevalier hésita et recula. Il lui adressa un sourire doux, s'inclina poliment et quitta le compartiment.
Enfin seule, Isabelle murmura avec un sourire amer :
« Idiot. »
Juste avant qu'il ne ferme la porte, quand il détourna la tête, elle se souvint clairement de l'expression du chevalier se tordant comme celle d'un démon.
En tant que lignée du Héros, Isabelle possédait des sens bien au-delà de ceux des autres. Elle pouvait remarquer instantanément le moindre changement dans l'expression d'une personne.
C'était pourquoi elle était devenue ainsi.
Elle avait appris bien trop tôt que tout le monde autour d'elle la trouvait toujours déconcertante.
Alors...
« Abruti... »
Elle rit d'elle-même et s'enfonça dans son siège.
Une fille qui ne connaissait aucun moyen de s'exprimer si ce n'est par la colère et la moquerie.
Une folle autodestructrice qui ne pouvait se sentir à l'aise qu'après avoir vu les autres se mettre en colère.
Quelqu'un tellement affamé d'affection qu'elle croyait que seule la haine d'une autre personne était sincère.
Une personne souffrant d'anxiété de séparation, attendant sans fin et en voulant à un père dont elle pouvait à peine se souvenir.
C'était le diagnostic qu'elle s'était donné.
* * *
« Nous devrions partir maintenant, Seigneur Petrovich. »
« Vous utilisez encore le mot "nous". Essayez-vous de vous vanter d'être venus tous ensemble ? »
« Euh... ah... hum... »
« Ne vous ai-je pas dit de rendre vos paroles claires, vos actions décisives et vos véritables intentions cachées au plus profond de vous ? »
« C-c'est... »
Chaque agent hurlait intérieurement.
« Lieutenant-colonel Dmitry ! Vous aviez dit que cet homme parlait à peine ! »
« Vous êtes un monstre, Petrovich ! »
« Je vous déteste, Ivan. Pour toujours... »
Face à la menace de dix-huit heures de cours suivies d'un entraînement supplémentaire pour leurs fonctions spéciales, les agents pâles firent des adieux précipités et s'enfuirent.
Leur tâche assignée était de protéger Oscar, le fils du chevalier Gilles Ver.
À moitié pour se débarrasser des chaînes que Dmitry lui avait attachées, et à moitié par sincérité, Ivan s'était dévoué à les entraîner. En regardant Isabelle monter dans le train sur le quai de la gare, il pensa :
« Chanceux. »
Il avait attrapé deux lapins d'un coup, se débarrassant des agents du Commandement du Contre-espionnage tout en protégeant Oscar.
Se sentant comme s'il s'était délesté de deux bagages, Ivan monta légèrement dans le train.
Notes de bas de page :
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